SUR LES DATES HISTORIQUES
eooore qae le solstioe a reproduit la crue du Nil, cauie principale do fécondation. Dans ce second monument, l'image de la Vierge, et les symboles qni l'accompagnent, sont détruiU par l'âge; on n'en a troQTé que les débris , mais le reste du xodiaque ne laisse ancnn dovte sur la figure qui commençait la série des signes sortants. L'époqoe parait être un peu plus récente que celle du sodiaque du grand temple; une partie des pierres est tombée sur le sol -, mais il a été facile de rapprocher ces débris, et de dessiner l'ensemble dans un état de restauration tel qu'il était avant d'être dégradé.
Du reste, en comparant l'état de conservation de Dendérah aux ruines d*Esué, remarquant les détails des sculptures, voyant enfin que Dendérah est au-dessous de Thèbes, tandis qu'Esné est dans la Hante* Egypte^ il est évident que le premier monument est d'nne bien moins haute antiquité que ceux d'Eshé , ce qui s'accorde parfaitement avec noire calcul.
A la vérité, on a trouvé une courte inscription grecque sur onedes colonnes du petit temple d'Esné qui parait avoir été sculptée après coup et à une époque postérieure ; mais ce temple n'a jamais été achevé, ce qui permet de croire que l'inscription n'a rien de commun avec le grand temple , qui est un édifice d'une vaste étendue.
C'est à Fourier qu'on doit l'interprétation de ces xodiaques. Servi par un heureux hasard , ce savant a reconnu le premier la signifies^ tien des douxe figures , et a saisi l'ingénieuse idée dont les Egyptiens se servaient pour perpétuer le souvenir des événements et en fixer la date. Ce qui eût échappé à un homme ordinaire , est devenu , pour Fourier, uu trait de lumière qui a dirigé bien des recherches.
Nous n'avions le projet que de montrer comment rAstronomie peut servir a fixer les dates historiques de quelques événements passés , et nous sommes arrivés à établir que les Egyptiens connaissaient le xodiaque et la ptécession. Puisque le xodiaque a été gravé sur des monuments bien antérieurs aux siècles de la Grèce, ce n'est donc pas aux Grecs qu'on le doit. D'ailleurs , si l'on considère que le xodiaque sert a peindre les événements naturels et périodiques propres à rÉgypte, ainsi que nous l'exposerons (n"* 248"), taudis qu'il n'aurait eu aucun sens pour les Grecs supposés inventeurs ; que d'un autre côté, le solstice est placé dans des constellations différentes sur les murailles de monuments antérieurs de 600 ans au moins à Hipparque, il fiiut avouer que ce n'est pas cet astronome qui a découvert la précession. Qa'oii nie , contre l'évidence , que Thaïes, Anaxagore^ Pythagore, et tant d'autres Grecs ^ olltoent puiser en Egypte les connaissances qa'ib
ZODJAQUE. â9S
rapportèrent ensnîte dans leur patrie; qn'on prétende même, contre toBte raison , qu'ils firent , au contraire , briller leur savoir en Egypte, qu'ils y prédirent des éclipses et mesurèrent la Terre; et qu'enfin , oomme pour rendre cette opinion plus ridicule , on ajoute que, sans Thaïes , les Égyptiens n'auraient pu trouTcr la hauteur de leurs pyramides, d'après la longueur de l'ombre qu'elles portent; nous ne songeron.^ pas a réfuter de pareilles assertions , tout à fait étrangères a notre objet. Il nous suffit que des monuments d'une exécution admi-* rable aient prouvé non-seulement l'habileté des artistes qui les ont élevés , mais encore le savoir des hommes qui en ont dirigé les travaux.
Je n'ignore pas qu'un savant d'une vaste érudition, Delarabre, s'est déclaré pou|r l'opinion qui ne fait remonter qu'a IKO ans avant notre ère les premières notions exactes d'Astronomie : c'est a Hipparque et aux Greca de l'école d'Alexandrie qu'il attribue toutes les connaissauces que nous devons aux anciens sur celte belle science. Sans doute un pareil suflFîrage donne une grande force à cette opinion , que je n'ose entreprendre de combattre. Il me parait que ces deux sentiments ne sont pas incompatibles ; car les Égyptiens, après avoir posé les fondements des sciences et brillé dans les arts , ont pu, après des temps de prospérité, laisser éteindre le flambeau qu'ils avaient allumé. Des siècles d'indififérence et de mépris pour ce qui avait été le sujet d'une longue admiration ont pu succéder à ces beaux siècles ; et la Grèoe , après avoir longtemps reçu les leçons de l'Egypte , a pu prétendre à l'honneur de l'enseigner à son tour. Les hiéroglyphes, devenus inintelligibles , même aux descendants de leurs inventeurs , ont pu rester inutiles aux Grecs. Du temps d'Hérodote, qui vivait 450 ans avant notre ère, cette écnture mystérieuse était déjà une langue à peu près perdue. Ce qui a été dit de la sphère d*£udoxe (p. 284) vient à l'appui de oette assertion , et prouve que les Grecs n'avaient pas compris les leçons des Egyptiens. 11 se peut donc qu'flipparque n'ait presque rien dû a ses devanciers, et l'on ne doit plus s'étonner que ses écrits montrent autant d'indices de génie.
V. Un tableau astronomique découvert par GhampoUion dans le Rhamesseum de Thèbes , qui a été construit 15 siècles avant notre ère, a fait le sujet d'un mémoire do M. Biot ; ce savant fait remonter l'antiquité de ce tableau à SS85 ans avant l'ère chrétienne. C'est en calculant la position de quelques étoiles en cette anpée, qu'il a trouvé que l'équinoxe vernal était dans les Hyades, sur le front du Taureau, ce qui place le solstice d'été dans les étoiles du lâon , et l'équinoxe d'automne dans celles du Scorpion : il remarque cette particularité.
gM SUR LIS DATÈB lllStORIQUES.
que l'énliptique se tnitirnit perpendicalnîre a 1*horizon dé Thèbes au moment on Téquinoie du printemps se couchait. Or, ce sont toutes cul (Hroofist a noes que 3I« Bitit toit réunies et représentées darts le tableau du Bhamesseuin , où elles sont fig^ufées dans un cadre a jpatt.
Une fois éclairé sur te sens de celle scèho , M. Biot l'a retrouvée areo des oaraolères semblables ou Analogues dans d'antres monuments , les uns plus anciens , comme le totubeau de Méûephta I***, déoouvert par Beltoni ; d'autres plus modernes , comme le temple d'Itci'montliis : de sorte que le souvenir s'en est ainsi perpéttié pendant plus de 90 siècles, pour désigner une époqne remarquable; et , comme la conslruclion du Rhnmesseum ne date que de Van — 1500 , le tnèmo tableau représente aussi une position plus tardive des équiliotM : en sdrte que les emblètties de chaleur qui sont figurés dans cet deui scènes semblent désigner les Hyâdès éotfime b^iîla^tés dans un cas f et eomme tempérées dans l'autre , ce qui prouve qu'on avait Fait l'observatidn de ees deux états successifs du ciel , aux deux époques d«-^9t8Bet— 1500.
Ce eadre à part , où le Soleil vernal est figuré dans les Hyades, conodtde avec l'époque où le lever héliaqoe de Sirius arrivait au solstice d'été. Pendant plus de mille ans , ce lever a pu paraître ai^ivcr au soktiee d'été > ponf lés Égyptiens, qui se contentaient du siihple aspéOt dd ciel, sans é'apercetoir qu'il s'établissait peu A peu une dilfêrenoé entre ce lever héliàqné et le solstice, lais il se trouve que fannée iiniqiie où les deox phénofuènes ont mathématiquement coïncidé est pféefséinent en -^ MBS, le ÎO Juillet Julien , époque du retour de la période sothiaque, qui commençait quand l'année vague égyptienne de 908 jours revenait avec le solstice d'été.
On trouve dans lé tome II, pi. 83 de Id DescripH&n de PÉgtfpiê, la représentatioU du plafond d'une chambre sépulcrale de Thëbes, qui désigne étidemment la position de l'équinoxe vernal dans le Taureau : le Lion solëticial , le Scorpion de l'équinoxe d'automne, et le Terseau do solstice d'hiver, sont les seules constellations qui s'y trouvent , et qu'on voit entourées des emblèmes qui caractérisent les phénomènes conconiilants. La pi. 06, tome I du même ouvrage, figure aussi Une scène astronomique où le Taureau et le Lion se rapportent au même état du ciel. 1. Jomard avait déjà montré (tome Yltl de l'édit. în-8<>) iiut ces configurations , consacrées d'ailleurs par le culte mythriaque, remontent h plus de 8000 ans avant notre ère. Là pierre d'Axum , déerite par Bruce , a une antiquité plus grande encore. Tout prouve donc que les peuples de ces contrées ataient observé l*étal du ciel,
ZOMÀQUE. M»
el étaient oitilb^. Il y a pins de KO sièolas; quo le Kodiaqne ebl leur ooirrage} et que les monaiiienls qu'ils ont oonfttruits portent les oin* preintes incontestables de leur haute antiquité.
S4B. Quelques personnes ont fegArdé les Indes comme le berceau de la civilisation , et ont attribué à ce pays nos connaissances astrono* niiqoes : le Gentil et Bailly ont développé cette opinion. Le zodiaque trouvé dans les soulerraînà de la pagode de Salseltë ( Elephanta } , place la Vierge au solstice d'été ^ et doit avoir 6000 ahs d'èxisleqce. La chronologie des Indiens date de 8600 ans avant J.-C.^ ces peuples paraissent avoir eu des relations directes avec les Perses et les Chinois, dont l'antique civilisation remonte a la môme époque^ depuis un temps immémorial I les Brames connaissaient la préoession des équiiioaesi et même ils l'évaluaient à 1S4'' par an, ce qui est très-approché; ils se servaient de la même semaine que nous, et enfin préeisément dumèmeiodiaquc. Voici les dénominations qu'ils donnaient aux divers signes :
(Aries, Taurus, Gemini, Cancer , Léo, f^lrgo, Asonina, Gartica, Marn^asiroha , Pditcha, Magha , Phalgouna ,
{Libra, Seorpfus^ ArcHenens, Caper, Amphora, PUees, TchatUa,Visfaeky Djjraichta, Achara, Sravana, Bbadra.
Ces mois étaient accouplés deux à deux pour former une saison; il y en avait six dans Tannée^ On divisait aussi le zodiaque en 27 parties égales y de IS*" f chaque , appelées nacA^/ron«. Comme la révolution sidérale de la Lune est d'environ 37 jours et un tiers , ces espaces célestes étaient le domicile de la Lune durant un jour (voy. l'Astronomie aficssHiie de BaHly^ el fe Mémoire de Dupuis sur le Zodiaque). Ces nachétrons étaient ainsi dénommés :
Smvishiha 1, Smiabhi^M 2, P. Bhmdrapadti S ,
U. Bkadrapada 4, RevatiH^ Aswini 0,
BK^irani T, KriUoa 8$ Rohini 0,
Mriganruê 10, Ardrs^ 11, PunaroaMa 11,
Pushiju 18, Aslesha U, Maghm Itt,
P. PMyuui 16, V. Phalguni 17, Hasia 18,
Chiira 19, Swaii M, f^imkhà 11 ,
Anurudhm U, Jyestha 11^ NiriU 14,
P. Ashadka 15, Sravana 16, Sravana 17.
296 SUR LES DATES UlSTOaiQUES.
On trouTo dans le QuaHerly Oriental Magazine de Calcotta , n* x, avril-jain 1826, p« 265, un tableau^ qnc noua avons représenté fig. 59, des maisons lunaires des Indiens , et des mois des saisons, lorsqu'elles correspondaient avec les constellations, dans Tan — 1192«
Voici les noms indiens de quelques étoiles :
Aswini jonfi Bélier.
Magka Cœur du Lion.
Ckiira. ..... Épi de la Vierge.
5«?a<t....... Arcturus.
jébhijit a lyre ,
Sravana a Aigle.
P. Bhadrapada. • . . . . a Pégase.
Le culte de Hithra avait été très-répandu dans la Perse et Tlnde , et le temps a même épargné plusieurs monuments curieux qui se rapportent a l'époque où'l'équinoxe avait lieu dans le Taureau (eoy. VOrigine des Culte$).On remarque dans les Transociiom pkHoÊopkifmêe de 177S, un sodiaque trouvé dans une ancienne pagode près le cap Comorin. Les constellations y sont figurées dans l'ordre marqué ci*après :
Sud.
np
ai
es /
OC
•pjON
Au centre (7 est une figure de femme , qu'on a prise pour la Vierge céleste, ce qui a fait attribuer à ce raonuroeij^ une antiquité égale au moins à celle d'Esné : la manière dont les signes sont distribués, tant entre eux que relativement aux points cardinaux , fortifie cette opinion. Cependant, comme M. John Call^ à qui on doit cette copie , n'y a pas joint les détails caractéristiques de l'état du ciel qu'on y a voulu représenter, cette opinion n'est qu'une conjecture. La distribution des signes , trois par trois, semble devoir marquer des saisons, et la position initiale du Taureau à Féquinoxe du printemps ^ et du Lion au solstice d'été, rapprochent ce monument de l'époque où le Soleil était adoré sous le nom de MUkra; ainsi ce sodiaque pourrait dater de 8000 ans avant noire ère.