LA COXCEXTRATION DES FACULTÉS
rieure d'une administration commune. Elles commençaient à sentir que ce n'était plus assez, et à réclamer un autre état légal qui leur permît de concentrer et de coordonner leurs forces pour le plus grand profit de l'enseignement et de la science.
On leur avait, en 1883, posé la question suivante : Y a-t-il lieu de constituer les Facultés en Universités analogues à celles de l'étranger ? En majorité, elles avaient répondu : « Oui; » quelques-unes avec une ardeur de conviction qui montrait bien qu'elles sentaient la dignité, les avantages et aussi les obligations d'une telle constitution. Le gouvernement ne crut pas que le moment fût venu de déférer à ce vœu. Il lui parut que ni l'opinion publique, ni les Facultés elles-mêmes n'y étaient assez préparées.
La vieille Université, celle de 1808, celle qui contenait en un vaste et unique réseau tous les établissements d'instruction : pensions, collèges, lycées et Facultés, avait cessé légalement d'exister en I80O. Mais, pour l'opinion publique, elle subsistait toujours et, dans le langage courant, elle personnifiait l'enseignement de l'État, par opposition à l'enseignement libre et privé.
L'apparition soudaine d'Universités régio-
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nalcs, à Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Montpellier, ailleurs encore, n'eût-elle pas semblé un démembrement de renseignement national, qu'une tradition déjà lointaine représentait comme un et indivisible, à l'image de l'Etat luimême ? Peu familier, comme on l'était encore, en dehors des Facultés, avec cette conception nouvelle, n'y eût-on pas vu une dérogation aux principes généraux de notre droit public, et un retour vers un ordre d'institutions disparues avec l'ancien régime?
D'autre part, en demandant à être formées en Universités, les Facultés ne se laissaient-elles pas aller à un entraînement théorique? Et offraient-elles, comme fondement de ce nouvel état, des mœurs assez solides et assez éprouvées?
« Qu'elles soient des corps indépendants ou des établissements d'Etat, universités anglaises et universités allemandes, disait l'exposé des motifs présenté au Conseil supérieur à l'appui du décret du 28 décembre 1885, elles ont toutes également ce trait essentiel d'être des corporations, d'avoir une tradition et un esprit communs. Or ceci est beaucoup moins l'œuvre de la législation que celle du temps. En pareille matière, surtout lorsqu'il s'agit non pas de