Ces documents remontent aux années 1824 et
peut guère rapporter à plus de trois siècles, trois siècles et demi au plus, la pénétration réciproque des races sur le sol américain. — Dans cette période sont compris tous les commencements de la conquête et de la fusion ; et déjà plus du cinquième de la population est de race croisée! Que sera-ce donc dans trois autres siècles! que sera-ce plus tard! — N’est-il pas évident qu'après un temps plus ou moins long la moitié du continent américain appartiendra aux métis ?
Cette conclusion sera certainement repoussée par les polygénistes, qui nient jusqu’à la possibilité de l'existence d’une race provenant du croisement de l’Anglo-Saxon avec le Celte ou le Slave, du Bohême avec le Germain‘'; mais il est permis de penser que les faits passés et présents garantissent ici les faits à venir.
Sans aller aussi loin que Knox, bien des polygénistes qui trouvent partout des exemples de races hybrides, quand il s’agit des animaux, déclarent ne connaître aucun exemple de race humaine mixte. Les uns disent nettement qu’une race moyenne entre deux autres ne peut avoir qu'une existence subjective et éphémère. D’autres ne voient dans les métis américains qu’une « confusion de sang opérée sur une vaste échelle; ils y cherchent en vain une race nouvelle?. » Il est difficile de se rendre compte des exigences soulevées par ces écrivains.
Faudrait-il, pour les convaincre, qu’il existät un