T. III, I, XI, p. 97. Paris
5. V. Grammaire latine de Chassang, cours sup('i'iem', p. 500 ; Minerra. luir le IJ' .lames Gow et Salnnion Reinach, pp. 143-145, etc. Consulter les mêmes ouvrages pour l'origine des mots Calentles, nies et iwnes.
6. En effet M. Kedet {Diri. loprii/r. du départ' de la Vienne 1881, pp. 235-236) et M. Ant. Thomas {Essais de pliilolnr/. fr", 1904, pp. 55-56), pensent que le vi-ai nom de Loudun est Laudanum, employé par Chevreau dans sa lellre latine ex|iédiée de Loudun à .Morus (Corresp'" do la Trémoille, n* 161, i)p. 193-194) et qui viendrait de /.Uf/udunum, forteresse du dieu Luf/us ou de /.anridununi. composé de /.aucus, ilevenu ccignomen). Cependant noire auteur emploie aussi Juliodunum dans son billet latin à M. de Court (IJEurres mêlées, p. 242) comme .Macrin, Sainlè-Marlhe. etc. Ce mot signifierait forteresse de Jules César : il s'applique à Lyon, Laon, Leyde, etc.
Ijieu le 20 ami qu'est né Urbain Chevreau. En le faisant naître le 12 mai, on a compté à la française, à partir de la division du mois déjà écoulée et non, comme les Latins, à partir de celle à venir, sans penser non plus à l'ellipse de ante que nous avons signalée et qui était d'un usage courant '. En donnant le iS avril, on a oublié que les Romains faisaient entrer dans leur calcul le jour même qui était désigné et celui delà division du mois qui devait suivre, le terme initial et le terme final. En les supprimant, on a l'explication des deux jours de différence entre la date véritable et la date adoptée à la fois par le Journal de Trévoux et l'auteur anonyme de la vie de Chevreau.
Ceux qui ont fixé le 21 avril comme date de la naissance de Chevreau, n'ont pas songé sans doute que le mois d'avril a trente jours, non trcntc-un eommemarset mai, ou n'ont tenu comptequede l'extrait de baptême de notre auteur qui, en etîet, porte cette date, mais qui a dû n'être rédigé que le lendemain.
Enfin l'erreur dn 1S [écrier tient à ce que le critique a lu probable ment Kalendas Martias au lieu de Kalcndas Maias, calendes de Mars, au lieu de calendes de Mai, ce qui donne bien le ISfévrier comme douzième jour suivant les calendes.
Quant à l'année 1015, donnée par le grand dictionnaire de Larousse, ellene peut guère s'expliquer autrement que par une coquille du typographe.
Ainsi, pour résumer toute cette dissertation, un peu longue et sèche, mais nécessaire à notre avis, pour dissiper tous les doutes et marquer une date définitive, Urbain Chevreau est né à Loudun, le 20 avril 1613=.
Voici son acte de baptême, tel qu'il se trouve sur le llegistrc de l'EUH civil de Loudun, où nous l'avons copié textuellement '.
(( Le dimanche, vingt-uniesmc de apvril 1(513, a esté baptisé en l'Eglise de céans par M. Itciié Lcmousitier, presbtresegretaiii ctehanuine
1. (a'iK'Talomoiil nirme on écrivail n. (/. A7/ h'iihnilns Maias. c'est-à-dire (inicilicin ihindi'iiiiiiiiii kalfnilax Maiax. lueiition devenue liiendM eolleelive et invariable, au lieu de ilie i/iiiidcci»i(i aiile h'nlriK/ax Maias.
2. Une faute d'impression sans doule a l'ail écrire ;\ l'alilié Saliatii'r de Castres (Ac.v trois sii'cles de la lillcralurc française, 177',t. I" vol., p. 28.'i) que (îliovreau est né à l.iiiulres. La mémo année naiiuirent Lu Hoc/iefoacaiitd, Sniiil-lùrenamd. Mviiane, Ixiiiailrc de Sacy.
11. Il occupe une partie de la p. iS de ce rCKislre, qui esl inlilule : .\rrhires aiilerieures àl7!)0: paroisse de Saint-l'ierre-rtu-Marclié ; série (i. (i. i.'l ; /!a/ilrairs, Mariar/es et décès, 1701. Kri oulre. à la première feuille on lit : /'a/iiers des ha/ilisleres, fait l'it l'rr/lise pariir/nalle de M. S. l'ierre de l.iidaii, par nous Joaeliiiii .otarie I, aidas dit lie la Val, /lace au.v droits el maistre lieeiiliè eu tlièitlaijie, à prcsciil recleiir de la dicte Cl/lise. <;ouinien(;anLce très auguste jour do la très admirable Aseensiou de N. S. et 11. I. CUrisl, 28 do May IGO'J.
LA VIT-: DE ClIliNIiKAL" ',
lie ladite églizo, Urbniii, lllz do }f intliolnc Cliccreaii.p'mlvctii \Uv'n.'r cl Suzanne Une. sa femme, paroissiens de lad. égU/.e, ont esté ses parains lionnorahlo Immme M" Charles Huirier. eons"'^' au bailliage et siège présidialdoLûdiin cl }ii'icrre flianleau. Procureur aud. siège; maraine, damoisello I iliainc Cioiiffenj. cs[iouso dliounorablc' .)/' lleiié (Icnaiit, conseiller aud. siège, qui ont soubsigné avec le père présent.
RociER René TiERVais
Bi.viîDKAt: Lemoimeh. prst
AnI. tllIEVRE.i.L"
Comme on le voit, Urbain Chevreau appartenait à une famille de condition modeste, sans être pauvi-e. .Stin père était peintre vitrier et non avocat, ainsi que le prétendent à tort le Journal de Trccoin-, MM. de Bcauchamps etdeLéris', l'abbé Lambert et le duc de la Vallière'. La forme, à la fois courante et compliquée, de sa signature témoignent qu'il possédait une certaine iiislruclion.
D'ailleurs, la profession de vitrier n'était pas au \vr et au xvii" siècle, ce quelle est devenue aujourd'hui. On comprenait sous ce nom. dit lleniard l'alissji. tous ceux qui « foysoient des ligures es vitraux des temples et peygnoient les dittes ligures. » Bernard Palissy hii-mème, fameux [lolierdii x\r' siècle ( l.'ilO-l.'JOO), iiousapprend, dans ses œuvres, qu'il avait fait de la vitrerie i)our vivre. Depuis 131)1 les peintres vitriers formaient une corporation i\ laquelle Louis XI avait accordé des Lettres [latentes. 11 n'était donc pas viai pmii- tiiu~ le [irovcrbe : « Cueux comme un peintre. »
La famille de notre auteur était établie à l^oudun depuis le xv siècle, sans qu'on puisse en rien dire de plus précis.
D'après le lUrlioiinairc iiistorhjitc cl qcuéaloqufuc des familles du l'tiilou' rédigé par MM. Beaucliet Filleau. il y avait en Poitou, au commencement du xvif siècle, ipiatrc familles du nom de Chevreau. L'une. ai)[)eléc Chevreau ou Cherraul. habitait le lîas-Poilou ; la deuxième, qui comprend la liraurhede la lîuériiiihr et celle de liais Sahlon, était oiiginniro de Loudun : la Irnisième. snriie probablement deCham-
I. //iiiiiiiiih/r riail Ir liliv iliiniii' ;iii pi'lil lidiiriiciiU il.iiis li'S acii's civils : iiuhlr finiiinir t'iail ri'iui rhi honi'i^rois iin|ii>r(aiil ; êitrssin' cohii ilt* la poi*sonne do (jualîtr.
:;. Mais 171)1. p. ;i()(i. iirito -x.
:t. /l'rr/icii/ii'sxiir li'x l/iriihvx ilc /■'/•«/irc. l'aiis IT.'i.'l. I. U. p. IS:! l'I lliiliiiiiiiiiiie... f/ra Ihi'fiirt'x, p. .'»:{;{.
i. //ixloii-f lilli'riilic tlii rn/iif r/c /.nuis .\'/\' f{ /lililiiillii-'/iie ilu l/n'iili-e friniriiix. t. III. p. X. Crllr crrciir se ri'h'inivr ilii nvli' ilaiis la Hiiiitili' /•^iiri/rlnjinlir l't dans ri-ilitiiin lin l'iil ili- l'niiirillr par M. Ili'inon. liiliMilni'liciii p.. ilCi. l'aiis, l)t>la,!:rave. ISSti.
:;. l'uiliiMs. iiiipiiiiicrif Omliii il C', i. nu- île l'Epiioii. iiuùl liSS.'î. iii-M ;-'raiKl raisin.
r. L'HOMME
pigny-sur-Veude (Indre-et-Loire) compta un I rbaiii CheereaK, mais différent de celui qui nous occupe. Il ne paraît même pas y avoir eu de parenté entre la famille de ce dernier elles précédentes, nobles toutes trois.
l'arlons maintenant de la quatrième famille poitevine des Chevreau , qui nous intéresse particulièrement. ]>es documents, qui la concernent et que reproduisent en partie .\IM. Heaucliet-Filleau. proviennent des noies recueillies par .M. Roger DrouauU. un éruilit hieii informé.
Le père de notre écrivain. Antoine Clierrean, le maître peintre et vitrier, eut de Si(:an)tc Uclarnc ou de la Rue, sa femme, 7 enfants : 4 garçons et 3 filles, dans l'ordre suivant : Le 1''' Auguste, vint au monde le .') février 1G03. Le 2", l'krrc. na(piil le Ki février IG04. Devenu mailre peintre à son tour, il se maria le Ki mars 1041 à Madeleine Leramte et mourut le 23 février 17(11. quelques jours après Urliain Clievreau. Le 3'' enfant fut Siizinnie, née le 2(i février l(i07. Le 4'', Jean, né le 14 février 160i), fut maître vitrier lui aussi et épousa Marie iiiranlt. Le ."i" est Urbain, notre auteur, dont la naissance, comme nous l'avons vu, date du 20 avril 1013 et (|ui mourut le [."J février 1701. Le 0", Marie, uue lilie. vint au monde le 2 février lOIG et enfin le 7'', une fille aussi, l'Iiilililie. naipiil le 20 nctdlire 1017 et s'unit à Itciié Cinile.r. notaire royal à Liiudun.
Pour en finir avec celle famille, ajoutons que de Pierre ou Jean Cliecreau naquirent un fils, appelé Antoine, comme son grand-père, et une fille, du nom de Madeleine, comme sa mère ou sa tante. Cette fille se maria avec l'aul Confe.v de la Chambre, son cousin sans doute, et demeura veuve eu 1720, époque où son frère, devenu prêtre, lui donna le pouvoir de li(iuider la succession de leur père.
Tels sont les seuls détails que l'on possède sur les [larents de Clie vreau. On ignore quand innui-urent son [>èrc, sa mère, la ]iluparl de ses frères et de ses sœurs. Les registres de la ville de Louilun. ipie nous avons consultés, n'en conservent aucune mention.
Irbain Chevreau fit au moins une partie de ses études à Poitiers. 11 le déclare formellement dans le Clietraeana', à (iropos de sou compatriote Lauroit Mesme, dit N en ré, ce « fils d'un gargottier d'un faubourg de la ville de Loudun », qui avait étudié quel(|ue temps avec lui à Poilicrs, u sous iiu même mailre n. et. moine défroqué, s'élail fort mal conduit vis-à-vis de sa prolerlrii'c .M'"" de Longueville. de ses amis (iassendi et .Moriii.