‹ Urbain ChevreauChapitre 129 sur 371 · Opposition recherchée selon l'usage · texte numérisé non relu

Opposition recherchée selon l'usage

Le messager nous avertit en même temps de défendre seulement les places frontières, sans craindre ni surprise, ni bataille '. Nous armons donc promptement et, avec la permission d'Ariobarzane, je réponds ceci.

Arsinoéà Déjolarus prince de Galatie. — J'aurais tort de vous contraindre à faire aller l'Amour avant la Nature. Mais, de quelque côté que la Fortune se déclare, je suis à plaindre, craignant pour un père ou pour un amante Peut-être les dieux, pour rendre ma vie plus lieureuse, la rendront-ils plus courte et, si vous avez m.oins de peur de la mort que de la victoire, assurez-vous aussi qu'elle me sera toujours moins horrible que l'ingratitude ».

La guerre a lieu; mais, comme nous étions prévenus, les Galatiens ^ furent battus, notamment devant Mngalosse. Déjotarus y fut blessé d'une flèche « au défaut de l'épaule droite ». Dione le rappela et en prit grand soin. (( La Cappadoce se vit en repos ». Toutefois la blessure de Déjotarus m'aflligeait quand, sur ces entrefaites, Nicomède vint nous attaquer. Mais sa violence le fit abandonner par certains officiers et, une nuit, il décampa avec le reste de ses troupes, pour essayer de « nous surprendre par un autre endroit ». Déjotarus, guéri et autorisé par Dione à « assister Ariobarzane de sa personne » seulement, tomba dans un parti de Nicomède et fut fait prisonnier. Conduit devant son ennemi joyeux, il lui conseille de ne pas trop s'enorgueillir, « car le lion ne laisse pas de faire peur encore qu'il soit dans les chaînes ». Nicomède furieux" veut le tuer ; c'est son lieutenant général (|ui rcroit le coup d'épée et, sans Déjotarus, on l'immolait lui-même. 11 quitte la Cappadoce, « où il n'avait rien d'utile à faire, possédant Déjotarus »; décidé à se venger (( par une cruauté sans exemple ».

A ce moment on avertit Porcie que quelques dames romaines lui venaient rendre visite. Elle va au-devant d'elles et le récit est interrompu. Il fallait laisser à Arsinoé le temps de prendre un peu de repos et de nourriture-

Livre troisième. — « Les dames romaines ne demeurèrent pas longtemps. » Un appartement fut préparé « pour la Princesse de

1. Déjotarus nous parait ici manquer, non seulemeni à sa mère, mais à sa patrie. S'il se conduit en parfait amant, il transgresse les lois ilc l'Iioniicnr qu'il pri^tend sauvegarder.

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