ÉTOILES ET NÉBULEUSES
lèles, qnoiqac la Terre se soit transportée à 70 millions de lieues do
distanee.
' Il est vrai qne Ions les astronomes no s’aceordent pas sur ce fait, M. Brinckley, qui a fait beaucoup d’observations d’étoiles, n’a trouvé aucune parallaxe annuelle à des cireompolaires pour lesquelles les changoments do déelinaison étaient très-sensibles par la préeession : il n’en a pas trouvé aux étoiles du Uygne qui semblent plus rapprochées de nous, puisqu’elles ont un mouvement propre annuel de 5",S en ascension droite, et de 3" en déclinaison ; car nous devons dire qu’on a reconnu de ces petits mouvements à beaucoup d’étoiles *. Mais ce savant accorde l",13de parallaxe à Wega delà Lyre et 1",42 à jilaîr. Bradley attribuait 1" de parallaxe à Sirius. Ces effets, contestés par d’habiles astronomes, restent douteux. M. Struve a trouvé que sur 14 séries d’étoiles opposées, 7 donnent la parallaxe négative, ce qui jette des doutes sur les 7 autres : Pond n’accorde de valeur probable que 0"018, quantité si petite qu’elle se perd dans les incertitudes delà réfraction qui sont 20 fois plus grandes. Comme les erreurs des sens SC combinent avec celles des instruments, on no peut guère compter que sur les résultats obtenus par diverses méthodes et divers astronomes qui se trouvent d’accord. On n’est donc pas surpris de quelques incertitudes sur la parallaxe annuelle des étoiles.
Accordons ceiiendant que cet angle soit de 1" pour la Lyre, Ataïr, Sirius et quelques autres : un fil d’araignée placé devant l’ccil d’uii spectateur qui serait transporté dans ces étoiles, suffirait pour cacher l’écliptique entière; un cheveu cacherait ^tout notre système planétaire, qui est 20 fuis plus étendu. Le calcul apprend que ces étoiles seraient 206265 fois plus loin de nous que le Soleil, c.-à-d. a plus de 7000 milliards de lieues; telle est, nu moins, la distance de l’étoile la plus voisine, en admettant cette parallaxe contestée de 1". La lumière mettra 206 mille fuis 8' 13",2à nous arriver, ou 3 ansBl jours : l’alorae lumineux qui frappe les yeux de celui qui voit ces astre.s en est parti il y a plus de 3 ans, en décrivant 70 mille lieues par seconde ; et s’il existe, comme on n’en peut douter, des étoiles mille fois plus éloignées encore, la lumière met plus de 3000 ans à faire le trajet. Quelles distances! quelle vitesse! l’imagination ne peut s’y .soumettre. Si quelque phénomène visible arrivait dans ces astres , ce ne serait
* Lo mouTemeol propre de Sirius est de 2" d’arc; celui d'ArcUirus, do i", 5 ; de Procyon, o",7; de la 29» de l'ÉridaDi 4 "tO> de | CaNMopée^ i'',78, etc. Ces petiu déplaccmenu SC font dans diverses directions, qui ne sont pas celles que devrait produire la parallaxe an iiuellc.
, ÉTOILES ET NÉBDLEUSES. 20»
qae plusieurs milliers d’années après que nous en aurions connaissance. Nous Toyons peut-être tous les jours des étoiles qui ont cessé d’exister; et si la création de l’univers ne remonte qu’à 6000 ans, il y a probablement des étoiles qui n’ont pu encore être aperçues.
183. Eclat. Les étoiles sont certainement lumineuses par ellesmêmes, car d’où leur viendrait un éclat emprunté? Ce ne pourrait être du Soleil qu’elles le réflécliiraieut, d’une aussi immense distance, avec une vivacité aussi remarquable. Les étoiles sont donc de véritables Soleils, foyers de chaleur qui, peut-être, éclairent et vivifient outant de systèmes planétaires imperceptibles pour nous. Le Soleil n’est lui-même qu’une simple étoile dont l’éclat, la chaleur et l’étendue sont relatifs à la distance d’où nous le voyons. D’Uranus, cet astre n’est vu que soussm ongle de 3'; et qu’cst-ce que cette distance comparée à celle des étoiles?
L’éclat des étoiles est très-vif et très-brillant ; mais il diffère de l’une à l’autre. Est-ce ùn effet de leur inégal éloigucnient, ou de ce que les volumes sont inégaux, ou de quoique autre cause inconnue? Il est bien vraisemblable que ces divers motifs concourent à donner aux étoiles l’éclat varié qu’on leur trouve. Wollaston a trouvé, par des expériences photoinétriques directes , qu’eu attribuant à Sirius une seconde de parallaxe annuelle, la lumière qui nous vient de cettu étoile étant 30 milliards de fuis moins vive que celle du Soleil, est quatorze fuis cellede cet astre , qui est 300 000 fois plus éloigné de nous.
11 y a des étoiles dont l’éclat varie périodiquement, d’autres dont la lumière semble s’affaiblir continuellement, enfin d’autres qui ont une couleur propre : quelques-unes ont apparu subitement, et plus tard on a cessé de les voir. Nous donnerons quelques détails à ce sujet dans la 3° partie (n° 303), lorsque nous aurons appris à distinguer les étoiles et à les dénommer.
Scintillation. C’est une sorte de tremblement qu’on remarque dans la lumière des étoiles, et dont celle des planètes est rarement affectée. 91. Arago, partisan de la propagation de la lumière par ondulation, attribue la scintillation à des interférences , c'est-à-dire, à do trèscourtes cessations du niouvement ondulatoire, qui se succèdent avec rapidité. 91. Biot, qui a adopté le système de l’émission de la lumière, pense que l’atmosphère étant très-agitée, éprouve dans ses couches successives des changements brusques de densité, causés par les gaz et les vapeurs qui y flottent, et par les proportions variables de calorique et d’électricité: du là mille petites réfractions accidentelles qui
206 F.TOn.FS F,T NÉmil,KirSF.3.
produisent In scintillntion. Mois si tello olnil In oanso du phénomène, il semble qu’il en devrait résulter des tremblements de plnsienri mi- ' nutes de degré, ce qui n’est pas. J’ai lieu de croire que la scintillation est un effet dont notre œil est affecté par la vivacité de l’éclat des astres au milieu de la nuit profonde : il n’existe peut-être que dans nos organes, et nullement dans la lumière môme des étoiles. Cela expliquerait très-naturellement pourquoi, par certaines nuits, la scintillation est bciaucoup plus remarquable, et pourquoi la lumière des planètes étant moins vive, ne la produit que faiblement.
Nombre. Quant nu nombre des étoiles, il est incalculable. Herschell a compté plus de <50000 étoiles dans un espace de 2° sur IK** de la voie lactée : on en voit des millions dans certaines régions célestes, tandis que d’autres n’en offrent que très-peu. Certainement il y a plus de 76 millions d'étoiles visibles. Le même astronome a reconnu que cos nuages de vapeur blanchâtre qui sont très-communs au ciel, et qn’ou a nommés nthuleuees, ne sont que des amas de petites étoiles qu’il juge être 600 fois plus éloignées que toutes les autres ; mais il y en a qui sont de 10 à 1 6 fois plus loin encore, dont les étoiles restent invisibles sous son puissant télescope. Leur lumière doit mettre 20 à 80 mille ans à nous parvenir. M. de Zach pense qu’il y a plus de raille millions d’étoiles dans le ciel entier, sans compter peut-être nn nombre plus considérable de soleils éteints et de corps qui sont opaques et inaperens. L’imagination se x>erd dans des nombres aussi considérables; mais la nature prodigue scs incrvcilies avec tant de magnificence, qnc la faiblesse de notre esprit ne peut s’élever jusqu’à comprendre ses sublimes créations.
18?. Herschell pensait qu’originairement toutes les étoiles n’étaient que des groupes d’une substance lumineuse et rare, que l’attraction a condensée, et que plusieurs nébuleuses pourront quelque jour former des étoiles brillantes : jl a vu des étoiles encore environnées de matière nébuleuse, et même un anneau nébuleux ayant an centre une tache noire. Laplacc a développé cette opinion, qu’il croit très-vraiscmhlablc.
Nous avon» dit que le Soleil tourne sur son axe; il en faudrait conclure, comme pour les planètes (p. 82 et 143), qu’il a reçu une impulsion primitive qui l’a lancé dans l’espace, emportant avec lui fout notre système planétaire, eomme la Terre emporte la Lune dans son mouvement annuel. Si les effets de celle translation , par rapport aux étoiles, sont peu sensibles pour nous, même après une
ÉTOII.ES ET NÉBUr.F.rSES.
daréo ooniidérublo , il faut l’attribaer n la diitAnoo inftnic do cos nitrcs , nos seuls termes do comparaison. L’éclat croissant de quelques étoiles d’Uorcule a fait croire que nous nous rapprochions do cette constellation : c’est vprs ce lieu du ciel que notre système serait di- . rigé; à moins qu’il ne soit lui-môine emporté dans une immense circulation autour d’un corps central , opaque et inTisiblo, qui serait le foyer d’attraction d’une multitude do Soleils. An reste, M M. Bessel et Burckhardt , qui se sont occupés de cette question , après aroir comparé les effets do lumière qu’on cite en preuve de In translation du Soleil, n’y rcconnaiMant aucune uniformité, doutent de ce mouvement, et croient que les faits ne sont pas assez bien constatés pour justifier cette opinion. Hais la Mécanique nous apprend que la translation est une conséquence de la rotation solaire, en sorte que le fait est certain à priori : sa démonstration par l’observation ne peut être que le résultat d’une longue suite de siècles puisque la distance des' étoiles étant immense, on no peut s'apercevoir avec certitude, qu’après un très-long temps, qu’on s’est rapproché de l’une des régions célestes.
18A. Grandeur. Les dimensions des étoiles sont inappréciables ; plus les lunettes ont de force, et plus ces astres semblent petits, parce, qu’elles les privent de cet effet qu’on nomme irradiation. A la vue simple, tous paraissent étendus. Tycbo et Kepler croyaient le diamètre de Vénus , l’un IS fois, l'autre 7 fois plus grand qu’il n'est. Si une étoile avait seulement 1" de diamètre, elle serait plus d’un million de fois plus grande que le Soleil , en accordant à cette étoile 1" de parallaxe annuelle. Aussi les occultations par la Lune sont-elles instantanées. Cependant, à en croire Hcrsclicll, Wega a 0",38; Aldébaran l",fi, la Chèvre â",B do diamètre; cette dernière contiendrait donc alors 30 millions de corps égaux au Soleil.
Mouvement» propres. Nous avonsdit ([uc les -étoiles conservent leurs distances angulaires les unes à l’égard des autres , et qu’elles n’ont que les mouvements apparents du ciel entier, mais qu’elles sont immobiles dans l’espace. Ce qui est vrai en général ne l’est pas absolument dans certains cas particuliers ; car en observant attentivement les étoiles, on en remarque qui ont do très-petits mouvements , devenus sensibles par le temps, et tout à fait distincts de la parallaxe, de la précesaion et de la nutation , ne s’exécutant pas dans le même sens que ceux-ci. Sirius a un mouvement propre annuel de 2" de degré ; Arclums en a un de 1",8 ; Procyon , un de 0",7; la 29'’ do l’Éridan ,
208 ÉTOIIXS ET NÉBULEUSES.
un de 4"; y de Cassiopée, un de 1",78 , etc. Cos petits déplaoeuienis se font dans des directions direrses. Comme ces corps sont à des distances immenses, on Toit qu’ils parcourent ainsi de très-grands espaces. 11 est même rraisemblable que toutes les étoiles se meuvent , mais que leur éloignement ne nous permet pas d’en être certains.
135. Étoiles doubles. Plusieurs étoiles , lorsqu’on les observe avec des lunettes à forts grossissements , se trouvent composées de 2, de 8 et 4 étoiles distinctes, mais fort riippruchées, et qui se confondent en une seule à la vue simple. Ainsi la belle étoile Castor est formée de deux étoiles distantes de 5" de degré. Uerschell a compté jusqu’à 500 étoiles doubles, dont les étoiles partielles n'claieut pas à 80" de distance ; et de nos jours le nombre de ces astres multiples s’élève à plus de 8000. /
On croyait d’abord que ce rapprochement n’était qu’un effet d’optique et de projection -, car deux astres qui seraient placés à des profondeurs très-inégales dans l’espace , mais dans la même direction , nous sembleraient se confondre : et le mouvement de la Terre dans l’écliptique ne suffirait pas pour les séparer, puisque l’étendue de cette orbite est tout à fait nulle, comparée à la distance. 11 y a sans doute des étoiles multiples qui sont dans ce cas , mais ce n’est pas le plus grand nombre.
En effet, en suivant altcnliverocnt leur marche, on trouve que les deux étoiles forment qucIi{uoluis un système à part j l’une et l’autre tournent autour de leur centre commun de gravité. C’est comme si la Terre était lumineuse par cllc-nième, et tournait autour du Soleil. Souvent même ces deux étoiles diffèrent entre elles par la couleur.
On tend au foyer de la lunette deux Bis qui se croiseut dans l’axe optique , et dont l’un est fixe , tandis que l’autre peut tourner sur le centre du champ, de manière à occuper tous les rayons de ce cercle. Celte lunette adaptée à la machine parai lactique (p. 5), et dirigée à l’une des étoiles doubles , en la faisant coïncider avec le centre , servira à suivre les mouvements de l’autre étoile : car la lunette pourra tourner avec le ciel, marcher avec la première étoile, et le fil mobile restera couché sur la seconde. Si cellc-ci décrit une orbite autour de l’autre, ce fil devra être déplacé pour la couvrir de nouveau; il faudra le faire tourner dans la lunette, en décrivant des arcs dont on pourra obtenir la graduation. Quand l’cloile mobile passera ainsi de l’est au nord, puis n l’ouest et nu sud do l’étoile fixe, on pourra couiiaitrc la durée de celle révnlulion , et par le calcul, il