VI. — Œuvres Pieuses
Les livres de dévotion étaient chez nous en grand lionneur depuis que Louis XIII avait consacré son royaume à la Ste-Vierge ' ; ils partageaient, au dire de Guj- Patin % la vogue des romans.
Le pieux Chevreau ne pouvait échapper à cet entraînement général ^ Il avait déjà traduit, paraphrasé, mis en vers des œuvres morales et religieuses ; composé un Philosophe moral : parsemé ses écrits de réflexions sages et dévotes. Même au temps de sa jeunesse, dont il a certainement exagéré le libertinage, il n'avait jamais perdu la foi ni le respect dans la religion.
Aussi, une fois revenu de ses voyages et rentré dans sa chère retraite de Loudun ; seul avec ses souvenirs, au milieu de son beau jardin, dans sa vaste maison; sentant les atteintes de la vieillesse et l'approche de la mort, fut-il pris d'un redoublement de piété, d'un « regain » de dévotion, augmentés encore par le contraste de la vie tranquille qu'il menait actuellement avec les agitations d'autrefois. C'est à cela que nous devons, sans doute, les écrits dont nous allons parler et qui sont perdus.
l" Œuvres chrétiennes de prose et de vers par un solitaire, 1696 ou 1697.
2» Le Bréviaire de l'Ermite, publié sans doute vers la même époque* et annoncé à M""^ la Marquise de Setret le 3 juillet 1693, mais comme ne devant jamais voir le jour, ce qui est sans doute arrivé.
3" Prières et Méditations choisies avec quelques poésies chrétiennes, indiquées par l'abbé Drouyn (tome LV), comme ayant paru à La Haye en 1715, et qui peut-être contenaient les vers pieux découverts en manuscrit par .M. Laclièvre, puis vendus, on ne sait à qui, comme nous l'avons signalé "■.