‹ Urbain ChevreauChapitre 244 sur 371 · Il, p. oi · texte numérisé non relu

Il, p. oi

8. Il, pp. llO-lli). ("est pourtant cette étymologie qui est adoptée. Pour bargiiif/ner, l'étymologie est douteuse (v. Kœrtiug, 2* éd (233;. Uiez propose Uarca, barque, par

il a tort d'y rattacher Barguigner, qui vient de Barcaniare, chicaner dans une rente ou dans un achat.

Barbare est formé du redoublement de Bar, dehors, champ, campagne et Chevreau n"a « nulle peine à croire que Baragoin (sic) vient de Bar qui sijînifie dehors et de Goiim, gens ». C'est parler comme les gens de dehors, les étrangers. De la même source viendraient, d'après Stuchius, Balbutire, en latin et en français Barboter '.

En traitant de Satyre' qui peut-être vient de l'iiébreu Suthera, vilain, difforme, de Sair relu ou de Sathar, a latendo, il assimile les Silènes à de vieux satyres et rattache à ces derniers l'étymologie de Mystère. Mistar ou Mistor qui. ainsi que Sathar. signifie quelque chose de caché, u C'est, dit Chevreau, ce que les Anciens appelaient Parère linguis, ore, Farere étant employé, d'après Festus, pour Silere.

Ruer vient de ruo, en grec pOw, en hébreu larach '. Briarée et Brave viendraient de Abar fortificare, robustare, dont les Grecs ont fait ^P'.îfc) roboro; Sv.xo';;, robustns. Titaxs vient de Tithéa, mère de ces fils de la Terre, de Tithboue ou de -•.-y.i'nv/, a trahendo tel extrahendo ou d'i-ô TT|Ç -ïfewç, ab ultione, ou encore de leur regard horrible, -'.tzvwô-;

Mais vient de magis'% ObsCi'cXE de obscœnum, scœnum pour cœnum, signifiant boue et ordure. Cette étymologie d'oBsciiNE n'a rien de certain, comme d'ailleurs toutes celles qui ont été données jusqu'ici pour ce mot ■ et Chevreau se montre ici trop absolu.

(( Ménage, dit-il ailleurs, n'a pas été fort heureux dans ses origines, sur le mot Canaille », qui vient de canis sorte de carcan ou de collier " et

filiation de sens analogue à celle du mot ihnhmil. Peul-("'tre vient-il de liar, suffixe préjoratif et de guigner ou du celtique buragan, marché. Chevreau en a parlé dan? ses ftenuirijue.t sur les poé.^ies de Malherbe (ms., p. 30).

1. litilbulire vient de balhus, bègue. Barboter signifiait primitivement fouiller dans la bourbe. Il vient de bab. préjoratif et du celtique bebw ou borw, buuillnnneinenl, bouillonner, d'où borbe, puis bourbe. Certains le font dériver de l'allemand babt, barbe, d'où serait venu lombard, homme n longue barbe, et siguifierait fouiller de la barbe du bee.

2. II, pp. 12») et 128. L'étymologie de Satyre, .)/ijstére. Uuer. firiarée et des Titans se trouve aussi mentionnée dans le manuscrit de Niort : Henianiues sur les poésies de Mallierbe.

3. II, pp. Id9-1()3. On rencontre ces étymologies dans le manuscrit des Remarques sur les poésies de Mullierbe, pp. "8-80.

i. II. p. 178. Che\Teau cite à cette occasion deux exemples de Villon. On retrouve dans les éditions des Uemarques sur Malherbe l'étymologie de .Mais.

5. II. pp. 27i-27o. Y. Dici. élymol. de Bréal et de Bailly, p. 227. à obscenus.

0. II, p. 302. On le f.ait venir maintenant de l'italien cauglia, race de chien, tiré lui-même de clms. Primitivement, on disait ehiénaille.

quand il a prétendu ([u'on prononçait Fonde pour Fronde, il n"y a pas cent ans, puisqu'on trouve Frondes dans une édition de 1550'. Fostus s'est également trompé en faisant venir Alpes de Alpum pour Album, blanc, neigeux ; il vient sans doute de Al ou Alp, montaçine haute en celtique -. Quant au mol Liban, do Laban, iHre blanc, il tire son nom de ses neiges, de ses briques blanchies au feu, de la blancheur de l'encens Lcbona ou de ses pierres excessivement blanches'.

Chevreau termine ses études étymologiques par les mots Calvaire et GoLGOTHA ' sortis, le premier de calvarium, ou calraria, crânes de suppliciés que l'on voyait sur cette montagne et le second de Galal, il a roule, galgal, rondeur et gulgoleth, crâne, parce que le crâne est rond et peut rouler facilement.

Après les questions d'étymologie, ce que Chevreau recherche, ce sont les remarques sur des expressions ou des mots, sur quelques lignes de vers ou de prose. Nous ne nous arrêterons pas à ses Observations sur certains endroits de Malherbe : nous en avons assez longuement parlé ailleurs \ Voici, parmi les autres, celles qui nous ont paru dignes d'attention.

Chevreau ne se contente pas de signaler '^ l'emploi de mots français que l'on croit faussement tirés du latin barbare des derniers siècles; de PURPUREUS, dans le sons d'éclatant de blancheur'' ; de lœtaster, dans celui d'en/oMC* ; de erangere, dans les diverses acceptions de fouler, diminuer, fléchir, partager'', et il approuve la subsUtution de cunc- TANTiBus àc.ANTANTiBus, dans uu dos derniers vers de la di.xième églogue de Virgile :

Surgamus, gravis esse soici cantanliljus unilira'".

et l'explication d'ExiLis par jietitc, pauvre dans le domus exilis plutonia de la quatrième ode du premier livre d'Horace". Il trouve extravagante

1. II, p. 303. FRONDE de fukda a donné aussi FONTE, poche à /minicis.

Page 1