‹ Urbain ChevreauChapitre 210 sur 371 · V. lUogn\|iliii', l'iii · texte numérisé non relu

V. lUogn\|iliii', l'iii

.t. L'nblié S.ihiilii'i' (II' Ciislres (l.cx tmis sinlrx ilr lu lillmilinr fi-niiçiiisi'. ]y,\ llayi' 1770, Il vol.) ilil eiilir antres cliiisns des (IKiirrrx iiirlrrs (I, -!^l'>) ipi'i'lli's n'iifcniicrH plusieurs Irllros assez a^'réables, i)aiseniées de peliles piéees de vei's, iiiiel(|iiel'iiis ingénieuses, plnssouxenl faildes. lonjcttirs exeuiph's iTiMiflnre el de pi-éleiiii(in. »

textes, les erreurs d'interprétation, les fautes de géographie, défend avec habileté ses préférences et dit leur fait aux prétendus savants qui s'occupent de choses auxquelles ils n'entendent rien et lui font perdre un temps précieux à lire leurs productions ridicules, (( qui ne valent pas le port qu'elles lui coûtent ». C'est dans les Billets crili(iues qu'il traite surtout des questions d'ctymologie, de grammaire et de littérature et témoigne d'un esprit lucide, d'un jugement sain, d'une érudition aussi solide que variée, quelquefois en défaut, mais le plus souvent juste et basée en raison. Polyglotte distingué, il disserte aussi bien sur l'hébreu et l'arabe que sur le grec et le latin, l'italien et l'espagnol. Pour le français, il est de l'école de Malherbe et de Vaugelas, mais encore plus puriste qu'eux et plus respectueux du « bon usage ».

Comme nous l'avons dit, ces doctes dissertations sont coupées par d'intéressantes historiettes, des récits lestement troussés, des portraits ressemblants, vifs et spirituels parfois satiriques. Malgré sa rigidité, qui lui fait bannir du style noble tout mot bas ou rappelant une idée sale, on rencontre çà et là des expressions heureuses, libres même et surprenantes chez lui. Certaines s'expliquent par la nature même du sujet traité ; d'autres peuvent être considérées comme un brusque réveil de sa prime jeunesse et tirent de là une saveur spéciale.

Notons en passant le plaidoyer en faveur de la paix, la condamnation de la guerre et de la vaine gloire, l'amour de l'étude, le culte de l'amitié, le respect de la religion, la recherchede la vérité et la déliance à l'égard des flatteurs, que recommandent les billets en latin cl les billets TïiHès en vers, adressés au jeune élève de notre auteur ' et nous aurons une idée assez claire, assez flatteuse, de cet ouvrage que nous venons d'examiner et qui est vraiment digne à la fois de la science universelle de l'auteur, de l'attention bienveillante de la postérité'. Sachons gré à Chevreau d'avoir conservé ces pages, dont la perte eût été des plus regrettables ; cette sorte de testament littéraire, ou plutôt cette espèce de résumé de sa vie et de ses doctrines, de ses opinions et de ses croyances, de ses liaisons et de ses voyages ; cette succession de tableaux, où il se dépeint par traits épars, mais suffisamment précis.

1. '• La maniéiv ilonl il moralise son élève le iliu- du Maine est quelquefois très vive, quoique assaisonnée de compliments o. (Annales /inrliijues, XXVI. p. 171.)

2. ■< Tous les tribunaux littéraires, écrit M. Dreux du Radier fUibliol/iik/ne liislorii/iie et criliiiue du /'uilmo applaudirent unanimement il ce livre et louèrent l'érudition de son auteur, son goût, son discernement. Tout le monde convint qu'il pouvait servir de modèle en son genre ». Nous avons eu l'occasion île signaler çà et là des longucui-s, de la sécheresse, de la monotonie. .Mais, dans l'ensemble, le jugement qui précède est juste.

pour laisser une impression d'ensemble nettement définie et fort agréable. Avant de s'endormir de l'éternel sommeil, il a pensé à nous laisser de lui une complète image : il était temps de la taire enfin sortir de l'ombre, dont s'accommodait si bien son caractère modeste et franc, ami de l'indépendance et de la solitude, et de la présenter aux yeux de tous. C'était en effet un parfait honnête homme et un homme de goût, également prompt à signaler une faiblesse ou un mérite, aussi agréable en société que sur en ses conseils ; incapable de jalousie et de iiaine, comme de bassesse et de (latterie, parlant en toute circonstance au nom de la morale et du bon sens, sans rigueur exagérée et aussi sans excès sive complaisance.

Supplément aux Œuvres mêlées

Plaçons ici. à l'exemple de Chevreau lui-même '. quelques poèmes de date inconnue, mais généralement postérieurs à IGiiO et que l'auteur eût sans doute ainsi placés, puisqu'ils étaient insuffisants pour former un volume à part.

M. Lachèvre, un banquier parisien, amateur d'œuvrcs rares, homme fort aimable, de beaucoup de goût, très curieux et grand chercheur, a publié, en 1903. une précieuse Bibliographie des Recueils collectifs nE POÉSIES parus de l't'J? à 1700. On y trouve aussi les Recieils MÉLA^■GÉs DE PROSE ET DE VERS de la même période. Les uns et les autres renferment dix-sept pièces de Chevreau, dont quatre seulement ne figuraient pas dans les h Poésies » de 1036. C^e sont La Muette inurale, la lielle roilre, La France à Mçjr le maréchal de Sctiomhcri), stances, et un Madrigal .SMC /c -WH/ic^ (te Jo/;; plus un sonnet, que Saint-Marc a attribué à Charicval, mais que Marly-Laveaux donne à Chevreau et qui commence ainsi

D'une troupe servilo, inconstanic, fnlàtre...;

enfin une poésie galante, .sous forme de Lriirc en prose et en vers, à Madame (le ('. ^ Sans avoir une grande valeur. Inules ces œuvres ne sont pas indignes de Ciicvreau. Elles ont droit à noire estime, sinon à notre admiration.

1. En effet, ilaii> IVMlitidii do 171' on doux vohimes, lo douxiomc est suivi d'un rccuoil de jwrxiex (iocni>ant lOti pii^'os, apré? ta table des matioros. Pcul-otro cotte addition est-ollo ontièiomcnt iniputatile au libraire.

i. C'est poiit-riro .M"' la eonitosso do Ctialais, à laquelle il a adressé une lellre en prose uièli'O O lJt:itrres mrlces, pp. 80-83).

MÉLANGES 35b

En IT'i.'J avaient paru une Bibliothèque poétique ou nouveau choix

des plus belles pièces de vers, depuis Marot jusqu'aux poètes de nos jours,

chez Briasson, à Paris et, en 1787, des Annales poétiqies, depuis

l'origine de la poésie française'. Le premier ouvrage renferme huit

poésies de Chevreau, dont deux nouvelles; une Epilre qui commence

par ces mots :

lîli liien ! Soigneur, miusy voilà -...,

et l'Epilaplie de il. de Turenne

Turenne a son tombeau [laiini ceux de nos rois :

Il olilint cet honneur par ses fameux exploits.

Louis voulut ainsi couronner sa vaillance,

Alin (l'apprendre aux siècles à venir,

Qu'il ne mit point de dilTérence

Entre porter le sceptre el le bien soutenir.

Les Ann.^les poétiques renferment vingt-trois pièces de Chevreau, sans valeur et publiées déjà pour la plupart. Quatre sont adressées au duc du Maine, .\ucunc n'est au-dessus d'une médiocrité honorable'.

Nous devons encore aux curieuses recherches de M. Lachèvre la découverte d'un manuscrit autographe de Chevreau intitulé Poésies chrétiennes. Le feuillet de garde porte Id. Mart A . MDCLXXX Y (168')) Vrhanus Ckevraeus. Sur deux cents pages environ que compte le manuscrit, les poésies chrétiennes en occupent vingt-six ; le reste est consacré à des Uillets, des Lettres et des Pièces en vers, adressées au duc du Maine, h M. le M. de t'., à M. de la. M., à .]lr le lu'ire. Le volume se termine par dos Lettres en latin au duc du Maine, datées de Loudun, 1083.

Les Poésies chrétiennes n'ofïrent pas plus d'intérêt que les Billets, les Lettres ot les Pièces de vers, qui se trouvent d'ailleurs dans les Œuvres mêlées'. Elles sont, pomme les autres poèmes de Chevreau,

1. La I5il)Iiotl\èque de La Roclie-siir-Yon possède ces deux œuvres (n°' louG et l.'i.'iS du catalogue). La première est signée Le Fort de la Morinière ; les l'ie,ç et les Kt'mariiiies sont de (ioiijet, 't vol. in-12. Les poésies de Ctievreau y occupent une partie du ileu.xième volume. La seconde œuvre, intitulée encore .AIiiiuikicIi i/es .Mii.ies,- est composée par Sautercau de Marsy el Imbert et compte 2.S vol. petit in-12. Chevreau figure au seizième.

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