‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 92 sur 123 · II · texte numérisé non relu

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ici les dcbordemciils ne sont pas assujettis, comme ceux du Nil, à des retours annuels et périodiques ; les effets du Pô ne [icuvcnt être bien constants, ni apjilicnbles à d’autres localités, à un autre fleuve. En un mot, il n’est possible d’en rien déduire qui puisse se rapporter aux temps anciens du monde.

En explorant les carrières de la Théb.iïde, d’où l’on tirait jadis les colonnes et les pyramides qui ornent avec profusion les temples d’Éjypte et 'sont répandues sur tout le sol, M. JomarJ a fait une remarque ingénieuse qui vient à l’appui de ce qui a été exposé. Dans CCS carrières, on voit ç.i et là des niasses qu’on a détachées avec d’immenses peines, et qu’on a abandonnées sans emploi : on remarque, sur les parois indestructibles, des milliers d’empreintes du ciscau ijui a séparé les blocs do granit et les colosses qu’on en a enlevés. Ces traits, qui datent d'au moins 3000 ans, sont aussi vifs que s’ils venaient d’èlre frappés; le granit oriental y présente cette teinte do rose qui le distingue. Quel tem[is a-t-il donc fallu pour répandre ce vernis d'un noir luisant qui recouvre, un peu plus loin, les rochers que la main de rhonimc n’a jamais attaqués, et en atteste la prodigieuse vétusté !

M. Béquerel ayant remarqué que les rochers granitiques du Limousin subissent une décomposition lente dans leur partie exposée à l’air, en conclut que ces rochers existent depuis au moins 60 mille ans; car on observe une semblable dégradation sur la cathédrale de Limoges, et d’après la date de l.i construction de ce monument, et la profondeur de la décomposition actuelle qui est de 5 lignes, un trouve un peu plus d’un pouce en 1000 ans pour l.i vitesse de cette action. Comme les rochers sont actuellement atteints sur une profondeur de H pieds ou 60 pouces, celte vitesse donne 60 mille ans [lour la durée de cette action.

Ij» chute du Niagara présente une consécjuenco analogue : elle tombe du plateau supérieur du lac Érié par celui du lac Ontario, à la distance de SO". La chute se fait sur une couche calcaire qui s’excave de plus en plus par derrière la cascade, cl laisse le plateau en surplomb, et le poids des canx l’oblige conlinuellcment à s’ébouler, ainsi dégarni de sa base. C’est estimer bien haut celte action que do la porter <à un pied par an, en s’en rapportant à ce qui se passe aujourd’hui. Or la longueur totale du ravin est actuel'cment de 40 mille jiieds, ce qui porterait à 40 mille ans 1e temps que la cascade a mis à creuser ce canal; encore doit-on considérer que plus il se creuse, plus la chute a do puissance et doit produire de dégradation.

Les volcans offrent aussi des preuves d’une haute antiquité.

UlllGINK DES CONSTELLATIONS.

Pichctti, arc.hilcclc napolitain, faisant creuser un puits près de Ponipcia , en 1689, trouva onze couches alternatives de lave cl do terre Tcgélale} la 4' de ces couches, à lo pieds de profondeur, date do 1750 ans, puisqu’ello est le produit de la terrible explosion de l’an 79, qui eiigloiilit llerculaiiuin et Ponipéia ; c’est du moins ce qu’attestent les inscriptions latines qu’on y a trouvées, et le sol même de cette dernière ville qu’on a depuis mis à découvert. Les sept autres couches sont le produit des éruptions antérieures et de longues rémissions du volcan de la Somma, que les Romains avaient toujours regardé comme un volcan éteint *. Un long intervalle règne entre l’éruption de 79 et les précédentes, puisque les traditions, meme les plus anciennes, ne faisaient mention de l’existence d’aucun feu volcanique dans ce pays ; le Vésuve s’est formé en cette même année, et tontes les couches inférieures sont produites par la Somma.

Voilà bien des siècles écoulés , et nous ne sommes encore qu’à la 5° couche. Plus on descend, plus la densité des terres s’nccroit. Le président de Drosse {Lettres crit. et hist. sur l'Italie) évalue à 8 000 ans au moins le temps néecs.sairo à ce travail de la nature. Comme on a trouvé l’eau à la onzième couche, il n’a pas été possible d’aller au delà, et même ce calcul suppose que cette couche était le sol naturel du globe.

Noua voyons, dans lo voyage de Swinburn, que Rccupero, chanoine sicilien, qui avait passé .sa vie à étudier l’Etna, considérant l’état des dififérentes couches de lave, attribuait à ce volcan 20 mille ans d’existence. Aussi, M. Denon remarqua à Centorbi, sur une montagne qui est voisine de l’Elna, que le grès y est mêlé de tuf marin, k J’ai vu, « dit-il , dans une des places de la ville , le sol formé de concrétions U marines mêlées de coquillages. En creusant, on trouve sous la terre « végétale le tuf avec les concrétions, ensuite le grès dont je viens de U parler; plus bas des scories et des laves; et si l’on creu.sait encore « plus avant, on retrouverait sans doute la lave qui forme la base de v la montagne. Quel bouleversement dans le globe annonce cct ordre « de matières ! Quelle antiquité il donne au volcan qui a produit celle

• On « trouvé à aoo pied» mu» terre, de» lave» à la ba»e de la Somma, et même on en exploite une earriére à Ci*terne. Ce» laves ne peuvent être venue» du Vésuve, puisqu'elle» sont de l'autre eélé de la Somma, qui est bien plu» élevée, et qu’il y a une vallée entre ce» deux monta(-ne». l.a lave est, comme on ssit, une matière enttammée et coulante, et non une substance projetée. Voilà donc encore des produits volcaniques qui remontent à dm temps sur lesquels la trailition même n'apprend rien. I.c Vésuve n’est qu'une érosion faite à la partie I atéralc de la Somma en yp, et que les éruptions perpétuelles accroissent sans cesse.

FABLES RELATIVES AUX PLANÈTES. 315

H lavo, qui a pu être recouverte do concrétions marines à 600 pieds K au-dessus un niveau actuel de la mer. n

Ailleurs , dans le; même ouvrage ( Voyage en Sicile) , M. Denon parle des écueils que la mer présente près du château d’Iaci , qui sont des masses de lave : « Il est aussi impossible de concevoir comment Ces « masses se sont isolées, et ont laissé entre elles des gouffres d’une « profondeur qui en fait paraître l’eau noire cqmrae de l’encre, quoi- ■ qu’elle suit plus limpide là que je ne l’ai vue ailleurs. Il faisait un « calme parfait , et nous rimes le tour de chacun de ces écueils. Le « principal est traversé horizontalement d’une lave grise, qui est « venue recouvrir la noire dont les autres sont formées ; il y a lieu do « croire que cette énorme lave est sortie d'un volcan dont on rccon- « naît le cratère sur le bord de la mer. Mais quelle cause , etc. »

Si ces volcans en activité perpétuelle remontent à une aussi haute antiquité, que dira-t-on de ceux d’Auvergne , qui sont éteints depuis un temps immémorial, de la grotte de Fingal , de la Chaussée des Géants, de ces immenses colonnes basaltiques ^u’on voit en Écosse, et de tant d’autres lieux qui portent l’empreinte des éruptions passées , et qui ont fuit croire aux philosophes vulcaniens que le globe entier était un produit igné !

Fables relatives aux Planètes, au Soleil et à la Lwie.

252. Lx Ciel a de tout temps reçu l’hommage des peuples, et les astres y ont participé seloii leur importance. Gomme les hommes préfèrent toujours le merveilleux au vrai , les prêtres ont profité de cette disposition d’esprit pour assurer leur puissance, en faisant servir lu science de base aux emblèmes mystérieux qu’ils inventaient : c’e-st ainsi qu’aux vérités de la nature sont liées des fables qui la défigurent. Ces erreurs étant de tous les pays et de tous les temps, ont acquis l’autorité de la raison.

Le Ciel , qu’on a nommé Atlas, Uranus, est immuable, éternel j les étoiles sont ses yeux , dont le nombre est immense, mais invariable, Uranus n’engendre plus d’enfants, il n’en peut perdre aucun.

253. Chaque PiANtTB était désignée par une lettre; en rangeant ces corps dans l’ordre de leurs distances supposées (voy. note, page 110), ces caractères représentatifs étaient ;

Saturne, Jupiter, Mars, le Sole H, Fénus, Mercure, ta Lune. n, T, O, • I, n, E, A.

JH FAIILKS RELATIVES AUX Pf.ANfeTES,

Lo Soleil semblait pincé au milieu dos inouTemcnls pour en régler la marche; de là il gouvernait ruiiivers. On supposait que les planètes roulaient autour de la Terre dans des sphères eoiicenlriques de cristal. Le monde était désigné par les lettres extrêmes A et n : la lettre I du Soleil, jointe à celles-ci , n formé le nom lAn du dieu de la lumière, de Bacchiis, d’Osiris, etc., d’où l’on n tiré depuis les mots léto, leotxi, Ioi>a, Jovi», Joris pater ou JvpHer.

Les douze grands dieux présidaient chacun à un signe du zodiaque, savoir :

nr Minerve, y F inut, Apollon, ^ Afercure, [^Jupiter, nj? Cérèt,

A^f'ulcain, Jl\^ Mars, Diane , %, l'esta, Junon , )( Aeplune.

Lanffferum PaUat, Taurum Citherea Formotus Pkœbus Gtminot , C\yUenit Cancrum,

Jupiter et eum tnatre Jieûm^ ^^9** Leonent;

Spfei/era est f^lrtjo Cereris , fabricataque l.ihra F^u/cano t pugnax Mavorti Scorptus Aarret, y enantem Diana virüm, ted partit e<juin<9 ;

Atque angusta fouet Capricorni tuicra Festat Et Jovit adversum Junonit Aguariut astrum est j Agnotcitque tuot ^eptunut in cequore Pièces,

Satirsk est un fils d’Uranus. Gel astre, lent dans sa marche, engendre les périodes les plus longues, et inosurc la durée qui voit jiailre et périr plus d’cires. Il préside nu temps , détruit , couiuie lui , ses propres enfants, en prend les ailes et le iioiu , %i»'ycs-. On le représentait sons la figure d’un vieillard , les pieds fixés par des entraves , dont on ne le délivrait que lo jour de sa fête. Il était adoré sous Ic.s noms de Itrmphan , Phainon

JcpiTER, remarquable par son éclat, remplaça sou père Saturne sur le trône do l’univers; il eu désigne toutes les parties, l’air, le ciel, le Soleil ,.... selon colle de ses attributions qu’on envisage, ou le pays qui l’adore; il est le même q\x’ Hercule, Bacchus , Otirts, Pluton, Baal

Mars, d’un rouge de sang , et pincé plus prés du Soleil, sembla animé des feux de la colère , qui provoque aux combats : c’est le dieu Moloch, Pyrœis.,.,

Vtxrs brille d’une lumière blanche et vivo , même durant le jour; elle devance l’aurore ou suit le crépuscule, fuyant tour à tour et faisant fuir la lumière. On crut qu’elle produisait les rosées fécondantes du malin et du soir; un en fil la déesse de la Génération, du la Beauté cl des Amours. On l’iulorait sous les noms d'.lstarté, d\istarolh....

AU SOl.KlL liT \ l,A I,UNI-;.

MtitcFiiR , a cause de la rn[ii(lilé de sa course, a été pris pour symbole de la vitesse et de la légèreté ; on en fit le dieu du mouvement ; il régla celui de l’univers , et présida à l’Astronomie. Satellite inséparable du Soleil , il est comme le ministre du premier des dieux, et passe pouf .son secrétaire, pour l’inveuteur des lettres et le dépositaire de toutes les connaissances humaines. C’est le dieu Slilbon , Nébo..,,

Quant aux cortru , les anciens ne les ont regardées que comme des météores apparaissant dans l'atmosphère, et les erreurs de l’astrologie se joignant aux idées superstitieuses, ils nttrlbuaieut à ces astres la vertu de pruuostiqucr les grands événements. Les auteurs sont pleins de récits exagérés qui attestent cette opinion. Une comète vint annoncer la mort de Mithridate , une autre la mort de Cé<ar , une autre celle de Néron ; car on ne croyait les comètes réservées qu’à la destinée des personnages élevés en dignité. Suétone ( f'ie de Néron, ch. S6 ), (pii , par sa foi sincère aux oracles, aux présages et aux augures, offre, dans sa bonhomie meme, la preuve de l’état de faiblesse d’esprit du pi'U|dc rouiaiii de sou siècle, s’exprime ainsi sur une coincto iifiparuo à la fin du rignede Néron ; Stella crtnila, quœ aummii potestatibus exifiutn portendere vulgà pulalur, per continuas nocles oriri cape rat. Anxius «à re , ut ex Babylo astrotogo didicit, solere reges talia orienta cæde aliquà illustri expiare , atque à semet in capita procerum depellere : nobiiissimo cuique exitium destinacit, etc. Ce que ce passage offre de plus remarquable, c’est que le présage sembla à Néron si vrai cl si redoutable, qu’il crut devoir redoubler do ciunulc pour le détourner. Tant il est vrai qu’une idée fausse cause quelquefois d’affieux malheurs, et qu’elle est le plus funeste des fléaux, quand elle germe dans la tète d’un homme qui a la puissance du faire le mal.

254. Lx Soleil était adoré comme auteur de la lumière, de l’ordre, de la fécondité ; la Lcsk, comme destinée à recevoir l’impression de cet astre dans scs conjonctions, et à en transmettre l’influence a la Terre.

Le Soleil est de tous les astres celui dont les bienfaits sont les plus remarquables : par sa chaleur, tout s’organise, prend la vie, croit et alleinCla perfection ; sa lumière nous découvre le spectacle de notre globe, qui, sans elle, serait enseveli dans une nuit clernclie. Aussi les' peuples érigèrent-ils des autels au Soleil. Il est Osiris en Égypte, jddonis eu Phénicie, Jthys en Lydie, Bacckus, Apollon, Hercule, Thésée, etc. Cette multitude de divinités dans un seul être , considéré sous divers attributs, ne doit pas surprendre, lorsqu’on rcmanjue que

FABLES RELATIVES AUX PLANÈTES

cliaqne penple dirigeait son culte d’après ses erreurs , d’après des phcnoroènes physiques propices ou nuisibles, et le modifiait encore par l’influence des préjuges et des pays voisins. Car, comme l’observo Volney (Jiuines, fin du cbap. Il) ; a L’histoire entière de l’esprit religieux n’est que celle des incertitudes de l’esprit humain, qui, placé dans un monde qu’il ne comprend pas, veut cependant en deviner l’énigme, et qui, spectateur lunjonrs étonné de ce prodige mystérieux et visible, imagine des causes, suppose des /fns, bâtit des systèmes; puis , en trouvant un défectueux , le détruit par un autre non moins vicieux; hait l’erreur qu’il quitte, méconnaît celle qu'il embrasse; repousse la vérité qu’il appelle; compose des chimères d’élrcs disparates; et , rêvant sans cesse sagesse et bonheur, s’égare dans un labyrinthe de peines et d’illusions, »

On a aussi regardé la lumière comme la source du bien , les ténèbres comme celle du mal. Le momie livré tour à tour nu jour et à la nuit , parut partagé entre deux grandes puissances : l’une présidait à l'ordre, â la génération : c’était Ormusd, Oairis, Jupiter; l’autre au désordre et à la destruction : c’était y^rhimann. Typhon *. Tant que le Soleil était dans les signes inférieurs , plus voisin du pôle austral, où on plaçait les enfers {Jnferi) , le prince des ténèbres triomphait.

Mun<iu*t ui ad Scythlam^ Ktphaeatqu$ arduut arc€9 Conêurgit^ premètur Libyee devexxa in auttrot.

}fic vtrtex nobit temper tublimit / at ilium

Sub pedibus Siyx atra videt, Manesque profundi , . . .

Jllic, ut perhbent, aut intemptita tiUt nox Semptr^ êl obuntà dtnttmlur noctê tenêbrœ t Aut redit à nobii Aurora, diemquê reducit.

Georç., I, s49-

Le veri le nord , hérissé de frimas ,

S'élève cl redescend vert les brûlants climals.

Notre pèle, des deux voit la clarté sublime ;

Du TerUre profond Tautre louche Pabtme. « . .

Le pèle du midi, noir séjour dutilcoce,

N’ofFre aux tristes humains qu'une éternelle nuit :

Peut-être en nous quittant Phébus chex eux s'enfuit.

Dililix.

* L'oracle d'Apollon, à Claros, dit que l'Ktre Suprême s'appelle Jupiter au printemps , Soleil en été, lao en automne et l'luton en biver. Voy. Anliq. divoiUei, où sont réunies les preuves que les dieux du pognnisme n'élait ni que des modifications du même être, et que le polythéisme n'clail qu'une erreur des peuples, que ne pirUgeaient ni les prêtres, ni les lavants, ni les initiés.

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