Je n'y fus pas
16. Mercredi. Parti à 4. passé par Beuthen, assez jolie petite ville: par Neusalz. où sont les Herneutes. qui ont bâti des maisons à la hollandaise. J'y ai trouvé un homme qui avait été S ans à .... Arrivé à Wartenberg à 9. J'ai fait la rencontre du comte de Cosel qui est à
2 un mille de la dans ses terres. Il me parla beaucoup de Suisse. My a un couvent de Jésuites: ils-sont au nombre de 16: ils paient au Roi S.000 éeus par an. Je fus chez le prêtre qui n’use point ra belle vie .... Je soupai et dirputai avec-lui sur la transsubstantiation. Len Jesuiten ont parmi eux un fou enfermé depnis 7 ans. Ils le maltraitaient. Le
25 Roi le fit sortir. lui parla et ordonna qu'on le traität mieux. J'y fis appelé et ny rertai quun instant. On parla du bombardement de Küstrin.
17. Jeudi. Parti à 3 heures ct arrivé à 10 à Plaute. petit village avec beaucoup d'eau et moulins. Passé par Grüneberg. petite ville. où
il y avait des paysans. Tout le monde était sorti pour voir le Roi. 1 y avait 3 jolis minois à une fenêtre qui saluaient pour se faire remarquer. —
Le terroir devient tous les jours plus sabloneux. Je fas chez le Roi al. et y restai jusqu à 6. Il me parla de la vie qu'il mène en temps de
ss; paix. »Je me lève à 7, et pendant le temps que je m'habille. je lin mes lettres. Cela va jusqu'à 8 heures et demie, alors je sors. Je monte à cheval. ou je me promène, cela dure jusqu'à 11 heures. Pendant ee temp», j'ai eu celui de mürir mes idées et d'éviter ce premier moment qui est vif
14 août p. 154
15 août
16 août
17 aoû
ebez moi: car je vous avoue que je le suis beaucoup, ce premier instant. p. 12°.
so À 11 je diete jusqu'à midi. J'écoute ler requêtes. les finances deux fois la semaine, les suppliques. Je dine à I, cela dure jusqu'à 2 heuresetdemie, 23°
356 Tageblider von Heinrich be Gatt.
car je n'aime pas beaucoup diner. Après je me promène. Je m'entretiens souvent d'affaires. A 5 je lis, à 7 je musique, à 9 je soupe avee six amis, - p.66 et nous disons là bien des bavardises. Cela est oublié le lendemain.« — p.127, 151 M'a parlé de ses inquiétudes, surtout de ce premier moment qu'il apprend une nouvelle. »J'aime mon peuple. Ce premier mouvement est 5 p.25 plus fort que moi. J'ai vécu avec 1200 écus; s'il fallait vivre de même, je le ferais, si mon peuple pouvait être heureux. Croyez-vous qu'il ya ».38 des gens qui envient mon sort?« — Je dis que oni, et qu'à bien des égards il était digne d'envie; ce Prince m'a touché par ses sentimens. p.148 » Je marche aussi vite qu'il est possible, ‘et, si cela ne réussit pas, on mein blämera, j'en suis sûr. Si j'avais 50,000 hommes, je chasserais chacm x chez soi.«
18 août 18. Vendredi. Parti à 2heureset demie, arrivé à Crossen à 7 heureset demie. Logé chez une veuve reeluse. Appelé ä4 et resté jnsqu'à 6 heures et demie. D. D. avait reçu une lettre. Le feu lui montaau visage. »Sentezali
p. 151 dit-il, »mon front: quelle chaleur! Voyez-vous, je ne puis me défendre de ee premier moment, et cela est bien naturel. Je ne crains rien pour moi; mon parti est pris. Si je dois mourir, à la bonne heure! jlai fait ma prière à l’&pieurienne. Mais c'est pour mes pauvres gens que je erains.« Il m'expliqua comment se faisait une attagne. »Quel spee-n tacle horrible! Vous direz que toute la terre est bouleversée.«
19 soût 19. Samedi. Parti à 2 heures, arrivé a Ziebingen à 8. Appeleäl. Elle fit le plan du château de Sans-Souci, des jardins. I n'y a pasun endroit qui ne puisse fournir un joli paysage. IL me parla de sa wie
p.93 philosophique. »Il ya un caveau dans ce jardin, Il y a des pins, je# p. 31.32 ferai mettre des cyprès. J'étais étonné que mes soldats depuis la betaille de Breslau avaient peur du canon. Je promis 100 dueats pour chaque canon qu'un soldat prendrait. Cela fit bien. Pour livrer bataille, il faut connaître le cœur des hommes. Le canon décide furiensement. Turenne se vantait d'avoir une fameuse artillerie, consistanten 17 canons, et à présent on en a jusqu'à 200. Je-parierais presque tm jours de gagner, mais on ne peut rien contre la canonnade.«
20 août 20. Dimanche. Parti à 1 après minuit et arrivé à 6 à Francfort, Logé chez le conseiller Forbroon qui m'a fait bien des amitiés. de ts
p.49 chez D. D. »Quand j'ai du chagrin, eelui d'avoir perdu de bons amis, & je m'enferme seul, et je pleure tout mon soûl.« Il me parla de ses plans, qui allaient bien. I] me dit que c'était indigne comme Von se trampait dans les négociations: que les princes étaient de la eanaille etqu'om gâtait avec eux. »Vous m'avez déjà vu assez, pour me sonmaltre franc.« “
21 août 21. Lundi. Parti à 4 heures et arrivé à 1 à Gorgast. Je”
1758, 17.— 25. Augufl. 357
Roi. qui vit ler postes avancés et une partie de l'armée. Je fus A Küstrin. Quel spectacle horrible! tout est abime. Les habitans en pleurs.
Je voudrais avoir vécu. disait l'un dans un diner du Roi, du tempr
de César: un autre. d'Alexandre. Et moi, dit M. Mitchell, du temps où Fon pourrait mettre l'histoire du monde dans une page.
22. Mardi. KResté. Appelé à 1, jusqu'à 7. On parla des affaires présentes. Comme je le regardais. lorsqu'il m'exposait combien il avait d'affaires aur les bras: »Que dites-vous? Vous me regardez si fixeinont.«
10 -— » Tout cela me touche, Sire.« — Parti à 10 heures du soir.
23. Mercredi. Arrivé à 7 heures à Güstebiese. On fit un pont. qui fut bien vite construit. Passé l'Oder sans inquiétude. Je vis comment se faisait Ja le passage d'une rivière. Il y a bien de l'ordre. D'abord on fit occuper les hauteurs. On braqua le canon contre les hauteurs.
15 avant que ler troupes vinssent: passé l'Oder entre midi et 1 heure ct
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arrivé à 5 à Klossow. On prit un Cosaque. Un général casaa denxp. 153.1
dents à un, un autre donnait des coups à un qui voulait garder son erueifixe.
21. Jeudi. Le Roi me fit appeler à 2 heures. Me dit qu'il espérait 20 que tout irait bien. que je devais venir le soir auprès de lui et qu'il me dirait où je devais me placer. J'y fus le soir vers les $ heures à un moulin où on était arrivé à 7. Je restai avec Sa Majesté jasqu à 11. — -Eh bien. vous verrez demain. Ne me trouvez-vous par tranquille (“est un jour terrible que celui d'une bataille. J'ai fait mes arrange- 25mens de façon que je ne perdrai pas beaucoup de monde et que l'ennemi sera chassé: mais vous le verrez peut-être: un rien changera tout. et on ınettra aur le compte d'un chef ce qui n'est point de sa faute. Adieu. Dormez bien!« — Je me retirai ravi de ce Prince. Je me eonehai sur la paille dans une grange et dormis deux heures.
40 2%. Vendredi. Nous marchâmes près d'un mille. Alors on joignit :
Fenneini, formé en 1 lignes. A 9 heures et un quart on commence à eanenner. (Cela va grand train, ensuite on en vint au petit feu. Il s'éloigne. et le Roi me dit la veille : »Quand vous verrez cela. c'est une bonne marque. Vers les midi et 1 la bataille était gagnée. Le Roi savait demandé où j'étais. L'infanterie court la bayonnette au fusil. Comme elle n'était pas bien serrée. la cavalerie fond dessus. Alors on se debande. Le Roi rallie jusqu'à 3 fois. parait un étendard à la main. Couru risque d'être enveloppé. Notre cavalerie fond alors à la droite, au centre, à la gauche et sabre d'importance. Quel carnage et quel 40 spectacle que ee champ de bataille! La cavalerie a fait des merveilles. Le régiment Normann n'a pas eu beaucoup occasion de donner: les hus-
24 avût
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358 Tagebücher von Deinrid be Kat.
sards noirs n'ont pas bien fait; l'infanterie, Forcade, Kalckstein, bataillon de Wedell, de Lattorff, un de Kanitz, d’Asseburg, Prince de Prusse, tous ees 14 bataillons que le Roi avait amenés: ceux de l'armée de Dohna ont très mal fait sur la fin et se sont sauvés à toute outrance. I ny avait aueun endroit sûr, les boulets et les balles volaient partout. Gre- 5 nades, quel affreux spectacle! Les Russes étaient couchés en file; ils baisaient le canon, lorsqu'on les sabrait, et ne le quittaient point. On en trouvait sur le carreau d'enfilés réciproquement des leurs et des nôtres. Ces Russes blessés et étendus tiraient encore. On ne leur donnait pas alors de quartier. Le soir vers les 7 heures on se retire. Lew Roi me fait appeler. »Eh bien, ne vous l'avais-je pas bien dit : quel spectacle horrible? Avonez, n'est-ce pas affreux? Où coucherez-vous! Allez-vous reposer, mettez-vous dans votre manteau. Je vous l'ai dit : un général peut penser à tout, et vous voyez que tout ne va pas, comme on le eroyait.« — Je vais me coucher, des chevaux me passaient sur les jambes; un Russe blessé et mourant se plaignit toute la nuit et m/empêcha de dormir. A 2 heures ou 3, 2 eseadrons de Cosaques foreent le régiment Ruesch, entrent dans le camp; alors on envoie des dragons. On les chasse.
26. La eanonnade recommence, je erus qu'on en viendrait encore”
».163.164à une bataille. Cela dura une heure. Le Roi voulut reconnaître, on
27 août
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jetait sur lui des bombes. On tirait à cartouche. On le eonjura de se retirer. Les ennemis gagnèrent un bois: nous eontinnämes la eanonnade presque tout le jour. Je vis encore du champ de bataille dans le bois. Quelle horreur! Le comte Fermor envoya un trompette pour demander# une trêve pour trois jours pour enterrer les morts. On lui répondit que c'était à celui qui avait le champ de bataille, à avoir ce soin. Ont railla bien.
Je me couchai à S heures sur de la paille dans une tente. Versles 3 heures commence une affrense canonnade. Je ne sus ce que c'était: L’ennemi se retirait et il campe
27. Dimanche — sur les hauteurs où est le canon. Linfunterie ed an bas, faisant une espèce de bataillon carré. Le quartier general fi à Tamsel, joli village avec un beau château appartenant à ln génére de Wreech; les jardins tout à la hollandaise. Les Russes ont pillétontt cette maison, tué l'intendant; on trouva dans les bois plus de 1 Quelle guerre!
28. Lundi. Reste. On trouva le corps d’Oppen, adjudant percé de 41 blessures. C'était un brave homme, bien attaché Sa Majesté est affligée de cette perte. Elle mange seule avee le! Seydlitz. Grand général. Je vis Sa Majeste témoigner ä la cav
1758, 25.— 29. Auguf. 359
combien elle était satisfaite. Elle embrassait l'an, donnait un coup sur l'épaule à l'autre ete. C'était un spectacle intéressant.
29. Mardi. Reste. On chanta le Te Deum. Triple salve d'artillerie 29 soût et mousquoterie. Les Russes tirèrent aussi. Il paraît généralement que ‚si l'on avait fait quartier, c'était fait de l'armée russe. On avait dit à ces gens-là que 8 ils se battaient mal, ils seraient pendus. Je fus le soir à S heures. Sa Majesté était très fatiguée. — »Sentez, comme je m'aigris. Quel tracas! pas un instant de repos. Ces Russes ne se retirent point.« — On parla de la cavalerie. — » Elle a sauvé l’Etate, dit-il. — p.161. 164 Les généraux pris sont Browne, Schuwalow, Tschernyschow, Manteuffel, Tiesenhausen.
Le régiment Prince de Prusse fit l'avant-garde pour attaquer. Quand il avanga pour cela. on avait dit aux hussards noirs de les flanquer. Ils se retirent, et sont par là obligés de se mettre en triangle pour se flanquer. Un officier de ce régiment, avançant, eut la main et la cuisse em- p. 164. 165 portées du même coup. Il ne voulut point d'appareil : Je meurs content. si le Roi est vainqueur. — Quand la gauche fut repoussée, les régimens Prince de Prusse. Forcade, Kalckstein font demi-tour à gauche, repoussent. éloignent. vont à une hauteur. Alors, 10 bataillons ennemis viennent tambour battant, tirent à cartouche. Le général Seydlitz donna et les chassa. En se retirant, ils allumérent des chars remplis de poudre. de balles, de grenades. Les Russes traînent avec eux des chevaux de Frise.
En sortant du bois, ils auraient dû nous présenter une ligne parallèle ct arrêter. on aurait aussi pu prendre aux Russes tout leur
bagage.
Je fus à 4 et restai jusqu'à 9. Une femme venait demander une p. 165. 166 place. — »Que veut-elle? comment donner des places, puisque je ne
suis pas sûr de garder la mienne' Ainsi faisaient les Romains : déjà ils vendaient les terres où étaient les ennemis.« |
»Je suis occupé de tous les moyens pour chasser ces Russes. Je dois bien vous ennuyer: pas un moment de repog'!« — Nous parlämes de religion. — » Vous ayez: voyez. vous êtes dans l'erreur dès votre enfance.« De médecine. »Ce dont nous avons le plus besoin dans p.45 la vie parmi les hommes. c'est le cœur. Il ya bien peu d'honnêtes gens, ce sont de ces plantes rarcs.« Vers les 11 heures |le 25 août] il y ent la première attaque de cavalerie. et elle a duré presque jusqu à 7 à différentes reprises. Le lendemain on venait apporter beaucoup d'étendards. et on donnait 10 écus pour chacun. Les dragons tuérent quantité de Russes à coup de pistolet dans le fossé, et ensuite burent l'eau. Depais le 27 ils sont sur cinq hauteurs garnies de canon. Leur infanterie
360 Tagebüder von Geinrid be Cat.
est au bas. Forment une espece de carré. »C’est une terrible vie que la mienne. Qu'en dites-vous? Tenez, vous avez assez causé. Voulez-vous des figues de Sans-Souei et des pêches de montagne? On dira que c’est un brigandage de se mettre cinq contre un. Quand tant de gens vont à la boucherie pour moi, pourquoi ne vonlez- 5 vous pas que j'y aille aussi ?«
Le 30, il y avait encore des Russes sur le champ de bataille qui venaient au LEE général.
Qui n'a qu'un moment à vivre, n'arienà dissimuler léerivant au Prince.son frère). LA
31. Appelé à 5 heures. Il me lut du troisième chant de Lueröce | qu'il lit pour la vingtième fois. »Tenez, voilà mon breviaire! Je pense que ces gens-là s’en iront, et s’il y a quelque moyendeles chasser, soyez sûr que je le trouverai.« Il souffrait beancoup de la erampe, et cela avec beauconp de tranquillité. Cela lui vient de hömorrhoi-h des qui ne coulent pas, ilrend alors. Un officier conduisait 4 Russes. Un s'écarte du chemin. Les paysans le tuent. Ces gensensevelissent morts et blessés. Nos fuyards rencontrent un parti de Cosaques qui les forcent de revenir dans leur,camp. »Je ne croispas“ qu'on puisse critiquer mes dispositions. «
1e septembre. Parti à 3. Les Russes avaient décampé la veille, je vis les hauteurs qu'ils avaient occupées. Ils avaient fait des föches garnies de fossés en dehors et en dedans. On l’arrêta à Blumberg, m leur prit là 3 canons.
La djroite], qui attaquait [le 25 août), formée en 3 lignes, l'autre:
Faire avancer trop le canon.
Avoir fait quitter la montagne,
Avoir avancé dans une autre position que l'avant-garde,
Les ennemis auraient dû faire avancer de l'infanterie sur la mo tagne. «
Avoir fait défiler des dragons de la gauche à la te allaient à bride abattue, ce qui étonna la gauche qui qu'on fuyait.
Le bois que nous passämes pour aller à l'ennemi, s'appelle }
Appelé. Parla du départ; qu'il leur avait détaché qnelque sur les flanes. Que cela les avait engagés à se presser un peu: Me combien la vie est pénible. Que cette vie-là est bien opp caractère et à son goût. » Jaime à mener une vie paresseı ces gens-là et je ne voudrais 100,000 éeus d'eux, qui sois pauvre.«