L'ORGANISATION
enseignements d'un caractère plus particulier,, local ou régional.
L'enseignement supérieur est une fonction de l'Etat. Mais c'eût été une vue étroite et fausseque de ne pas permettre aux bonnes volontés locales ou privées d'y concourir avec l'État.
Bien que de date encore récente, ces mesures ont déjà produit des effets sensibles. Outre les crédits qui leur sont ouverts par l'Etat sur les fonds du Trésor, les Facultés ont maintenant leur budget propre et personnel, et il n'est pas d'année qu'elles n'y inscrivent des libéralités nouvelles.
Au total, les revenus des diverses Facultés, produits des dons et legs, subventions des villes, des départements et des particuliers, se sont élevés, l'année dernière, à 203,133 francs. Sur ce chiffre, les revenus des dons et legs figurent pour o 1,647 francs; le reste vient des subventions.
Dons, legs et subventions peuvent s'appliquer à tout, au matériel et au personnel, aux laboratoires et aux enseignements, aux étudiants et aux maîtres. Yeut-on quelques exemples de ces subventions?
Yille de Paris : 15,000 francs débourses dans
les diverses Facultés, un cours criiistoire de la Révolution à la Faculté des lettres, un cours de Jjiologie générale à la Faculté des sciences.
Ville de Bordeaux : 7.200 francs de bourses ; un cours d'histoire du Sud-Ouest à la Faculté des lettres.
Ville de Lyon : subvention de 9.700 francs allouée par la chambre de commerce à la Faculté des sciences pour l'enseignement pratique de la chimie industrielle.
Ville de Marseille : subventions de la ville, du département et de la compagnie des Messageries maritimes à TEcole de médecine, pour un cours de bactériologie.
Ville de Rennes : subvention de trois des départements bretons pour un cours de celtique, à la Faculté des lettres.
Ville de Toulouse : fondation par le conseil -municipal d'une chaire d'espagnol, et. par le conseil général, d'une chaire de langue et littérature romanes.
Ville de Lille : rente de 20,000 francs aux Facultés « pour- être employée, par leur conseil général, au mieux des intérêts de l'enseignement supérieur. »
Par ces libéralités, les pouvoirs locaux ser-
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vent bien les intérêts généraux de la science, en même temps que les intérêts plus spéciaux dont ils ont particulièrement la charge, et, en aucun cas, à aucun degré, ils n'empiètent sur les attributions des Facultés. Celles-ci ont la capacité de recevoir. Mais elles restent maîtresses de refuser ou d'accepter. De plus, quand il s'agit d'enseignements nouveaux, elles ont besoin, pour accepter, de l'autorisation du ministre, et les maîtres chargés des nouveaux enseignements sont nommés par le ministre, dans les mêmes formes et sous les mêmes conditions que les autres.
. Dans le même ordre d'idées, une mesure toute récente, inscrite dans la dernière loi de finances, peut être, pour les Facultés, grosse de conséquences heureuses.
Jusqu'ici, toutes les dépenses, celles du matériel comme celles du personnel, étaient payées directement par le Trésor. Un budget qui les comprenait toutes leur était ouvert chaque année, et la règle inflexible de l'exercice pesait également sur les unes et les autres. C'était un encouragement à l'emploi hàtif, souvent mauvais des crédits.
Désormais, il sera fait distinction entre le
budget du personnel et celui du matériel. Les traitements continueront d'être payés directement par le Trésor, mais les Facultés recevront sous forme de subvention les sommes mises par l'Etat à leur disposition pour toutes les dépenses du matériel. Si, l'exercice expiré, elles ne les ont pas épuisées, la difTérence restera leur propriété, et augmentera leur patrimoine.
Ainsi encouragées à l'esprit d'ordre et d'économie, sachant que ce qu'elles dépensent, c'est leur bien, nul doute qu'elles ne deviennent promptement bonnes ménagères de leurs deniers, et que parleurs vertus elles n'augmentent leurs ressources et leurs moyens d'action.