‹ Urbain ChevreauChapitre 194 sur 371 · billet, pp. lOtl · texte numérisé non relu

billet, pp. lOtl

3. X signaler, au billet 10, des vers de 4 syllabes, lieureusement mêlés a ceux de 8, ceux-ci, par exemple ; assez curieux.

On n'est point beau Dans le toinl>eau l'^t la chose est assez notoire.

Outre *]ue l'eau Fiourbeuse et noire.

(Juc l'on doit passer en bateau.

Est rude à boire (v. 53-50)

4. Voici en quels termes .gracieux il le lui dit ( i' billet v. 10-23, p. 101).

Ne preudrez-vous jamais uru' plume k la main.

Pour consoler de voire absence

Le pauvre petit frrre t'rliaiu ?

Mùrile-t-il votre dédain.

Pour vous a\-oir fait lire el Vii-j.'ile et Térence ?

Que nous sommes loin du /iliii/iisiix (trlnliiix d'Horace !

'i. On sait que le prince s'étiiil marié l'année même où il reçut le lo' billet, en 1003.

0. On trouve, dans le 13' billet, trois vers qui rappellent ceux de Corneille. Le vers :

Il esl beau de mareliei' sïu" les pas tles (lésars (v. 1) fait songer à

Il esl beau de inoiu'ir mail re de l'L'uivers

<ie Cinnu (.Vcte 11, se. I, v. 41(1). Le passage.

Les grands onl leurs dérauts comme les autres hommes ; \ la naissance près ils sont ce i|ue nous sommes {v. 15-16)

est une réminiscence, inconscienle peut-être, mais réelle, de ces mots ib' rlon fiormaz dans le Cid (.\cte I, se. 111, v. l.'JOt.i') :

IVuu- ^'rands que soieid les rois, ils sont ce i|ue nous sommes ; Ils peuvent se tromper coinme les autres hommes.

PÛUIAIL PlUNCll'AL DE LA MAISON DE CHEVREAU A LuUDUX

syllabes), à rimes mêlées. Les neuf premiers et le quatorzième sont expédiés de Versailles ; les dixième, onzième, douzième et treizième de Clagny ; le quinzième de Loudun. Les huit premiers sont dates de 1683. Le prince faisait peut-être, à ce moment, partie de l'expédition envoyée par Louis XIV avec Duquesne contre les pirates barbaresques. Les six autres ont été écrits en 1684. Le quinzième date de 1692: le prince était sur le Rhin. Le premier billet a été expédié le 8 juin, le quinzième le 28 décembre. Le quatorzième n'est pas à sa place. Daté du 3 janvier 1684, il devrait être avant ceux de Clagny qui portent la date de mai. Ils se terminent par une citation latine résumant le sujet traité et renfermant un précepte moral. La longueur des billets varie de quarantequatre à cent cinquante et un vers (le deuxième et le huitième). Les auteurs des citations sont Martial, Publius Syrus, Cassiodore, Stace, Maxime de Tyr, Sénèque, Catulle, Valère Maxime et Virgile. Le ([uinzième billet seul n'a pas de citation.

Aux quinze Billets mêlés succèdent quinze Billets latins dont quatorze adressés au même duc du Maine : Serenissimo Principi Ludovico AuGL'STO BoRBONio, Cenomanensium duci, supremo Helvetiorum R.eto

RUMQCE PR.ÏFECTO, OcCITANI.E PROREGI, ctC. '.

Ici, comme dans les Billets mêlés, on trouve des encouragements au travail -, afin de ne pas laisser perdre les dons de la nature (l et 2) ; des conseils de dignité et de prudence (o) ; de l'inquiétude pour la vie du prince et de la résignation pour son silence (3 et 6); une réclamation dédaigneuse contre un homme qui l'a trompé par ses larges promesses (3) ; un vif rejiroche au Prince d'avoir risqué avec son argent celui de son précepteur, à qui le bien ne vient pas en dormant (4) ; l'impatience de le revoir après sa victoire sur les Belges (7 et 8) ou de recevoir de ses lettres, tout en s'excusant de ne

1. Louis Auguste de Houi'bon élait dr.e du Maiue, diuil li's lialiitiints s'appelaient Cénomaues ; colducl des Suisses ou Helvètes et des Grisons ou lîliètes ; gouverneur du Langueiloc, quelquefois nommé Oceilauie.

2. Il semble que le duc du Maine ail préféré la vie active des camps au calme de l'étude. On sait pourtant qu'il fut publié de lui, en 1()78, des (Jt'ui'n-s (tirerses. C'est pour elles que Boileau fil ces vers, destinés à être mis au bas dhin porirail.qui le représentait en Apollon, une couronne sur la tète.

ijuel est cet Aiiotloii nouveau

Oui, presque au sortir du berceau.

Vient réf,'ner sur uoti-e Parnasse ?

Ou'ii est ttrillaut ! qu'il a de grâce !

Du plus grand des héros je reconnais le Hls.

Il est déjà tout plein de l'esprit de son péro,

El le feu des jeux de sa mère

A passé jusqu'en ses écrits.

lui avoir pas écrit (9, 10, il); la joie d'avoir de ses nouvelles (12)'; ciilin des vœux de nouvel an (13 et 14).

Le quinzième Billet est adressée M^de Court, Viro clar!ssimo CuRTio -. L'auteur y déclare qu'il mange et dort bien, sans ambition, ni envie, occupé de lectures, de (leurs et de visites,

La Critique littéraire, pliilologi(]ue et grammaticale existe au xvn" siècle. Elle ne constitue pas une profession, mais tient une certaine place dans les préoccupations des lettrés comme Chevreau.

Les liillets critiques ont été ainsi appelés par l'auteur lui même, parce qu'ils renferment l'appréciation d'un auteur profane ou sacré- Huit sont adressés à M..,; neuf à M. de La Ménardière; douze à M. Le Fèvre; un à M. Dacier ; deux au duc de Richelieu; deux auPéreHe.nrv DE Bourges; un à .M. de Court. Les cinq derniers sont datés et viennent de Loudun. Us sont fort longs pour la plupart etcomposésd'un mélange de prose et de vers. Beaucoup traitent des points déjà étudiés dans les Ucmarques sur les l'oésies de Malherbe. Envoyés en réponse à des questions de goût posées à Chevreau par ses correspondants, ils témoignent d'une érudition profonde, jointe à une sévérité parfois rigoureuse, mais juste en somme et légitiment la confiance qu'on avait en sa délicatesse et en ses lumières. La même remarque s'étend à tous les billets criticjues.

Chevreau félicite d'aburd Monsieur... '■' d'avoir défendu l'ouvrage de Tesli et la version qu'en avait faite M. du Cros ; critique l'expression ronfler la lumière, qui en effet n'est pas bonne ; donne les divers sens de purpureits, reslire, robe lerte, blanche, etc. ' ; signale les rcdondillas de Lope de V^ega, expressions hyperboliques adroitement dérobées par Porchères"'; condamne axant qu'rlre pour aranl que d'être, dessous pour sous, funérailles pouv corps morts, muscardin pour muscadin', Ht pour grabat, ((devenu vieux et même burlesque" » ; // «'// or rien tel. mis dans certains cas pour il n'y a rien de tel; etc.". S'il a fait mourir avec

1. U ((■•moigno sa joie en IcS licndocasyllabes phalL-ciens, composés ehaciin d'un Irocliée d'un dactyle et de trois trochées.

2. L'historien Cliarlcs Caton de Ci>url (l6oi-1691) tut, avec Chevreau, cliaryé de l'éducation du duc du Maine, (ju'll suivit dans les camps el mourut d'une fièvre en Belgique. Ou le retrouve plus loin et nous en avons déjà parlé.

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