‹ Urbain ChevreauChapitre 239 sur 371 · II, pp. 28-2'J · texte numérisé non relu

II, pp. 28-2'J

C'est ainsi qu'à propos des armes de fer appelées d'airain par les Grecs, à l'imitation d'Homère, parce qu'elles étaient ainsi primitivement et de la py.ris, « boette ou boitte », vaisseau de buis creux employé chez les Anciens, il parle de l'Alabastcr ou Alabastrum, vase à huile et à parfum de la forme d'une bouteille, dont on a voulu faire un vase d' Albâtre, et du yard pistique, ainsi appelé non, comme l'affirme Saint Augustin, du lieu où il'croissait qui n'existe pas, mais de sa forme en épi'. L' Alabastrum est relaté par Saint Matthieu -: le .\ard pistique, par Saint Marc et Saint Jean.

D'après Nicolas FuUer, chanoine de la cathédrale de Salesbury, une fausse interprétation de la Genèse, chapitre 36; d'après Bochart, l'équivoque de Badad, épilhèlc du vrai Dieu au verset 12, chapitre 32, du Deuteronome et de Boded solitaire, épithètc de l'Ane ; enfin, d'après Morin. la confusion entre Chômer, l'urne où l'on conservait la manne et CItamor, l'Ane, ont fait croire aux pa'iens que les Juifs adoraient un Ane '. Cette opinion est absurbe et a été réfutée encore dernièrement à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (14 février 1908) par .1/. de MéUj.

Dans le deuxième volume Chevreau consacre un nouvel article ' à cet animal. Il raconte que, dans une conversation « sérieuse » tenue avec un de ses amis qu'il n'avait vu depuis quinze ans et « qui allait en Anjou ». il s'entretint à peu près uniquement « sur l'éternité de l'avenir». On en vint à parler, dans les « trois jours » que dura la conversation, de l'humilité de Jésus-Christ choisissant un âne pour sa monture, selon le témoignage de Saint Matthieu, de Saint Luc et de Saint Jean. L'ami « ne se pique pas de littérature ». Aussi Chevreau lui démontre que « cette monture n'était point honteuse dans les premiers siècles » et que d'ailleurs « Jésus-Christ semblait assez démontrer par là qu'il était ennemi du faste des Grands et son royaume différent de celui du monde »; car, depuis Salomon, on lui préférait le cheval et, dès lors, il était considéré avec mépris et son nom considéré comme une injure.

1. I, pp. 13-10. pislicn étant pris pour spicala. M. Bailly (Bict. gr.-fr.) traduit Tj.'j-iy.'ii l>«ir li/juiile, polahle. Quant à VAlabaslrr, comme il était ordinairement en albiilre, il a pris cette signification ^cf. >'onnius sur Ciccroiiy oiu, lii).

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