‹ Urbain ChevreauChapitre 102 sur 371 · N° 103, pp. 197 et · texte numérisé non relu

N° 103, pp. 197 et

3. Celle leltrc a le n" 108 et occupe les pages 2UU-5J2 du Ueciiail de M. Imijerl, Elle ue porte pas de date.

tomber, de haut en bas. j'avais loujoiirs besoin de Monsieur, de Mademoiselle ou de Mailame pour conimcncer et de scrcileur ou de senaiilc pour eoiicliirc. Mais, comme ces reproclies me sont glorieux, je ne me défendrai point d'être concertée, civile et respectueuse ; de rendre ^ aux personnes de condition ce qui leur est dû et de m'en tenir à la bienséance et à la coutume. Ce n'est donc, Madame, ni des reproches, ni de l'usurpation du Billet que je me plains ; ce neslque de la manière dont je me vois trnilée aiijourd'liui presque partout où je me rencontre. On me trouve tantôt troii longue cl tnntôl trop courte. Les uns assurent que je suis sèche, ennuyeuse ou que je n'ai pas le sens commun, (j'avoue que je ne suis jamais plus sotte que quand je me mêle de conversation), et les autres, pour ajouter la cruauté au mépris, disent que je no suis bonne qu'à déchirer ou à mettre au feu. Il me semble que c'est une chose assez étrange et assez bizarre, qu'étant fjite simplement pour être l'interprète des pensées d'autrui, je devienne responsable de leur défaut et de leur confusion et que, devant rendre en même nature ce que l'on me prêle, on me demande. ce f|ue je n'ai point reçu. Dans le maliieur où je suis réduite c'est de vous. Madame, que j'attends mon rétablissement et ma gloire, puisqu'il est, non seulement en votre pouvoir d'empêcher les plus critiques de me trouver ridicule, mais que vous êtes encore la seule aujourd'iuii qui [luissiez faire de moi une lettre d'importance. Vous savez par (piel secret je suis capajjle de persuader ou de [)laire ; en quelle rencontre m'est nécessaire la délicatesse ou la force : de quelle façon je dois être cniijcllie ou négligée ; quand je dois faire l'enjouée ou la sérieuse. Ce qui me rend belle vous coûte même si peu que les ])lus grands maîtres en sont étonnés, et si je ne pouvais me faire valoir sans vous donner de la peine, j'aimerais encore mieu.\ être méprisée que de vous être incommode. Mais, en vous di\ertissant vous m'avez déjà mise en si haute estime, qu'il n'est i)oint de gloire qui ait égalé la mienne ])art()ut où vous m'avez prêté votre nom. Continuezmoi donc, s'il vcius plaît, les grâces que vous m'avez faites et, piiiscpril ne vous est rien de plus aisé que de me donner les choses dont j'ai besoin pour être considérée et qu'il ne vous a pas été désavantageux de m'avoir rendue votre redevable, achevez d'honorer de vos faveurs, « Madame,

« Votre très fidèle et très obligée servante, (( Im Lettre. »

Outre les deux lettres que nous venons de voir, le recueil do M. Imbert en renferme sept autres, également de Chevreau.

Dans la première', il amioncc à .Madame Emelie de Hesse, sœur tlu laiulgrnvc île Hesse et femme de (Iharlcs-Heiiri de la Trémoillc. prince de Tarente, qu'il renvoie, comme il en a reeu l'ordre, le portrait à lui confié par .M. Arthur (iouffîer, comte de Caravas, gouverneur du Poitou. Ce portrait, tracé par M. de Saint-Evremond, est obscur, « monstrueux », peu digne « d'une des plus belles personnes de France. ■> Aussi n'a-t-il fait à son sujet aucune des remarques qu'il avait promis de faire. Il est seulement heureu.K d'avoir ainsi le mojeu de protester de son dévouement. La date est le 7 janvier ifi.'iO. I/autcur y cst[uive adroitement l'ennui de se prononcer sur un point délicat. Il le fit pourtant.

La deuxième lettre =, datée de Loudun le l"'' janvier 1639, est adressée à M. L. C. D. ('.. (M. le Comte de Caravas, gouverneur du Poitou). Chevreau le prie de calmer la Princesse, au cas où elle lui en voudrait d'avoir fait un léger changement au portrait qui lui avait été confié ; « car elle est sensible au dernier point et... ne se défend pas d'être un peu vindicative ' », M. de Caravas a tout pouvoir sur elle ; s'il lui plaitde s'en mêler la (( paix est faite ». Cette lettre, écrite sur le ton ironique, rappelle un peu le badinage de Voiture. Chevreau savait bien qu'on ne lui en voudrait pas d'axiiir embelli une vilaine image.

Dans la troisième, du I"'' octobre 1651) ', Chevreau déclare au DUC DE LA TuÉMOiLLE, qu'il uc lui ccrit jamais « que pour lui faire de très humbles remerciements » de ses bontés et l'assurer à la fois de sa gratitude et de son respect.

Les trois lettres qui précèdent sont fort courtes et assez insignifiantes; celle qu: Chevreau envoya de Constance le 1'^'' janvier 1661 à Mademoiselle de Tare.nte offre plus d'intérêt et d'agrément '. Les vers y sont joints à la prose. Nous l'avons donnée dans la biographie.

Dans la lettre qui porte le n" 160, Chevreau prie le duc d'attendre les Itcmarqiics mir Malherbe près de paraître, « avec un grand nombre d'additions ipii n'ont pas déiilu aux maîtres '' ». Ce sont probalilcment

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