‹ Urbain ChevreauChapitre 130 sur 371 · C'est ainsi que soupirait Saliine dans la pièce d'Horace · texte numérisé non relu

C'est ainsi que soupirait Saliine dans la pièce d'Horace

3. La Caliilie était une conli'ée de l'Asie, cédée on 278 avant .I.-C. par Nicomède I", roi de liltliynie, aux Ijandes gauloises qui avaient pillé l>el|ilies en 280 avant .l.-C et qui prirent dès lors le nom de Gidules ou tiallu-Greis.

Cappadoce » qui. après le souper, voulut continuer, ne sachant, chose étrange, si elle avait laissé Nicomède dans la Bithynie ou bien ailleurs. Cassie lui dit qu'elle avait fait un portrait trop flatté du vieux Xicomède, l'amant de César, qu'on appelait sa concubine; l'usurpateur du lit de la reine et, comme on disait, la reine de Bithynie. Brutus défend César par prudence, car il n'approuve pas la franchise impétueuse et compromettante de Cassie. Alors Arsinoé reprend.

Suite de l'Histoire d'Arsinoé. — ^iicomhde, furieux qu'on eût arraché Déjotarus à sa vengeance' voulut le faire périr en Bithynie, où il le retrouva. Mais sa sœur Nise, remarquable par ses vertus, autant qu'il l'était par ses vices, conseilla de me l'envoyer pour forcer ma reconnais sance. Nicomède accorde un peu plus de liberté à Déjotarus, tout en l'entourant de gardes sûrs et cherche à « l'engager dans les festins et dans la musique. )i Mais Déjotarus se défie et Nise s'efforce de prévenir la lâcheté que son frère méditait, en ayant l'air d'entrer dans ses desseins. Comme il lui révèle son projet d'empoisonner Déjotarus dans un festin ; elle sauve le prince, en lui recommandantde se défier. Pour se servird'elle contre son rival. Nicomède réussit d'abord à lui faire croire que Déjotarus l'aime et (ju'elle doit répondre à son amour, afin de détour ner les guerres dont la Bithynie était menacée. Détrompée, elle offre à celui-ci une partie de ses gardes pour le conduire hors du royaume. Cependant Nicomède persuade u aux plus grands de Bithynie » que Déjotarus compromet sa sœur par ses fréquentes et longues visites. Il pénètre la nuit chez elle, mais cherche inutilement Déjotarus qui s'était sauvé. On le rattrape « à Chalcédoine et on le lie pour l'emmener plus sûrement à Nicée. » C'est alors que, revenant d'Asie, vous le tirâtes, Brutus, des mains de ces Barbares et essayâtes de le réconcilier avec Nicomède. Il revint en Cappadoce où Talètes et Sicharbas avaient annoncé qu'il était mort. Il visita d'abord, par bienséance, mon père qui avait pris son deuil, puis vint me voir. Dione meurt, Talètes et Sicharbas se disputent le pouvoir et s'entre-tuent. Déjotarus, empêché d'entrer en Galatie, revient avec des secours d'Ariobarzane et remporte une facile victoire sur le parti qui s'était formé contre lui. Le vieux roi Déjotarus et Nicomède arrivent à ce moment et prennent parti : le premier pour son fils ; le second pour le sien également et par suite pour César. Les raisons de cette dernière résolution sont exposées d'une façon assez confuse par Brutus, qui interrompt Arsinoé et témoignent de l'embarras du vieux

1. On ignore comment Déjotarus avait pu lui être enlevé et comm.ent il le retrouva en Bitlivnie.

Nicomède envoyant à César son fils en otage. Puis la narration suit son cours.

Ariobarzane, vainement prié par le vieux Nicomède, se tient prêt, sur les instances du fils de Déjotarus, à marcher contre César au premier ordre de Pompée. 11 m'envoie auprès de Porcie et de Brutus ; mais nos trois longs vaisseaux sont capturés par les soldats de César et ceux qui les montaient réduits en esclavage. Un prince vint me visiter, me rendit les lettres que j'avais pour Porcie et se montra fort respectueux à mon égard, (i C'était Hermiogène, roi de la Gaule Belgique, à qui César avait donné quelques vaisseaux pour combattre ceux que les affaires et les nécessités de la guerre auraient séparé de la flotte de Pompée'. » Il me témoigna « le ressentiment » qu'il avait des bontés de Brutus et de Cassie, sollicita des nouvelles du jeune Déjotarus et je lui racontai ce qui m'était arrivé. Survint Nicomède, qui demanda à Hermiogène « de quelles mains il tenait une vagabonde ». Celui ci l'engagea à plus de retenue et, malgré ses pleurs, me fit conduire ici par Leucippe. Il m'a fallu vous raconter auparavant « quelques particularités de mon amour et de ma vie » ; mais, comme je ne l'avais pas fait avec ordre et que Julie, Brutus, Cassie, Leucippe, pouvaient en ignorer certaines circonstances, j'ai recommencév C'était aussi (( pour vous désabuser des bruits qu'on a fait depuis courir et qui pouvaient me rendre suspecte d'orgueil, de flatterie ou de mensonge. »

II semblerait que la narration d'Arsinoé dût finir ici : elle continue cependant ainsi qu'il suit, pour la plus grande satisfaction de ses auditeurs intéressés, nous n'osons dire de nous-mêmes.

Quelque temps après nos vœux en faveur de Pompée, on nous apprit sa défaite à la Pluirsalc et sa mort. Hrutus nous écrivit qu'il était auprès de César et avait obtenu la grâce du roi Déjotarus ; mais que son fils ne se retrouvait point et que César, poussé par Nicomède, était violemment irrité contre lui.

Nous sûmes bientôt que mon père avait re^u deux ou trois blessures à Pharsale ; que Nicomède le jeune, blessé par le fils Déjotarus, était guéri et que celui ci s'était sauvé avec Hermiogène et Caton. Ariobar zane ayant obtenu par Hermiogène sa grâce de César, malgré Nicomède, me manda auprès de lui ; mais nos vaisseaux furent attacjués et pris entre Leucopètre et Locre par Nicomède, qui me saisit par les cheveux

1. Le nom d'Hermiogène est prononce ici pour la prcmii^re fois depuis le livre II.

2. Elle a été vraimeat bien bonne et bien complaisante : mais nous lui en saurons peu de gré, cai- elle a été trop longue el par suite légèivnicul ennuyeuse.

et me traita (( avec tant diiihumanité qu'on vit aussitôt mon sang- que mes larmes. » Après m'avoir brutalisée, il me supplia : le tout en vain. Nous essuyâmes une tempête et aussitôt nous fûmes poursuivis par les Paphiagoniens, alliés de Déjotarus. il commanda qu'on ouvrît le vaisseau pour que nous périssions; puis, avec une épée nue, me déclara qu'il me tuerait après avoir contenté ses désirs. Or le vaisseau était à des Bithyniens qui, à la suite d'une dispute, s'étaient enir'égorgés pour échapper à la brutalité de Nicomède et qu'avaient achevés trente Cappadociens mis par lui sur le navire. Us me délivrèrent. Grâce à moi, Nicomède eut la vie sauve et fut renvoyé à son père ([ui, ennuyé du mariage manqué de son fils, ordonna de mettre en croix ceux qui le lui ramenèrent.

A cette nouvelle, mon père demanda au vieux Déjotarus de le laisser passer pour combattre Nicomède, en m'cxcusant de n'avoir pu aller le saluer. Le monarque s'unit même à lui et prétendit avoir succédé à son fils «dans l'amour qu'il avait eu autrefois pour moi ». Je répondis à son ambassadeur qu'après la mort du Prince je ne me sentais plus capable d'aimer personne. 11 obtint cependant d'Ariobarzane la parole <( qu'il me rendrait cette alliance nécessaire ». Mais César leur enjoignit de congédier leur armée « et de ne rien entreprendre sur le roi de Bithynie à moins que de renoncer à l'amitié du peuple romain ». Nicomède avait obtenu ceb, en disant qu'il n'avait fait périr les envoyés que pour leur insolence, César vint mêm3 conférer avec moi pour me décider à épouser Nicomède, mais sans user de tyrannie.

Obligé de se justifier à Rome d'avoir tendu des embûches à César, Déjotarus fut défendu par Cicéron ; mais ne recouvra qu'une partie de son royaume, les juges ayant été corrompus par Nicomède. César lui détendit de disposer du reste en faveur d'.Vriobarzane ; lui ordonna de la part du sénat d'oublier son amour, et contraignit mon père, par lettres remises à Nicomède, de faire alliance avec lui. Mon père eut recours à vous, généreux Brutus ; mais vous étiez alors dans votre gouvernement des Gaules et éloigné de Rome ainsi que vos amis. Il écrivit à César à qui, de mon côté, j'adressai une (( remontrance ». César se montra juste et Nicomède honteux reçut l'ordre de partir. Déjotarus revint, sous prétexte qu'il était menacé d'une seconde disgrâce, m'entrelenir de son amour ; mais, chez moi, (( une seconde passion ne deshonora pas la première ». Quelques temps après. César le chassa de son royaume et y établit Milhridate de Pergame, qu'il fit aussi roi du Bosphore où régnait Pharnace durant la guerre d'Alexandrie.

Il y a à Comane un temple de Bellone très vénéré et très riche.

Le sacrificateur y est toujours de race royale et n'a que le roi pour juge. Le gardien d'alors, Ariaratlie, avait suivi César. Il sunit à Nicomède pour déposséder mon père ; mais, obligé par Hermiogène à restituer ce qu'il avait déjà pris, il revint à son temple, où il mourut. César nomma alors un Nicomède « de l'ancienne race des rois de Cappadoce et dont les ancêtres avaient toujours eu le ministère ». Il poussa Ariobarzane à la guerre contre Mithridate de Pergame, (( qui ne cherchait qu'un prétexte pour allaquer nos villes frontières )). Mais, durant le sacrifice, auquel il s'était rendu eu secret pour ne pas irriter César, mon père disparut.

Pour moi, « on m'enlève quelque temps après ; on me fait passer par le mont Taurusen Lycaonie, d'où l'on m'emmène jusques à Syde ». De là un navire me porta en Sicile, puis à Rome. J'ignore l'auteur de ma disgrâce, a Voilà l'histoire de la malheureuse Arsinoé à qui la fortune n'a laissé ni amant, ni père, ni royaume, ni espérance ». Ma consolation est de revoir Brulus et Porcie. Je venais vous conjurer d'implorer avec moi la justice ou la miséricode de César, lorsque Leucippe m'a reconnue, au moment où j'entrais prier les dieux de me rendre digne de compassion.

Ainsi se termine enfin un récit de 372 pages qui, pendant 299, a distrait notre attention du héros principal Hermiogène, relégué trop longtemps dans l'oubli pour donner son nom au roman, du moins tel que nous le possédons ; car il est à supposer que, dans la suite, il aurait tenu une place beaucoup plus importante.

Quand Arsinoé se tut, Cassie s'emporta contre César, (i le bourreau de nos alliés, la honte et l'horreur de nos citoyens, le fléau du ciel elle monstre de la République ». On discourut sur l'honneur et l'ambition de César ; sur la patience de Déjolarus et de Nicomède ; sur la guerre des jeunes princes, et l'on aurait longtemps disserté, s'il n'eût pas été si tard. Mais Arsinoé avait besoin de repos et l'on devait avoir le temps une autre fois de traiter cette matière à loisir. Ici encore Cassie se montre emporté et violent, Brutus calme et avisé. Tous, malgré leurs préoccupations, songent pourtant à se reposer de leurs fatigues et à donner à leurs corps les soins (]u'ils réclament.

Seconde ■partie.

LivnE PREMIER. — Il commence ainsi :

(( Junie retourna de grand matin chez Brutus et, quoique Cassie eût été fort aise de s'entretenir on secret avec lui et de rendre César responsable de tous les caprices de la foiiunc. pour rendre sa puissance plus

suspecte et plus odieuse, il crut toutefois que l'occasion s"en offrirait assez d'elle-même et qu'il la ' fallait accompagner, pour voir avec Brutus ce qu'Arsinoé devait attendre de leur crédit et de la justice». On s'assemble et, après avoir tracé' un liorrible portrait du dictateur, on décide de lui demander à reconduire Arsinoé dans son royaume ou à le mettre en accusation (( pour avoir établi sans ordre des gouvernements par toute r.\sie ». Mais cela exigeait de la réflexion et, comme « l'aventure d'Hermiogènc y pouvait entrer-», on pria Leucippe « de satisfaire à ses promesses ». Leucippe y consentit, en s'excusnnt si sa mémoire venait à le trahir ou à être « importune, pour être trop heureuse en certains endroits «. Il laissera de côté « les actions qui sont universellement connues » et éclaircira quelques circonstances; car César et Pompée ont « accommodé souvent leur récit à leur propre gloire ' ». «Je compte donc, ajoute t-il, sur vos lumières et sur votre appui. » Ces précautions oratoires ne l'empêcheront pas d'être long et verbeux, comme au début de la première partie. La seconde partie de sou récit occupera 444 pages.

Suite de l'Histoire d'Hcrmioçicne. — a Je vous ai touché légèrement la prise de Clidamire, celle de Vercingétorix, la blessure d Hermogiène et l'ordre que donna César à Labienus de le faire conduire d'.\Iésia dans la Province, que vous teniez seule quelque temps auparavant dans les Gaules, cependant qu'il' continuait ses conquêtes et qu'il achevait de rendre ses armes fatales à la liberté de tous nos peuples ». Clidamire tomba malade, guérit et Labienus nous conduisit à « Narbo » ' en litière. Nous y résolûmes de nous empoisonner, plutôt que de suivre César dans son triomphe ».Vercingétorix consentit pourtant à attendre encore ; mais Stéronice découvrit notre dessein et en avertit Labienus, qui nous rassura et nous promit son aide".

A sou retourde Belgique, César envoya Labienus à Rome surveiller les préparatifs de Pompée et, comme celui ci, ayant retiré des Gaules

t. C'est-iVilire .lunic

i. C'esl-à-dire comme on avait le temps de la raconter toul enliire.

3. Ici, sans s"en douter peut-être, l'auteur ne se sulislitnc-t-il pas a» narrateur, pour glisser une réflexion critique sur la valeur documentaire des Mémoires île César et de Pompée, eu la mettant il est vrai dans la bonclie d'un autre ? Nous inclinerions il le croire.

i. Pendant qu'il.

'S. C'est sans doute Xnrbn Marliiis, aciuellemcnt Xarbonne (Aude), dont il est question dans les Commentaires de César sur la (iuerre des (laides (III, 20 et VU, 7).

(i. Ici se lerraine la partie du roman qui a Irait à la guerre de César en Gaule ; ce qui suit est tiré des Cummentaires sur la (Iuerre ririle.

deux légions, accusait, avec Caton et Scipion, César de tyrannie, ce dernier déclara « qu'il était obligé par la jalousie de ses ennemis et qu'il triompherait de Rome au milieu de Rome ». Il permit à Clidamire de se retirer en « en Numidie », où elle devait attendre « son consentement pour épouser Hermiogène ». Juba les reçut bien, mais refusa de prendre le parti de César. Yercingétorix, qui avait obtenu de suivre Clidamire et Hermiogène, ne voulut pas, de son côté, revenir se mettre entre les mains de l'usurpateur. Quant à Hermiogène, ayant reçu de César une lettre en grec, que Leucippe répète en latin et que Chevreau traduit en français, il se range à son parti avec l'approbation de Clidamire. En agis sant ainsi, il pouvait obtenir la grâce deVercingétorix. si Pompée était vaincu, tandis que « Yercingétorix et Juba s'assuraient de la grâce d'Hermiogène, si la victoire se déclarait pour Pompée ». II fallait donc se quitter : c'était le seul moyen de salut. Clidamire enjoignit à Hermiogène, honteux de l'abandonner si lâchement, d'aller trouver César. A ce moment arrive une <( frégate » avec a de secondes lettres wdeCésar. En apprenant qu'il avait déjà mis l'Italie « en désordre », Vercingétorix et Juba décident d'aider Pompée. Hermiogène part avec nous. « Entre les îles Egates et Carthage » il voulut retourner, en songeant aux larmes de Clidamire, mais les vents étaient contraires et, sur mon conseil, il continua sa route pour mériter la princesse en conquérant sa couronne.

(( Enfin nous arrivâmes à Ravenne, où était César ». Irrité de la conduite de Vercingétorix, il comprit néanmoins celle de Juba, dont il avait voulu faire son tributaire. Nous apprîmes alors que, dans l'intérêt de la République, Brutus et Labiénus avaient quitté César.

Ici un résumé peu original de la première partie de la lutte entre celui-ci et Pompée, puisla narration continue. César renvoie Hermiogène en Numidie. Le prince est joyeux. Rencontrant en route cinq vaisseaux pompéiens, il en coule deux avec les deux siens et prend les autres, où se trouvaient Brutus et Porcie. Rrutus estaflligé de la perte de ses deux navires et Hermiogène de sa victoire sur des amis. 11 les conduit en Afrique. Brutus y sollicite les secours de Juba. et Vercin,i.'étorix, épris d'Alcide, sœur de Juba', refuse une seconde fois de rejoindre César'. II

1. Ici le puilniil par contraste d'.VIcide et île Clidamire : la premiéri'. noire comme l'ébène; l'autre, lilanclie comme l'ivoire. Chevreau dit particuliéremeiit d'.VIcide : » Il sortait de ses yeux un feu vif et pur, qui semblait dunner de l'éilat à celte majesté sombre. Ses regards avaient quelque cliose des éclairs, et, par une babitiide ^liu'ieusc et longue, elle savait abaisser sa vue cl la relever de telle sorte, qu'on eût dit i|u'elle clcignait en même temps ce qu'elle allumait ».

2. Comme on voit, tout était bien indiqué et pesé d'avance, selon l'babitude de gens qui ne se décident que sur de bonnes raisons.

essaye même d'en éloig'iier Hermiogène et, n'y l'éussissant pas, cherche à le rendre suspect à sa sœur. Sur l'ordre de Juha, Hermiogène qui déjà (selon sa mauvaise habitude)' soupçonnait Clidamire d'inconstance, sort désolé de Numidie. Consolé par Alcide et Porcie, il vient à Rome où César, d'abord étonné, l'approuve d'avoir laissé sa liberté à Brutus. Cependant mon maître était malheureux. César l'envoya en Espagne attaquer les troupes do Pompée absent. Il vint à Marseille, qui résolut de garder la neutralité ; battit les Massiliens en combat naval et retourna trouver César à son camp d'Ilerde'.

Après une suite d'expédition dans les Pyrénées, en Espagne et autour de Marseille qui est prise, Curion part avec une flotte pour l'Afrique ; Hermiogène, jaloux de Sabure\ demande à combattre et se signale à la suite de César. Arrivé en Thessalie, celui-ci envoie par deux capitaines une lettre de paix à son rival, qui repousse ses propositions par une autre lettre, citée textuellement dans l'ouvrage ainsi que la précédente, et lue devant trois témoins : Nicomède, .Antoine et Hermiogène, comme l'autre l'avait été devant Scipion, Caton, .\riobarzane et Déjotarus.

Hermiogène obtient de s'entretenir avec Juba : il est accueilli à bras ouverts par Pompée, Brutus et Déjotarns, car Porcie, Brutus et Arsinoé lui devaient la liberté ; mais Sabure le provoque : ils se battent; j'interviens et il laisse fuir son adversaire par générosité, sinon sans ennui. 11 blesse encore Ariobarzane qui veut l'arrêter sans le connaître, coupe les rênes du cheval de Déjotarus et l'oblige à fuir sur le cheval de son écuyer, afin de n'avoir pas à lutter avec lui. Cependant la mêlée était générale ; enfin Pompée est vaincu. Hermiogène s'informe de Brutus qu'il avait prescrit d'épargner.

A ce moment Brutus, interrompant Leuci[)pe, ajoute quelques détails sur un songe qu'eut Pompée la veille de la bataille et sur le sacriflce favorable célébré par César. Porcie, de son côté, parle du sacrifice défavorable fait par Pompée. On voit par là quel intérêt l'auteur attache à ne rien omettre de ce qui a trait au combat et qu'il con" naît parfaitement Lucain, César et Plutarque même.

Leucippe continue avec le même luxe de détails minutieux sur Pompée, César et en particulier Hermiogène, toujours vaini(ucur et

Page 1