‹ UranographieChapitre 42 sur 118 · MASSES PLANÉTAIRES. ^ 17S · texte numérisé non relu

MASSES PLANÉTAIRES. ^ 17S

globe tend à le faire paner de A en B dans un temps très-court ; mais l'attraction solaire l'amène en C ; BG est donc la quantité dont la Terre tombe dans cette durée. Comme elle déorit une courbe presque circulaire en S65 jours et un quart , il est aisé de calculer le petit arc AC qu'elle parcourt sur son orbite en une seconde de temps , et par suite la lonfpiear BG dont le Soleil fait tomber la Terre. Et puisque les corps tombent ici de A'^fi dans cette durée, nous ayons tous les éléments pour condore le rapport des masses du Soleil et de la Terre. C'est ainsi qu'on trouTO que la première est 354986 fois la seconde ^ ou en d'autres termes, si l'on mettait le Soleil dans le plateau d'une balance, il faudrait, poor faire équilibre; mettre dans l'autre plateau 854036 globes comme la Terre.

Puisque les masses des corps célestes font éprouver des perturbations aux corps qui en sont voisins, on peut encore obtenir ces masses par l'étude de ces petits déplacements. Mais ceux qui ont des satellites permettent de faire le calcul avec plus de précision. On remarqua que les satellites sont si petits par rapport à leur planète, et celle-ci est si éloignée du Soleil, que l'action d'une planète et de ses satellites est la même que si leurs masses étaient réunies à leur, centre commun do gravité : ainsi les autres corps célestes ne sont influencés que par un point matériel doué de la masse collective. Les masses des satellites sont d'ailleurs négligeables , dans une première approximation, comparativement à celle de la planète , comme celle-ci l'est par rapport au Soleil : on corrige ensuite le résultat que donne cette supposition. On démontre que si l'on divise le cube du grand axe d'pneplanèto par le carré de sa révolution sidérale ; et qu'on divise de même le cube du grand axe d'un de ses satellites par le carré de sa révolution autour delà planète j le rapport de ces deux quotients est égal à celui des roaises du Soleil et de la planète. C'est ainsi qu'on a déterminé les masses des corps qui ont des satellites. Les dernières rechercbes de M. Airy et Santini ont donné pour la masse de Jupiter le 1049o do celle du Soleil, ou 338 fois celle de la Terre.

Les densités étant les quotients des masses divisées par les volumes, sont ensuite faciles à obtenir.

La Table XIII contient les rapports des masses et des densités de ces planètes. On voit que la masse du Soleil est environ 8K5 mille fois celle de la Terre , mais que sa densité n'en est que le quart; que la masse de Yénus est presque égale à celle de la Terre, et sa densité un peu inférieure, etc.

Ia masse de la Lune se déduit de l'intensité de son action dans les

174 MASSES PLANÉTAÏRES.

marées; elle est 0^0128 (enyîron le 78«) de celle de la Terre; et oonme son Tolume en est le 49«, la densité Innaire est 0,61 K^ ou A peu près les I de celle de notre globe.

La même Table XIII fait connaître la pesanteur à la surface des planètes. Un poids transporté, par exemple, à la surface du Srieil, y deviendrait tont k coup près de 26 fois ce qn'il est ici, da roolDa abstraction faite de la force centrifoge dne i la rotation de ce gMia immense *, Ce résultat suit de ce que Taction attractiTe croit oomoie les masses et décroit comme les carrés des distances. On peut donc en calculer la grandeur pour une {planète dont on connaît la masse et le Tolume. On Toit aussi dans ce tableau qu'au lieu de tomber, oomme ici, de 15 pieds dans la 1'^ seconde, les corps tombent à la surface so* laire de S14 pieds.

On a supposé que les planètes étaient babitées par des Mres TiTants; mais les conditions de leur existence y seraient tellement difitérentea de ce que nous connaissons sur la Terre, que l'analogie nous manque pour tirer une semblable conclusion, et que nous ne pouYons noua former aucune idée de l'organisation de ces êtres. La Lune n'ayant ni atmosphère, ni liquides, ne pourrait être babitée par des individua renfermant des fluides, ayant besoin d'air pour respirer, et mémo pourvus de membres articulés, puisque aucun liquide ne Inbréfierait les articulations. Récemment on s'est amusé à créer par imagination des individus dans la Lune; on a prétendu les avoir tus, ainsi que leurs villes et leurs campagnes : ces folies ne seraient que risibles, st l'on n'avait essayé de les faire croire en les attribuant à H. Hersohell.

Si les planètes , dit ce savant , sont babitées comme notre Terre, les conditions de la vie animale doivent y être modifiées sous trois rapports principaux : d'abord en raison de la différence des quantités de lumière et de chaleur qu'elles reçoivent du Soleil; en second lieu, a cause des inégalités dans l'intensité de la pesanteur à leur surface ; troisièmement, à cause de la diversité de nature des matières qui les constituent, à en juger d'après ce que nous savons de leurs densités moyennes. L'intensité de la radiation solaire est environ

* Le calcul montre qu'il faudrait dix milIianU d^attelaget chacun de dix milliards de chenaux pour traîner la mane terrestre , sur un sol semblable à ceux où ronleot nos ToHures. Que penser des notions poétiques qui disaient tratner par 4 chrmx le Soleil, qoi est SSftmilt fois phis pesant I On trouve aussi qn*un homme du poids de 60 kil., qui serait Irawpertd à la surface de Jupiter, en pèserait tout à coup i63, comme si Ton eût chargé ses épaules du poids de io3 kil ; mats è la surftice du Soleil , il serait écrasé sous sa propre masse, rendue a8 fois plus pesante.

COMÈTES. tn

7 fbb plus grande pour Meraara que pour la Terre, et pour Uranus MO foia moindre : de sorte que, si l'on compare les deux termes extrêmes, le rapport sera celui de SOOO à 1. Que l'on se figure l'état de notre globe , û la radiation solaire était septuplée, ou réduite à sa S00« partie.

Bans Heroure , la résine , la cire seraient liquides comme l'huile cheinoas; certains métaux y seraient constamment à l'état liquide, comme le mercure de nos baromètres; notre eau, nos liqueurs spiritnenses n'esisteraient qu'à l'état de gaz. Bans la froide planète Uranus an contraire, dont la distance au Soleil est 19 fois plus grande que celle de la Terre, l'eau , si elle y existe, doit être semblable au cristal, et il faut, pour l'obtenir liquide, la faire fondre comme nous fondons le Terre, Nos huiles y auraient la consistance de la résine, et le mercure pourrait y être laminé, comme nous laminons le plomb et l'argent.

B'un autre côté, l'intensité de la pesanteur, ou la puissance répressive de la force musculaire et de l'activité animale , est à peu près triple sur Jupiter de ce qu'elle est sur la Terre ; sur Mars elle n'est que le tiers de la pesanteur terrestre; sur la Lune, le sixième; sur les quatre petites planètes, probablement ;^ seulement. Les termes extrêmes de cette échelle sont dans le rapport de 6 ii 1.

Enfin, la densité de Saturne n'est guère que le huitième de la densité moyenne de la Terre, en sorte que les matériaux constitutifs de cette grosse planète ne doivent pas être beaucoup plus denses que le liège.

B'aprèa la variété des combinaisons entre des éléments dont l'infiueneesur la vie est si grande, quelle diversité ne faut-il pas admettre dans les conditions de ce grand problème , qui a pour objet la conservation de l'existence animale et intellectuelle, etc.I (Tradaolion de M. Coumot, p. 8S5.)

Des Comètes.

117. Les comètes, qu'on regardait jadis comme des météores engendrés dans l'atmosphère, sont de véritables astres très-éloignés de la Terre; ce sont des planètes qui décrivent des ellipses excessivement allongées dont le Sdeil occupe le foyer ; elles sont souvent accompagnées d'une queue vaporeuse à travers laquelle on peut distinguer même les petites étoiles. Ce n'est d'abord qu'une nébulosité qui entoure la comète , s'accroit à mesure qu'elle approche davantage du

Soleil^ et forme quelquefoii UDe immense traînée qui atteint parfois jusqu'à 00^ de longneor. Les figures des oomètes sont d'ailleofs très- Tariabies; la queue de celle de Fan S71 ayant notre ère occupait nu tiers du ciel^ an rapport d'Aristote; ceUe de Fan ISO avant J.^C., o la naissance de Hithridate^ parut durant 80 jours aussi grosse que le Soleil. Dix ans avant, on en avait tu une qui semblait embraser font le ciel; Justin rapporte qu'elle avait un éclat supérieur à cselni du Soleil, et qu'elle occupait le quart du ciel (liv. S7, chap. 3). La comète de l'an ÂJS avant notre ère fut très-belle y et l'on supposa , après le meurtre de Jules-César^ qu'elle était venue annoncer cet événement. Celle de l'année 117 étaity*dit-on, très-effrayante. Suivant Fréret, celic de 479 a pn»éclipser extraordinairement le Soleil. £n 400, on en vit une qui, spus la forme d'une épée, s'allongeait du zénitb a l'horison. Celle de 531, surnommée Lampadias, fut très-grande et très-effrayante. La Lune était moins grosse en apparence que celles qu'on vit en 1066 et 1505.

Au reste, il y a lieu de croire qu'on a mêlé beaucoup d'exagération à la vérité; et depuis qu'on étudie mieux la nature, on n'a aucun exemple de comètes d'un volume et d'un éclat aussi extraordinaires. Les plus remarquables ont paru en 837, 1106, 1402, 1456, 1582, 1618, 1680, 1759, 1769 et 1811. Celle de 1618 avait une queoe de 104*degrés de longueur; celle de 1680, l'une des plus célèbres et des plus remarquables, avait une queue de 70 à 90 degrés ; celle de 1744 avait 6 queues disposées en éventail (fig. 3â). 11 en est an contraire qui n'ont ni queue, ni même cette sorte de lumière troublée qu'on nomme barbe, ou chevelure, ou nébuhsité. Les phases qu'on a observées dans celle de 1744 ont fait croire que ces astres sont des corps opaques, formés d'un noyau qu'accompagne une traînée vaporeuse, d'intensité et d'étendue variables. L'opinion de l'opacité des oomètes est confirmée par les dernières expériences de M. Arago sur la polarisation de la lumière de celle de l'année 1819.

Une comète n'a jamais de queue lorsqu'elle est loin du Soleil; mais dès qu'elle en est à 80 millions de lieues, cette vapeur commence à naître, et croit en étendue tant qu'elle se rapproche de l'astre : le développement a acquis sa plus grande dimension peu après le périhélie. Ensuite, à mesure que la comète s'éloigne du Soleil, la queue diminue par les mêmes degrés; elle n'est bientôt plus qu'un nuage, et enfin la comète même cessé d'èlre perceptible.

On remarque que la queue d'une comète est toujours dirigée selon le prolongement de la droite qui joint ce corps au Soleil ; si la comète

est à Torient de cet astre et b0 couche après loi^ la queue se porte rers Test; elle Ta à l'oaest quand la comète est à droite du Q et se lère aTsnt lai. Ces apparences ont fait croire que la queue des comètes n'est qu'un torrent de vapeurs éleyées par la chaleur du Soleil ,. et chassées par le choc des molécules de la lumière qqe cet astre lance. Tapeurs qui se condensent dans la région où elles se trouTcnt poussées* Ces Tapeurs, en s'écartant du centre, ont moins de vitesse que ce corps et restent un peu en arrière^ comme si cette matière s'éloignant^ la queue éproUTait de la résistance : mais on ignore ce qui donne &ne figure courbée à l'extrémité de la queue, et cette explication ne suffit pas pour rendre compte des formes bizarres que présentent quelquefois les comètes^ et particulièrement celle de 1744 qui aTait 6 queues {vay. fig. Si).

La proximité du Spleil, la continuité de la transmission, doiTcnt rendre l'accumulation de chaleur énorme et capable de tout fondre et Taporiser dans les comètes : il peut même arriTer que le noyau perde sa solidité. Celle de 1680 aTait 0,006 pour distance périhélie, ou le 64« de celle de Mercure^ elle fut 166 fois plus proche que nous du Soleil : la chaleur qu'elle en reçut fut S8 mille fois plus grande que celle que cet astre communique à la Terre; température euTiron de !U)00 fois plus élevée que celle du fer en fusion , et 27500 fois plus forte que celle de nos étés. 11 faudrait au moins 50 mille ans pour refroidir ce corps au milieu des circonstances physiques où nous TÎTons, s'il avait le Tolnme de notre globe et la tenfpérature du fer en fusion.

An télescope, la queue des comètes est peu Tisible; cette Tapeur, ce brouillard léger ne peut être perceptible, si ce n'est par son épaisseur. Le noyau est même une substance si rare, que lorsque la comète de 181 1 a passé dcTant quelque étoile, événement d'ailleurs assez rare, on prétend aToir aperçu celle-ci à traTcrs la substance même du noyau, sous l'apparence d'un point stellaire. Les petites comètes télescopiques sont privées de noyau, et ne présentent qu'un nuage moins dense que les plus légers brouillards qui flottent dans l'air.

118. Les comètes diffèrent des planètes, non-seulement par les apparences qu'elles offrent, mais aussi par la diversité de leurs mouvements, qni n'affectent plus la direction d'occident en orient, ni un orbe peu incliné à l'écliptiqne et peu excentrique, quoique plusieurs de ces corps réunissent ces circonstances.

En général , ces orbes sont des ellipses excessivement allongées ; et comme la comète n'est visible pour nous que lorsqu'elle est proche du

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178 œM^TES.

périhélie , celle orbile se oonfoiWl senriMement alors avec une parabole, sorte de ligne conrbe qui est ouTorle , et qu'on pent assimiler à une ellipse dont le grand axe est infini. Lorsqu'une comète appandt , les astNinomes l'observent trois fois à la machine. paraUactique, pour en obtoiir les asc. dr. et décK (p. 14) $ trois points de la oourbe toflsant pour déterminer une parabole, on en conclut tout le cours TÎaible et parabolique. Ainsi trois obserTations , même rapprochées , dimnent la distance du périhélie , la position de ce point , l'époque du passage et les nœuds : de là résulte l'heure du lerer et du coucher pour tout le temps de l'apparition , les étoiles qui en seront yoisines. . , .Pfèa de cent comètes , observées avec soin , ont leurs orbites exaotemwit re^ présentées par cette courbe , dans la partie visible pour nous s ainsi ce fait est hors de doute. Dans la région où l'astre échappe à nos re* gards , il achève son immense ellipse : il se pe^t même que plusieurs de ces corps décrivent en effet des paraboles ou des hyperboles, et qu'ils ne reviennent jamais Ters nous, fiurckhardt croit que celle de 1771 décrivait une hyperbole. Le Soleil occupe Je foyer de toutes ces orbites.

La détermination du mouvement d'une comète exige la connaissance des sept mêmes éléments que pour l'orbite d'une planète (t>oy. p. 141), et en outre il faut saroir si la marche est directe ou rétrograde^ c'est-â* dire si la longitude ra en augmentant ou en diminuant : car les comètes ne sont pas , comme les planètes , soumises à la loi du mouvement d'occident en orient*

Les comètes ont, comme le ciel entier, le mouvement diurne, qui n'est que l'effet de notre rotation en 24^; elles obéissent aux lois de Kepler, comme tons les corps célestes de notre monde; mais le calcul ne se prête pas facilement, comme pour les planètes, è déterminer leur retour, parce que, d'un petit arc observé, on yeut conclure l'orbe entier. Les planètes sont presque toujours visibles, et des obser- Tations nombreuses ont pu conduire à corriger les éléments de leur mouvement. Il faudrait aussi plusieurs réapparitions de la môme comète pour en connaître , avec précision , les retours périodiques \ mais on ne peut juger que par l'égalité de grandeur des éléments observés , ' qu'un de ces astres soit le même que celui qu'on a déjà vu : cette comparaison est le seul moyen de résoudre le problême.

110. Nous exposerons ici les causes qui nous ont empêchés jusqu'à

présent de prédire le retour des comètes et d'en connaître les orbites.

1" Ces astres ne sont visibles que dans une petite partie de leur

COMÈTES. f79

conn, cpii , étant très-proche do Q, est paroonnie avec nne ritesse prodigMiise. liais plus Fellipse s'allonge^ et plasia marche se ralentit •reo l'aetioD solaire; de telle sorte qu'il se peat que^ -vers l'apogée, l'astre soit presque immobile et ne puisse reyenir à nous qu'après des milliei* d'années.

S* On n'obserTê arec soin quedepnis 5tOO ans^ et beaucoup de co« mètes ont dû échapper aux yeux. Sans parler de ces quatre atomes nouvellement âécourerts ^-nageant dans l'immense sphère qui sépare Mira de Jupiter, Uranus , dont le cours est de 84 ans ^ avait déjà été ohienré par quatre astronomes^ et cependant n'a été reconnu pour une planète qu'en 1781 ; et Mercure, dont la révolution est de 88 jours ^ et qui est si diflcile à voir sans secours optiques , que Copernic mourni avec le regret de ne l'avoir jamais aperçu.

D'ailleurs , ou Ire qu'une comète peut n'être que sur l'horison des régions australes , n elle est sur le nôtre durant le jour^ nous ne la ver-^ rons pas, bien qu'elle soit sous nos yeux. Cette belle comète, que les astronomes n'ont vue en juillet 1818 qu'après le peuple, elle était présente, dans tout son éclat , mais en plein jour, longtemps avant sa découverte. Celle qui parut 80 ans avant notre ère, au irapport de Sénèque, ne fut visible qu'à la faveur d'une éclipse totale de Soleil , parce qu'elle était trop voisine de cet astre.

ê^ les apparences que présentent les comètes sont très-raiiables , puisqu'elles dépendent du lieu qu'occupe la Terre lorsqu'elles se pré* sentent , lieu qui varie dans une orbite de 70 millions de lieues dé diamètre. Ainsi une comète qui a été Irès-belle peut l'être très-peu à son retour, ou même n'être pas du tout visible, quoique existante sous nos yeux; sa queue peut avoir disparu.... Tant de circonstances concourent à ces changements d'aspects! La comète de 1811 était à peine visible en avril et mai; elle s'est alors plongée dans les feux du Soleil, et n'a reparu qu'à la fin d'août, au delà du périhélie; mais quelle différence d'éclat , et combien le spectacle qu'elle offrait était magnifique et étonnant ! qui aurait pu la reconnaître pour le même astre? On ne peut donc s'en fier qu'à régalité des éléments de l'orbite, pour être assuré que deusT apparitions sont relatives au retour delà même comète. Hais si l'attraction de Jupiter, Saturne, Vranus, change ces éléments, comment reconnaître l'astre ?

4^ La plus forte des causes d'erreur est dans l'observation.

Les petites comètes ne sont que des points vaporeux ; les grandes forment un nuage variable et mal terminé. La comète de 17S9 fut visible durant 6 mois; trois astronomes en ont calculé l'orbite, el

180 œMÊTES.

leun résultats ne s'accordent pas. Lequel a raison ? Les comètes do

1762^ 176S, 1743, 1750, 1766, offrent de semblables remaïques.

Quel est le moyen de prédire les retours ^ avee des éléments aasai dé*

fectneux?

On ne sera donc pas surpris si, sur 120 comètes dont on a ealeolé la marche, il. n'y en ait que iroiê dont on soit oer/otit de prédire les reioure.

La première est celle qui porte le nom de Halley. Cet astronome la Tit en 1682 : il remarqua que les éléments de son orbite étaient les mêmes a peu près que ceux des comètes aperçues en 15S1 et 1607 ; il en conclut qu'elle fait sa réTolution en 76 ans euTiron , période plus courte que celle d'Uranus. Elle avait paru en 1006, semblait 4 fois plus grande que Vénus , et jetait le quart de la lumière de la Lune. L'histoire n*a rien appris sur ses retours, jusqu'en 14S6 qu'elle passa près de la Terre : sa queue occupait environ 60^ du ciel , et avait la fiirme d'un grand sabre. Cette apparition, qui avait lien à l'époque où les Turcs venaient de s'emparer de Gonstantinople , devint un sujet gé-» néral d'eflFroi , surtout lorsqu'on vit cette comète s'approcher de la Lune dans son plein, à l'instant même d'une éclipse. Halley prédît son retour pour 1757, mais on ne Taperçut pas ; Clairaut montra , en 1758, qu'elle avait dû être retardée de 618/ à cause de l'action de Jupiter et de Saturne; en effet, elle ne passa au périhélie que^ vers le 12 mars 1759. « Cette comète , qui n'avait été vue qu'avec effînoi eu 1456, excita alors un vif intérêt. La longue queue qu'elle traînait après elle avait autrefois répandu la terreur dans l'Europe, consternée des succès rapides des Turcs , qui venaient de détruire l'empire grec. Le pape Calixte ordonna à ce sujet une prière par laquelle on conjurait la comète et les Turcs : dans ces temps d'ignorance, on était loin de penser que le seul moyen de connaître la nature, est de l'interroger par l'observation et le calcul. Suivant que les phénomènes arrivaient et se succédaient avec régularité, ou sans ordre apparent, ou les faisait dépendre des causes finales ou du hasard ; et lorsqu'ils offraient quelque chose d'extraordinaire et semblaient contrarier l'ordre naturel , on les regardait comme autant de signes de la colère céleste, lais ces causes imaginaires ont été successivement reculées avec les bornes de nos connaissances , et disparaissent entièrement devant la saine philosophie , qui ne voit en elles que l'expression de l'ignorance où nous sommes des véritables causes. » (jSytt. du Monde, IV, 4.)

Cette comète est apparue de nouveau en 1835. M. Arago (Annuaire fie 1886) examine la question controversée de sayoûr si les comètei

l'ëTaporent dans Fespace y et si elles perdent ainsi peu a peu de leurs dimeosions et de lenr éclat : il montre que , du moins pour la comète de Halley, cette opinion n'est pas fondée , et que ce corps a conservé réclat qa'on lui avait reconnu antérieurement. Ce savant rapporte les sbgttlîera aspects que l'on aperçut. Dans la nébulosité circulaire nommée chevelure, on voyait un secteur dont les côtés se dirigeaient vers le centre, et dont la lumière surpassait notablement celle de tout le reste de la nébulosité ; le lendemain , ce secteur avait disparu » pour en laisser voir un autre opposé^ ayant 00 degré» d'ouverture : ensuite on a vu reparaître le premier secteur, mais moins lumineux* Peu après on vit trois secteurs : enfin M. Amici vit , à Florence , six rayons lumineux très- vifs. Ces singulières apparitions sont complètement inexplicables. Du reste y notre savant académicien a conclu de ses expériences que la lumière des comètes est , du moins en grande partie, la réOexion de celle du Soleil.

Les deux autres comètes dont on sait prédire les retours sont à courie période, parce qu'elles reviennent au périhélie^ l'une après 1^8 jours , l'autre après S440 jours. La première porte le nom de H. Enclc^, l'autre celui de H. Biela, parce que ces astronomes en ont calculé le cours ^ ou reconnu la périodicité. La comète de £ncke a été vue avec et sans noyau , avec et sans queue , et sous des apparences diverses, en 1786, 1795, 1801 et 1805 j on aurait dû la revoir en 1808, 1812 et 1815; mais elle nous a échappé, dans ces trois retours, par son extrême petitesse et les causes que nous avons exposées ; mais elle a reparu en décembre 1818. C'est depuis lors que H. Encke en a déterminé la marche. On s'attendait a revoir cette comète en 1822, et cette espérance ne fut réalisée qu'à P«aramatta, dans la Nouvelle-Galles méridionale, où on l'a observée durant tout le mois de juin. Son passage au périhélie n'a différé que de 8^ des prédictions de M. Encke. Les retours, en septembre 1825, et mai 1882 , ont également été prédits et vérifiés. Cette comète , que l'action de Mercure influence fortement , a beaucoup d'analogie avec Cérès , dont elle a l'inclinaison et le gtanà axe ^ sa révolution sidérale est de 40 jours moindre que celle de Yesta; le périhélie tombe dans l'orbite de Mercure^ l'aphélie entre les orbes de Jupiter et des nouvelles planètes.

Quant à la comète de M. Biela , on est moins certain de sa marche ; mais on l'a vue en 1772, 1805, 1826 et 1882; c'est une des moins belles et qui approchent le plus de la Terre.

11 y a bien encore deux autres comètes dont on croit connaitre la marche j mais comme les retours n'ont pas encore été vérifiés, on at-

I8i -* COMÈTES.

tend qae l'obtervation vienne confirmer oette espérance. La premier* eti celle de 1680 , dont Newton a fait le sujet de les reoherohes, el qai lui attribue ujte réyolution de K7B ans : ce serait , suivant lui , la mAme qni aurait apparu en 1 106^ 58 1 , — 84, — 619, « ., : la deuxième est celle qui a été vue en 1264 et 1556, à laquelle on attribue une ré* ▼olation de 292 ans , et qu'on attend en 1848.

180. De tontes les comètes connues, celle de 1472 s'est le plus .ap* ' prodiée de la Terre ; elle paraissait si rapide dans sa course, qu'elle déeriviten un jour 120<» du ciel , rétrogradant à travers la Vierge, le Lion et le Cancer. Celle de 1770, caLcnlée par Lexell , n'était éloignée de nous que 6 fois la distance de la Lune (400 rayons terrestres , ou 600 mille lieues) ; sa distance au Soleil étiyit 0,0 1&4. Elle n'a oq>en^ dant tourmenté que les astronomes , embarrassés d'en déterminer le mouvement. S'il n'est pas impossible que quelque comète rencontre la Terre, il y a des millions do probabilités contre cet événement; il faudrait un basard bien extraordinaire pour que deux corps aussi petits, mus dans un espace immense, avec toutes les vitesses, dans des orbes de toutes dimensions , et sous toutes les inclinaison^ , vins* sent à se rencontrer. Au reste, cet infini disparaît devant un autre, qui est le temps j la durée indéfinie permet de concevoir tous les pos* stbies réalisés; et l'effet d'une pareille rencontre serait terrible. Voici quelques remarques de Laplace à ce sujet {Syst. du Monde, lY, 4) t

« Il est facile de se représenter les effets du cboo de la Terre par une comète. L'axe et le mouvement de rotation changés ; les mers abandonnant leui" ancienne position pour se précipiter vers le nouvel équateur ; une grande partie des hommes et des animaux noyés dans ce déloge universel , ou détruits par la violente secousse imprimée au globe terrestre; des espèces entières anéanties; tous les monummitsde l'industrie humaine renversés : tels sont les désastres que le choc d'une comète a dû produire. On voit alors pourquoi l'Océan a recouvert de hautes montagnes, sur lesquelles il a laissé les marques incontestables de son séjour; on voit comment les animaux et les plantes au liidi ont pu exister dans les climats du Nord , où l'on retrouve leurs dé^ pouilles et leurs empreintes; enfin on explique la nouveauté du inonde moral , dont les monuments ne remontent guère au delà de 6000 ans. Ifospèce humaine, réduite à un petit nombre d'individus et à l'état le plus déplorable, uniquement occupée pendant très-longtemps du soin de se conserver, a dû perdre entièrement le souvenir des sciences et des arts; et quand les progrès de la civilisation en ont

QPMÈTES. m

fail •eatîr de BOuVeau Im beioins, il a fallu tout recommeQoer, eoauii9 si les hommes eussent été nouvellement placés sur la Terre '''.

« Quoi qu'il en soit de celle cause assignée par quelques philosophes «CM phénomènes, je le répète, on doit être parfaitement rassuré sur un aussi terrible. é?éoement, pendant le court intervalle de la vie. Hais Thomme est tellement disposé -à recevoir l'impression de la crainte, que l'on a tu, en 1773, la plus tîtc frayeur se répandre dans Paris, et de là se communiquer à toute la France, sur la simple annonce d'on Hémoire, dans lequel Lalande déterminait eelles des oo* mètes obteryées qui peuvent le plus approcher de la Terre : tant il €sl vrai que les erreurs, les superstitions, les Taines terreurs et tous ies maux qu'entraine l'ignorance, se reproduiraient promptement, ai laluflûèredes sciences venait a s'éteindre, »

S'il est vrai, comme on le croit, que la comète de Newton aobève

* Le célèbre Halley a le premier supposé que Ie« révolutions de notre globe , attestées par tous les faits historiques , et par Tétat où nous voyons sa surface , étaient produites par îe ehoc do quelque comète. Oo a vu en Amérique un corps immense parcourir rapidement l'espace : eo attribuant k ce mobile yne masse iooo fois moindre que celle de la Terfe, et ayant la densité du granité, il formerait encore un globe de 217 lieues de diamètre; si ce corps eût rencontré la Terre avec une vitesse relative de 17 lieues par seconde, ainsi qu'on l'a évaluée, M. Olbers a calenlé que le choc «arait réduit notre globe en éclats , comme Font pe«^ être été les quatre nouvelles* planètes.

Il est permis de supposer aux AéroUlhet une semblable origine : il en a eusté d^immenses. ~ Celui des Trans. JPÂilot., vol. 6, a été estimé à lao millions de quintaux; quelques éclats ont senis été projetés sur la Terre : sa vitesse était d'environ 7 lieues par teeonde; il n*a passé qu'i9 (vues de nous. S'il eût heurté la Terre, il en serait résulté des efieU terribles/ un bouleversement général, un changement de l'axe de rotation, etc. II n'est donc pas impossible que lesaérolilhes soient des corps cosmiques mus dans l'espace suivant les lob de la gravitation, «t qnt ne sont sensibles pour nous que par les catastrophes de leur chute.

Hensne connaissons les aérolithes que dans l'état où ils nous arrivent, aprèe avoir traversé ratmosphère, où probablement ils se sont constitués en état d'incandescence, et même de fnfioQ; car on en a vu qui avaient manifestement subi cette épreuve , et étaient encore brûlante àllastant de leur chutis. Sur «40 de œs météores, étudiés par M. Chladni, plusieurs ont appani eoaune des queues , des bandes, des fusées de lumière qui se rassemblaient en globe de fîen ; on en a observé la course rapide et entendu les explosions. Les éloilet filanlei ne sont peut-être que des débris, que des points lumineux et errants, des espèces de petites comètes rendues tisibles dans la traversée 4io notre atmosphère , par la chaleur prodigieuse ^'7 développe leur marche excessivement rapide. Le volume de plusieurs aérolithes a sw'* passé celui des nouvelles planètes, puisque Gérés n'a que 67 lieues^ de diamètre. Le corps qui est tombé dans la Galabre, en mars 181 3, a été accompagné de circonstances extraordinaires qoi ont pu feire prendre ces pierres pour des débris de quelque masse cométaire. En ^Sti, on vit venir do la mer» du oèlé de l'est, un nuage rouge qui répandit partent les téftè* hres etl'efroi. On entendit daq^ l'air un bruit épouvantable et un mugissement semblable à celui de la mer irritée ; on vit des éclairs et des traînées de feu ; il tomba de grosses gouttes deau, des pierres et un sable rouge qui couvrit tout à la ronde. Ce sable était un composé >i'«Vili, de chaux, de fér «t éa chroma.

7 révolalioiis en 40â8 ans, die a dû passer près de la Terre U40 ana ayant J.*C«, année yers laquelle on rapporte le déloge de Moïse.

121. Les ooniètes n'ont qne fort pea de masse; oe n'est qu'une sorte de vapeur très-eondensée : aussi les astronomes n'ont jusqu'ici remar* que aucun dérangement causé par les comètes , même dans leur plus grand rapprochement. Celle de 1770 , qui a été très-yoisine de la Terre, n'a apporté aucun trouble dans notre mouvement. Laplace a calculé que si sa masse eût égalé celle de la Terre , l'action de celte comèle eût augmenté l'année sidérale de S* 28'.| Sa masse n'était certainement pas la 5000* partie de celle de notre globe, et probablement bien moindre encore, puisqu'elle a passé entre Jupiter et ses satellites sans y causer la moindre perturbation. Les masses des co* mètes sont fort petites^ et loin d'altérer le mouvement des planètes, elles doivent en éprouver elles-mêmes l'influence. Voilà pourquoi quelques*unes peuvent avoir leurs orbes elliptiques changées en paraboliques, ou même en hyperboliques : mues dans des courbe» ouvertes, elles doivent alors s'éloigner de nous pour n'y revenir jamais, et s'écartant du Soleil à toutes distances, entrer dans la sphère d'attraction de quelque autre étoile, pour en devenir le satellite, ou pour continuer une nouvelle parabole ; changeant ainsi sans cesse de foyer d'attraction, elle^ peu vent s'y précipiter et y être absorbées.

C'est ainsi que la comète de 1770, observée dans un arc de 170"*, devait, suivant Loxell , reparaître tous les S ans et demi : les calcula ont été faits et refaits avec soin , et cependant elle n'avait jamais été aperçue et n'a plus reparu depuis. Il n'y a nul doute que l'attraction de Jupiter et de Saturne, entré lesquelles était son aphélie, ne l'ait d'abord détournée vers nous pour la rendre visible en 1770, d'invisible qu'elle était avant ; mais 9 ans après , ces mêmes planètes , par une action contraire, ont pu altérer de nouveau les éléments de l'orbite et rendre la comète invisible a jamais, ou du moins impossible à reoon- ^ naître.

La substance qui compose les comètes nous est inconnuie, et même on peut ne voir qu'une supposition probable dans la cause à laquelle nous avons attribué la queue qui les accompagne. En 1811, H. Chladni a remarqué une ébullition prodigieuse ; l'ondulation se portait, en S A Z'\ de la comète au bout de sa queue, trajet de 4 millions de lieues. Quelle activité inconcevable! quelle prodigieuse vitesse! elle surpasse tonte conception et même la vitesse dala lumière. La queue de la"oomèto de 1807 a offert à 51. Chladni la même observation; ainsi il n'y

a pas Heu d'eu douter. Les anciens croyaient g^éncralcracnt , avec Aristote, qae les comètes étaient des météores ignés, des vapeurs émanées de la terre^ qui se condensaient dans l'air. Cette opinion ne peut aujourd'hui soutenir l'examen ; on est assuré que les comètes sont des oorpa oosmiques mus^ comme les planètes, par une impulsion primitive et par l'attraction du Soleil. Mais de quelle nature est la substance qui les forme? Toilà ce qu'on ignore absolument. Quelque pénible qu'il loit pour la vanité humaine d'avouer sa pénétration vaincue, elle trouve ici une compensation bien glorieuse dans le grand nombre de théories qa^on a découvertes, surtout lorsqu'on envisage les immenses difficultés qu'il a fallu surmonter pour arriver à cette connaissance si clonaante : on ne doit d'ailleurs avoir que de faibles regrets d'ignorer une chose qui n'intéresse que très-peu la science astronomique.

On ne voit guère les comètes pendant plus de six mois. Celles qui ont été le plus longtemps visibles, sont : en 64, sous Néron j en 608, an temps de Mahomet; en 1240; en 1720; enfin en 1811.

Le nombre des comètes est pareillement inconnu ; sur 1S7 qu'on a observées dans les dix derniers siècles , il y en a 7â qui l'ont été depuis l'inTCntion des télescopes. Sans doute un beaucoup plus grand nombre de ces astres a échappé. On n'en a vu que 2 dans le IS* siècle^ et 2 dans le H^, parce qu'on n'a porté son attention -que sur ceux qu'une longue queue rendait remarquables ; nous ne pouvons décou* vrir que ceux dont le périhélie est plus voisin que nous du Soleil. Il y a peut-être plus de 21S0 mille comètes qui s'approchent plus du Soleil quIJranus, et dont nous n'aurons jamais connaissance.

On attribuait jadis à ces astres une influence funeste. Les sciences ont enfin dissipé ces terreurs, autant que le peu d'accord des événe* roents avec les prédictions. La comète de 1664, dans la constellation du Corbeau, devait causer la mort de tous les souverains, et cependant l'année s'est écoulée sans qu'aucun mourût. Les deux comètes de 1402, ornées d'aigrettes, n'apportèrent d'autre malheur que la mort d'un duc de Hilan : enfin celles qu'on a aperçues récemment au milieu de tant d'événements, n'ont pas été accusées de les avoir produits. On a même été jusqu'à se féliciter des abondantes récoltes qui ont accom* pagné celle de 1811.

Bans l'Annuaire de 1832, M. Arago, après avoir exposé avec une grande clarté la théorie générale des comètes, et passé en revue celles qui offrent le plus d'intérêt, termine par l'examen de plusieurs questions : nous finirons ce chapitre en donnant l'analyse des conséquences que ce siCvant astronome tire de ses réflexions.

V Une comète peut-elle modifier sensiblement le cours des saisos^ do la Terre, changer la température, etc.? L'aateur prouve par les faits e& le raisonnement qoe cela est inipossible.

â"* Une comète peut-elle venir choquer la Terre ou toute asUre phmèiel Il y a 281 millions à parier contre un que cet ëyënemeut n'aura psM lieu dans un laps de temps très-considérable, quoiqu'il nesoii pas absolument impossible qu'il se réalise dans une durée indéfinie.

S"» Trouoe-t'on dans Veueemhle des phénomènes astronomiquos^usUguos raisons de supposer que des comètes soient jamais tombées dans le Solml ou duns les étoiles? Cet éTéneroent est en lui«mème tout à fait possible, mais rien dans les annales astronomiques, ni dans les faita ofaserrés, n'autorise à penser qu'il ait eu lieu. L'opinion de Kewton, que le Sokil est alimenté par les comètes qu'il absorbe, est dénuée de fondemoit. Celle de Buffon qui expliquait l'existence de notre système planétaire d'une manière analogue, n'est pas plus probable. Ce savant prétondait qu'une comète, en rasant dans sa course la surface solaire, en avait enlevé des parties incandescentes , qui s'étaient divisées en globes animés de vitesses diflFérentes , et avaient été projetées au loin A diverses distances. M. Arago' prouve que cet ingénieux système est inadmissible. Toutefois la comète de 1680, qui n'était éloignée à son péribélie que -de la sixième partie du diamètre solaire , finira t6t ou tard par tomber sur le Soleil par l'efiet de l'attraction qui , en diminuant la force centrifuge, rapproche la comète de cet astre.

4° La Terre peut-elle passer dans la queue d'une comète? quolks aeraient sur notre globe les conséquences d'un pareil événement? le brauil^ lard sec de 178i, et celui de 18S1 , ont^ls été occasionnés par la queue d'une comète? La matière cométaire diffuse a pu asses fréquemment entrer dans notre atmosphère ; mais on n'a pu attribuer raisonnablement a cette cause aucune des maladies, aucun des faits physiques qui sont arrivés. Cet événement est sans danger pour la Terre ; nous pouvons, sans nous en apercevoir, traverser la queue d'une oomèle, et ce n'est assurément pas elle qui a produit les brouillards sees.

fi* Le déluge a-M7 été occasionné par une comète? H. Arago après avoir exposé le système de Whiston, le renverse complètement ; et s'il n'est pas prouvé qu'une comète n'a pas choqué la Terre et changé son mouvement dans l'espace, il l'est du moins que les effets de oe choc ne seraient pas ceux qui pourraient expliquer les faits géologiques attribués au déluge.

6<' La Sibérie a^t^lle jamais éprouvé un changement subit de oNmat par Vinfluence d'une comète? Rien n'établit qu'une comète ait jamais

joué qadqae rôle dam las révolutions physiqaes que noire globe a épiDii¥ées, et dont nous avons tant de traces sous nos yeux,

7^* E$t^ nécessaire de recourir à V action d'une comète pour expliquer h dimai rigtmreuM de Vjâmèrique septentrionale? Halley croyait que cette action suffisait pour rendre raison de ce fait physique; mais celte théorie mX de tout point insuffisante, et aucun phénomène météorologique ne prouve que l'axe de la Terre ait jamais changé de position pir le ohoo d'une comète.

8» La dépression du sol dans une grande portion de l'Asie a-t-elle été produite par le choc d'une comète? Cette vaste région cultivée et habitée^ est beaucoup au-dessous du niveau de TOcéan ; 18 mille lieues earrées sont ainsi enfoncées. M. de Humboldt a prouvé que cet affaissement est dA au soulèvement des pays environnants qui contiennent las plm hautes montagnes de la Terre* 9i^ La Lune 0-4^1^ été une comète ?K» Arago fait voir que l'absence I d'atmosphère est plutôt contraire que favorable à cette hypothèse. I 10^ Cérèe, Pallas, Junon et Vesta sont-elles des fragments d'une grosse

1 planète qu'un choc de comète aurait brisée? Cette opinion se fondait I principalement sur l'existence des vastes atmosphères de Cérès et de I Pallaa ; la chevelure de la comète aurait donné naissance à ces atmosphères : mais Testa parait en être tout à fait privée , ce qui rend l 'hypothèse bien difficile a admettre.

Forcés par le défaut d^espace d'abréger ccmsidérablement le mémoire ' de M. Arago , nous devons en recommander la lecture entière aux personnes que ce sujet intéresse. Il est impossible d'être plus clair et plus logique que notre illustre savant, et ce ne peut être qu'en prenant Gouiaîssance de ses écrits qu'on doit discuter ses opinions.

LumUre, Atmosphère», Eéfrchction, etc.

122. Nous supposerons ici , comme un simple moyen d'exprimer les idées y et sans riep affirmer d'ailleurs sur un sujet aussi délicat, que la lumière est une émanation de certains corps que nous nommons lumineux, qui agit sur nos yeux à la manière des corpuscules émanés des substances et transmis à notre odorat. Les traités de physique contiennent la discussion approfondie des deux opinions théoriques sur ia lumière -, et cette matière , étrangère à notre objet*, nous paraîtra suffisamment éclairée en rappelant les propositions suivantes :

1** Semblable à tous les corps dont le mouvement n'est troublé par aucune force , la lumière se meut en ligne droite,

â^ Vombre est la partie do l'espace où la lumière ne pénètre pas derrière nn corps opaque ; c'est ce qui arrive dans les éclipses (fig. 19). Le passage de l'ombre pure à la lumière se fait par nuances , et les bords de l'ombre ne sont jamais nettement terminés ; il faut en chercher la cause dans les dimensions du corps lumineux S. Qu'on mène ûes tangentes DA , KG , elles sépareront la lumière de Vombn pure ; mais en outre les tangentes EA^ DB déterminent derrière le corps an espace FBAG dans lequel il n'entre qu'une partie des émanations da corps lumineux , et la quantité de lumière y décroit en approchant du cône d'ombre pure ABC. C'est cette ombre imparfaite qu'on nomme Pénombre, qui prend plus d'intensité auprès du cône ABC, et qui Ya en se dégradant sensiblement, vers les tangentes GA, BP. Cette pénombre a une étendue qui dépend des dimensions et de la distance du corps lumineux , et l'on doit y avoir égard dans les éclipses (n^66}.

S"* La lumière se réfléchit en formant des angles égaux avec la perpendiculaire menée a la surface au point où le rayon l'atteint. L'angle d'incidence est égala l'angle de réfleûfion, comme dans le choc des corps élastiques.

4« Les corps exercent sur la lumière une attraction qui oblige une partie de ce fluide à se dévier et à suivre une courbe concave vers la surface , pour pénétrer dans leur intérieur.

Si le corps est opaque , elle y est absorbée; s'il est transparent , elle continue à se mouvoir dans l'intérieur, selon la direction que la déviation lui a donnée a son entrée. Ainsi la lumière qui pénètre dans les corps diaphanes forme , infiniment près de leur surface , une coorbe qui la brise, en sorte qu'elle fait de part et d'autre des anglerinegaax avec la perpendiculaire à la surface. L'angle le plus petit est dans le milieu le plus dense; le rayon s'y est approché de la perpendiculaire "^^ C'est à cela qu'on doit rapporter les effets des verres convexes pour aider la vue^ et pour réunir en un foyer incendfiaire les rayons du Soleil.

L'eflet de la réfraction s'observe aisément lorsqu'on plonge obliquement nn bâton dans l'eau : il semble se briser à la surface da flaide.

* La loi de cet deux angles est donnée par ce théorème : Quelle que toit robliquîté du rayon incident, les sinus des angles formés avec la perpendiculaire à la surface par les deux directions du rayon, donnent toujours le même quotient pour deux milieux déterminés, on iêM êinut dêtangUi d^incidênee el de ré fraction sorti an rapport eonttant. Ce rapport Tarie d'ailleurs quand les milieux changent; pour Tair et Feau, le sinus de Fangle de réfraction est les trois quarts du sinus dlncidence, c'est-à-dire qu'en passant de Tair dans Teau, sous une direction quelconque, le rayon se rapproche de la perpendiculaire, et ce dernier «Dglea pour sinus les trois quarU du sinus de Tangle d'incidence.

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