FIGURE DE L.\ TERRE
qu’on l’ait prise; ce qui doit d’autant plus surprendre, que les angles Z,Ta et ZTi changent arec ce lieu : AT, par exemple , sera la direction du fil à plomb pour un autre observateur, et les angles dont il s’agit seront remplacés par ATa et AT/i. En elFct , tout poids tend au centre d’attraction de la Terre; deux fils à plomb doivent y concourir, et il n’est permis de les regarder comme parallèles, qu’autant que leur dis* tonoe et leur longueur ne sont pas comparables aux dimensions de la Terre.
La mesure dont nous venons de parler, réitérée sur un grand nombre d’étoiles, conduit toujours à la mémo conséquence : l’angle oTè, ATB,.... .. varie pour les divers astres; mais pour l’un quelconque, il est le même de quelque point du globe qu’on l’observe. On est donc contraint de rcconnaitre que les dimensions de la Terre, immenses relativement à nous, ne sont en ancune manière sensibles, quand on les compare à la distance des étoiles, ce qui prouve leur éloignement infini. Mous reviendrons bientôt sur ce sujet (p. 29); mais nous concluons dès à présent que la Tern n’eit réellement qu’un point dan» l’eipace.
Cette proposition étonne an premier abord; on a peine à croire que ce globe immense de près de 3000 lieues de diamètre nu soit qu’un atome insensible , quand on le compare aux distances du Soleil et des étoiles. Mais outre que ce fait vient d’ètre démontré , nous le verrons par la suite confirmé de plusieurs manières, en le rapprochant d’autres faits bien plus étonnants encore. On conçoit, d’après cela, comment il se fait que nos lunettes soient sans force pour agrandir les étoiles ; et en effet, le télescope de llerschell, qui amplifie jusqu’à 6000 fois les objets, ne produit aucun grossissement sur ces astres, c.-à-d, qu’eii rendant l’éloignement 6000 fois moindre , ou ne s’est pas encore assez approché pour que le volume en paraisse sensiblement plus grand.
Quoique nous supposions à In voûte céleste In forme d’une sphère , et que nous considérions les étoiles qui la peuplent cnmme situées à sa suiface et également éloignées de nous, il ne faut pas oublier que ce Sentiment qtie la vue du ciel fait naitre et que justifie l'infinie distance des étoiles, n’est ici qu’une conception géométrique qu’on ne doit pas prendre à la lettre. Nous ne l’emplojons que comme un moyen facile d’exprimer nos idées sur les relations de mouvement et de situation de CCS astres ; et rns,sge qu- nous en ferons par la suite ne détruira en rien la rigueur des dénionsivniions. Il sera d’ailleurs prouvé qu’il est faux que tous les astres soient à même distance de nous, et qu’au contraire ils sont plongés dans l’espace à des profondeurs très-dilïérenles.