‹ Urbain ChevreauChapitre 211 sur 371 · Pages · texte numérisé non relu

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3. Elles occupent les pages 173-20(j. Les pages 107-172 sont consacrées à une Sotire sur L'rliain Ctievreau.

i. C'est du moins notre avis, partagé du reste par M. Lachèvre. Malheureusement le contrôle nous a été impossible, le précieux manuscrit, (pil figurait au C/ilalni/tii' dicdriiu avec le numéro .312. ayant ét<- acheté par on ne sait qui- {f.fUrf île ,)/. /.iirlirrrr ilu 2:i mai l'JOS).

35é L'ÉCRIVAIN

(l'une honnête facture, d'une parfaite correction, mais nn peu froides

et monotones.

On peut en dire autant des Poésies publiées à la suite du Coriolan et des Frères rivaux de notre auteur. Les huit qui suivent Coriolan sont : Une Ode à Mgr }'Eminenlissime cardinal dur de Itirlielieu

Ouancl la France connail votre lidchlé

El i|ue l'Eglise vous contemple, etc..

treize strophes de huit alexandrins et octosyllahes : les premiers sont

au nombre de deux par strophe;

Six Slanrrs de six vers à M""' la duchesse de Lorraine.

Adorable princesse, objet de mille cœurs. Qui tombent sous vos traits vain(|ueiirs, etc.

et six Stances de huit vers à Mfjr l'arrhcrescjue de Ikmrdcau.r :

Digne et puissant autour de ces rares nifirveilles.

Qui frappent tous les jours les plus sourdes oreilles, etc.

Vn Madrifial à (loris en dix vers de 8, 12 et 10 syllabes :

Lorsqu'un objet de mérite

Se vient présenter à mes \cu\, cic.

troisî Rondeaux de treize vers chacun, plus le refrain constitué par les

premiers mois du premier vers.

I» Pour un enfant se plaindre au sort, Endurer sans cesse la mort, etc '.

2° Dessus mon lit appuyé pour écrire Les plus beaux traits d'une juste satire etc. 3" Elle a tout fait le mal (|ue je ressens; Elle entretient mes désirs languissants, etc.

et un Sonnet pour un l'orlrait :

Ha! peintre, que ton luiilc cniroliont bien ma llamme ! Pliilis que ton portrait me cliarme doucement, vie. !

Après les Frères rivaux, on trouve :

I" une Klèqie en r|nntre vingt-dix vers de douze syllahes à rimes plates :

•le renonce au dessein de vénérer vos cbarmes. Vos traits pour me blesser sont d'iiuililes armes. .\uj(nird'lnii vos discours ne sont plus de saison ; Votre plus bol éclat vaut moins iiue ma raison, Et, de queli|ne bi;auté ([ue vous soyez pourvue, Tout m'alllige de vous, et l'esprit cl la vue, etc. ;

1. Ce iMiiclcnu stî 4rouveégali'iiii'nl dans W liecucit île /'tifsica de ItioO (.V. p. î'i.)

2" trois Stanccx de sept vers de 12 cl de 8 syliabes : Pour une seignée.

Un sang chaud el bouill.inl lyrannisc Sjhie. Ses moindri's soupirs sont ardoiils.

Li' feu (|ui la Ijiiile au dedans l'ounail liien consomuier sa vie, elc. ;

3" une Epitaplie-Sounct.

Toi dont le nom fameux doit emliellir l'Iiisloire, Et de qui le trépas nous touche iuliuimenl. etc. ;

4" une E)ii(jme-Sonnel assez biznrre ' :

Je Cfuiduis sans marcher et je fais voir sans yeux ; J'importune en plein jour ; la nuit on me réclame. J'avance la première : on eu va heaucoup mieux Et celui que je sers ne m'en donne aucun Idàme.

Ma bouche est sur ma tète et mon corps n'a point d'ànu', Quoiqu'il loge un esprit souvent pernicieux ; Et, lorsqu'un voile noir vient obscurcir ces lieux, Mon cœur <à tout moment ne respire ([ue (lamme.

Je naquis d'une tèle et lui servis de bras. Celui (|ui m'engendra ne me fit pourtant pas, Car je viens du premier que le second assomme.

Bref, je liens aujourd'hui, dans cet état commun,

L'être d'un animal et la forme d'un homme

Et rien de moi pourtant ne ressemble à pas un.'

0° six Stances do six vers de douze syllabes à Mr Vignon :

6" une Epilaphc de dix vers de huit syllabes, à part le sixième et le septièiïic qui sont de douze.

Ces deux dernières poésies sont faibles. Les autres ne valent guère mieux, mais présentent un peu plus d'intérêt, de facilite et de mouvement ; un peu moins de banalité, de platitude et de lourdeur. Maintenant ces œuvres sont-elles de Chevreau '.^ nous ne saurions l'affirmer, si ce n'est pour le premier rondeau. Nous les donnons, parce qu'elles figurent dans son théâtre el que très probablement elles lui appartiennent.

1. Les soniiots-éiiigmos 'étaient à, la mode dans les salons au rajme titre que les ti'cturcs. les lolrries d'esprit, les liouls riinés, les vers-éch:), etc. (V. Victor du liled, /m Siicii'li' friiii(;iiisi- ilii .VI7' xirrie nu .V.V" .«iiv/c 2* série, .wii' siècle : /,<■ siiluii île .1/'" île Scuiléry, p. VJS). C'étaient d'uj;réables passe-temps fort goûtés.

II, — Chevraeana

01" Diverses Pensées dHistoihe, de CniTKjuE, d'Erudition ET DE Morale

Comme on le sait, VAna esl un recueil de pensées détachées, de remarques morales et critiques, de récits historiques et d'anecdotes, de réparties et de bons mots attribués à un personnag:e, dont le titre rappelle le nom. accompagné de la terminaison latine ana. Celui de Chevreau parut en 1697 '. L'auteur avait c[uatre-vingt-quatre ans.

Les ouvrages de ce genre sont communs en France, de la fin du xvi" siècle au commencement du xix«'. Composés en général après la mort des hommes dont ils portent le nom, ils offrent des particularités intéressantes, des confidences curieuses. Ils charment par leur air négligé et naturel. Mais trop souvent, par contre, ils fourmillent d'erreurs, servent à contenter des haines personnelles ou renferment des trivialités et des bouffonneries '. Voilà [lourquoi Chevreau, dans son Avertissement a fait, dès le début, la déclaration suivante :

(( Ceux qui ne cherchent que les mots des halles ou des corps de gardes ne trouveront pas ici leur compte, parce que je me suis proposé de ne rien mettre dans ce recueil qui ne pût instruire '. Oh y verra

1. Son l'i-iviirge étail (lalr ilu « soplirme jour do novembre lO'.Ki ». Il avait élé registre le li décembre iOOO sur le livre île la ('uiiiiiiiiiirnilé des libraires el iiiijjriiiieiirs lie Paris. L'.\clicvé d'imprimer pour la première fois esl du l.'i juin 1697.

Nous avons deux édilions du l'/ierraeana. de KiO" et de 17(!I0. La deuxième n'a pas de Privilège, mais un portrait de l'auteur peint par Petilol el gravé par Ciuiist. Do plus, le titre est, non plus seulement Chevraeana, mais Chevhaeasa ou Diverses 1'E>sées d'Histoire de Cuitlijie, ii'Kiudition et de .Morale recieilmes et i'idliées par M. Cmevreal',

2. Les deux Scaligeraiia prima el seriinilu sont remplis d'injures et le Sei/raisiaiui renferme des traits si hardis, qu'il fui condamné dès son apparition. Voici la plaisanterie que fit, au sujet dos aiin. La Monnoyo, l'aulour do l'un d'eux (V. /ùiii/ilulirtliaiia 18j7, 2) :

Foi-tuniiiâ, un jour, dîna Chez un ^raiiH, où l'on rai^uiUKi Hicn fort sur Pcrrouiana, Thuana, Valosiana.

.Vprt^'s ijuoi l'iiu pvaiuina l.ri{ucl lU' l'aliniana \'aut moins ou do Nauilaoajia ; .S'il fallail à Clievraoana, l'n'rrrrr l'arrhasiana...

Koiiuiiiii- lor-i opina...

.Mpsshmus, nul (lo tons oos ana Nr \aul l'ipiTarnanlia.

!t. Il esl olinnge que Koruioy ail écril dans le Ihiraliann (Remar(|Uos de Lo lUiiliah. on l7;i,S: ..Le seul iinvraL'o di' Cbovreau, I'aiuissvm èlro l'ail par l'auli'ur

quelques traits d'histoire, de critique, d'érudilion.ct dv morale et les f^ens de lettres s'en accommoderont peut-être mieux que les gens du monde. Comme leur goût est fort différent, il est impossible de leur plaire à tous dans un même ouvrage et je m'estimerais assez heureux, s'il m'était arrivé, dans celui-ci. d'avoir contenté les uns ou les autres', n Ainsi nous sommes prévenus : Clievreau écrit pour tout le monde, mais surtout pour les savants, que satisferont ses études; non pour les dilettanti ou les profanes, qui ne cherchent dans une œuvre que la nouveauté et l'agrément ou la grossièreté.

Deux procédés s'offraient à nous dans l'étude du Checraeana : ou bien respecter le désordre voulu de l'auteur et suivre dans ses méandres capricieux sa libre fantaisie, ou bien réunir sous un certain nombre de chefs ses différents articles et y introduire une unité factice, mais basée sur des intentions nettement indiquées.'

La première méthode nous plaisait davantage et nous semblait mieux répondre à la nature du sujet. Le véritabre mérite d'un ana, son essence même, est de ne pas avoir de plan. Lui en imposer un, c'est sacrifier à un désir peut-être excessif de régularité. Toutefois, comme c'est à l'HiSTOiRE, à la Critique, à I'Erudition et à la Mor.^le que Chevreau emprunte ses traits, il pouvait sembler naturel de faire la synthèse de son œuvre et d'épargner ainsi au lecteur toute cause de fatigue ou d'ennui.

C'est pour cela, qu'obéissant à des conseils éclairés, nous avons essayé d'établir un ordre rationnel au milieu de ce chaos et distingué quatre catégories de questions, correspondant aux quatre points de vue spécialement envisagés par l'écrivain.

Certes, l'érudition et la critique se touchent en bien des endroits et le fait historique est souvent accompagné de la leçon morale ; parfois même Histoire, Critique, Erudition, Morale sont confondues dans le même article. Nous classerons pourtant chacun d'eux dans la catégorie qui nous paraîtra le mieux lui convenir, sans prétendre imposer notre

liii-mrme, est exem|i( des défauts » de ees sortes d'ouvrages. 11 est cerlain que le <'lii-iraeana a élé fait par Chevreau et publié de son vivant. 11 en pn'parail même, ipiand il mourut, une nouvelle édition; ear M. .\lherl de la Kizeliére a eu eu mains un exemplaire de l'i-ilitiou de 1007, sur lequel Olievreau avait fait des corrections et lies additions. .Malheureusement cet exemplaire est perdu pour no\is.

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