Voir les Traités de .Moralo de Chevreau
4. H. pp. iO.'i-ill, et aussi, I, pp. 178-170, l'A'/icicH.r. Nous avons iléjà ilil qwc les Pnririnis étaient une manie du .xvii' siècle et que beaucoup d'amaleurs ou d'écrivains de profession en avaient composé, pour montrer leur pénétration et ronrnir de ces analyses délicates (|ni intéressaient alors nn pnidic très curieux de tout ce rpii concerne le (d'ur et l'esiirit. Du roman les portraits étaient passés dans la société, dont ils fiMinaienl un despasse-temps les plus recherchés et jusque dans la prédication.
sujet; opiniâtre, médisante sans distinction et vindicative sans miséricorde ' » ; et des traits par lesquels il caractérise le Téméraire, qui « entreprend tout » et le Vaillant, qui « n'cntreiirend jamais que ce que la prudence lui conseille- » ; les Complaisants, qui « semblent faits pour applaudir» et les C/t/("a«eitrs qui paraissent « nés pour contredire ' »; les Avares, qui «n'ont point de plus irréconciliables ennemis qu'euxmêmes ' » ; les Médisants et les gens incapables de retenir leur langue, qui (( mériteraient qu'on la leur coupât^ ». Comme La Bruyère et bien d'autres à cette époque, il montre ici un grand esprit d'observation, une finesse délicate d'analyse, avec une parfaite sûreté de pinceau, une austère sobriété d'expression.
D'après les portraits, maximes et réflexions qui précèdent, on peut résumer ainsi sa doctrine morale : Ne soyons pas ingrats, llatteurs, ou médisants; cherchons des amis sûrs et restons-leur fidèles ; attachonsnous à la vérité, à la sincérité ; fuyons la colère, le parjure, la rancune, la prodigalité et l'avarice; vivons dans une sage réserve, toujours en garde contre undanger possible; élevons les enfants sans trop de sévérité ; défions-nous de la femme et du mariage et, sans nous préoccuper du jour de notre mort, songeons à ce qui doit la suivre ; ne restons pas oisifs. Pour la plupart de ces points, Chevreau se trouve d'accord avec l'auteur des Caractères, tout en insistant particulièrement sur la femme, la mort et l'emploi du temps.
Nous ne saurions espérer avoir fait une analyse complète du Chevraena si nous ne disions un mot des Lettres et des Poésies qu'y a introduites l'auteur.
Les Lettres sont au nombre de cinq, dont une dans la première partie et quatre dans la seconde.
Celle de la première partie a été écrite par Saumaise'. Il remercie Chevreau de lui avoir écrit et regrette de n'avoir pu rendre service à son ami. Mais, dans les cours, « la faveur est plutôt pour les présents que pour les absents ». La lettre est datée de Leydcn, le 6 d'Avril 1653.
Les quatre autres lettres sont de Clievreau. Elles ont été groupées deux par deux et viennent toutes de Loudun, en l'an 1698.
La première du premier groupe est adressée à M"" Bridier,