‹ Urbain ChevreauChapitre 292 sur 371 · PIÈCES · texte numérisé non relu

PIÈCES

4 vers

frafin

Poésies, u*"- 3, slaiices

fmfm

25, clianson

fnifm

72, stances

finTm

73, stances

12, 12, 8, 8, 1" et (!• sir. ; 12, 12, 12, 12, les autres.

fnmif

fEuvres mêlées,

pp. 609-611, ùiic.

5 vers

finffm

Poésies, n"* 28, ode

fmlTm

29, stances

fmlTm

55, stances

6 vers

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Poésies, n»* 4

Himfni2fm2

24, chanson

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30, stances

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31, stances

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56, stances

7 vers

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Poésies, u»* 5, stances

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57, stances

9 vers

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fmnifm2f2ni2f2ni2

Poésies, n«* 2, stances

nifmnirm2f2ni2f2

27, ode

10 vers

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nifnitm2m2i2iu3t2ni3

Poésies, n"' l,otIe

Vers suivis

12 avec (pielipies vers de S et 6 syllabes dans Mu-rlie et le Désespoir amoureux.

12 avec Ut vers lyriijues de 12, 0, cl Ssxllabesdans Narcisse.

ITmm niniiï

Dt'sospoir amoiirciiv .

Procri? . Uem^de damour, M\rilie. Kk^gies ; Poésies, n"' 74 cl 7i> ; Œuvres mél., pi>. 43'.'- 4-13; Chevreau. II. pp. 38-50 ; Poésies, n» oS :

l/lieurcux impuissant .

Narcisse.

Œuvres mél.. t3e Biilel ni^lé, pp. 207-212.

1. Voir les Stances (lu recueil de Poésies de Chevreau (16uC).

Chevreau a fait en tout 20.723 vers, ainsi répartis ' :

IHrces de théâtre 11.637

Poésies citées à la suite de Coriolan et des Frères ? iiaux 521

Tableau de la Fortune 64

Recueil de Poésies de 4650 4.776

Œuvres mêlées 2.837

Chevraeana 890

Total 20.725

Si l'on défalque les 11.637 vers des Pièces de théâtre, il reste :

Le vers que l'on rencontre d'ajjord est ['alexandrin, mêlé ou non à d'autres vers. Sans parler des œuvres dramatiques, dans lesquelles il entre à peu près exclusivement, il constitue près de la moitié du chiffre total des autres, soit 4.260 vers.

Viennent après, en nombre presque égal, rocTOSYLLABE et le décasyllabe. Les vers de 7, de 6 et de 4 syllabes sont les plus rares.

On compte 192 stances, strophes on couplets. 4 poésies sont partagées en groupes de 4 vers ; il y en a 3 de a ; 5 de 6 ; 2 de 7 ; 2 de 9, 1 de 10 et enfin des vers suivis. Pas de groupes de 8, de 11 ou de 12 vers.

La combinaison des rimes n'est pas très variée. On trouve bien des quatrains formés de vers égaux ou inégaux, à rimes plates ou croisées ; des quintains, des sixains, des dizains ; des stances de sept et de neuf vers, égaux ou inégaux, à rimes suivies, croisées, embrassées ou mêlées; mais Chevreau n'a imaginé aucune disposition nouvelle, se contentant d'employer quelques-unes de celles qu'avaient inventées ses prédécesseurs. Celles qu'il a préférées ont en général de la gravité, quelque chose de sévère et de lent, parfois de lourd et de compassé ; mais de temps en temps les vers s'animent, se combinent avec art et, de cette heureuse union, la pensée sort plus légère et plus vive.

Au point de vue de V inspiration poétique, nous pouvons assurer que tous les caractères de la poésie lyrique au xvii" siècle se retrouvent

1. Nous no comptmis bien entendu, qu'une seule l'ois les pièces île vers qui figurent aussi bien dans les Œuvres métces et le Vhevraeana que dans le recueil des Poésies.

dans les vers d'Urbain Chevreau. Comme ils n'ont pas de date bien déterminée, il nous est impossible de constater par eux les progrès successivement accomplis par l'auteur '; toutefois il nous est permis de porter sur eux une appréciation d'ensemble, en dehors de celle que nous avons déjà émise sur ses pièces de théâtre.

Ainsi que Tristan l'Hermite, son ami et presque son maître-, Chevreau a traité un peu de tout dans ses stances, odes, récits, etc. La poésie amoureuse y coudoie l'hymne ou la paraphrase de Psaume ; l'élégie accompagne le billet folâtre; le poème héroïque précède la parodie mythologique; l'éloge hyperbolique succède à la satire gaie ou mordante : tous les genres y sont représentés, au moins en raccourci et il n'est pas jusqu'aux ballets, qui, venant après les tragédies, les tragicomédies et les comédies, ne témoignent de l'universalité poétique de notre auteur ^

Malheureusement universalité n'est pas synonyme de perfection et l'œuvre de Chevreau, pour être universelle, n'est pas parfaite : loin delà. Les défauts y manquent aussi peu que les qualités et ce senties défauts, comme les qualités du temps.

Dans les poésies erotiques ', il emploie le jargon précieux alors en usage ', surtout depuis le cavalier Marin. 11 cultive la pointe et les jeux de mots exigés dans le sonnet et le madrigal. Il a d'autres fois une crudité d'expression qui nous choque', Mais, sous ce dévergondage de

1. L'appréciation donnée par la ,\ouvetle biorjrnphie r/énérale éditée en 1863 par Firmin Didot sous la direction du docteur llnefer (I.\ p. 277) est assez l)izarre. « Les vers de Che^Teau, y est-il dit, sont très médiocres au point de vue poétique, mais ils contiennent des détails intéressants sur la Cour de Christine ». Or une ode seulement est adressée à celle-ci. Le Père Niceron {Mcmoires t. XI, p. 32) dit à son tour que les ballets font connaître le temps où l'auteur était en Suède. Tous ces jugements manquent d'exactitude et de précision ; ils ne sauraient nons contenter, ni nous instruire.

2. Plusieurs poésies de Chevreau sont visiblement imitées de Tristan, selon M. Bernardin (Tristan l'Herniile, 2' partie ch. 4, 289, note 4). Il y a même pour certaines identité de titre (/.o Belle en deuil, la Belle (iiieiise, la Vieille amoureuse, etc.).

3. Il faut noter pourtant que beaucoup de ses pièces de vers ne sont pas originales. Outre ce qu'il doit à Tristan l'Hermite et à d'autres de ses prédécesseurs et contemporains français, il a traduit u sonnets du comte italien Fulvio Tcsti, 3 du portugais Camoëus, 1 de l'espagnol Lope de Vega ; 1 de l'italien Sempronio d'I'rbino ; 3 madrigaux et 1 épitaphe de Testi, 1 madrigal de Camoëns : 1 épigramme du latin Ausone et de l'italien Sannazar : en toul 16 poésies tirées de l'étranger, plus deux épigrammes empruntes à Théodore de Bèze.

i. Ce sont les pins nombreuses. Mais il faut entendre parce mot toutes les poésies q>ii traitent de sujets galants, tristes ou gais. Il y en a 67 dans les l'oésies.

■i. Les noms de Catisle, Sytvanie, Carite, etc., qu'il emploie généralement, appartiennent presque tous à l'arsenal poétique dn temps.

(i. Le Vireliii et le Bandeau notamment, avec quelques épigrammes (p. ex. Le Portrait d'un I/crnuip/irodile, l'Horoscope renversé et la pièce de vers qui suit le madrigal J'our un chimiste).

mots, sous celte préciosité subtile, on découvre souvent les ardeurs d'un iiommeriui a réellement goûté les douceurs et les amertumesde l'amour; qui s'est senti l'âme doucement ou violemment agitée par les alternatives d'une passion réelle; dont les désirs ont été contentés ou les espérances déçues.

Ceci est encore plus vrai, quand il s'agit des poésies religieuses de Chevreau'. On y sent une foi sincère, une piété véritable ; l'afféterie et la recherche sont plus rares. L'auteur s'occupe peu des autres : il songe à lui-même, à son salut. Il déplore ses fautes ; exhale le désespoir d'une âme pécheresse, mais repentante ; implore avec chaleur, du Dieu très puissant et très bon qu'il a tant de fois et si grandement offensé, l'apaisement de ses souffrances, le pardon de ses débauches, la force nécessaire contre les tentations. Effraj'é de la justice divine, il craint le châtiment qu'ont mérité ses vices ; mais la clémence céleste le rassure enfin : il compte sur la miséricorde du Dieu fait homme et sur l'intercession de la Vierge Marie. A la franchise de l'émotion se joignent ici l'éclat des images et la fermeté du style. On reconnaît aisément le trouble d'une dévotion rigoriste, le Iremblement convulsif d'un cœur angoissé et qui s'exagère ses plus petites faiblesses.

Dans ses pohnes héroi-comiqnes ou plutôt burlesques', Chevreau manque d'originalité et de fantaisie. (1 est plutôt froid, monotone et guindé ; sa bouffonnerie sent l'effort. Nulle part on ne trouve de franche drôlerie ou de gaieté communicative. Toujours solennel, il procède par longues énumérations, par descriptions interminables qui. grâce à leur nombre même, produisent un effet burlesque. Mais ses plaisanteries sont triviales et plates, parfois cruelles et grossières, rarement fines et plaisantes : il y manque trop de la légèreté et de la prestesse. Le burlesque, chez lui, est resté « effronté », sans être neuf.

Mais, quand il le faut, notre auteur sait rester sérieux et naturel. Ses épiçjrammes à M. L. B..., à M. de la Colombière. à Adam Billault, sur le métier de poète, sur un alchimiste ; plusieurs sonnets ordinaires et à bouts rimes traitent, comme il convient, des sujets graves ou

1. Sur Ips i sonnets religieux que contiennent les Poésies, 3 sont traduits du portugais Caraoëns. Mais cela n'a pas eniprclK' Chevreau de chanter sa foi comme Brébeuf (V. Journal tic l'Universilé des Aiinalex, 10 juin 1909 conférence de M. Kaguet sur le Lniiiarlute du Xf'/I' siècle, /Jreheiif, pp. 721-723) et d'exprimer en lieaux vers ses méditations et sesélévations religieuses, plus brièvement sans doute que Hrébeuf, mais avec autant de sincérité et de force. S'il n'a pas composé des Knireliciis suHltiircs, il a fait des (Jùiircs pieuses, dont malheureusement quelques-unes sont perdues, mais qui; par ce qu'il en reste, témoignent d'une vigoureuse inspiration.

2. Il y en a 3 dans les Poésies : Narcisse, Procris et le Remède d'Amour.

communs, sans pointe déplacée, sans grossièreté malsaine, sans galanterie hors de saison '.

Dans les odes guerrières, où Chevreau célèbre les exploits du jeune duc du Maine par exemple, il essaye vainement de grossir la voix, de hausser le ton. Sa grandeur dégénère fréquemment en enflure. La tension et l'emphase remplacent trop souvent l'élévation de la pensée, la noblesse du style; il ne sort guère de la banalité, du lieu commun et du convenu. Ces défauts se retrouvent dans l'Ode à la reine Christine- et ailleurs.

En somme, tous les genres y sont confondus, tous les mètres y sont mêlés. Mais, sous cette variété apparente, que l'auteur traite de sujets religieux, moraux ou légers, se cachent trop souvent l'uniformité du fond et la monotonie du style, aussi bien que lorsqu'il s'agissait de tragédies, de comédie ou de tragi comédies.

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