‹ Universités et facultés. --Chapitre 15 sur 25 · LA CONCENTRATION DES ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

LA CONCENTRATION DES ÉTUDIANTS

Concentration des maîtres au sein de chaque Faculté, concentration des diverses Facultés dans chaque ressort académique, voilà les deux phénomènes principaux de renseignement supérieur en ces dernières années. En même temps s'opérait spontanément, en dehors de Tenceinte des Facultés, une autre concentration, celle des étudiants.

Il y a quelque temps, le père Didon écrivait ceci, au retour d'un voyage aux Universités allemandes : « Dans mon patriotisme attristé, je songeais à la jeunesse de mon pays ; je me demandais pourquoi elle ne se montrait pas, elle aussi, à la façon de la jeunesse allemande, rangée en bataille sous le drapeau de la vraie science, autour des monuments de nos gloires ou au pied de quelque statue en deuil de nos

provinces perdues, et je cherchais en moi-môme ce qui pourrait, dans un avenir prochain, en faire une grande famille dans le large culte de la vérité, de la liberté et de la patrie. »

Quel changement en quelques années. Et de quel patriotisme joyeux l'éloquent dominicain qui écrivait ces lignes a dû voir la jeunesse française partout se former en familles.

Naguère encore elle vivait éparpillée, se rencontrant seulement, mais presque toujours sans se lier et même sans se connaître, sur les bancs de l'école. Si parfois elle s'agglomérait, dans un élan d'enthousiasme ou de colère, ce n'était que pour un jour; et, le feu tombé, elle s'émiettait de nouveau.

Aujourd'hui elle fait corps et se tient. Et ceux qui ont quelque chose à faire passer dans son âme savent où la rencontrer.

Partout où il y a des Facultés et des écoles d'enseignement supérieur, partout, presque à la môme heure, sous Tinfluence de besoins et d'instincts analogues à ceux qui rapprochaient les maîtres, elle s'est unie et associée. Et nous l'avons vue, avec ses bannières et ses emblèmes, aux funérailles triomphales de Victor

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