‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 93 sur 123 · AU SOLEIL ET A LA LUNE · texte numérisé non relu

AU SOLEIL ET A LA LUNE

Maif, a réquiaoxe du printemps, le Soleil, ramenant les longs jours et la végétation , reprenait l’empire sur son ennemi. Ce passage était autrefois annoncé par le lover héliaque de la Chèvre et du Co- , cher, qu’on regardait, par cette raison , comme l’effroi des Titans.

Le Soleil était Orut au printemps, Osirisenélé, Harpocrate a l’automne, Sérapis eu Hiver, et changeait ainsi de nom et de culte avec les saisons; on le nommait encore Vu^iVer dans les signes supérieurs, Pluton dans les signes inférieurs. U avait pour symbole un Serpent, dans le dernier cas ; un Taureau (jipit, Mythra),oa un Bélier dans le premier , à raison des constellations où le Soleil se trouvait alors. Le Serpent, ce dangereux reptile, occupe les trois signes de la Balance, du Scorpion et du Sagittaire, et semblait autrefois régner ou ciel durant les longues nuits d’hiver et le temps de la destruction. \

Par l’effet de la précession, le Soleil a occupé, à l’époque du solstice d’été, divers signes successifs, mais la plupart des fables ont été établies lorsque le Soleil était au printemps dans le Taureau, l’été dans le Lion ( il y a 4 à B mille ans) ; ces deux animaux servirent d’emblème à cet astre. Il ne faut donc pas perdre cette époque de vue dans toutes les explications qui vont être données des fictions mythologiques. Alors , mille ans au moins avant Uésiode et liomèrc , Hercule avait dos temples à Tyr et à Thèbes, au rapport d’Hérodote. La belle étoile du Cœur du Lion commençait la marche de l’année solsticiale, et semblait le chef des mouvements célestes, ce qui lui a valu le nom de Régulu».

On appela royah» les quatre étoiles qui ouvraient les saisons, Régulus, Aiitarès, Fomalhaut et Aldébaran. lass équinoxes répondaient alors au Taureau et au Scorpion, les solstices au Lion et au Verseau; les fameux zodiaques d’Éléphanta et de J. Call (page 296) suivent cette disposition.

265. Les Égyptiens partageaient chaque signe du zodiaque en trois parties égales , ou espaces de dix degrés, auxquels présidait une divinité nommée i^pAora ou Décan, qui était chargé de gouverner l’univers pendant les dix jours que le Soleil employait a décrire cet intervalle.

On croit que c’est bien postérieurement à l’institution primitive des décans, qu’on a réparti la puissance entre les sept divinités planétaires, chacune à son tour et dans l’ordre accoutumé (n° 252). Mars jirésidait au 1" décan du Bélier, le Soleil nu 2°, Vénus au 3”, Mercure nu I" déciui du Taureau, In Lune au 2*, Saturne au 8% et ainsi des

318 FABLES RELATIVES AUX PLVNÈTES

aotrcs. Voici 1o tableau do celte distribution de pouvoirs (roy. la note page 110) :

Man,

1er

fl

Soleil,

np

ni

Vénus ,

np

ni

•CSS

Àlcrciire ,

np

•CSS

Lune,

.yy.

CSS

Saturne,

Jupiter,

Considérant ensuite les constellations exlna-iodiacales, ils noramc> rent Paranatellon» celles de ces figures qui bordent l’horiton au même inslaul où y arrive aussi l’un des signes du zodiaque. Ces aspects servent de base aux principales fables. L’astre qui se lève est dit triompher de celui qui se couche, ou bien ce dernier donner naissance à l’autre. C’est ainsi que s’explique celte énigme sacrée , Taurtis Dmeonem genuit, et Taurum Draco; le Taureau a donné naissance au Dragon, qui à son tour a engendré le Taureau. On disait, dans les mystères do Cérès , aux initiés, que le Taureau avait ongeiidrc Pruserpino, et que ce mariage avait donné naissance à un taureau. En cfiét , le Taureau, en se couchant, fait lever le Serpent, qu’on prenait pour Proserpine, et réciproquement. Lorsque deux constellations voisines se lèvent successivement, on dit qu’elles se poursuivent, ou que l’uuc enlève l’autre, ou enfin la fait naître. En voici un exemple : Çomnio In constellation du liuuvicr se couche quand les Pléiades se lèvent, que le Bouvier est Atlas, et que le soir est llespéris, on a dit qu’Allas ayant épousé Hespéris, eu eut sept filles, qui sont les Pléiades.

Les trois parnnntcllons du Cancer sont le grand et le petit Chien cl la Couronne, parce que les trois premiers se lèvent ensemble quand celle-ci se couche. Les deux Chiens sont les astres d’isis, déesse qu'on adorait sous les traits de la Lune, En considérant donc la pleine Lune dans le Cancer, ou a dit qu’lsis ayant quitté les enfants des Gémeaux , avait trouvé deux chiens et une couronne jetée au bord do la mer.

L’acception du mol Paranatellon est plus générale que sa définition {xxfx àvxTi>M»v, aeleraui cntemble), puisque celte définition so rapporte a tous les astres qui bordent en même temps rhoriton, suit au levant, suit au couchant. Du reste, on conçoit que ce système d’astres doit varier avec les temps et les lieux : la précession change non-seulement les levers et Ic.s couchers héliaques, mais inùmc ht relation

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imiluelle des astres avec l’horixon. En passant sous une antre latitude, il est clair qu’on voit aussi se lever et se coucher ensemble des étoiles différentes, puisque l’aspect entier du ciel n’y est pas le même, et qu'on acquiert d’un côté la connaissance de quelques astres, tandis que , de l’autre côté, il en est qu’on cesse de voir.

C’est d’après celte cunsidéraiiun , que MM. Julluis et Devilliers ont prouvé très-simplement que lu sphère dont nous devons la connaissaiiee à Ératosthène, n’est point le fenil de ses observations : il ne peut avoir vu le ciel qu’il décrit, à Alexandrie, 2SS ansavant J.-C.; c’est sous le parallèle d'Esné et au temps où les monuments de celle ville ont été construits, qu’il faut remonter (3800 ansavant J.-C.}. Tbèbes flurissait alors, et celle cité, voisine d’Esné , célèbre dans toute l’antiquité, et dont les vastes ruines attestent la splendeur, était assurément le séjour des astronomes auxquels nous devons les oonnaissances que les Grecs nous ont communiquées. Ainsi Éralusthène s’est contenté de copier les manuscrits égyptiens dont la garde lui était eunliée à Alexandrie, et il l’a fait sans connaissance et sans discernement , adoptant par respect pour ses prédécesseurs des erreurs qui prouvent leur savoir et son ignorance. Celte sphère n’est dune pas plus l’ouvrage d’Ératosthène , que celle d’Eudoxu n’est due à ce dernier {poy. p. 38-4), qui vivait 870 ans avant notre ère, et a décrit uii ciel de 1000 ans antérieur au sien (n° 343). Une partie de la sphère de Sléthon se rapporte à l’état du ciel 500 ans avant lui.

356. Au reste, les paranatellons ne sont pas la seule clef des allégories mythologiques : plusieurs fables reposent sur des événements ou des catastrophes, on des phénomènes physiques. Nous en citerons deux exemples.

I. Suivait! les Égyptiens, un jour Osiris quitta son épouse Isis, dont il alla trouver l’ennemie , Nephlys, et il en eut un fils. Isis abandonnée poursuivit son époux, qui, dans sa fuite, laissa , pour preuve de son infidélité, sa belle couronne de fleurs et son vêlement sur le lit de Nephtys. Dans les fables, Osiris est pris pour l’action fécondante , le Soleil d’été, le Nil débordé, elc.j Isis est la substance fécondée , la terre fertile. . . Enfin, Nephlys est In malière stérilo, les sables, le désert, etc. xVinsi notre allégorie se traduit en ces termes : Dans uno année , i’inundntion du Nil fut si cunsidérable , que le fleuve se répandit jusque dans le désert, qu’il féconda, laissant, après sa retraite, les sables couverts de fleurs de lotus et de végétaux inconnus a cetto contrée.

FABLES REI.ATIVRS AUX PLANÈTES

II. L’.'innée civile égyptienne était de 368 jours , et, à leur avènement an trdne, les rois juraient de ne jamais consentir à l’intercalation des bissextiles *. Cette année vague recommence un jour plus tôt que la solaire tous les A ans , 2 jours a|irès 8 ans, etc., enfin 868'', ou un an, après 365 Fois 4 ans ou 1460 ans. Donc l'année solaire, supposée de 365-' -j, revenait concorder après 1461 années vagues (eoy. page 108).

Le jour initial du l’année civile parcourait donc lentement l’année solaire par une marche rétrograde; les saisons, les travaux d’agriculture, et les fêtes qui s’y rapportent , ne pouvaient pas, comme chei nous , être liés à des dates immuables. L’inondation , ramenée périodiquement par l’ctc, arrivait à une date qui reculait d’un jour tons les quatre ans dans le calendrier civil. Le Soleil atteint le solstice d’été; quelques'jours après , on voit le Nil s’enfler, et bientôt il commence à déborder, et sc répand sur les campagnes (n° 248). Il fut nécessaire de chercher au ciel , si serein dans ces climats, un signe propre à nnnoocer In retour de cc phénomène important. Les levers ou couchers heliaques de Fonialhaut, de Ganopus, et surtout de Sirius, ont servi à cet usage. Le lever du matin de Sirius, qu’on nommait alors Sothis, annonçait à l'Egypte l’époque du solstice et l’approche de l’inondation du Nil. Cette belle étoile, qu’on avait longtemps vue briller durant la nuit entière, puis disparaitre dans les feux du couchant, semblait revenir In malin pour avertir les hommes du retour d’un phénomène bienfaisant , dont on la croyait l’auteur (ii° 292).

Ce n’était donc que tous les 1461 années égyptienties que le lever héliaque de Sirius, ou Sothis, on Canis, était ramené au même jour de l’année civile , et que le Soleil occupait les mêmes points de l’écliptiqnc aux mêmes dates. Cette période, qui équivaut à 1460 années solaires de 368-' constituait la période solhiaque ou le cycle circulaire. Selon Fourier (tom. IX, p. 29 de la Description de l'Egypte), l’année sothique avait , à Thebes, la durée de 368-' -j , à fort peu près, 2000 ans avant notre ère : le retour de la coïncidence des deux années vague et caniculaire , avait lieu au bout de 1461 années vagues , 1460 années caniculaires. L’époque — 2000 est celle du minimum de l’année so-

* I/anocc <5Uit parUçée en douze mou, dont voici le» nom» :

Toth ) FAori, AmYR , €oyak, Tt»i, Mscuir,

FANL.'^OTii , FARxotiTi, Pâcnonf Pavki, Epiri, MiSioni.

Chaque mois était de 3o jours, et l'amiéc était complétée par 5 complémentaires, comme on râTait rétabli don* lu t'alciitlrb r «le no» temps républicain».

AU SOLEIL ET A LA LDfJE. 321

thiqae , laquelle a par conséquent dû rester très-près de 30S-^i , pendant beaucoup do siècles (12 siècles environ). Cette durée dépasse l’année sidérale, et en est alteruatirennent dépassée; aussi, l’état ci-dessus indique ne convient-il qu’à Thèbes et vers l’an 2000 avant notre ère.

La fable du Phénix parait n’ètre qu’une allégorie relative à cette sorte de cycle. Comme dans les Indes et en Arabie on suivait l’année intercalaire, qui s’accorde avec la marche du Soleil , on disait qu’après une vie errante de 1461 ans ^ le phénix arrivait des Indes dans le temple du Soleil à Ilcliopolis , pour y mourir, brûle par les feux de cet astre; mais qu’il renaissait aussitèt de ses cendres, et recommençait une nouvelle carrière de 1461 ans *. Cette renaissance était consacrée par des fêtes magnifiques. On joignait à cetle fiction des idées superstitieuses; on supposait que, durant 1461 ans, tous les phénomènes naturels possibles et tous les cvénoinenls politiques étaient compris, parce qu’on croyait que ceux-ci dépendent des aspects célestes, et qu’on imaginait que tout devait se reproduire dans le même ordre ; de la cette opinion du retour de l’àge d’or, que les poètes ont consacrée

♦ Un iIm TojaECur» de l'eipédition d'Égypte « remarque jur pluiieun monumenU l’image même du phénii, telle qu'elle fit dépeinte par le» hirlorieni, accompagnée d'uneétoile qu'il eroit être de Siriut ; et il a conjecturé que l’ércclion de ce» monument» date d’un renouvellement de lapérimie sothiaque (Deieripl. de l'Égypte, Ant'iq., Dee., chjp. V, p. ag). Du re»le, on suppoiait de grande» vertu» au nombre 365 ; c’est par li que le mot Akrazae éuit révéré, attendu que, d'après l'ancicune numération grecque, ce nom désigne 365 (avant i, fit, P loo, T «00. f 6o). La période 1461 année» égyptiennes a donné naissance à la célèbre révolution de365i5an», car ce» 1461 an» valent 1460 années juliennne», et >5 fois 1461 font 365»5, nombre précUement égal à auUnt de siècles que l'année solaire a île jour».

" L'égloguc IV, SiceliJei mutœ composée 38 an» avant J.-C., et adressée è Pollion,

eu une flatterie en l’honneur d'Auguste. Virgile suppose que c'est sous le règne de cet cmp€rcur i]u'oa Terra le réalUcr Topinioa du retour de ri(*e d’or.

.... lneip\«rd magni proeedere mêntef...,

VUima Cumeei v$nitjam rurmm/r œta$ :

Magnut ab inlegro seclorum naicititr ordo,

Jam redit et yirgo , redeunl Saiurnia régna /

Jam neva progenlee agio demittitur alto ....

Âlter erit tùm Tiphyt, et altéra gua vehat Argo J)electoi keroat : erunt eiiam altéra bella,

Atque iterùm ad Trojam magnut mitieiur AcMllet . ... ^ ,

Du naissant univers voici les premiers jours ;

Les siècles écoulés recommencent leurs cours ;

Déjà revient Thémis et Satumo avec elle;

Du haut des cieux descend une race nouvelle. . . .

Sous un autre Tiphys, aux champs de la Colcliidc,

Un autre Argo conduit une élite intrépide.

CtA1«0Ga4rfilB, 21

FABLES RF.LATIVFiî AUX PLANÈTES,

Sout lo règne de Sésostris , on , lelon d’aulres , dans les temps fabuleux d’UercuIe, Thésée, Lnïus, Jupiter,... 1323 ans avant notre ère, la période solhiaque s’est renouvelée, ainsi que sous le bon Antonin, le 20 juillet de l’an 130 (selon Fourier, t. IX, p. 27 delà Description de l’Égyple), et sous Henri IV , en la08. Ces trois règnes heureux , que le hasard a placés aux époques du retour présumé de l’âge d’or, justifieraient presque l’antique opinion , si l’on pouvait encore croire aux rêves de l’Astrologie , et chercher ailleurs que dans le cœur des princes la source du bonheur des peuples.

257. Expliquons maintenant La fable du Soleil considéré sous les traits d’Hercule.' Nous devons ici nous contenter d’esquisses rapides; ce qui précède sufiit pour rintelligence de celte fable, et de plus amples details seraient superflus. On peut d’ailleurs consulter VOrigine des Cultes, par Dupuis.

I,a Guerre, encore la guerre I et toi, tremble, llion :

Le grand Achille rôle à la de^tructioD. Tiuot.

Le Carmtn jeeufare d'Horace, compose pour les jeux s<5culaires qn'Augustc fit célébrer 17 ans avant notre ère, est encore une allmion è la renaissance du Soleil , et , avec lui , du bonheur de Vunivers.

Jam pcieSf ti pûx , ei honor, pudorque Prisent , et ncffiêcia redire virtus Audet i apparetque btala pleno Copia cornu.

Boollanger {Ant. ddvoU.) prouve que les oracles des Sibylles, rinslitution des diverses fêles publiques, un grand nombre d'usages civils et d'erreurs populaires, se rapportaient A la croyance du retour des mêmes événements, soit heureux, soit malheureux, après de cer» tains periodes. On alla même Jusqu'à supposer qu'on pouvait hâter ce retour pour échapper aux maux. C'est pourquoi on consullail le» livres de la Sibylle chaque fois qu’on voulait arrêter quelque calamité. Boullanger allrihtic à cetto opinion l'usage d'enfoncer un clou dans les murs du Capitole pour détourner la colère des dieux. Avant de connaître l’art d'écrire, les Homaios n'avaient d'autre méthode de marquer les temps écoulés qu'en fichant un clou dans les murs du temple de Minerve. On indiquait ainsi à chaque clou qu'on entrait dans un nou* veau période. Lorsqu'on voulait abandonner une époque désastt cusc, on croyait avancer le terme des malheurs en répétant l'aclc qui signalait la limite de cetlc durée. Boullanger croit aussi qu'on doit rapporter à cette même erreur l'usage où sont encore les Juifs de changr-r de nom dans les temps de calamités.

L'opinion de la fin du monde, ajoute ce savant, de son rCDouvcllement, du retour de l’âge d'or, était répandue dans toutes les feligions de l'antiquité- Toutes les nations attendent un monarque futur, avant le Soleil pour symbole. Les Juifs croient qu'Ëlie cl Énoc reviendront sur la Terre pour précéder ce Sofeil dejusticCf ce Dieu de ta fin des temps. De là il fait dériver l’usage de tourner vers l'orient, ou la porte des temples, pour que le Soleil en trouve aisément l'entrée, ou le sanctuaire, usage bien plus moderne, pour que les adorateurs aient lo vivage loiirnc vers l'orient; de là aussi les fêtes du solstice d'hiver, à la reoaissance de l’astre du jour, et ce reste d'idolâtrie des premiers chrétiens, qui célébraient le jour de ^oèl en se tournant vers le Soleil levant.

AU SOI.Kir F.T A LA LUNE.

Une heure avant le lever du Lion , on voit la conatcUation d’Hercule secoiioher, au lieu même où lu soir le Lion va disparaître ; autrefois lu solstice d’étc arrivait quand lu Soleil était dans le Lioii ■ le coucher du matin d’ilcrcule était donc raiinonue de ce solstice ; c'est de là même que cette dernière constellation lire son nom. On figure le héros agenouillé, comme prêt à doscendru sous l’horizon, foulant à ses pieds le Dragon polaire, et revêtu d’une peau de lion ; dans l’uuu de ses mains est un rameau chargé du fruit des llespéridcs ; dans l’autre est une massue. Ces attributs caractérisent la force du Soleil solsticial, ou se rapportent aux douze travaux, qui, d’après Porphyre, ne sont que les passages du Soleil dans les douze constellations du zodiaque. C’est ce que nous allons vérifier, en suivant Ilercule dans tous lus actes do sa vie, pris dans l’ordre de leur snceossion,

de mois, il étouffe à minuit deux énonnes serpents queJunon avait suscités contre lui. Le lever héliaque d’IIcrcule doit être regardé comiire l’instant de la naissance du héros qui, après avoir été longtemps invisible, apparait de nouveau. Le Soleil est alors au milieu du Scorpion, dédié à Mars (n” 253) : dix mois après, l’astre est aux deux tiers de la Vierge. Or, en plaçant ce point nu méridien inférieur, pour avoir la situation du ciel à minuit, un remarque que les deux Serpents célestes sont entièrement déployés sous l’horizon. Cette situation de la sphère est même la seule où ces deux grandes constellations, l’IIydio et le Serpent, soient à la fois cachées, taudis qu’IIercule est visible vers l’occident, et que lu Lion va se lever.

Passons maintenant aux doute travaux auxquels Hercule fut condamné par Junon avant d’obtenir l’immortalité. L’explication astronomique n’est pas toujours aussi directe , mais il suffit qu’elle soit souvent claire, et que ces travaux se présentent tous les douze^ans l’ordre même où la Fable dit qu’ils ont été accomplis. Prenons-les donc tour à tour dans cet ordre, et remarquons l’aspect correspondant qu’offre le ciel, lorsque le Soleil parcourt les signes successifs du zodiaque, à partir du Lion.

1° L’entrée du Soleil dans le Lion solsticial, qu’il fait disparaître en le couvrant de ses feux, est la victoire sur le Lion de Némée.

2° np. A mesure que le Soleil s'avance, il traverse le Cancer, le Lionel la Fierge, les diverses parties do l’ilydre s’éclipsent tour A tour; d’abord la tète, puis le corps, et enfin la queue; mais alors la tète réparait dans son lever héliaque. C’est le triomphe sur YJl^dra renaissante du lac de Lerne, qu’llercule brûla après avoir écrasé l’Ëorevisse qui la secondait.

FABLES RELATIVES AUX PLANÈTES

3° Lo Soleil traversant la Balance, au temps des vendanges, couvre le Centaure de ses fenx ; In Fable dit que le Centaure Chiron, ayant reçu Hercule, en avait appris l’art de faire le vin. Elle ajoute que, dans une dispute causée par l’ivresse, le peuple des Centaures avait voulu tuer l’hôte d’ilercule , ce qui avait Forcé le héros à les combattre ; ceci parait relatif au coucher du soir du Sagittaire. Enfin, dans une chasse, il avait vaincu un monstre nommé le Sanglier d’Érymanthe, qu’on croit sc rapporter au lever du soir de In grande' Ourse.

4® n\. Cassiopée , qu’on figurait aussi par une biche , se plonge lo matin dans les flots, quand le Soleil est dans le Scorpion, ce qui arrivait à l’équinoxe d’automne ; c’est celle Biche aux cornes d'or que, malgré son incroyable vitesse, Hercule Fatigua à la course, et prit au bord des eaux où elle reposait.

8® +>. Au lever du Soleil, dans le Sagittaire, l’Aigle, la Lyre (ou le Vautour) et le Cygne, placés dans le fleuve do la voie lactée, disparaissent tour à tour dans les feux de cet astre : ce sont les oiseaux du lac Stymphale chassés d’Arcadie par Hercule, dont la flèche est placée entre eux.

6® Le Capricorne, ou le Bouc céleste, est baigné sur le devant par l’eau du Verseau ; ce sont les écuries d’Augias nettoyées en y faisant pas.ser un fleuve.

7® Le Soleil, dans le Verseau, au solstice d’hiver, était près de Pégase ; le soir on voyait se coucher le Vautour, tandis que le Taureau passait nu méridien j on a dit qu'Heroule, à son arrivée en Elide, pour combattre le Taureau de Crète, et le V autour de Prométhée, monta le cheval Arion et institua les jeux olympiques, qu’on célébrait à la pleine lune du solstice d’été j la Lune est précisément alors dans le Verseau, c’est-à-dire à la région opposée au Lion.

8® )(. L’enlèvement des cavales de Diomède, fils d’Aristée, se rapporte au lever héliaque de Pégase et du petit Cheval, le Soleil étant dans les Poissons : ces deux chevaux sont placés au-dessus du Verseau, qui est Aristée.

9® T. Hercule part ensuite pour la conquête de la Toison d’or j le Vaisscan et le Serpentaire (l’Argonaute Jason , n® 261) achèvent dcsc lever le soir, tandis qu’en même temps le Bélier, Cassiopée, Andromède, les Pléiades et Pégase se couchent. De Là la victoire d’Hcrcule sur Hippolyte, reine des Amazones, dont la ceinture (Mirach) brillait d’un vif éclat : plusieurs de ces guerriers avaient les noms des Pléiades.

10® y. Au lever du’ Taureau, le Bouvier sc couche, et la grande Ourse (les bœufs d'ienre) se lève : c’est la défaite de Géryon et l’eiilè-

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