RESULTATS STATISTIQUES . C
diants dans les sciences, loO dans les lettres, .et presque tous fictifs.
Tout à coup, à partir de 1877, nous voyons apparaître 384 étudiants dans les Facultés des sciences, 286 dans les Facultés des lettres. Puis, d'une année à l'autre, ces nombres grossissent du simple au double, du double au triple, du triple au quadruple, et finissent par atteindre les chiffres inespérés de 1,335 dans les sciences, de 2,3o8 dans les lettres. Dans l'accroissement total du nombre des étudiants, les Facultés des sciences et des lettres entrent en ligne de compte pour plus de 3,r500 unités. Et qu'on le remarque, ce n'est pas là purement et simplement le développement normal d'une chose préexistante. C'est de toutes pièces la création d'une chose vraiment nouvelle.
Par là nous avons, en grande partie, regagné l'avance que de tout temps l'Allemagne avait eue sur nous.
Autrefois, le nombre de ses étudiants était double du notre. Il le dépasse encore aujourd'hui de 12,000 environ. Mais il faut tout d'abord tenir compte de la population totale des deux pays. Celle de l'Empire d'Allemagne est de 45
Gi UNIVERSITES ET FACULTES
millions dliabitants ; celle de la Répiibli(|iie française est seulement de 38. Et puis, ne Foublions pas, nous avons en France des institutions qui détournent des Facultés une notable partie du contingent qui, en Allemagne, va droit aux Universités : nos lycées d'abord, où s'enseignent quantité de choses qui ailleurs sont du domaine de renseignement supérieur, puis l'Ecole polytechnique, l'Ecole normale, l'Ecole des chartes, enfin tous les grands séminaires. En Allemagne, rien de semblable. Seul l'enseignement technique a des écoles spéciales ; tout l'enseignement scientifique se donne aux Universités. Partant, c'est aux Universités que va presque toute la jeunesse, les futurs ministres des cultes aussi bien que les futurs médecins, les futurs magistrats, les futurs professeurs et les futurs savants.
L'Allemagne est le pays d'Europe où les étudiants sont le plus nombreux, un sur quinze cents habitants. En France, nous n'en avons qu'un sur deux mille. Sensible est la différence. Mais si l'on tient compte des causes qui viennent d'être indiquées, si aux étudiants de Faculté on ajoute les élèves des écoles spéciales, l'écart s'atténue et devient presque insignifiant.