‹ Urbain ChevreauChapitre 145 sur 371 · Et, en général, à toutes les éditions du xvn' siècle · texte numérisé non relu

Et, en général, à toutes les éditions du xvn' siècle

li. On disait en effet au cliapitre précédent : « Je vous entretiendrai une autre fois de ce qui regarde les deux premiers commandements et je donnerai cette semaine entière à vous parler du dernier... »

6. Voici les deux premiers et le dernier (le 10') commandements de Dieu :

L'n seul Dieu lu adoreras Et aimeras parfaitement.

Dieu eu vain tu ne jureras, r*ii autre chose pareillement.

Bien d'autrui ue convoiteras.

Pour les avoir injustement.

7. On lit en effet au chapitre XVllI : u Notre île peut fournir jusqu'à neuf rois couronnés... qui ont fait une chaire de leur trône et ont changé leurs sceptres en livres ».

8. La traduction de Théodore Jacquemot, publiée à Genève chez .\uherl, en 1628 (v. Bibl. nat. D* 1786, A), sons ce titre : f.e ciel ou discours de la vraie tranquillité de l'esprit, débute ainsi a .Vyant lu et relu les écrits moraux de quelques sages païens et principalement des stoïqvies, je confesse avoir été épris ensemble d'envie et de pitié ». On voit que c'est à peu près la version de Chevreau. .V cela rien d'étonnant, le même modèle ayant servi à tous deux.

du mal qu'on a fait et la crainte de celui qu'on doit souffrir ». Pour être bien avec soi-même, il faut se réconcilier avec Dieu par la grâce et obtenir la paix, en effaçant nos vieux péchés et en donnant la chasse aux nouveaux, à l'aide de la Religion et de la Raison (chapitres I-VII).

Après le péché, les afflictions, dont le fondement est la crainte, sont nos plus cruels ennemis. On leur donne moins de prise quand on est prévoyant et qu'on les considère comme partant de la main divine, ((dont la puissance est gouvernée par la sagesse et retenue par un amour infini » (chapitres VIll-XU).

Il ne suffit pas de montrer de la patience dans les traverses, il faut encore être reconnaissant à celui qui les envoie. Ainsi est écartée la crainte de la mort, si fréquente pourtant chez ceux qui ne sont pas de vrais chrétiens (chapitres XIII XVIIl).

Le véritable honneur réside dans l'union de la race et de la vertu. Pas de noblesse sans cette union. Quant à la voliq^té, elle (( change les hommes en bêtes » et finit par la douleur et le repentir, car l'inconstance est le propre des choses d'ici bas. Le chrétien seul est toujours riche, parce qu'il possède son Dieu, (( à qui toutes choses appartiennent». Notre àme doit renoncer aux biens du monde, pour être digne de la félicité ; bannir les actions suspectes, les baser sur le jugement et la vérité ; pour cela, se fier à la Providence de Dieu, mieux informée que nous de ce qui est bon et qui seule nous procurera, durant notre vie, le souverain bien. Ciuidé par l'intérêt et l'amour de Dieu, le Sage trouvera (( sa joie dans son espérance, son occupation dans sa vertu, sa gloire dans sa force, son bonheur dans son devoir et sa récompense dans ses œuvres. » (chapitres XIX-XXVIII). Ainsi se termine l'opuscule, un peu confus et enlaidi de comparaisons étranges '.

Dans l'Eco/e rfit Sa.^e, dit Dreux du Radier-, l'auteur (( prouve mélhodi(|uemcnt qu'il n'y a de vraie philosophie ([ue la chrélicnno ; (|ue le souverain bien, que les païens ont tani cherché, consiste dans la Tranquillitc d'esprit ijue la (iràce seule peut donner ; (|ue nos vertus ne sont réelles que dans l'ordre de la Grâce et que le seul christianisme peut anéantir nos défauts. La traduction est jolie ; on sent que l'auteur a voulu y jeter tous les agréments, toutes les fleurs dont son sujet était

1. (Ii'lloci iKiliimmonl, I.Vspi'il rniiipiirc « celui qu'il voil avec lanl de soumission à c|nc'l(iiii' Ira^'édii' ilc !>énr(|iic', iloréi' (•iii'i(>iisoini'iil lui (ii'lioi's, (]iii n'o.sl pcul-élrc qu'un Tliycslc, c'rsl à-ilirr le liiiiilican (le ses enfanls propres; (|u'im (Hùlipe, mari do .«a propi'i' lucre ou quclrpic autre miinslre qu'on ue saurait voir sans le ilclcsler » (/•'m ilii r/iii/i. AV.Vi. Ici l'oliscuritc se joint à la bizarrerie cl à riiicurrcclion.

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