ÉTOILES ET NÉBULEUSES
sera facile d’assigner la loi do ces moureraents. C'est ainsi qu’on est IMrvenu à déterminer les temps des excursions des étoiles dont nous parlerons pins tard, prévoir les époques où l’une occultera l’antre, etc., en arimettant toutefois que ces corps s’attirent en raison directe des masses , et inverse des carrés des distances. Cette supposition se trouve même complètement vérifiée, parce que l’observation montre qu’elle rend raison de toutes les apparences, et que, sauf les petites erreurs inséparables de ces expériences délicates , l’astre mobile ne s’écarte pas de la place que lui assigne eelte hypothèse. Ainsi la loi de l’attraction newtonienne est démontrée, non -seulement pour notre système planétaire, mais pour les étoiles doubles dont on a calculé les orbites : cette loi est donc véritablement universelle.
L’observation attentive des mouvements des étoiles a bcaucou]> d’importance en astronomie , parce qu'on peut en déduire une approximation de la distance de ces astres, et plusieurs autres connaissances utiles (roy. un mémoire de M. Arago dans Vjinnuaire de ISS'i),
Étoiles filantes. On voit quelquefois , au milieu d’une nuit profonde et par un temps serein, des points étincelants qui parcourent rapidement le ciel, en imitant une fusée qui traverse l’air : c’est un sillon lumineux qui s’éteint presque aussitôt; et, ce qui est fort singulier, sans qu’on en connaisse la cause, c’est que ce phénomène est plus fréquent dans certains mois. Vers le 13 novembre, on remarque un granil nombre de ces jets de lumière subite , qu’on a nommés étoiles filantes. On sait bien que ce ne sont pas des étoiles, et l'on a longtemps cru que ce n’étaient que des ruisseaux do gaz qui s’enflammaient par des causes électriques , en un mot de véritables météores. Mais leur parallaxe les place beaucoup plus haut que les limites sensibles de notre atmosphère ne semblent le comporter. En cherchant la direction apparente suivant laquelle les étoiles filantes se meuvent le plus ordinairement, on a reconnu, par une autre voie, que si elles s’enflamment dans notre atmosphère, elles n’y prennent pas du moins naissance, qu’elles viennent du dehors. Cette direction la plus habituelle des étoiles filantes semble diamétralement opposée au fnoucement de translation de la Terre dans son orbite. Des observations donnent environ 200 lieues pour la hauteur de ces feux ; la vitesse apparente s’est trouvée quelquefois de 12 lieues par seconde; double par conséquent de celle de la Terre, et plus grande que celle de toutes les planètes supérieures.
D’après ces considérations, on est, pour ainsi dire , forcé d’admettre qu’il circule autour du Soleil des milliards de petits corps semblables
VRAaOCRAVHle,
Érnn.F.s kt nI'Ri^i.fusf.s.
aux planètes; qneecs corps ne rlevienncnl xisibles qu’au moment où iU traversent notre atmosphère cl s’y enflninmenl ; qn’il en existe d’isolès, et d’outres qui sont comme réunis en (p'onpes. Dans la nuitdn 11 nu 12 novembre 1883, on a vu en Amérique une si grande quantité de ces phénomènes qu’on aurait pu les compter, et qu’on les acoraparés à nne pluie d'étoiles. Tousco météores tendaient vers le même point du ciel près de y du Lion. Dans la nuit à peu près de la même date, en 1799 et en 1882, plusieurs observateurs ont été témoins ^’iine semblable pluie. • Ces singuliers météores sont bien propres è justifier l’opinion que noos avons expriméedans la bote, page 188, que les aérolithes sont de petits corps cosmiques , invisibles pour nous , circulant autour du Soleil , et qui une fois enveloppés dans la sphère d’attraction de notre globe, s’y précipitent, et entrent en fusion , par leur frottement rapide dans l’atmosphère.
Nous terminerons cetto exposition, en citant les réflexions que cet admirable ensemble a inspirées è un illustre géomètre.
K D’innombrables soleils qui peuvent être les foyers d’autant do systèmes planétaires, sont répandus dans l’immensité de l’espace, à un éloignement de la Terre tel , que le diamètre entier de l’orbe lerrestro, vu de leur centre, est insensible. Plusieurs étoiles éprouvent dans leur couleur et dans leur clarté des variations périodiques trèsremarquables : il en est d’autres qtii ont paru tout à coup et ont disparu , après avoir, pendant tjuelqne temps , répandu une vive lumière. Quels prodigieux changements ont dû s’opérer h la surface de ces grands corps, pour être aussi sensibles à la distance qui nous en sépare? Combien ils doivent surpasser ceux que nous observons à la surface du Soleil, et nous convaincre que la nature est loin d’être toujours et partout la même? Tous ces corps, devenus invisibles, sont à la j)lacc on ils ont clé observés , puis((u’ils n’en ont pas changé durant leur apparition ; il existe donc dans l’espace céleste des corps obscurs aussi considérables, et peut-être en aussi grand nombre, que les étoiles. » (Laplsce, Système du Monde, livre V, chap. VI.)
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