‹ Urbain ChevreauChapitre 192 sur 371 · Page · texte numérisé non relu

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M. DE S. G. ' par les apparences extérieures ». La bonne foi et la probité sont rares. « Les deux enfants de François de Paule qui m'avaient promis de belles tulipes pour toutes les fleurs qu'ils m'ont escroquées, ne m'ont envoyé que des bagatelles »-. Je vous en offre à mort tour. Je suis presque persuadé (pie vous ne serez point tenté de mes offres : vous êtes plus pour l'utile que pour l'agréable. Pour moi. je n'ai qu'un" jardin de peu d'étendue où je ne laisse pas de me divertir et de vivre à 80 ans sans les incommodités de la vieillesse. Puissiezvous aller aussi loin sans maladie. Ici s'unissent le dépit du fleuriste déçu, l'obligeance de l'homme sincère et la satisfaction du vieillard bien portant.

\ 'SI. DE L.\ F... déjà d'un certain âge, il conseille, dans un premier Billet, de ne pas faire des vers « en dépit des Muses», même pour se distraire '. Dans un second ', il le félicite d'y avoir renoncé, mais le blâme fortement de vouloir prendre femme à quatre-vingts ans. Lui même n'a pu s'accommoder des incommodités du mariage. Il espèreque, réveilléde ce vilain songe, son correspondant changera d'idée. Ici Chevreau laisse éclater contre le mariage une antipathie dont il atténuera l'expression dans son Cherraeana. mais qu'il a déjà fait voir très clairement.

Cette lettre est du 13 octobre 1603. La suivante : A I'abbé Genest, « aumônier de Madame la duchesse de Chartres » ■ ne porte aucune indication de lieu ni de temps, mais doit ne pas être de la même période que les précédentes, car elle renferme l'éloge funèbre de M. de Court, secrétaire des commandements du duc du Maine comme Chevreau. Or, il mourut de la fièvre en Belgique l'an 1(594 seulement.

Chevreau a adressé au duc du Maine quinze Billets, dits mêlés, sans doute parce qu'il y est traité, de diverses fa(;ons, des sujets de

I. Cesl pevil-rlre .1/. le hiinm île S(iinl->!rorries, à (|ni Clievroau a adnvsr sa lettre XXXI (pp. 1G2-1G6) lies Lettres lumvelles.

2. Pages Iil-li3. On Irimve ici un vriilaMe amour île la nalure, atfailili ehez la plupart lies e<inleraporains île Ohevreau. il'un eùlé par le nouvel élut social i|ui avait sul)stilué la vie île salon h la vie de eliàleau (les âges précéilents ; lie l'aulre, jiar la pliil'isopliie cartésienne, ipii refusait aux êtres inférieurs i plantes el animaux) Imite intelligence, tmite seusihilité et ne V)yait ilans le m nul- extérieur <iuuu cailrc on un décor destiné à faire ressortir la bcaulé de riiomme. unique nhjel de ses études.

3. Il lui en expédie cependant treize fori liiiii lournésiv. pp lU U.'ii. Ce .1/. de In F, est probablement .1/. dr la h'orrv.

i. Pages liT-l.il.

:>. Charles-Claude (ienesl (lli;)'.l-ITI'.l) fui auniouier île la duchesse d'Orléans, secré taire des conimanilemenls du Duc du Maine, acadéniieien en lO'.lfi, précepteur de .M'" de Bliiis ; com|iosa pour les Iliveilixseiiieiilf:. chez la duchesse du Maine, de froides tragédies el fil rire à ia cour par ses grands rabais, sa vaste calolle el son nez prodigieusement long.

nature clilTéreiite, constituant, dans chaque billet même, un mélange gracieux '.

Les premier, troisième, huitième et quinzième billets renferment des conseils variés donnés à son élève par Chevreau, directement ou (dans le quinzième) par l'intermédiaire de la muse Calliope -.

Ces conseils affectent la forme de dialogues dans les billets quatre, cinq et sept. Le précepteur y essaye vainement de décider le Prince à étudier le latin et le grec: celui-ci préfère les combats. Passe encore si son maître pouvait le suivre ; mais il n'a plus son ardeur d'autrefois. Dans le deuxième et le quatrième billets, Chevreau trace un brillant portrait de sa jeunesse. Nous en détachons ce passage curieux :

0 ma verte jeunesse, à Paris si connue !

Hélas I quV'tes-vous devenue '?

J'étais alors un étrange ouvrier.

Je portais galon d'or sur c-liausses écarlales, Chapeau gris, longue épce et large baudrier, Et malheur à celui qui (omhait sous ma patte.

Je fuyais toujours le dernier ; J'avais l'humeur bouillante et même un peu fantasque ; Je l'ra[)pais comuie un sourd, je sautais counne un basque, Et mangeais à peu près comme votre aumônier^.

Tout cela n'est plus, mais il peut encore célébrer les lauriers que lui enverra le duc, pour couronner

Quatre ou cinq jambons de Mayence '*.

1. Le Prince avait 13 ans, lors de l'envni des liuit preraiers jiiljets.

Tu prince de treize ans f|ue cundnil i.i nature.

est-il (lit an 8'.V vers du ~' billet. Au 13' on lui dira :

Vous naure? qu'en trois ans cin([ lustres accoiii|ilis (vers 2ol. Il sera donc âgé, eu 1692, île 22 uns. Les liillels occupent les pages l.')3-220.

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