‹ Universités et facultés. --Chapitre 17 sur 25 · LA COXCEXTRATIOX DES ETUDIANTS · texte numérisé non relu

LA COXCEXTRATIOX DES ETUDIANTS

cours d'eau qui à aucun instant ne se mêlent. Les associations d'étudiants ont été pour elle un confluent.

Il n'est pas possible que les jeunes hommes qui s'y réunissent, qui y vivent ensemble, l'àme et le cœur à découvert comme on est à vingt ans, ne finissent pas par voir tout ce qu'il y a de mort et d'usé dans les formules qui divisèrent leurs pères, et qui les diviseraient encore eux-mêmes, et par comprendre qu'au-dessus de l'égoïsme des partis, des écoles et des églises, , il est d'autres formules assez larges, assez compréhensives pour unir tous les esprits et toutes les volontés dans un commun amour de la vérité et de la patrie.

Ne l'ont-ils pas déjà compris ? Voici ce qu'en les présentant, un soir de l'an dernier, à un bote illustre, Eniilio Gastelar, disait d'eux l'homme de France qui a mis en eux le plus de son être, M. Lavisse : « S'ils sont divisés sur quelques sujets, ils sont unis en des points essentiels. Ils aiment la liberté résolument, sans théorie, comme un état naturel et nécessaire. Si les passions politiques semblent s'éteindre en eux, c'est, je crois, parce qu'ils sont arrivés, en politique, à la période de la raison, mais d'une

raison très ferme et qui sait se fâcher quand il faut ; elle se fâche même très vite. A la première apparence du danger qu'a couru la liberté, ils se sont émus... Ce fut la première démonstration publique que leur scepticisme n'est pas un état d'indilïerence. »

« Plus vif et plus intense encore est chez eux le sentiment national. La France est aimée par eux comme elle doit être aimée, à la fois d'instinct et par réflexion. Ils ont le patriotisme des braves gens, celui qui ne raisonne ni ne transige. Ils en ont un autre que j'appellerai philosophique. Ils aiment la France parce qu'elle est libre, parce qu'elle est généreuse, parce qu'elle fait effort vers la justice, la justice au dedans, la justice au dehors, c'est-à-dire en définitive la paix des peuples ; mais je dois vous dire que s'il est parmi eux des cosmopolites à la mode d'autrefois, ils sont rares. »

Mais là n'est pas l'unique office, l'unique service des associations d'étudiants. Depuis longtemps déjà, notre société a cessé d'être une hiérarchie de classes superposées, subordonnées. Elle tend chaque jour davantage à devenir un système de groupes naissant spontanément, et répondant chacun tantôt à un intérêt, tantôt

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