pp. 3 et
Les huit billets suivants sontdalés de Stockholm et vontdu iS nmrs 1653 au 2S noremhre I05L Ils sont adressés à MM. de Scudkrv, de Saumaise, Tristan l'Hermite, Doujat, Chapelain, Conrart et le Comte DE ToTT. Dans tous, le dernier excepté, il est question des démarches que Chevreau tente auprès de la reine Cliristine de Stihic en faveur dé ses correspondants. Il y témoigne aussi beaucoup de modestie, notamment à l'égard des orgueilleux Scudéry et Saumaise '. Sa lettre à Tristan (( peut passer, d'après M. Aug. Dietrich -, pour un modèle achevé de style diplomatique, précieux, solennel et pas du tout compromettant ». Il s'agit de vers mal accueillis par Sa Majesté ' et qui sont « détestables » au dire de M. Bernardin, le docte biographe de Tristan. Chevreau fut plus heureux pour Doimat (( lecteur et professeur royal en droit canon ' », dont les œuvres furent bien reçues.
• Et il ne faut pas croire à un sentiment de jalousie de Chevreau contre Tristan ; car, un mois plus tard environ (le 10 mai), il écrit à Chapelain :
Beaucoup de Bordiers, de Dulots,
De Maillets et de Bouidelots ; Beaucoup de d'Assoucy et beaucoup de Douvilles ; Beaucoup do Pelletiers, beaucoup de Neu-Germains;
Peu de Tiistans, de Mallevillcs,
De Maynards et de Chapelains. ■■
Du reste, Chevreau n'était pas plus accessible à la jalousie qu'à la haine contre qui que ce fût. 11 rend hommage à l'esprit et à la « générosité » de Conrart, qui songe à élever au Grand Balzac un tombeau digne de lui et déplore l'injustice de la reine à l'égard de Chapelain ". S'il critique les œuvres d'un poète « ridicule depuis les pieds jusques à la tête' », il approuve la manière de dire les choses « incomparablement plus délicate et plus naturelle " )) du comtede Tott, « sénateurdu royaume de Suède. » Il pécherait plus tôt par trop de complaisance que par trop de sévérité.
1. La réponse de Saumaise se trouve dans le Clifi i-di'nmi il. p. 1:I0|.