‹ Urbain ChevreauChapitre 286 sur 371 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Langage et Style, Versification et Lyrisme

Maintenant qu'est terminé l'examen des œuvres de Chevreau, conservées ou perdues, étudions la constitution de sa plirase et de ses vers.

Nous ne nous étendrons pas longuement sur ce chapitre. L'étude des mots et des tours a depuis longtemps préoccupé les grammairiens et les critiques. Le Vocabulaire et la langue du xvii» siècle ont été l'objet particulièrement depuis le dernier siècle, de nombreux et savants ouvrages". Hardy, Malherbe, Racan, Chapelain, Vaugelas, Corneille, Racine, Molière, La Fontaine, La Rochefoucauld, Pascal, La Rruyère, Bossuet, M"°« de Sévigné, tous les écrivains de quelque renom possèdent leurs lexiques particuliers. Les Dictionnaires de Littré, d'Hatzfeld, Darmesteter et Thomas fournissent en outre, sur cette période féconde, une source inépuisable de renseignements précis.

La GRAMMAIRE, à son tour, a été étudiée dans les introductions des différents lexiques ci-dessus mentiounés et aussi dans la Syntaxe française du AI7/« sih-le. publiée en 1S88 par l'allemand Haase et mise depuis peu en français, saus compter un Mémoire de Marie Minckwitz sur la grammaire française, paru en 1897, dans la Zeitschrift fiir franzosische Sprache iind Litteratur et plusieurs autres travaux remarquables.

L'Orthographe et la Prononciation ont suscité les précieux traites de Didot et de Thurot, pour ne parler que des plus importants.

1. Victor Hugo a écrit deux très belles pages sur la langue au commencement du ivii' siècle (V. Lillcralure et l'hilosophie mêlées, éd. Hetzel Quantin, 11-12).

Enfin l'histoire intérieure et extérieure du français de 1600 à 1700 a été rédigée avec une maîtrise indiscutable.

Tous ces ouvrages, venant après ceux, en grand nombre déjà, qui avaient été composés, au xvii» siècle même, par Vaugelas, Ménage, La Mothe Le Vaj'er, Scipion Dupleix, le Père Bouhours, Nicolas Bérain, Lesclache, Lartigaut, Patru, Tliomas Corneille, de Caillères, Régnier Desmarais, Racan, etc., ne laissent plus l'espoir de faire du nouveau et l'on est réduit d'ordinaire à les répéter à peu près textuellement sans la moindre utilité '.

Cette obligation serait d'autant plus étroite pour nous que notre auteur ne se distingue de ses contemporains par aucun caractère bien saillant et qu'on peut lui appliquer la plus grande partie des observations générales faites sur les autres. Nous nous contenterons par suite d'un résumé analj'tique, où seront notées quelques particularités de Chevreau ; à côté des remarques et des règles qui s'appliquent au xvii" siècle tout entier et qu'on ne saurait complètement négliger.

Son oiîTHOGR.vPHE est incertaine '. On lit Scîiderberfj et Scanderhcnj à la même page (187) ; Eurydrs (Scanderberg) presque partout et Euriilcs p. 23d, etc. De même plusieurs mots, généralement bien écrits, le sont mal parfois. On trouve menasses [Coriolan, v. 1119), nompareilles (id., v. 107o), mast [id.. v. 208), o/'enser et ofence {Lucrrcc, V. 1273) vangance {id., v. 1248), tu xoij {Innocent exilé, v. 35), je thraye {id., V. 39), di/ {id., v. 870), douer/ {id., v. 1707), etc. Elle est étymolo. gique le plus souvent. Exemples : En bon point (.Irocai dupé, v. 4.'i9), Adranceinent (Considérations fortnilcs p. 89j, espics (id. lOOj, 7-epaist (Àtoc. sup. v. 37) souhmet (Innocent e.rilé, v. 992) suhjette (id. v. 1022) ; phonétique parfois, avec suppression, dans bien des cas, des 7n, n ou s, qui sont remplacés par un accent circonflexe et aussi du t dans le pluriel des participes présents et adjectifs. Exemples : .Approchêl (Lncrhe, II, 61), Scàderhen], insolens (Liicrire, v. 106), remerciement

1. M. Ferdinand Itninol vient de eommeneer la jiiililicalion d'un onvraf^e très cnnsidërable sur 17/i.s7i)i>t' (/(' /ff Iniiijuc frniiçaixe ilcpiiis Icx orii/iiirs juxiiii'en IHOO. Edité chez .Vrraand Colin, il comptera an moins i volnmes. Le premier el le deuxième sont parus. Le troisième était annoncé pour 1908 : il n"est pas encore pulilié.

2. .his(|u'à l'apparition du lliitinniuiirc de r.lriii/i'iiiii', en HWi, l'orllKifiraphe française mantiua d'une autorité sutl'isante pour la fixer. Ile là les variations, les hésitations, les coutradiclions même des écrivains. Aussi Fénelon a eu tort d'accuser de minulii: les f,'ramraairiens du xvii" siècle. Ménage, par exem|ile, el le 1'. Ikiuhonrs. S'occuper de l'orlhographe, de la ponclualicui, de la prononcialion, n'élait pas chose inulile. L'ortho.^raphe élail chancelarilc -, il n'y avait point de ponclnation ; l'accentuation était ili'i'i'i'tueuse. Il ap|iai'tenail aux grammairiens de redresser ces travers, de revenir à la vraie langue frani;aise.

(Lettres nouvelles, p. 162), scacans [iil., p. 249), tornns {Hermioqnie, l^. 107); )' est mis pour /, surtout à la fin des mots' ; i pour j, !/ pour i" ; J', c pour s. Exemples : Pyrate^. luy, maaaais, désolez, iuges, etc. (Tableau de la Fortune, p. 27, 4, 6, 9, 3, etc.), ennmj (Lucrèce, v. 753), martire (Coriolan, v. 900), lybre (id.,\. 244), courrons (id., y. 17 etlSl) ; a pour e. e pour ai, oi pour ai, eu pour ou, eu pour «, et inversement, rangée (/.a Suite du Cid, v. 33). conètre (Lucrèce, v. 68). receae (ÎMtrcs nouvelles, p. Ii6), j'appreate (id., p. 146), jus»ie pour /eùne (;"£?.. p. 206), surtout (Suite du Cid, 1390), sereine pour sirène (Tableau de la Fortune, p. 6), phantome (id., p. 91), »ais pour nés [id., p. 298), ei bien (Les Frères rtrauj", 863), serai» (Coriolan, v. 487), capitène (Lucrèce, v. 173), famé [Coriolan. v. 202).

D'ailleurs on trouve des cliangemeuls sans règle fixe, faux bourg (Cbevraeaua, I, p. 2), ywire (id.. p. 13),piuo/es (i(/.,p. 14). Enguien (id., p. 39), Des Cartes (id., p. 97), Hanaucre (id., p. 123), etc,. comme aussi des suppressions ou des additions arbitraires de lettres : Courlisannes [Chevraeana,l, p. 200), roUrjo- ((V/.,p. 169), souttet (Tableau de laFortune, échaffaui(id.),innondations(id., p. IQo), ameron(CoHsidérations fortuites, p. 67), ma\eur (Lettres nouvelles, p. 67), 5ybil/es (id., p. 32), ancre pour encre (Lettres nouvelles, p. 76), avecque [id., p. 300), dès-jà [id., p. 310), poignad pour poignard, (Scanderberg p. 102).

On trouve même des métathèses : aborrhe pour abhorre (Les Frères liivau.r, v. 710). Ho. exclamation de surprise, pour ah exprimant la joie ou la douleur (id.. v. I.'j23). Mastrich (id.), éclogue (id.. Il, p. 73), scait (id., p. 177 et presque partout où ce verbe est employé). De même, lorsqu'il doit y avoir deux s de suite dans un mot. notre auteur, selon l'usage général, change la première en /'.

Autres exemples d'orthographe bizarre : Millridatbe (Tableau de laFortune, p. 37), ,*Ene'e (id., p. 40), Mexiquain (id., p. 48), Afriqaain (id., 73), Sian (id., p. 48). bourlet [id., p. 49), aage [id., p. 63), la mer océanc du ^'ort [id., p. 64 et 68), dés (id., p. 86), après [id., p. 148), Inguas (id., p. 149), P/o'/ophemo/ms (i(/.,p. 203), lo' pour vous [Scanderberg, 11, p. 69 et 370). no' pour nous [id., p. 317).

1. Autrefois « l'i/ l't.iil notre double i on notre i long. .\ la fin des mots, ou le pn-férait à l'i, afin de prévenir tonte pensée de liaison comme consonne ou comme voyelle avec rinitiale suivante. Nous avims changé cela ». (Les HtsIorieUes de Tnlleimnil îles lieaiix, :!' éd. par M.\I. de Monmeniué et Paulin Paris, i tomes, Paris, chez J. Téchencr, 18oi, avis, p. viu). Dans le pronom '/h/, l'i/ ne remplace jamais lï. Eu pour un est une question de phonétituie, de morphologie ; j'appreurc est un archaïsme régulier; /rei/vàtes une innovation analogique inverse de celle qui s'est produite dans trouve et a prévalu ; mais, pour plus de commodité, nous avons compris toutes ces formes dans la question ortliograi)liiciue.

Les ACCENTS AIGU, GRAVE ET CIRCONFLEXE SB remplacent avec le même arbitraire ou manquent là où nous les mettons aujourd'hui'. N'agukre (Lucrèce, v. 502), crû. du verbe croire [Lettres nourclles, p. 233), chute (id., p. 33), commencèrent (Tableau de la Fortune, p. 25), ame (id., p. 34), après [Tableau de la Fortune, p. 148), dés (id., p. 86).

L'accent grave se place quelquefois sur ou, conjonction ; mais, par contre, manque quelquefois suro», adverbe.

Vous n'aimez que les lieux ou régné; (p. l'cgncnl) les ténObies

(La Suite du Cid, v. I-213).

Nous avons déjà vu que I'accent circonflexe remplace un m, un n ou un s. Cepùdùt pour cepoulant (Lettres nouvelles, p. 68), impuissàs (La suite du Cid, v. 1130).

Les guillemets (( fermés » se placent au commencement d'une maxime ou d'un proverbe (U Avocat dupé, v. 170).

Le TRÉMA se rencontre souvent, môme sur des mots à diphtongue séparable, c'est-à-dire suivie d'une voj'elle, loi'icr (Lettres nouvelles, p. 112), obéissant (Hermioijhre, p, 64). quenomlle [Tableau de la Fortune, p. 15), pais (Lettres nouvelles, p. 67), loi'ieront (Lucrèce, v. 988).

La PONCTUATION cst légèrement fantaisiste, du fait de l'écrivain ou de l'imprimeur et aussi des deux à la fois. Le point d'interrogation même est en quelques endroits omis ou placé à faux.

Certains noms communs et certains adjectifs. i>our les signaler à

1. On pont r('>péler, poni' (Iliovreaii, ce qui osl dil dans los l/isloriclles de TnllniiaiU tira Réaux cdilées en ISoipar M.\l. de Monmcrqné cl Paulin Paris, 3' éd. clicz Tochener. Il ne prodigue pas Facceutuation ; « il est de ceux qui la regardaient comme un aveu de l'imperfeclion des éléments de l'écriture... Pour l'accent aigu, il le juge inutile sur \'c première Icllrc et sur la plupart des e qui, dans le corps du mot. le re^'oivent aujourd'hui... Dans l'opinion <les grammairiens de ce temps là l'e devait 1res rarement former à lui seul une syllabe; la consonne suivante en était le complément naturel, comme dans cg-lise, el-ev-alion, ed-iiriilnni, etc. Dés lors, il n'élait pas besoin de marquer du signe supplémentaire une IcUre dont la prononciation ne pouvait offrir d'ineertilude X Avis p. G. « L'accent circonflexe ajoute-t-on, y figure rarement, parce (|u'on ne regarde pas encore comme inulile et tout à fait muelle l'.v, dont cet acceni lienl aujourd'hui la place )■ id. VU. Aussi bien que l'accent grave, il est souvent remplacé, chez Chevreau, par l'accent aigu, qui se renconlre même liYoï'i nous 71c le mettons plus, suivi va non d'une consonne : O/hrIs (ics- Deihv Amis, v. 380 ; ivl (iraiiUtn- U'I. v. GiO) ou autrement iiiii\'hciir (Lca Frères /livaii.r, v. 170 et 189), n'aiifrai/e (id. 17(1). qn'el (id. V. 713), nature, l'aclieiiiciil (id. v. 731) re.<i/erp, p. les levé (id. v. 900).

Ajoutons loulcfois que. pour ncnis, plusieurs de ces changements d'ortliograplie .siuil suspects et doivent être attribués, avec bien d'autres modifications d'écrilure •dans cerlains mots, à une erreur du typographe, plutôt qu'à nue façon d'écrire ado|dée do temps à autre et ca|U'icieusement par Chevreau. C'est le cas sans doule pour t'liilii\û>eiiieiiiis (Tdhleaii de la Fortune p. iO.'i) Cndefniij de HMUiii (id. 210) ; .Stuwar (id. il.')), imprimés au lieu de l'Itilupemen, (ludefrui du /iouilloii. .Sliiarl, el pour plusieurs autres.

l'attention ou encore sans motif, commencent par une lettre majuscule : Comédienne {Lettres noni-ellcs,p. 104), Fanfaron (kl. ,p.l2), Prince [Chevracana I, 169), Riche [id., id.], Héros [L'Innocent exilé, v. 861), ïj/ra« t*«^-i V. 869).

Les GUILLEMETS pt Ics CÉDILLES sout négligés ou mis sans raison, mais négligés le plus souvent. 11 en est de même des parenthèses. Et aussi des TRAITS d'uxio.n's : /;o«-/ie»c (Pocs/'es, p. 6) quelque-fois [id., p. 7), bien-tost, [id., p. 6), mal-heureu.v [id., p. 4), désobliger [Lucrèce, V. 326) ; en-bon-point [V Avocat dupé, v. 439) ; Ion g temps (Tableau de la Fortune, p. 40) ;

En ce qui concerne les Parties du discours nous distinguerons les MOTS VARIABLES et Ics MOTS INVARIABLES. Nos exemples seront peu nombreux, vu la quantité de ceux que nous avons donnés au cours de cet ouvrage : ils serviront uniquement à préciser les lois alors suivies et à en montrer l'observation par notre auteur.

I. MOTS VARIABLES. — 1° Article. L'article est répété dans certains cas, supprimé dans d'autres, sans qu'on puisse toujours s'expliquer pourquoi. En général, Chevreau le mettait devant le substantif. Sa variabilité et son invariabilité devanlplus eUnoins n'ont rien de fixe.

2" Noms. Le genre des noms est incertain, du moins pour un grand nombre d'entre eux, sauf les indications fournies par notre auteur luimême, notamment dans ses Œuvres mêlées (p. 48o et suiv.) et dans le manuscrit de iSiort.

Sont généralement masculins : absinthe, aide, doute, épisode, épithalame, insulte. Ombre, amnture se rencontrent au masculin [Lucrèce, V. ,"567, IxsdeuxAmis. v.6i0) ; féminins : abîme, carros.se, navire, poison, intrigue, comté, emplâtre, ouvrage, risque. Pleurs se trouve au féminin [Les deux Amis, v. 904).

Des deux genres ' : aigle, amour, foudre, fourmi, gens, œuvre, période, pourpre, épitaphe, duché, délice, porte, office, etc., souvent en changeant de sens en môme temps que do genre-.

Pour ce qui est du nombre, Chevreau a dressé une longue liste des noms usités au pluriel ou au singulier (Œuvres ynrlées, p. 479 et suiv.).

N'ont pas de singulier : .llpes, complies, Funérailles, Mânes, Ténèbres, Vêpres, etc.

N'ont pas de plurier (sic) : adolescence, argent, cerfeuil, céruse,

1. La qucstien du genre et du nombre dans les substantifs est traitée à part dans les Heniriif/ues manuscriles fie Cherrenu sur /ra Poi-sifs rli' Malherlm que nous venons de publier p. 30 et suiv., p. 82, etc.

2. V. Amour est employéavcc deux genres dilférents dans trois vers qui se suivent (Lucrèce, v. 709-711).

couperose, galerne, grarilc, micL nature, orgueil, soif et, en général, les mois abstraits '.

3° Adjectifs. Les règles de I'adjectif qualificatif sont généralement suivies. Ceux qui avaient la même terminaison au féminin qu'au masculin en latin n'en ont parfois qu'une ici Atalante est bien fort (Awcat dupe, V. 285).

Le COMPARATIF cst quelquefois employé pour le superlatif relatif.

Vingt et cent multipliés prennent ou ne prennent pas la marque du pluriel.

On trouve septante-cinq pour soixante-quinze (Tableau de la Fortune

I, 17,204), septante-deux (Cheiraeana, II, 185).

Mil et mille s'emploient indifTéremment. Trente mil écus (Scanderberg, II, v. p. 103); près de deux mille personnes (id., p. 102).

En général, le nombre ordinal remplace le nombre cardinal pour les désignations chronologiques : Charles sixième, 18<* jour de mai ; mais on trouve pourtant livre II, etc. On lit aussi iChevracana, I, 408 et

II, 69), l'onzième vers ell'onzième chapitre.

L'adjectif démonstratif ces s'emploie pour ses, adjectif possessif et inversement (Lucrèce, y. 1379; Coriolan, v. 1018).

Parmi les adjectifs indéfinis, aucun prend quelquefois la marque du pluriel; inéme se place avant ou après le nom, sans différence de sens et s'accorde à peu près arbitrairement, comme quelque, tel et tout.

Le même arbitraire règne pour l'accord des adjectifs qui précèdent les substantifs : ci-joint, nu, demi, feu, possible, etc.

Prêt à, prêt de sont employés pour près de.

4° Pronoms. En ce qui concerne les pronoms, on peut dire :

1» le PRONOM PERSONNEL est souvcut omis, malgré les prescriptions de Vaugelas. Quant on l'emploie, il se place généralement avant le verbe, que celui-ci soit suivi ou non d'un autre verbe. La va réduire en poudre {Coriolan. v. fil4 ; L'Innocent e.idc, v. 234-236) ; de ne le point découvrir (Chexraeana, I, 4i). On ne se peut aimer (Lucrèce, v. 528).

£»(, y remplacent aussi bien les personnes que les choses.

Soi s'emploie comme réfléchi, même avec un sujet déterminé ou au pluriel.

ICIlo me thc à soy, (iiiaïul mua aauitu s'iirilc

(Les deu.x .\mis, v. I?7).

Par contre, les pronoms de la 3'^ personne remplacent un nom pris dans un sens indéterminé.

1. Clicvrcau l'crit pinirlaut .les Iroiiblcs pour son Irouhlf {Tiibl. lic lit Furluitc II. 1, 213),

langage; et style 431

2" Qui, PRONOM RELATIF OU INTERROGATIF, s'emploio au sens neutre pour les choses, clans le sens de qu'est-ce qui ou de ce qui et ne prend pas toujours la personne, le genre et le nombre de son antéeédent, substantif ou pronom. Cet antécédent se place souvent assez loin de lui pour plus de vivacité.

Dont se met pour d'où.

11 est quelquefois écrit ilonc {Les Frères ricau-r, v. SG3).

Uà se dit des choses, mais aussi des personnes, il équivaut alors au pronom relatif précédé de l'une des prépositions «, en, dans, chez. Chevreau condamne son emploi pour les personnes '.

Le pronom relatif lui-même n'est pas toujours répété quand, dans une phrase, il est tantôt sujet et tantôt complément.

Il se met encore avec un pronom personnel là où nous mettrions avec lui un pronom possessif.

On en met deux l'un après l'autre après certains verbes, dire, croire, vouloir, etc.

3" Pour les pronoms indéfinis, notre auteur emploie parfois l'un pour ton après les verbes : dira l'on pour dira t-on.

Supprime le pronom rédéchi se, qui fait pléonasme. Ils ont succédé les uns aux autres :

11 fait précéder (/Mîco;N/(/e d'un antécédent; dit : tel que soit un mari pour quel que soit {Lucrèce, v. 641) et n'observe pas toujours la règle de Vaugelas, établissant la distinction entre personne substantif et personne pronom.

Un chacun est mis pour chacun (La Suite du Cid, v. 112 et Lucrèce V. 303).

lj° Verres. Dans les phrases construites avec être, l'auteur place quelquefois l'attribut avant et le sujet après le verbe ; ne fait l'accord du cerhe qu'avec le dernier substantif comme pour les adjectifs,

et, en revanche, met parfois le pluriel après les conjonctions ainsi que connue, unissant plusieurs noms.

Le plus souvent il fait dépendre le verbe du pronom ce, non du sujet pluriel,

et, par contre, met le pluriel après les collectifs qui chez nous n'entraîneraient pas le pluriel.

L'emploi des compléments est bien différent du nôtre quelquefois et l'on trouve des constructions que nous condamnerions aujourd'hui.

Page 1