LA COXCEXTRATIOX DES ETUDIANTS
Hugo, au pied de la statue de Claude Bernard, à la tombe de Quinet, à celle de Miclielet, au centenaire de Chevreul, à l'Institut Pasteur, enfin, à l'inauguration de la nouvelle Sorbonne. On l'a vue aussi à Fétranger ; pour la première fois, depuis des siècles, elle a franchi la frontière; et, au huitième centenaire de l'Université de Bologne, elle a porté avec grâce et fierté le drapeau de la France. ?sous l'avons retrouvée hier, telle que nous l'aimons, telle que nous la souhaitions, au centenaire de l'Université de Montpellier. Et désormais nous la verrons partout où sera célébrée une fête de la science ou une fête nationale. En quelques années, elle a pris et marqué sa place dans le pays. ' Souhaitons bonne et longue vie à ces associations d'étudiants. Elles sont un des espoirs de la France. Elles ont pour liens des sentiments fort divers et d'ordres inégaux, le plaisir et les jeux en commun, l'assistance réciproque, la solidarité intellectuelle et le patriotisme. Que ces sentiments ne s'y mêlent pas partout en mêmes doses, en mêmes proportions, il n'im porte. Telles qu'elles sont déjà, elles peuvent rendre et elles rendent de très sérieux services au pavs.
Remarquez tout d'abord leur nom et leur constitution : Association générale des étudiants de Paris, de Lyon, de Toulouse ou de Montpellier. Ce ne sont pas de petits groupes formés d'après la similitude soit des études, soit des origines, soit des conditions sociales, soit des sentiments religieux, soit des opinions politiques. C'est, dans chaque centre, un groupe unique, ouvert à tous.
Ce ne sont pas, comme en Allemagne, des co;'/?.y ayant chacun son symbole et sa formule. C'est, dans chaque ville, un seul corps, ayant pour symbole unique et pour formule souveraine, la science et la patrie. Ce ne sont pas des nations^ comme autrefois dans la vieille Université de Paris. C'est, dans Fécole, la nation elle-même, une et multiple tout ensemble.
Rien qui répondît mieux aux besoins de notre société que cette constitution qu'ont prise spontanément les associations d'étudiants. Ceux qui les créèrent sentirent que dans ce pays, ce qu'il faut, ce ne sont pas des séparations nouvelles, mais des unions nouvelles. La jeunesse en particulier, surtout depuis la loi de I80O, n'était que trop divisée. Elle allait comme deux