LE LION ET LE RENARD
(LiMe II, fliap. (I. Clievraeana, p. 411)
Un linn, cassé de vieillesse.
.Mis hors d'état, par sa faiblesse.
De chercher de (|iioi se nourrir.
Et pressé de la faim, dont il allait mourir, 0 Fit le malade, et, dans sa perfidie,
Jugea bien qu'étant roi de tons les animau.v, A tout le moins les principaux Le verraient dans sa maladie.
Tous ceu.x dont il fut visité, 10 Eprouvèrent sa cruauté.
Le renard vint, mais loin de sa caverne. « Hé bien ! dit-il. Seigneur, comment va la santé ? Oui vous traite ? Qui vous gouverne ?
Ouclle est votre incommodité'? i'i Ou ne peut sentir, je vous jure,
Plus vivement que moi votre triste aventure ». (( Approchez, reprit l'auli-e. en toute sûreté. Je ne vous entends pas : j'ai l'oreille un peu dure » ; Et, comme il approchait, il vit épouvanté, 20 De quelques animaux, les sanglantes carcasses. (( Excusez-moi, Seigneur, je vois tontes les traces De ceux qui sont entrés pour vous faire la cour; Mais je n'en trouve point qui marquent leur retour >: On doit liiujuiii's examiner 25 La chose ([u'on veut entreprendre.
Et l'on en jugera, sans longtemps raisonner. Par la fin qu'on en peut attendre.
(Chccracana, I, jip. 381-38-2.)