CONNAISSANCE DU CIEL
DeB ComteUations.
IM. HoQt aTont jusqu'ici cherché à démêler les monvenienU rëeU des cc»rps célestes d'une foule d'apparences plus on moins trompeuses f il s^agit maintenant de rétablir ces apparences , de les étudier eu eliei-mémes, d'en préroir les résultats , et de les employer à la réso** lution de dirers problèmes.
Bk>ut aTons -m l'espace peuplé d'une multitude d'étoiles fixées à des dittanees frodigienses de nous ; ces myriades d'astres , qui ne nous pnraissent que des points étinoelants, sont autant de Soleils lumineux par eux-mêmes , foyers de chaleur et de lumière, que l'éloignemcnt rend presque insensibles ê nos organes (u<> 184). Dans ce désert tm* menseque les étoiles laissent entre elles et nous , et dont l'étendue esl peut-être à peine égale à celle qui les sépare les unes des autres , est placé le Soleil^ astre qui n'est lui-même qu'une étoile dont l'éolat et les dimensions sont acerues par le rapprochement. C'est autour du lui que circulent plusieurs sphéroïdes opaques qu'en nomme PitmètiBif qui ne sont Tisibles que parce qu'ils nous renvoient la lumière solaire. Ces corps ne sent pas immobiles comme les étoiles; au contraire^ ils ont un nouvement propre qui les transporte dans les espaees célestes^ en même temps qu'ils tournent sur un axe^ ayant ainsi deux mouve^ mente ^ l'an de rotation sur eux-mêmes , l'autre de translation dans une eeufbe elliptique. Ces deux mouTements sont, pour toutes les planètes dirigées dans le même sens, d'occident en orient, comme s'ill eussent rémilté d'un choc unique ^ imprimé & toutes à la fois^ dani une direction excentrique à chacune , et que ces mobiles eussent reparti entre eux cette impulsion dans des relations indépendantes de leurs masses , de leur état initial , on d'autres circonstances prlrai^ tires (a* M).
Le Soleil est placé an foyer de ces diverses ellipses (fig. M), tournant lui-même sur son axe d'occident en orient, et l'attraction qn'exérco sur les planètes sa masse immense croit comme lenrs masses et décroit comme les carrés de leurs distances. Cette action retient ces corps dans leurs orbites, accélérant leur marche vers le périhélie, la retardant Tcrs l'autre apside, enfin communiquant à chacune un monvement d'autant plus lent que Torbife a plus d'étendue. Ces trajectoires sont peu inclinées entre elles, et les planètes s'écartent à peine du plan de notre orbite, laquelle est une ligne presque circulaire tracée dans l'espace; car la Terre n'est elle-même qu'une planète, et même elle est bien loin d'être une des plus volumineuses. Son mouTeoient de rotation diurne produit l'apparence d'une réyolution entière du ciel en sens contraire, ou d'orient en occident , et la succession des jours et des nuits ; son monrement annuel se faisant autour d'un axe dont l'inclinaison est constante sur le plan de l'orbite, et qui est emporté dans l'espao^ en conservant le parallélisme, produit les saisons, et cette sorte d'illusion qui nous fait attribuer au Soleil une place différente chaque jour, et change les aspects célestes , comme si nn mouvement commun transportait de l** par jour ces astres Ters l'onest. Comme nous nous. jugeons immobiles, le Soleil nous semble doué de notre propre translation : de même que la rotation diurne de la Terre se traduit à nos yeux par la rotation apparente de la sphère étoilée, de même nous traduisons la translation de la Terre dans son orbite annuelle par une translation apparente du Soleil dans le ciel. Cet astre répond successivement à divers points, et semble parooorir chaque jour à peu près un degré, en allsnt de droite à gauche. C'est c^ qui sert à expliquer la di£Férence d'aspects que présente le ciel dans les diverses saisons.
Plusieurs planètes ont des satellites, sortes de globes qui circnleoi autour d'elles, et parcourut des ellipses dont elles sont le foyer. Ces satellites, emporta dans l'espace par la trapslation de la planète^ qui en est le centre d'attraction , marchent suivant les mêmes lois que celle-ci autour du Soleil, et cet astre attirant ces corps et leurs satdlites, comme tons s'attirent réciproquement, il eu résulte des altérations dans leurs vitesses et dans les éléments de leurs orbites. Ces perturbations changent les durées des révolutions; la position des apsides, qui tournent lentement autour du foyer; les nœuds, qni rétrogradent sans cesse ; enfin les inclinaisons, qui varient en se balançant autour d'un état moyen. La Lune est le satellite de la Terre, et la petitesse de sa masse étant compensée par le rapproch^oi^il, nooi
en ressentons l'inflaence , qai se manifeste par divers phénomènes : les marées, la précession et la natation*
Les cornâtes, enfin , complètent notre système solaire; ce sont des corps opaques qui se menvent, sous toutes les directions et dans tous les sens, dans des ellipses excessivement allongées, dont le Soleil est aussi le foyer d'attraction. Ces corps ne sont pas perceptibles pour nous, lorsque, situés a d'immenses éloignements, la lumière du Soleil qui les éclaire n'a pas assez d'intensité pour frapper nos yeux ; mais^ en s'approchant de nous , ils reçoivent eu même temps plus de lu* mière ; et vers leur périhélie, où une température excessive les pénètre et les vaporise, nous les apercevons sous ces figures singulières qu'elles reperdent peu à peu eu s'éloignant.
Tel est le système que nous avons exposé, et qui a été exprimé par un de nos plus grands poètes, dans ces vers élégants :
Oâot 1« contre ëelauat de cet orbes immeates ,
Qui n^ont pa nous cacher lear marche etlears distances,
Luit cet astre du jour, par Dieu même allumé»
Qui tourne autourde soi sur son axe enflammé.
De lui partent sans fin des torrents de lumière ;
U donne, en se montrant, la vie à la matière.
Et dispense les jours, les saisons et les ans,
A des mondes divers autour de lui flottants.
Ces astres, asservis à la loi qui les presse,
S'attirent dans lenr course et s'évitent sans cesse i
Et, servant Tun à Tautre et de règle et d'appui ,
Se prêtent les clai'tés qu'ils reçoivent de lui.
Au delà de leur cours et loin de cet espace ,
Où la matière nage et que Dieu seul embrasse.
Sont des soleils sans nombre, et des mondes sans fiu :
Dans cet abtme immense il leur ouvre un chemin*
Par delà tous ces cieux le Dieu des cieux réside.
UMaUDB, Vil.
197. Il est d'autant plus nécessaire de se bien pénétrer du système de l'univers, tel que nous l'avons démontré dans la première partie, qu'abandonnant désormais les réalités des mouvements célestes, c'est a Tétude des apparences que nous allons surtout nous livrer. La récapitulation rapide que nous venons de faire des vérités astronomiques doit sans cesse être présente à l'esprit, pour rectifier l'exposition qui va être donnée^es seuls mouvements apparents, concevoir les osages qu'on en fait pour les besoins de la société, et démontrer chacun des procédés qu'on va enseigner, soit en les ramenant au vénial>le état du ciel , soit en conservant les apparences que nous lui substituons.
Ainsi, sam se laisser abuser par le langage que nous allons emprunter, on saura interpréter toutes nos explications.
La .Terre sera immobile an milieu de Fespace ; le ciel| semUable à une spbàre sur laquelle seraient fixés des milliers de points étinoelants, tournera d'un mouToment rigoureusement uniforme en S8^ HV A'\l t, moy.| d'orient en occident, sur un axe idéal à peu près iptariable ; l'horizon nous cache une moitié de cette sphère; nous remarquorona le lerer et le coucher des étoiles en divei^s lieux, dépendants de Vetendue de l'arc qu'elles doivent décrire sous nos yeux, et de TéléTAtion qu'elles atteignent à leur passage au méridien.
Les planètes et les comètes sont les seuls astres qui ne conaeryeat pas les distances mutuelles. En les rapportant à ceux qui en sont Toisins, on les voit procéder d'occident en orient 3 leur marche propre est plus ou moins rapide, et sujette à quelques irrégularités qui i'ac* celèrent, la retardent ou même la font rétrograder; elle se combine avec le mouvement diurne, et ces corps se lèvent, se couchent et circulent autour de nous , comme les autres astres ; en sorte qu'en les comparant à ceux-ci, ce n'est qu'après plusieurs jours, et même quelquefois plusieurs mois, qu'on peut reconnaître le déplacement qai atteste un mouvement propre.
Le Soleil lui-même suit une route circulaire dans le ciel, dont il parcourt la circonférence entière en un an. Chaque jour cet astre suit la rotation de la sphère, ce qui nous amène le lever et le coucher , le jour et la nuit ; mai» aussi chaque jour, se rapprochant vers l'orient, il décrit un arc de près d'un degré. Cet arc donne un peu pins de durée à sa révolution diurne qu'à celle des étoiles^ les 24 heures solaires marquées par le retour de l'astre au méridien , dépassent celui d'une étoile de près de À\ et le Soleil changeant peu à peu de place dans la sphère céleste , parcourt environ 80^ par mois. La partie du ciel que cet astre ne cache pas par sa présence, nous offre donc des swpeots graduellement variables. Qu'on jette les yeux sur les étoiles à 9* du soir, par ex., et qu'on en remarque une des plus brillantes dm Oèté de l'horixon oriental ; le mois suivant, à la même heure, die sera pltti élevée, et de mois en mois, on la verra, à 0^ du soir, plus près da méridien, puis placée au delà, puis abaissée sur i'horiion occidental; •t enfin oette étoile cessera de paraître, comme si elle e4l marolié de ffandie i droite 1 apparence qui résulte d'une autre qui oonsîsie â jttgar que le Soleil a, au contraire, procédé de droite à gauche de M* IMkrmois»
Oet aro de 1"* que le Sdeil décrit chaque jeur, est sur un œnde
CONSTELLATIONS. 8tlf
oblique à Taquateurj avqael il est inoliné de âX"» i, et qu'il n'achève de parcourir qu'eu un an. Le Soleil change chaque jour le lieu de son loyer et do son conober, ainai que sa hauteur à midi. Au solstice d'été^ il atteint sa plus grande éléyation ; il est au pins bas au solstice d'hiver, La progression que suit le Soleil dans le ciel^ l'approche ou l'éloigue tour à tour de l'ëquateuri qu'il ne décrit qu'aux équinoxes ; tel est le phénomène du renouvellement des saisons.
La Luna se meut autour de nous comme le Soleilj et présente toutea les mêmes apparence! ', mais comme elle décrit le tour entier du eiel en ^Vjy on la voit marcher chaque jour de IS"* d'occident en orienti s'spprocher et s'éloigner à grands pas des étoiles qui bordent la voûte. Relativement au Soleil , elle ne s'éloigne vers la gauche que de )3* l»ar jour, et le retard diurne de son passage au méridien est de 48' W^ t. rooy. Le progrès des phases de la Lune vient encore i\jo«ter à l'iiar portance des mouvements de cet astre. ,
Telles sont donc les apparences générales auxquelles nous devons donner une attention partioulière. Dans la première partie, nous avons exposé les principes nécessaires à l'intelligenee de la «eoonde, qui n'est qu'une suite d'applications de ces principes a la connais4anoe du lieu des astres, pour un instant et un lieu donué«i et à la résolution de divers problèmes qui en dépendent.
Les étoiles ont été réunies en Comtellatiims ou ^êiéri9t9ie$, groupas auxquels on a imposé des noms tirés de la fable, de l'histoire^ ou des règnes de la nature. Ces dénominations , consacrées par l'antiquité, sont d'ailleurs tout à fait arbitraires, et à moins que l'imagination ne se crée des fantômes, eomipe elle fait voir des -tableaux dans les contours capricieux des nuages, on ne doit s'attendre à trouver, dans les groupes d'étoiles^ rien qui puisse rappeler la figure, ou imiter Tioiage de l'objet dont la constellation porte le nom« Nous avons pré* féré ne pas dessiner ces images sur les oartes , qui eussent été plus coofnses, sans profit pour l'instruction, qi peut-être d'un usage plus incominode, en offrant a Tesprit des idées fausses. Les constellation^ zodiacales présentant seules un degré d'intérêt, parce que Thistoire en tire des indications utiles pour porter la lumière dans l'étude des fables de l'antiquité, nous avons cru devoir en tracer les figures dans laeartelV.
1S8. Il eût été impossible de donner un nom propre a chaque ét<^; une aussi grande multitude de corps aurait exigé un immense voca* bulaire. L'Astronomie des premiers peuples s'est bornée à quelques
distinctions grossières ; on s'est d'abord contenté de dénommer les planètes et les plus belles étoiles, et nous avons conservé cet osage; mais quand on a voulu étudier avec plus de soin, et qu'on a eu besoin de désigner les astres d'un éclat moindre^ on n'a pu suivre une méthode dont on sentait Tiniperfection. On s'est conduit comme le font les naturalistes, qui> pour dénommer les espèce» des trois règnes, réunissent sous un nom commun un certain nombre d'individus, qu'ils distinguent ensuite entre eux par une qualification. Les astronomes ont réuni les étoiles en divers groupes , sur lesquels ils ont dessiné un animal ou un être fabuleux.
• Tel est donc le système adopté pour classer et dénommer les étoiles. Un lion est dessiné sur un groupe de ces astres; l'une occupe le cou, l'autre est au dos, celle-ci à la queue , celle-là au cœur, et ces places servent à distinguer chacune en particulier. Pour parveuir à clusser et dénommer un aussi grand nombre de corps, on a affecté à chaque étoile une lettre grecque ou romaine, on même un chiffire, qui sert a sa dénomination. C'est ainsi qu'on dit a de la grande Oune, a dee Gémeausj fi d'Orion. • . . Les étoiles dont l'éclat est le plus vif sont dites de première grandeur, ou primaires ; celles dont la lumière est un peu moindre sont de seconde grandeur ou secondaires ; il y en a de 8**, 4*. • . . Au-dessous de la 6*, les étoiles ne sont plus visibles sans lunettes. Il ne faut pas attacher à ces nombres des idées d'exactitude, puisque fa classification est établie d'après Téclat et non d'après la grandeur, les dimensions de toutes les étoiles étant également inappréciables. Aussi les astronomes ne sont-ils pas d^acoord entre eux à ce sujet \ quelques étoiles sont entre lal*^» et la 2<> grandeur, d'autres entre la 2* et la S*, etc.
On a aussi conservé quelques noms particuliers, tirés de l'arabe ou du grec , â diverses étoiles très-remarquables. Ces noms , pour les étoiles de l'« grandeur, sont les suivants : Sirius; VêpauU droite d'Orion, son pied gauche ou Bigel, Vml du Taureau ou Aldéharan, la Chèvre, la Lyre, Arciurus, Antarès ou le coeur du Scorpion, Vépi de la Fierge, le coBur de V Hydre, la queue du Lion, le cœur du Lion ou Bègulus, Canopus, Fomalhauiet Achamar. »
Des quinze étoiles primaires ci-dessus dénommées, il en est deux que plusieurs astronomes ne regardent que comme secondaires : /'épi de la Fierge et le cœur de l'Hydre; d'autres, au contraire, veulent que Altaïr, Procyon, Castor, la queue du Cygne, soient primaires. Cette différence d'opinion tient, comme on l'a dit, à ce que la mesure de l'éclat des étoiles manque de précision. Au reste, ces distinctions ne sont d'aucune importance pour l'astronome. .
âONSTELLATIONS. 217
Après le apectnolo d'un beau jour, en est-il de plus imposant qoe celui d'une belle nuil, lorsque le oielsans nuages nous déoouYre ses plaines asurées , où Tor semble mêler son éclat aux diamants dont elles sont semées? Que le manteau de la nuit est riche et pompeux 1 Sous cet aspect, elle n'a rien d'affreux : elle est aussi une divinité ; elle répand sur sou passage une rosée bienfaisante qui abreuve les fleurs , les feuilles et les plantes desséchées par l'ardeur du jour, et elle entrelient dans Tair cette douce humidité nécessaire à la végétation. Elle est comme la mesure du^mmeil de la nature, et elle étend un vmle sur l'homme et sur les animaux pendant leur repos, qu'elle environne d'un majestueux silence. A l'ombre de ses ailes, tout ce qui respire sur la Terre, dans les airs, dans les eaux, se délasse des travaux du jour , ou jouit des plaisirs de l'amour. Ses ténèbres ne sont point ' celles du chaos, car elle a sa lumière , son ordre et son harmonie qu'on admire et qui ne le cède qu'à celle du jour. Ce n'est point , il est vrai, cet éclat éblouissant du Soleil qui fait tout disparaître , excepté lui , dans les cieux, et nous découvre tout sur la Terre; la nuit, au con« traire, nous cache la Terre , et veut que nous ne soyons plus occupés que du spectacle des bieux , dont , sans elle, les astres brillants nous aéraient inconnus {Orig. des Cultes, I, p. 111).
Quoiqu'on puisse observer le ciel dans toutes les nuits sereines, celles d'automne et d'hiver sont préférables a cause de leur longueur, et parce que la lueur crépusculaire diminue peu l'éclat des étoiles. Deux 'belles nuits , vers les mois d'octobre et de mars , suffiront pour faire connaître toutes les constellations visibles à Paris. On ne distinguera d'abord que les plus brillantes (les primaires et les secondaires) j leur éclat les rend remarquables, même lorsque le ciel est un peu couvert , ou quand la Lune brille, et ce sont autant de repères qui servent a trouver les noms des étoiles voisines.
Pour apprendre à reconnaître les étoiles , on se sert de deux procédés , les passages au méridien et les alignements. Le premier consiste à se placer à la lunette méridienne, ou seulement dans un alignement méridien , tel que nous enseignerons à le trouver, et à observer l'heure du passage successif des principales étoiles. Ces heures suffisent pour trouver le nom de chacune, à l'aide de nos cartes, ainsi que nous le montrerons.
Dans le second procédé , il faut connaître d'avance les noms d'un certain nombre d'étoUes très-remarquables , et s'en servir pour déter* miner les autres. On tend un fil, par exemple , et on le place de manière a aligner trois étoiles , dont deux sont déjà connues : il suffit que
n« CONSTELLATIONS.
oal aUgoemeat soil approché. On recourt ensuite aux cartes Gi««près, et Ton y forme le même alignement , qui conduit ainsi sur l'étoile in« connue, en ayant égard aux distances observées.
U convient donc, avant tout , d'exposer la formation de ces planî* sphères ; mais nous devons prévenir que^ sur les cartes, les alignements ne répondent qu'à peu près à ceux que nous voyons au firmament. On ne peut prcjetei la sphère céleste sur un plan , que par des procédéi qui ont leurs avantages et leurs inconvénients. Après avoir essayé avec soin toutes les projections connues , nous avons préféré celles qui conservent ans constellations leurs figures, objet ici le plus important; mais les alignements sont un peu altérés, surtout si on les prolongs beaucoup»
139. L'asc. dr. et la déclin, sont les deux coordonnées qui déterminent la place des astres , en prenant pour axe Téquateor et un cercle horaire (n? 9). Il suffit donc, pour former des cartes du ciel| d'adopter un système de projection de la sphère céleste , d'y rapporter réquateur et les méridiens , afin d'y placer les étoiles, dans le réseau ainsi formé, d'après leurs asc. dr» et leurs déclin., précisément comme on place les villes , dans les cartes terrestres , d'après leurs longitudes et latitudes.
Les planisphères I et II représentent les constellations polaires; elles sont construites d'après la méthode de Lorgna {voyez ma Géodétk, n^ g38). Les méridiens y sont représentés par une suite de rayons qui se croisent tous au pôle sous des angles égaux à ceux que forment les cercles horaires entre eux : l'équateur et ses parallèles sont figurés par des circonférences concentriques dont le centre est an pôle.
Cette projection a l'inconvénient de dilater les dimensions dans le sens des circonférences , surtout vers l'équateur , et de les resserrer dans le sens des rayons; mais toutes les constellations circompolaires sont trèsH)xactement représentées; ce qui importe le plus ici , attende que les parties voisines de l'équateur sont figurées ailleurs. L'osage de cette carte est d'ailleurs très-commode , puisque les méridiens étant des droites, et les parallèles à l'équateur des cercles oonoentriqnes, la règle et le compas suffisent à la résolution d'une foule de problèmes. La carte II est destinée a montrer, sous de plus grandes dimensions, les constellations voisines du pôle de l'éoliptique.
Les planisphères III et lY sont des Caries réduiteê ; l'équateur est une droite et les méridiens sont des perpendiculaires à cette ligne.- Les d^rés d'asc. dr. sont marqués en haut et en bas du cadie j les parties
■* hiénAeê portent 1m degrés dedéolinnison. Pour y trouver une étoile
désignée, il sofiEit de mener des parallèles à ces deax dimensions , soit par les uivnéros des degrcs d'aso, dr. et de déclinaison donnés table XI, soit par le point où est l'astre sur la carte.
Gomme ces cartes représentent la concavité du ciel , l'observateur est censé avoir le visage tourné vers le midi , l'occident à droite et l'orient à ganohe ; les constellations ont par conséquent leur moave«ment direct de gauche a droite. Au-dessous des degrés d'asc. dr., on lit les temps qui en sont la traduction à raison de 15<> par heure (n° 7). Nous avons marqué pareillement l'asc. dr. du Soleil pour chaque jour à midi, ainsi que sa déclin., et unissant ces points par un trait oon«iinu, Téoliptique est développée selon une courbe; d'où il suit qu'on ]ient Ironver de suite le lieu que le Soleil occupe chaque jour dans le ciel^ les étoiles dont il est voisin^ son aso. dr^, sa décl., etc. L'usage de cette eourbe sera expliqué par la suite avec plus d'étendue, n«M8.
La carte lY représente les constellations zodiacales arec leurs figures. La droite qui la traverse est l'écliptique ; les cercles de latitude sont (les droites perpendiculaires à cette ligne ; sur laquelle se comptent les degrés de longitude et les signes ; l'équateur y est représenté par une courbe.
On ne doit pas oublier qu'en yertu de la rotation du ciel , les étoiles^ tout en conservant leurs distances et leurs relations mutuelles , tournent avec le ciel ; les lignes idéales qui les joignent en reçoivent des directions variables , qu'on n'a pu figurer dans les cartes. Telle droite qu'on imagine passer par deux étoiles^ se trouve tantôt horizontale, tantôt inclinée , tantôt yerticale. Ce sont surtout les constellations circompolaires qui présentent ces variations d'une manière plus remarquable.
Que l'observateur se place dans un lieu découvert ; qu'il ait le dos tourné au midi, et par conséquent le nord en face, le levant à droite, le couchant a gauche : il aura devant lui le pôle boréal , distingué par une étoile qui semble être immobile , et qu'on nomme polaire : elle brille presque seule dans cette région du ciel , et nous apprendrons à la reconnaître. Il nous suffit maintenant de dire que toutes les constellations tournent autour de ce point (celles qui en sont voisines ne se couchant jamais), et prennent en 24^ toutes les situations possibles, soit en haut, soit en bas, et de l'un ou de l'autre côté (n<> S). Nous aveasYuquepar la aiiccession des saisons, le. oui ehange d'aspect à ane même heure de chaque nuit ^ 1c cercle horaire d'une étoile s'avasoe
220 CONSTEIXATIONS.
de jour en jour vers l'occident , et procède vers celui que le Soleil occupe. On ne peut d'ailleurs indiquer la place d'un astre qu*en ayant ëgard aux yariations diurnes (voy. n^ 338) , car sa position change à chaque instant d'une môme nuit , l'étoile ne revenant au même lieu qu'après 34* sidérales.
Le spectateur ainsi placée voit devant lui une constellation qne nous allons décrire et qn'on nomme la grande Ourte (fig. S6}, on devra d'abord chercher à la reconnaître, parce qu'à l'aide des alignements et des cartes, elle servira à trouver successivement toutes les autres. Nous engageons a procéder à cette observation dans l'ordre suivant (du moins si ces constellations sont visibles) : la grande Ourse , la Polaire, Cassiopée, Pégase, Andromède, Persée , le Lion , Orion, Sirins, les Gémeaux, le Taureau , le Cocher, la Lyre, le Cygne, le Scorpion et le petit Chien. Les autres étoiles se présenteront ensuite d'elles-mêmes.
Entrons maintenant en matière, et indiquons les figures des constellations et les alignements qui peuvent servir à les reconnaître.
Canstellatians boréales.
1-iO. Là qrandi Odksi, ub Chaeiot : Ursa^ Septeminones ^ tielix, Plaustrum (kpiCToç ftejà^Ji, *Wax^/Af:a^Aftsyci^; ^Idebb al Ahbar]. Planisphères I et II.
Cette constellation est une de celles qui ne se couchent jamais à Paris, et qui, par conséquent, prend toutes les situations possibles en tournant autour du pôle, propriété qu'elle partage avec les trois suivantes. Elle est formée principalement de sept belles étoiles (fig. S6, pi. III) , dont quatre, a, fi, jet (f, forment un carré long ^ les trois autres s, ^ et i^, sont en ligne courbe, dont les deux premières sont sur le prolongement de la diagonale /3c^ du carré. Ces étoiles sont secondaires (excepté ê" qui est tertiaire)^ a, se nomment /es Gardes, '«c est Dvhhe, fi Merak, j Phegda, J'Megrez, e Alioth, Ç Mirzar, nAlkaid; à la queue, %oni ti\BenetnacK) et Ç, f. En avant du carré et du côté opposé à la queue, planisph. I, on voit 6 a 7 étoiles quartaires, placées en demi-cercle ohvfôxt, convexe vers le carré, et dont un bout »i se joint à trois ou quatre autres du Lynx, pour former une sorte de S. Ce demi-cercle A ud est la téie de TOurse^ les quatre pattes /u A ^ y t et Kt sont placées entre TOnrse et le lion , A et /k se nomment J'anûi ^ y et ^ Alula, I TaHta.
141 • La rtnn Orasi , ul pitit CflAaioT : Ur$a minar, Cf/nùêura (Àfomç fMtpi, Aldebb al Asghar). Planisph. I et U.
CONSTELLATIONS. 2il
Flua pris da pAIe que la préoëdente, oette oonstellaiion est aussi foranée de sept étoiles qai affectent la même ûgare , mais areo moins d'éclat, sons des dimensions moindres , et placée en sens inverse. Si Ton prolonge la ligne a fi des deux gardes de la grande Oorse , ou le côté du carré qni est opposé i la quene , on sera conduit à la dernière de la qoene de la petite Ourse ; c'est la Polaire a ou la Tramaniane {Algédi, Rucehabah)', elle est à i'>W du pôle (v. t. XI). Les deux étoiles 07 sont les gardes, j3 Koeab, y Pherkad ; e,^eï et composent la queue. Excepté a, et 7^ les autres étoiles sont peu Tisibles.
On Toit donc combien il est facile de s'orienter la nuit , c'est-à-dire de trouTcr les quatre points cardinaux.
14S« CASâiofti, Il TtAi», Lk CiAisi : Caseiopea, Siliijuaiinim, SoUum {Kitmarma, Zai al Koni). Planisph. I et II.
Cette constellation est de l'autre côté du pôle par rapport à la grande Ourse; elle est de celles qui ne se couchent jamais en France. La ligne qui va de la première e de la queue de la grande Ourse à l'étoile Polaire, prolongée d'une quantité égale, va traverser Cassiopée. Ce groupe de cinq étoiles tertiaires est très-remarquable par sa figure en 1 (fig. 87 et pi. II), dont la queue est brisée à l'étoile «^ et qui prend d'ailleurs toutes les situations à mesure qu'elle tourne. Quelques personnes y trouvent encore la forme d'une chaise renversée : fiaj et X sont le siège, yJ'e sont le dos courbé. Ces figures sont assez équivoques, surtout à raison des changements causés par la rotation diurne; mais rien n'est plus facile que de distinguer cette constellation, a est Sckidir, fi Ghaph, J'Rucka.
HZ. Cépoéb : Cepheue, Jasides, Nereus (Vjffeùç, Fïcaouê). Planisphères I et III.
Trois étoiles tertiaires afiy, près de la ligne qui va de la Polaire à a du Cygne, forment un arc dont le centre est vers fi de Cassiopée, et qui tourne sa convexité au Dragon -, cet arc est plus près du pôle que Cassiopée. La ligne a fi des gardes de la grande Ourse, qui , prolongée, donne la Polaire, va se porter au delà sur 7 , qui limite l'arc de Céphée. « est^Meramtfi, fi Alphirh, j Errai.
U4. PteASB, LA GtAïf Di Cioix : Pegasus, Equuê akt, Equuê gorgoniuê Cl«r«ç, Xhhoffoç, 'Ufiurs)diç''Uiroç, A&pw/lmroç yut; al Farae Ala'dram). Planisphères I et III.
En prolongeant la ligne qui va des gardes «/) de la grande Ourse à
Sm CONftTBLLATIONS.
k MàlreiOii traTerw, aiidelà de Gttriopée, leoarré dePég«te(fig» K), fermé à» 4 étoiles êeocmdairet ; les deux méridionales soal 7 Ai§èmb et A Mûrkab ; les deux sephintrionales soat /) iScAeel ^ à l'oeoideot , an* dessQs de Markmbf et la tète a d'Andromède (OfUfaXiç'l rtnu, SimA) ku-^eêêus d'AIffénib.
Le oafré de la grande Onrse et oeloi de Pégase sont des deax eètés opposés dn pèle 9 et Tiennent passer an méridien , a ly environ d'ia« terralle l'nn de Fantreé e est Snif^ ^ ff^mam^ y Matar.
14K. Amiaotiai. jinirùmeda, Pensa ÇkifipofàéiiAy at M^^NA alËÊmoi &fa/}. Planisphère I et fig. 28.
Cette constellation offre un caractère très-remarquable (fig. S8); U diagonale a tf de Pégase , prolongée au-4es6ena de Gassiopée, s'étend jusqu'à Persée^ en passant sur les trois sedondaires d'Andraoïède, savoir : a l'une des quatre du carré Sirrak^ i9 è la œintnre Mirûùk^ et j au pied Alamak : ces trois étoiles sont éqntdistantes el foment une ligne un peu courbée.
140. Lb "DuKnoYf : Draco , Sêrpmê^ AnguU^ Pftketi, Etmiwjfêun ^ JBfeêperidum eustos {Apdxavj al TViiifitn). Planisphères l etil.
Cette constellation est du nombre de celles qui ne se ooncbent point à Paris;- elle est très-facile à reconnaître è la file d'étoiles en ligne doublement sinueuse que nous allons décrire. La queue sépareles deux Ourses et a une secondaire , a Thuban y Roê thaban, placée entre 1m gardes de la petite » et Ç à la queue de la grande. En suivant cette file de 5 étoiles Axa/d^ on trouve un coude a cette dernière, puis une étoile^ sur le prolongement de» gardes de la petite Ourse : c'est le corps du Dragon qui contourne cette constellation , en se rapproehant de h Polaire , ou plutôt de Céphée , et s'en éloigne ensuite par une coorbors en sens contraire. On suit cette traînée d'étoiles Ç»%rif t. . . • , et l'oit arrive à la tète^ formée de quatre étoiles tertiaires très-visibles 7 j^fÇ, sur la ligne qui va de la Lyre à « du Dragon j fi est Alwtâd, ^ Eiamm^ A Cùitiror^ fL Arrachis, B Aldib.
147, PiBsiB : PerseuSf Pinnipen, tnaehiJhé, AbaKiiaèBij CfUmfOêi AcHsianiadea (Ilf/wfôç, "Ixrorifç; Fersaous, Chelub). Planisphère I el «g. M.
La luisante a de PeHée {XÙ^supi mptrâMç, MirfMkf Gémb F4nmm), étoile secondaire sur le prolongement des trois prineipalea d'Andro- Aiède, est entre deux autres tertiaires <ret ^^ qui fbrineRt nn arc
CON8TKLLATION8. fiâS
conente rmê la ^nde Onrse , et trèt-fboile à diitiiigtier. A pMvt dé ^y on Yoit deux ftle^ d'ëloiles ; Tune va ft l'oHetit, ters la Ghèrre^ et continae Tare de Perftëe ; l'antre , qui ra aa midi, formant d'abord une ooorlmre opposée , se porte en ligne droite aux Pléiades : cette droite est nn cercle horaire, fi Algol ou la tête de Méduse {Vop^w, Ckamil)^ au-dessous de l'arc de PerséCi est changeante (n"* 302) et euTironnoe d'un groupe de petites étoiles.
et de PerSée et la dernière ly de la queue de la glande Oorse^-riennent passer au zénith de Paris à 1 1* d'intervalle à peu près : ces dehx étoiles sont sur le cercle, dont les points sont tous à 41^ ^ du pôle (presque le ooniplément de k latitude de Paris).
146. La CêGBva, u Ca^aasTisa : Auriga^ Arûi&rf JBenMohuêf Siriok*
uk'ma, Alktwfiy Alàtod). Planisphères I et IV et fig» 40»
Nom Tenons de dire que l'arc de Persée conduit à la Chèvre {Olênta f Aghê, Aega, "iJ^ ; Ala'Wy ni Cobelah, «/ Cailat, al Sihi). Cette belle étoile a fait partie de la oonstellaiion du €ocber> qui forme un grand pentagone irrégulier (fig. 40) , dont trois étoiles plus brillantes , sont en triangle isocèle; le Sommet fi Naik est en bas (c'est la corne su|>érieure du Taureau), et la base rers le nord porte la Chèvre et le fi du Cocher^ MênkaUnam.
On remarque trois étoiles BK^y qu'on nomme les Chewtausf^ ou les Boucs, qui forment un petit triangle isocèle étroit , placé tout près de la Chèvre , et qui sert a distinguer cotte étoile de toutes les autres primaires*