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tion électrique est le plus souvent oscillatoire ; mais, parfois, les courbes obtenues sont plus complexes et deviennent analogues à cellès dites « trémulatoire, » invoquées par certains physiologistes comme un argument en faveur de l’hypothèse qui assimile la pulsation cardiaque à un tétanos.
L’examen des tracés électrométriques obtenus avec un très grand nombre de cœurs appartenant à divers animaux (chien, lapin, grenouille) nous oblige à affirmer que eet état « trémulatoire » n’appartient qu’aux cœurs endommagés. Lorsque le ventricule est intact, on ne le constate jamais. Si la contraction du cœur normal est de nature tétanique, le rythme des excitations physiologiques qui la provoquent doit être extrêmement rapide, puisque, avec un électromètre dont le ménisque répondait à deux mille variations à la seconde, la réponse éleclrique du ventricule est toujours restée diphasique
Sur la puissance mécanique «lu muscle
L’aire comprise par la courbe de la contraction du muscle exprimée par rapport an temps, satisfait à l’intégrale :
Or, considérons deux points de la courbe infiniment voisins, et tels que la portion de courbe comprise puisse être ramenée à sa tangente. Ces deux points, projetés sur la ligne des abcisses, seront exprimés par ti Al et <1 -1- dt„ Al -)- dAi
et
c?A, = dt tg K,
c’est-à-dire égale la puissance mécanique entre les deux points considérés.
Lorsque A, et t tendent vers p, on a :
lim = W, au temps t,
L’évaluation de la puissance mécanique de divers muscles fournissant des travaux de 5, lo, lo, 20 ergs, etc., nous a démontré ce fait extrêmement intéressant, que cette même puissance m écanique croissait à peu près suivant la suite naturelle i, 2, 3, 4; etc.
t)ans ce mémoire se trouvent consignés les résultats d’expériences poursuivies pendant trois années consécutives sur les rapports existant entre le travail mécanique exécuté par un muscle, et les variations électriques qui l’accompagnent.
Ce n’est en quelque sorte, que l’introduction d’une critique de l’origine électrique de la force musculaire.
Nous avons recherché de quelle manière variait la force, électromotrice d’un muscle soulevant des poids progressivement croissants.
La nîéthode utilisée se ramenait eh réalité à ces principes : 1“ Mesure de la variation de potentiel électrique
les g (fig. 2, planche II, dessin schématique) incrustée dans la paroi d’une caisse obscure B. Une pellicule sensible ronlée sur un cylindre à vitesse constante G reçoit l'impression du faisceau lumineux. La fente a été réglée de
telle sorte que sa largeur soit un peu plus faible que celle de la colonne de mercure projetée sur elle par le pinceau lümineux : on comprend que les moindres déplacements
du ménisque doivent ainsi se photographier sur la pellicule disposée en c. Le volet ff sert à ouvrir ou à fermer la fente
En R (flg. 2. planche U) est disposé un support pour le chronographe, le myographe, etc. Les styles de ces appareils sont ainsi placés au devant de g- et leur ombre portée laisse sa trace sur la surface sensible.
On étalonne fappareil en photographiant les déplacement du zéro pour FEM variant de i/io" à i/iooo“ de volt, par exemple. On peut ainsi construire la courbe de l’instrument en portant en ordonnées les grandeurs ainsi trouvées. Cette courbe permettra d’évaluer à chaque instant les différences de potentiel recueillies sur les photogrammes électrométriques. Cette méthode, imaginée par nous, a pour elle l’avantage d’une grande simplicité et d’une économie de temps très appréciable.
2" Mesure du travail exécuté par le muscle. — Le travail exécuté par un muscle déplaçant une résistance donnée est toujours la forme T = PH.
Il suffit par suite de connaître P et H pour l’évaluer avec exactitude.
Pour mesurer P, la seule méthode précise consiste à équilibrer au moyen de la balance le levier myographique chargé des poids que doit soulever le muscle.
Pour ce qui est de H, il est toujours facile d’en apprécier directement la grandeur.
Enfin il est un point particulier sur lequel nous avons jugé utile de nous arrêter également. La secousse musculaire, exécutée en vue du déplacement de poids variables, a une durée plus ou moins grande (toutes choses égales d’ailleurs) selon la charge soulevée. Dans nos expériences,, nous avons rendu H constant pour une même série de mesures. L’intensité de l’excitation était, elle-niêmç, inva-.;
riable ; mais, la puissance mécanique du système n’a pas été la même dans chaque cas envisagé. Il était nécessaire de tenir compte de cette notion nouvelle ; nous verrons qu’elle conduit à d’intéressants résultats.
Nos recherches ont porté sur les contractions isométrique et isotonique.
En expérimentant sur le muscle isotonique, nous ne devons considérer que le travail exécuté pendant la période dite « d’énergie croissante » ; on sait, en effet, que lorsque le muscle en se contractant soulève un poids qui le ramène à sa longueur primitive, il n’accomplit aucun travail extérieur.
Pour atteindre ce résultat, nous avons eu recours ati dispositif suivant (planche IV) : un fort électro-aimant E, a l’un de ses pôles disposé à 4millimôtres au-dessous d’une plate-forme circulaire de fer doux AB, maintenue à cette hauteur à l’aide de deux ressorts /• et r’ ; d’autre part, le levier myographique, mobile dans un plan vertical, est muni d’une barrette d’aluminium L terminé à sa partie inférieure par une pointe de platine très aiguë ; un cirenit électrique peut être établi entre l’électro, le levier du myographe, la pointe de platine et une goutte de mercure dans laquelle celle-ci peut plonger; on comprend fort bien que dans des conditions semblables, la pièce AB, vivement attirée par l’électro, sera fixée sur le pôle qui la sollicite, jusqu’au moment où le circuit étant rompu par la sortie de la pointe hors du mercure, la force élastique des ressorts entraînera la plate-forme. On s’arrangera de telle sorte que la pointe de platine quitte le mercure avant que le muscle ait pu atteindre son raccourcissement maximum ; on y arrive facilement en faisant varier la longueur immergée. Le plateau du myographe supportant le poids est amené, à l’aide de la vis V au contact de la plate-forme
de fer doux appliquée sur l’électro ; on excite alors le muscle : le levier en se soulevant, produit l’ouverture du courant d’aimantation ; les ressorts entrent en jeu, entralnenf . la plate-forme, et préviennent ainsi la chute des poids tenseurs du muscle. Afin que la pointe deplatine ne puisse venir se replonger dans le mercure après que la secousse musculaire a été effectuée, on a placé sur le trajet du levier un ressort très doux s, fixé sur un support approprié ; an moment où le muscle est soulevé par la contraction, il écarte sans peine le petit .ressort ; mais, lorsqu’il retombe ù la suite de la suppression de la charge, son poids est insuffisant pour vaincre l’obstacle placé de nouveau sur son chemin.
Résultats. — Par l’application de ces procédés expérimentaux nous avons prouvé que la différence du potentiel développée au moment de la secousse musculaire entre l’équateur et le tendon de l’organe, varie dans le même sens que le travail mécanique ; ce qui revient à dire que laforce électromotricc croît enmême temps qu’augmentent les poids soulevés.
Mais, une conclusion semblable ne signifie point que la quantité d’électricité apparaissant pendant la contraction s’accroisse de la même manière. Un facteur nous manque pour établir cette donnée ; c’est la variation de l’intensité électrique en fonction du travail produit.
Si nous parvenons quelque jour à prouver que le produit lE devient plus grand lorsque les résistances déplacées deviennent elles-mêmes plus grandes (la hauteur de soulèvement restant la même) la théorie du muscle moteur électrique sera, à notre avis, fortement compromise ; si le tissu musculaire transformait l’énergie musculaire en travail, il serait difficile de comprendre pourquoi la quantité d’électricité apparue extérieurement s’accroîtrait en même temps que la charge déplacée.
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li était très intéressant de rechercher si un muscle travaillant d’abord isotoniquement puis insométriquement, les courbes électriques variaient dans un sens donné et constant entre ces deux modes d’activité.
Déjà Schenck, étudiant la même question, concluait que l’oscillation négative isométrique est moindre que l’isotonique. Nous avouons ne pas comprendre pourquoi il en est ainsi. Mais il est un fait facile à observer pour qui voudra s’en donner la peine ; c’est de mesurer l’ordonnée maximum de la courbe de variation électrique pour une seule secousse musculaire iso tonique puis isométrique (toutes choses étant égales d’ailleurs, bien entendu). On trouvera toujours une plus grande hauteur dans l’isométrie. Ainsi, pour la contraction isotonique d’un adducteur de la cuisse d’une grenouille, on trouvera comme différence de potentiel négative maximum — o'o85 ; pour la contraction isométrique on trouvera — o'ioo.
Et, à notre avis, le fait que nous mettons en lumière nous paraît être fort naturel. Sans doute, dans la contraction isométrique, le changement de forme du muscle est inappréciable ou sensiblement nul ; mais l’intensité des combustions est énorme : la preuve en est dans la chaleur devenue libre. Et, comme il est probable que la variation électrique est fonction de l’état moléculaire du muscle, on comprend que plus les changements seront considérables, plus grande sera cette même variation;
La durée des phases de la variation élcetriquc . accompagnant la secousse musculaire est indépendante du travail mécanique
Ce fait se déduit naturellement de l’étude attentive du très grand nombre d’expériences où nous avons mesuré simultanément et le travail mécanique développé par un muscle, et la durée des deux phases de la variatioû électrique consécutive. ,
Cette remarque devient plus particulièrement évidente lorsqu’on étudie les courbes électrométriques enregistrées sur une pellicule se déplaçant avec une grande vitesse. Les surfaces déterminées par les limites d’excursion du ménisque s’étalent alors, pour ainsi dire, et il devient très facile de mesurer la durée de la variation entre deux fractions de temps très voisines.
Description d'un nouveau myographe isotonique et la puissance mécanique du muscle
SociéU d'anatomie et de physiologie de Bordeaux, 1898.
Cet appareil n’est autre chose que celui figuré Planche IV et dont on a pu lire précédemment la description et le mode d’emploi.
Description d’nn myograplic isotonique
Société d^anatomie et de physiologie de'Bordeaux, 1898.
Cet instrument est représenté figure 2, planche III.
Il a pour but d’inscrire les variations de tension du muscle se contractant isbtoniquement. Sur une plaque de cuivre rectangulaire, et disposée dans un plan horizontal, se trouve fixé un levier enregistreur mobile autour d’un axe O disposé dans un plan vertical. A i millimètre et demi en dehors de cet axe, on a ajusté une tige métallique rigide d’environ 5 centimètres de longueur, munie d’un crochet auquel on fixe le tendon du muscle en expérience. Le système constitue en somme un levier du premier genre, dont la résistance est un ressort R en acier, soigneusement travaillé, et relié au levier à l’aide d’une barrette inflexible pourvue d’une chappe articulée en A. La distance AO est de 3 centimètres. Une pince P sert à maintenir solidement la portion osseuse sur laquelle s’insère le muscle étudié. V et p' sont deux crochets en verre qui empêchent la dérivation du courant musculaire à travers les pièces métalliques de l’appareil. En S se trouve une tige destinée à supporter le signal de Deprez. Une douille D permet d’installer le myographe sur un support dé côté, à réglage, de Verdin. On comprend que, eu égard à la très faible distance séparant le point d’application de la force du centre de rotation du levier, le raccourcissement du muscle excité sera très faible et absolument négligeable. Tout se passera donc comme si la longueur de l’organe restait constante, et la courbe tracée par la pliime inscriptrice traduira les diverses phases de la tension musculaire. Cette dernière sera facile à évaluer en remplaçant l’effort du muscle par l’action d’un poids déterminé susceptible d’amener la même déformation du ressort.
Sur les variations électriques du cœur
Journal de phy^logie el dç pathologie générales, mars ïgoo.
Voici les conolusioHs de ce travail, exécuté en enregistrant les oscillations électriques du cœur fournies par l’électromètre capillaire ;
Au moment delà systole, le ventricule du cœur normal (tant des animaux à saUg froid qu’à sang chaud) est le siège d’un courant alternatif, dont la durée est variable avec la rapidité de la contraction musculaire. Cette variation électrique est l’analogue du courant d'action observé dans un muscle normal répondant à une excitation instantanée. Elle n’a aucun rapport avec les modifications électriques qui accompagnent l’état de tétanisation. Les oscillations multiples observées par L. Fredericq dans le ventricule du cœur du chien ne sont pas physiologiques : elles sontdues à des phénomènes d’altération. La systole cardiaque est donc une secousse simple et non un tétanos.
Effets de l'hypothermie ehez les animaux
Dans ce travail nous avons recherché l’influence des grands froids (—90") sur les animaux tant po'ikilothermes qu’hétérothermes ; nos travaux sur cet intéressant sujet sont eneore trop incomplets pour que nous puissions en donner une analyse détaillée.
Mais un fait très intéressant et hors de contestation, c’est, que les animaux refroidis succombent à la suite de l’abaissement de leur température centrale, alors qu'ils ■ ont encore des réserves de glycogène dans le foie.
TRAVAUX EX PRÉPARATIOX
Etude chronophotographique de la contraction du muscle isolé
Recherches thcrmoélcctriques sur le travail
Dans ce travail nous recherchons la signification de la variation négative thermique observée par plusieurs physiologistes au moment de la secousse du muscle (Voir travaux de MM. Ch. Richet et A. Broca).
i de médecine, H. JOUVE, i5. rue Racine, ]