‹ Urbain ChevreauChapitre 191 sur 371 · Page9.j · texte numérisé non relu

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A FuizoN, Chevreau renouvelle ses remerciements et ses éloges pour les deux ouvrages envoyés. A de Saint-Martin, il expédie d'abord deux billets (6 mai et ISjuillet 1687), où il le prie d'avertir un gentilhomme de trente cinq ans, qui rime en dépit des Muses, de ne pas recommencer et condamne à la fois un savant sans esprit, et un homme d'esprit ignorant '. 11 y annonce, en terminant, l'envoi de deux poèmes latins de 800 vers qu'il vient de transcrire et que nous ne possédons pas (p. 103). Il y ajoute cinq vers sur le Portrait du comte de Toulouse peint par Mkjnard en Amour qui dort, et envoyé à jM™» l'abbesse de Fontevrault. Dans les quatre autres qu'il lui adresse, il donne quelques vers français et latins de sa composition' ; déclare connaître le Grec, l'Hébreu et l'Arabe; énumère quelques-unes des extravagances imaginées par les Rabbins sur le premier homme et la première femme" et, en même temps, quelques-unes de leurs belles maximes ; disserte sur les Psylles, peut être de l'arabe l'syl, séparé, distingué, qui « assoupissaient les serpents' «ou guérissaient leurs morsures et se résigne, en fin de compte, à se contenter « d'une légère teinture des belles-lettres, d'une lecture diversifiée, de quelque facilité d'expression, qui n'est ni trop ob.scure. ni trop étendue et d'un style... guère au dessus du médiocre'». Il est k souffert » dans la magnifique résidcnccde Richelieu ; mais, au bout d'un mois ou deux, il lui arrive de regretter ses fleurs ou ses livres". Les deux premiers billets sont de ltJ87, les quatre autres de 1692 et 1693.

Entre temps, dans deux billets, Chevreau avait protesté auprès de

i. (p loi). Le prince, fi'fTe du duc du Maine, nvail alors 9 ans. L'abbesse de Tonte vraull étnil alors lîabrielle de Uocliecluiuart-Morlemarl, sii'ur de M" de Monlespan.

2. NoIammenI sur Jnsv/ili Sctilii/cr. à nui il avait envoyé ce vers français peu harmonieux (p. Iti).

Il n'eut jamais d"i'f;al ni n'en aura jamais

nu'il traduisit ainsi heureusement.

.Npo libi sa'cla parem. .Scalano, priera tuleruni, \ec tibi sœcla parcni posleriora l'erenl.

3. .\(Sam el Eve attachés par les épaules ; leur commerce avec des animaux et des esprits, d'où seraient nés les spectres, les démous, etc.

•i. (p. 12,"i). Tue dizaine de lifincs de celle lettre sont dans l'édition de 1723 des (JEuvies (le Miillirrhe arec OhseiVdliiiiis de Miiuiije el Ueinuniues île Clieireau (p. 341).

n. l'a^îc 130.

6. Il était loin de penser avec M"' de llamliouillel ipie « des esprits doux et amateurs des helles-leltres ne trouvent jamais leur eoui|de à la canipaf;ue ». H s'en Hcconimiidail fort liieu mais il la voulail n naturelle <• el jkiu Irausl'. innée connue ou l'aimait oi'dinairemeut au .Wll' siècle.

Benserade, contre le larcin que lui avait fait Ménage de ses Ubserlatious sur les Poésies de Malherbe ' ; puis blâmé la sécheresse et liiicorrcctiond'un poète dont il vient de parcourir les vers, rappelant que la poésie est le langage des dieux et ne peut être exactement rendue en prose, d'où l'infériorité de Dacier. traducteurd'Horace'. Au R. P. Bavard, de la compagnie de Jésus, il avait exalté la justesse, la grandeur, la déli catcsse et la force de l'ouvrage du Père Olivier, dont on l'avait k régalé »'. Enlin. le 28 décembre 1691, il avait envoyé ses souhaits de nouvel an au Dcc DU Maine, « l'Honnête, l'Intrépide et l'Infatigable » ' (jui, après • avoir rempli dignement l'attente du roi, va, dit-on, se marier et dont il espère voir se continuer pour lui la bienveillance. Chevreau aime son élève et tient beaucoup à en être aimé.

Vivement désireux de l'estime de la Marquise de Sevret. il lui enverra un exemplaire du livre qu'il prépare', aussitôt après l'impression. Si elle vient le trouver, il lui montrera le Brcriaire de l'Ermite, visible seulement chez lui et pour les amis'. Il l'a fait depuis quatre mois, pour son usage particulier, «parcequeles prières que nous avons sentent presque toutes l'éloquence humaine, qui passe rarement de l'oreille au cœur et qu'elles doivent être tirées de l'Ecriture, qui seule est capable de le remplir et de le changer'. »

Le billet à M*** contient ce portrait peu séduisant d'une demoiselle au « cou de grue »

Son corps est sec eomme une \icilie souclic: Son nez est Iransp.irenl, son cou prodigieux. Et le coral qu'on a vu sur sa bouche, Esl moulé par malheur sur le bord de ses yeux *.

Elle a. de plus, une conversation froide; par contre, sa compagne est bavarde et dit des sottises. Ne m'en envoyez plus de semblables. Décidément notre auteur n'aime pas les personnes laides, ennuyeuses ou sans esprit.

« On ne me surprendra plus. Monsieur, alTirme Chevreau à

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