‹ Urbain ChevreauChapitre 228 sur 371 · I, p. 3io · texte numérisé non relu

I, p. 3io

un- Allemand, pour un liomme brutal, uu Français, pour un étourdi, un Italien pour un fourbe, un Anglais, pour un traître. C'est aller trop loin'. Ces formules générales, qui ont la prélcntion de caractériser un peuple tout entier, n'ont rien d'absolument vrai et il faut y admettre un certain nombre d'exceptions. Aussi notre auteur prétend-il que les. Hoilomontadcs reprochées aux Espag.ngls, « ne sont pas désagréables dans leur bouche, parce que leur langue est grave et les fait valoir » et il en donnedeux exemples-. Encequi touche les Allemands, après avoir cité le mot du cardinal Jkntiooglio, prétendant «que les chevaux entendenl fort bien les Allemands », sans doute « pour prouver que les lirtcs s'entendeiil les unes les autres »', il soutient que « les Allemands sont plus sages » que ne l'a cru Joseph Scaliger et qu'il a tout sujet de se louer de leur honnêteté*. S'ils aiment à enivrer leurs hôtes •, ils sont fidèles à leurs femmes et, comme les anciens Germains, en ont beaucoup dans leurs armées ''. On voit que Chevreau a gardé un excellent souvenir de son séjour en .\llemagne et qu'il en estime beaucoup les habitants.

En revanche il se montre très dur et même injuste pour les Moscovites, qu'il juge « fort stupides », maintenus volontairement dans l'ignorance, aimant le vin au point de s'en faire donner des lavements, quand ils ne peuvent plus en avaler ". 11 répète par deux fois" ([ue (c le Moscovite est juslemcnt l'iiomme de l'iaton... un animal à deux pieds, sans plumes, à(jui rien ne manque pour être homme (jue la raison et la propreté ».

Au sujet des Suisses ou Helvétiens, il raconte" la façon dont ils conquirent leur indépendance ; d'uii vient leur première a[)pellation"' ;

Page 1