‹ UranographieChapitre 1 sur 118 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Mettre Vétade du ciel à la portée des personnes <|m sont peu yersées dans les Mathématiques , tel est le bat principal de cet Ouvrage. J^ai youla que tout liscteur, doué de cette application d'esprit qui permet de suivre un raisonnement , et sans laquelle il ne doit pas songer à ouvrir un livre de sciencor pût , à Taide des calculs arithmétiques et des seuls éléments de la Géométrie 9 pénétrer les mystères astronomiques f acquérir des preuves irrécusables de leurs, lois^ et même appliquer ces connaissances à la résolution de problèmes importants. Les gens du monde me sauront quelque gré de leur avoir enseigné» dans un langage à leur portée » les moyens de reconnaître les constellations, d'obtenir la longitude et la latitude d'un lieu, de construire un calendrier et un cadran solaire , de trouver rheure aux étoiles , de prédire les éclipses , de connaître le lieu qu'occupe un navire à la surface des mers, de calculer l'heure de la marée dans un port , etc.

J'ai aussi eu en vue l'utilité des littérateurs , dans la composition de ce Traité. 11 n'est personne qui , en admirant les

vin PREFACE.

écrits que l'antiqaité nous a transmis » ne reconnaisse que leurs auteurs étaient versés dans les sciences : et même les anciens n'avaient» à proprement parler» d'autres savants, que leurs philosophes» leurs orateurs et leurs poëtes. Virgile» Ovide» Cicéron» Manilius» et même Homère et Anacréon» étaient aussi instruits qu'on pouvait l'être de leur temps » en Astronomie» en Physique» en Optique» en Histoire naturelle... Comment se fait-il donc que les gens de lettres » qui recommandent avec raison l'étude et l'imitation des anciens» ne les imitent pas eux-mêmes » en mettant à contribution toutes les richesses des sciences? Que de comparaisons brillantes» de sujets véritablement poétiques peuvent fournir l'Astronomie, la Botanique » l'Agriculture I. . . L'indifférence pour des images si variées et si justes » l'habitude de ne rendre hommage qu'aux beautés d'une certaine nature^ et de fermer les jeux sur celles qui ne sont pas du genre qu'on estime » sont sans doute les , causes qui ont si rarement permis aux modernes d'égaler leurs admirables modèles.

Le peu d'estime que quelques personnes affectent pour les sciences tient souvent à leur ignorance » ignoti nulla cupido : elles cherchent des motifs pour l'excuser » pour favoriser leur paresse d'esprit ; dans les exemples des écrivains qui sont arrivés à la célébrité sans ce puissant moyen ; dans la gêne pnn duite par ^habitude des règles qui captivent l'imagination; enfin dans la sécheresse qu'elles supposent que les sciences répandent sur les écrits. Elles oublient que tous les savants font leurs délices des lettres » et qu'ils ont aussi une littérature où ils se montrent supérieurs aux hommes de lettres les plus distingués : Pascal» Buffon» d'Alembert» Bailly, Cuvier» Laplace f Fourier » ont un rang élevé parmi les écrivains ; et la moindre part de leur gloire est cependant d'avoir couvert de fleurs le champ qu'ils fécondent des fruits de leur génie.

Quelques personnes vont même jusqu'à prétendre que le mérite littéraire consiste presque uniquement dans un style

Page 1