C'est le nom i[ue leur donne l'autour lui-même
i. Notamment sur les f'sijlles, qui avaient la vertu d'endormir les serpents et de guérir leurs morsures.
nous n'avons pas rangé les Œuvres mêlées dans la correspondance de Chevreau.
Le ton, généralement sérieux, un peu compassé et froid, s'égaya de temps à autre. On y trouve, encore mieux que dans les Lettres NOUVELLES, une parfaite appropriation aux personnes et aux sujets.
C'est dans les (JEuvues mêlées surtout (|ue l'on peut se rendre compte des nombreuses relations de Chevreau et de sa réelle iniluencc sur les auteurs de son temps. Si, dans cet ouvrage, il ne s'adresse qu'à une quarantaine de personnes différentes, il en cite beaucoup d'autres, avec qui il était en rapport continu et(iui accueillaient respectueusement ses conseils et ses décisions. Et c'est précisément parce qu'il est presque toujours question, chez lui, de sujets sérieux et délicats, que ses lettres manquent un peu de grâce comme nous le verrons et affectent souvent un ton dogmatique. On ne peut pas leur reprocher de manquer de fond comme celles de Pellisson et de ne pas donner à réllécliir. Elles sont même parfois trop sévères, tropdidactiques, trop étendues ; de làquelque froideur, de l'uniformité et une monotonie, qui tiennent à la nature des matières traitées, autant qu'à l'humeur calme et au caractère réfléchi de l'auteur.
Il faut les considérer, avec le Chevraeana, comme le digne couronnement de la carrière littéraire de Chevreau, .\vant de mourir, dans sa retraite studieuse de Loudun, il résolut de «mettre enrôle» ce qui, dans ses œuvres, lui paraissait mériter l'altention et de former deux recueils, où seraient confondues la littérature, l'histoire, la religion, la morale, la critique, toutes choses qui, jusqu'à ses derniers jours, avaient continuellement occupé sa pensée et c'est de là que sont nés ses deux derniers ouvrages. Occupons-nous d'abord des CEuvres mêlées.
Le nombre des correspondants est de quarante et un ; deux sont désignés par des étoiles, deux autres par des initiales ; celui des Billets est de cent dix-neuf. Les Billets sont écrits en français ou en latin. Parmi les billets écrits en français, les uns traitent des sujets divers : ce sont les liillets onlijiaires ou billets proprement dits, qui avaient remplacé, comme nous l'avons signalé, l'ancienne Lettre'. On en compte cinquante. Trente-cinq sont purement critiques; dix sept sont en latin. 11 y a en outre ([uinze Billets mrlés, trois IHllets folâtres, une Lettre folâtre, cinq Portraits, un Madrigal, un llondeaii, un Sonnet, trois Elégies, un Poème hérdique, des Imitations de Bion, d'Horace, de Sannazar, de Théodore de Bèze, un sonnet cspagtiol de Lope de Véga, un
1. Voir Curn's/jdinldttrt' de C/inrcaii et île hi Treitwille.
autre de Lino d'Imola contre Alexandre Tassoni avec la Réponse de celui-ci. en italien ; enfin de menues pirres de ters sans caractère, insérées çà et là dans l'ouvrage.
Les Billets proprement dits et les Billets mêlés portent en général indiques le lieu et la datede l'envoi. Le reste ne porte aucune indication '.
La correspondance datée part du 16 décembre 1632 - pour (inir au 18 février UW.'i. embrassant une durée de riuaranlo-deux ans et deux mois passés. .\ux premiers billets, Chevreau avait trente neuf ans ; il en avait quatre-vingt-deux aux derniers.
Voici l'ordre que nous suivrons et qui est en partie celui de l'auteur : 1" fiillels en fraurais, par ordre de date et par correspondant : 2" fiillels imHés. également par ordre de date ; 3" lUllcta latins ; 4" Uillets critUpies ; b» Billets folâtres et Lettre folâtre : 6° Poésies.
Dans le premier Billet, adressé de l'aris, 10 décemhre 1652, à MAD.4.ME L.\ Co.MTESSE DE L.\ Slze '. Clicvreau fait preuve de bel esprit et emploie le langage galant. la métaphore précieuse alors à la mode. Il explique par l'aflliction la négligence que certains reprochent aux vers composés par la comtesse sur la mort de son frère, le duc de Chàtillon. Car, pour les élégies et les madrigaux qu'elle lui a envoyés, (1 tout y est feu, tout y est lumière' ». Il n'accepte pas ses louanges qu'il ne mérite pas et il ajoute galamment :
Jugez pourtant si cet honneur me touclie. Puisqu'il esl vrai (|ue jamais t'crivaiii Ne fut loue (l'une [lius belle houehe Ni couronné d'une plus belle main.
En veine de galanterie et de doucereux éloges. 11 termine en assurant (|ue, si le médecin de la Faculté de .Montpellier rend aux yeux de M"'= de Norman ville leur ancien éclat, beaucoup lui en voudront « d'avoir sauvé les deux plus fiers et plusredoulablescnnemisdu genre humain' ».
1. Dans ce temps-là on datait les lettres d'une façon 1res incomplète. M— de Muintenon. par exemple, se contentait quchiuefois de mettre : « Marly » ou « Versailles » ; « ce mardi » ou « lundi soir » ; « vendredi à trois heures » ; ou, plus rarement « ce li juin » ; presque jamais elle ne mariiuait l'annt^e. Les Lettres notiiellcx île Chevreau n'ont pas d'indication. Dans les llt'unvs iin'lrrx. les indications sont parfois insuffisantes.
2. A M"' la Comtesse de la Suze. si toutefois on admet qu'il y a erreur pour le billet à M. des Granges, daté du 2 novembre 1652, aloi-s qu'étant donne la place qu'il occupe, on est tenté de lire 1638.
3. Nous avons parlé de la Comtesse de la Suze, dans l'Ecole du Sage. i. p. 2.
5. M'" de Normanville La Suze était la belle-so^nr de la Comtesse de la Suze ■. Chevreau lui a adressé plusieurs poésies déjà étudiées.