‹ UranographieChapitre 46 sur 118 · ÉTOILES ET NÉBULEUSES · texte numérisé non relu

ÉTOILES ET NÉBULEUSES

que plnnears millien d'années après que nous en aurions connaissance. Hoos voyons pent-ètre tons les jours des étoiles qiii ont cessé d'exister; et si la création de l'uniyers ne remonte qu'a 6000 ans, il 7 a probablement des étoiles qui n*ont pu encore être aperçues.

ISi. Éetai, Les étoiles sont certainement lominenses par ellesmêmes , car d'où leur tiendrait un éclat emprunté? Ce ne pourrait être du Soleil qu'elles le réfléchiraient, d'une aussi immense distance, STCc unç Tivacité aussi remarquable. Les étoiles sont donc de réri tables Soleils, foyers de chaleur qui, peut-être, éclairent et vivifieut autant de systèmes planétaires imperceptibles pour nous. Le Soleil n'est lui-même qu'une simple étoile dont l'éclat , la chaleur et l'étendue sont relatifs a la distance d'où nous le voyons. D'Uranus, cet astre n'est TU qne sous nn angle de V'j et qu'est-ce que cette distance comparée à celle des étoiles?

L'éclat des étoiles est très-TÎf et très-brillant ^ mais il difière de l'une a l'autre. Est-ce un efiet de leur inégal éloignement, ou de ce que les volumes sont inégaux , ou de quelque autre cause inconnue? Il est bien vraisemblable que ces divers motifs concourent a donner aux étoiles l'éclat varié qu'on leur trouve. Wollaston a trouvé , par des expériences pbotométriques directes , qu'en attribuant à Sirius une seconde de parallaxe annuelle, la lumière qui nous vient de celte étoile étant SO milliards de fois moins vive que celle du Soleil, est quatorze fms celle de cet astre , qui est 200000 fois plus éloigné de nous, n y a des étoiles dont l'éclat varie périodiquement, d'autres dont la lumière semble s'affaiblir continnellement, enfin d'autres qui ont une couleur propre : quelques-unes ont apparu subitement, et plus lard on a cessé de les voir. Nous donnerons quelques détails à ce sujet dans la S» partie (n"* âOâ), lorsque nous aurons appris à distinguer les étoiles et à les dénommer.

SciniiUaiùm. C'est une sorte de tremblement qu'on remarque dans la lumière des étoiles, et dont celle des planètes est rarement affectée. 1. Arago, partisan de la propagation de la lumière par ondulation, attribue la scintillation à des interférences, c'est-à-dire, à de trèscourtes cessations du mouvement ondulatoire, qui se succèdent avec rapidité. H. Biot, qui a adopté le système de l'émission de la lumière, pense que Fatmosphère étant très-agitée, éprouve dans ses concfaes ■Qccessives des changements brusques de densité, causés par les gaz et les vapeurs qui y flottent, et par les proportions variables de calorique et d'âectricité : de là mille petites réfractions accidentelles qui

§06 ÉTOILES ET NÉBTÎLRDSES. ,

produitent la soinlUliition. Hait ri telle éuit la oanae du | il semble qu'il en dcTraii laéeulier des trembkmenU de pluriiart mi* tiiites de degré, ce qui n'ett pas. J'ai lieu de croire qoe k BciiHîlletion est un effet dont notke œil est affecté par la TÎtacité de Tëolat det astres au milieu de la nuit profonde : il n'existe peut-être que dans nos organes, et nullement dans la lumière même des étoiles» Cela ex» pliquerait très-naturellement pourquoi, par certaines noits^ la seintillation est beaucoup plus remarquable, et pourquoi la lumière dea planètes étant moins yive, ne la produit que faiblement.

Nimbre. Quant an nombre des étoiles, il est incalculable. Herachell a compté plus de ë(X)00 étoiles dans un espace de %^ sur 18* de laToic lactée ! on en Toit des millions dans certaines régions célestes, tandis que d'autres n'en offrent que très^peu. Certainement U y a plos de 78 millions d^étoiles visibles. Le même astronome a reconnu que- ces nuages de yapeur blanchâtre qui sont très-communs au ciel, ci qu'on a nommés nàbuhuêeê, ne sont que des amas d<f petites étoiles qu'il juge être 600 fois plus éloignées que toutes les autres; mais il y en a qui sont de 10 à 18 fois plus loin^encore, dont les étoiles restent inviaibles sous son puissant télescope. Leur lumière doit mettre 30 à M mille ans à nous parvenir. H. de Zach pense qu'il y a plus de mille millions d'étoiles dans le ciel entier, sans compter peut-être un nombre plus conéidérable de soleils éteints et de corps qui sont opaques «k inaperçus* L'imagination se perd dans des nombres aussi considérables; mais la nature prodigue ses menreilles avec tant de magnifioencoi que la faiblesse de notre esprit ne peut s'élerer juiqu'i comprendre ses sublimes créations.

ISS. Herscbell pensait qu'originairement tontes les étoiles n'étaient que des groupes d'une substance lumineuse et rare, que t'âCtraotion a condensée, et que plusieurs nébuleuses pourront quelque jour former des étoiles brillantes : il a^u des étoiles encore environnées de matière nébuleuse, et même un anneau nébuleux ayant au cenlre une tacbe noire. Laplaee a développé cette opinion^ qu'il croit trèa^vrai» semblable.

Nous avons dit qne le 8oleil tourne sur son axe; il en faudrait conclure , eomme pour les planètes (p. 82 et US), qu'il a reçu impulsion primitive qui l'a lancé dans l'espace , emportant lui tout notre système planétaire, comme la Terre emporte la Lune dans son mouvement annuel. Si les effets de cette translation, par rapport aux étoiles, 'sont peu sensible» pour nous, même eprèa une

' ÉTOILES BT NÉBULEUSES» 807

dorée coBflidérable, il faol TMIriboer à la diâUnoe infiiiie de cet

astres , nos seuls termes de ooroparaison. L'éclat oroissant de quelques

étoiles d'Hercule a fait croire que nous nous rapprochions de cette

constellation : c'est vers ce lieu du ciel que notre système aérait di-*

rigé; a moins qu'il ne soit lui-même emporté dans une immense cir*«

cnlatîon autour d'an corps central , opaque et invisible^ qui serait le

foyer d'attraction d'une multitude de Soleils. Au reste ^ M M. Bessel et

Bnrckhardt , qui se sdut occupés de cette question , après aToir eom«

paré les e£kt8 de lumière qu'un cite en preuve de la translation du

Soleil, n'y reconnaissant aucune uniformité^ doutent de ce roou¥e«>

ment y et croient que les faits ne sont pas asseï bien constatés pour

justifier oette opinion. Mais la Mécanique nous apprend que la tnins«

lation est une conséquence de la rotation solaire, en sorte que le

fait est certain à priori : sa démonstration par l'observation ne peut

être que le résultat d'une longue suite de siècles , puisque la distance

des étoiles étant immense , on ne peut s'aperoevoir arec certitude ^

qu'après un très-long temps, qu'on s'est rapproché de l'une des régions

célestes.

1)4. Grondsur. Les dimensions des étoiles sont inappréciables ^ plus les lunettes ont de force , et plus ces astres semblent petits , parce qu'elles les prirent de cet effet qu'on nomme irradiation. A la Tue simple, tous pataissent étendus. Tycho et Kepler croyaient le diamètre de Vénus 9 l'un 191 fois, l'autre 7 fois plus grand qu'il n'est. Si une étoile ayait seulement l" de diamètre , elle serait pins d'un million de fois plus grande que le Soleil , en accordant a cette étoile 1" de parallaxe annuelle. Aussi les occultations par la Lune sont«elles instantauées. Cependant, à en croire Herschell, Wega a (ï'fiÈ i Aldébaran 1",S, la Cbèyre 2'^S de diamètre; oette dernière contiendrait dono alors 30 millions de corps égaux au Soleil.

Mimvemêniê propres. Nous avons dit que les étoiles oonsenrent leurs distances angulaires les unes a l'égard des autres ^ et qu'elles n'ont qae l«s moayements apparents du ciel entier, maïs qu'elles sont im« mobiles dans l'espace. Ce qui est Trai en général ne l'est pas absoln* ment dans certains cas particuliers ; car en observant attentivement leséloilesy on en remarque qui ont de très-petits mouvements , devenns sensibles par le temps, et tout a fait distincts de la parallaxe, de la préeasaion et4e la nutation , ne s'exécutent pas dans le même sens qao ceux-ci. Sirius a un mouTcment propre annuel de V de degré; Arcturus en a un de V'fi ; Procyon ; un de 0"'^?; la a9« de l'Éridan »

906 ÉTOILES ET NÉBULEUSESk

on de A" 'y ly de CaMiopée, on de V/16 , etc. Ces petits déplacements se font dans des directions diverses. Gomme ces corps sont à des distances immenses, on yoit qu'ils parcoarent ainsi de très-grands espa* ces. Il est même Traisemblable que toutes les étoiles se meuvent , tasàs que leor éloignement ne nous permet pas d'en être certains.

185. Étaihê doubles.^ Plusieurs étoiles , lorsqu'on les observe avec des lunettes à forts grossissements , se trouvent composées de ^, de 8 et «4 étoiles distinctes , maïs fort rapprocbées , et qui se confondent en une seule à la vue simple. Ainsi la belle étoile Castor est fbmée de deux étoiles distantes de 6" de degré. Herschell a compté jusqu'à 800 étoiles doubles, dont les étoiles partielles n'étaient pas à 80^' de distance^ et de nos jours le nombre de ces astres multiples s'élève à plus de 8000.

. On croyait d'abord que ce rapprocbement n'était qu'un eflfet d'optique et de projection ^ car deux astres qui seraient placés à des prcrfondeurs très-inégales dans l'espace , mais dans la même direction, nous sembleraient se confondre : et le mouvement de la Terre dans l^Kptîqùene suffirait pas pour les séparer, puisque l'étendue de cette orbite est tout à fait nulle, comparée à la distance* U y a sans doute des étoiles multiples qui sont dans ce cas , mais ce n'est pas le plus grand nombre.

En effet , en suivant attentivement leur marobe, on trouve que les deux étoiles forment quelquefois un système a part ; l'une et l'autre tournent autour de leur centre commun de gravité* C'est comme si la Terre était lumineuse par elle-même, et tournait autour du Soleil. Souvent même ces deux étoiles diffèrent entre elles par la couleur.

On tencLau foyer de la lunette deux fils qui se croisent dans l'axe optique , et dont l'un est fixe , tandis que l'autre peut tourner sur le centre du champ, de manière à occuper tous les rayons de ce cercle. Cette lunette adaptée a la machine parallactique (p. 5), et dirigée «i l'une des étoiles doubles, en la faisant coïncider avec le centre, servira à suivre les mouvements de l'autre étoile : car la lunette pourra tourner avec le ciel, marcher avec la pi*emière étoile, et le fil mobile restera couché sur la seconde. Si celle-ci décrit one orbite autour de l'autre , ce fil devra être déplacé pour la couvrir de nouveau i il faudra le faire tourner dans la lunette , en décrivant des arcs dont on pourra obtenir la graduation. Quand l'étoile mobile passera ainsi de l'est au nord, puis à l'ouest et au sud de l'étoile fixe, on pourra connaitre la durée de celte révolution , et par le calcul , il

ÉTOILES ET NÉBULEUSES. fi09

sera Facile d'assigner la loi de ces raouTements. C'est ainsi qu'on est parToau à déterminer les temps des excursions des étoiles dont nous parlerons plus tard, prévoir les époques où l'une occaltera l'autre^ etc., en admettant toutefois que ces corps s'attirent en raison directe des inanes , et inyerse des carrés des distances. Cette supposition se trouve même complètement vérifiée, parce que robservation montre qu'elle rend raison de toutes les apparences, et que, sauf les petites erreurs iméparables de ces expériences délicates , Taslre mobile ne s'écarte pas de la place que lui assigne cette hypothèse. Ainsi la loi de l'at» Iraclion oewtonienne est démpntrée, non-seulement pour notre syslème planétaire, mais pour les étoiles doubles dont on a calculé les orbites : cette loi est donc véritablement universelle.

L'observation attentive des mouvements des étoiles a beaucoup d'importance en astronomie, parce qu'on peut en déduire une approximation de la distance de ces astres , et plusieurs autres connaissances utiles (voy, un mémoire de M. Araqo dans Vyélnnuaire de 1884).

ÉtoUeê filaniee* On voit quelquefois , au milieu d'une nuit profonde et par uii temps serein, des points étincelants qui parcourent rapidement le ciel, en imitant une fasée qui traverse l'air : c'est un sillon lumineux qui s'éteint presque aussitôt; et, ce qui est fort singulier, sans qu'on en connaisse la cause, c'est que ce phénomène est plus fré^ qnent dans certains mois. Vers le 18 novembre, on remarque un grand nombre de ces jets de lumière subite , qu'on a nommés* étoiles filantes* On sait bien que ce ne sont pas des étoiles, et Ton a longtemps cru que ce n'étaient que des ruisseaux de gas qui s'enflammaient par des causes électriques , en un mot de véritables météores. Mais leur parallaxe les place beaucoup plus haut que les limites sensibles de notre atmosphère ne semblent le comporter. En cherchant la direction apparente suivant laquelle les étoiles filantes se meuvent le plus ordinairement, on a reconnu, par une autre voie, que si elles s'enflamment dans notre atmosphère , elles n'y prennent pas du moins naissance, qu'elles viennent du dehors. C^te direction la plus habituelle des étoiles filantes semble diamétralement opposée au mouvement de translation de la Terre dans son orbite. Des observations donnent environ 200 lieues pour la hauteur de ces feux ; la vitesse apparente s'est trouvée quelquefois de là lieues par seconde; double par conséquent de celle de la Terre, et plus grande que celle de toutes les planètes supérieures.

D'après ces considérations, on est, pour ainsi dire, forcé d'admettre qu'il circule autour du Soleil des milliards de petits corps semblables

VlAHOOaAFIIIv . u

210 ÉTOILKS ET NÉ6ULEÛSE9.

aux planètes; qti« ces corps ne détiennent tisibles qu'an moment où its f ratersent notre atitiosphère et s'y enflamment ; qo'il en ettste d*tsoIé<(, et d'autres qui sont comme réunis en groupes. Dans la nuit du 11 au IS ndi^erobre 1883, on a vu en Amériqneune si grande quantité de ces phëliômènes qu'on aurait pu les compter, et qu'on les a comparés jk une pluie d'étoiles. Tous cês météoreê tendaient f>erê h même point du etèl près de y du Lion. Dans la nuit à peu près de là même date, en 1799 et en 1882, plusieurs observateurs ont été témoins d'une sembliiblé pluie, ties singuliers météores sont bien propres à justifier l'opinion «|ue nous avons exprimée dans la note, page 188, que les aêroliihes Sont de petits corps cosmiques , invisibles pour nous , ciroulant autour du Soleil , et qui une fois enveloppés dans la sphère d'attraction de notre {flobe, s'y précipitent , et entrent en fusion , par leur (Vottement rapide dans l'atmosphère.

Nous terminerons cette exposition , en citant les réflexions que cet admirable ensemble a inspirées à un illustre géomètre.

«D'innombrables soleils qui peuvent être les foyers d'autant de systèmes planétaires, sont répandus dans l'immensité de l'e^pAoe, à un éloignement de la' Terre tel, que le diamètre entier de l'orbe terrestre, vu de leur centre, est insensible. Plusieurs étoiles éprouvent dans leur coulcfur et dans leur clarté des variations périodiquei trèi* remarquables : il en est d'autres qui ont paru tout h cdup et ont dispafti^ après avoir, pendant quelque temps , répandu une vive lumièrr. Quels prodigieux changements ont dû s'opérer K la surface de ces grands corps, pour étr*c aussi sensibles à la distance qui nous en sépare? Combien ils doivent surpasser ceux que nous observons A la surface du Soleil, et nous convaincre que la nature est loin d'être toujours et partout la même? Tous ces corps, devenus invisibles, sont à h place où ils ont été observés , puisqu'ils n'en ont pas changé durant leur apparition y il existe donc dans, l'espace céleste des eorps obscurs aussi considérables, et peut-être en aussi grand nombre , que 1rs étoiles. » (Lakàcb, Système du Monde, livre V^ ehap. YI.)

rni ht LÀ fftBttktfe ^autIe.

Page 1