PRÉFACE. IX
pur, nombreux» élégant oa sublimé. Qu'ils entefident Massillon dans la cbaire» Mirabeau à la tribune» d'Agnesseau au barreau» Racine et Molière au théâtre» ils verront que c>st parlaeonnaissance du cœur humain » du mécanisme des passions, par Tétude de la politique et de la morale, que ces grands écrivains se sont immortalisés : le style n'est pour eux qu'un accessoire brillant» mais nécessaire» que leur génie sait animer par la chaleur des mouvements de leur ftme.
Que des littérateurs consentent donc à se laisser inspirer par les neuf Muses» et à s'éclairer» comme les Grecs et les Romains » au flambeau des sciences. On ne verra plus le poète employer si risiblemeot des idées qu'on lui a suggérées et qu'il n'a pas comprises ; le traducteur prêter des fautes à son auteur ; l'orateur semer dans ses discours des fleurs déplacées; l'avocat plaider ridiculement pour un brevet d'invention» sur un sujet chimique qu'il entend aussi peu que les juges. Nos meilleurs écrivains ne sont pas exempts de reproches à cet égard ; et pour ne citer que la Fontaine » ce philosophe si pur et si sublime» ne dit-il pas que la cigale se nourrit de mouches et de vermisseaux ; que la fourmi amasse des provisions pour l'hiver ; qu'une souris qui s'est logée dans le tube d'une lunette paraît à un astronome être une habitante de la Lune» etc.? Ces taches et d'autres encore n'eussent pas déparé ses belles fables , si la Fontaine n'eût pas négligé l'étude de l'Histoire Baturelle et de l'Optique.
Quintilien était bien éloigné de partager l'erreur que je combats» lui qui veut qu'un orateur ne soit étranger à aucune connaissance humaine : il va même jusqu'à affirmer qu'on ne comprend pas les écrits des anciens» quand on n'a pas cultivé les sciences» et en particulier l'Astronomie : Née poêlas legisse nuis est : txeuliendum omne scriplorum genus , wm propter histo^ rtos mode s sed verba quœ fréquenter jus ah auctoribus muMAnt. TiMi nec dira fmmeen , grammaiice poiest esse perfecta , eùm et de metris rhythmisque diceruium sil. Nec, sirdRionem siderum ignoret.
X PRl^FAGE.
paetas inielligal , qui {ut alia mittam ) iotiès ortu occampu iigno* Tum in declarandis tempâribus utunfur (Inst. » liv. I, chap. IV}.
On doit avouer qu'aujourd'hui les sciences ont une telle étendue t qu'on ne peut les approfondir toutes, ainsi que cela se faisait autrefois : le littérateur doit donc se contenter de les effleurer. Il ne lui est indispensable > pour coinpirendre les anciens » que de connaître les sciences au même degré qu'eux, et il lui est facile d'aller beaucoup plus loin. C'est cette pensée qui m'a fait nattre l'idée de mettre la plus belle deis sciences à la portée de presque tous les lecteurs. Voici le plan que j'ai suivi : V
Ce Traité est formé de (rois parties : la première contient les principes généraux de l'Astronomie » et n'est qu'une introduction aux deux suivantes. La deuxième donne les solutions de divers problèmes : l'enseignement public comprend maintenant les Mathématiques ; et le plus grand nombre des disciples des Collèges y reçoivent une instruction assez étendue. J'ai cru utile de réserver la troisième partie pour des calculs numériques propres à faire concevoir l'usage qu'on peut faire de l'Astronomie dans un grand nombre de circonstances.
Les lecteurs ne devront pas s'effrayer de l'emploi que je fais de ces calculs, puisque cette troisième partie est tout à fait indépendante des formules algébriques , et peut dire négligée par ceux qui ne sont pas exercés à ces opérations , qui ne se fondent que sur rArithmétique et la Géométrie. Les difficultés qu'ils y trouveront ne tiennent qu'à la nature du sujet. Une première lecture ne donne bien souvent qu'une idée générale d'un livre de science ; c'est dans une seconde tentative qu'on doit espérer d'en retirer quelque fruit.
Dans les précédentes éditions je ne m'étais pas abstenu , comme dans celle-rci, des théories algébriques, mais le peu d'étendue que je pouvais leur consacrer m'ayant déterminée les développer beaucoup davantage dans des traités spéciaux , r Astronomie pratique et la Géodésie . j'ai cru devoir y renoncer