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i. l.cUi-es iioiaelles, IG;>."i, p. 62 H'.l. (iillicil, l'uvxiex i/iirrsi's, p. tO. fjile n In reine lie Siièile sur suit couroniiemenl.J
o. T. X, p. 277. Paris, 1863. (V. Poésies de Chevreau, liallel de la Fëlieilé.)
Christine régnnit alors '. Cette princesse aimait les gens de lettres et accordait aux poètes, aux savants, aux philosophes, une généreuse protection. Descartes, Bourdelot, Saumaise, Rochart, Huct, Naudc, Courlin, Gilbert, IcsVossius, les Heinsius, etc., se rendirent h sa cour. Chevreau, fervent catholique, devint le familier de cette reine protestante, qu'il contribua peut-être à convertir -.
Pour le fixer auprès d'elle, Christine en fit l'ordonnateur de ses fêtes et le nomma son secrétaire des commandements. Il composa alors des vers galants et des ballets qui furent dansés à la cour.
Mais ses absorbantes occupations n'empêchaient pas Chevreau d'entretenir une correspondance suivie avec Chapelain, Tristan l'Hcrmite et un grand nombre de savants, tant étrangers que français, dont nous parlerons en étudiant sa correspondance. C'est lui qui mit en rapport Scudéry et Christine. C'est par son intermédiaire que la reine accepta la dédicace à'Alaiic', poème épique, pour lequel elle promit même à l'auteur une chaîne d'or de la valeur de mille pistoles, à condition d'en retrancher l'éloge du comte de la (lardie, alors disgracié. Mais Scudéry répondit que, quand la chaîne serait aussi pesante que celle dont il est fait mention dans l'histoire des Incas ', il ne renverserait jamais laulel où il avait sacrifié. Le poème parut cependant, avec une belle dédicace à la reine qui, sans doute, en faveur de la noblesse du procédé, avait retiré la condition mise d'abord à sa générosité. Dans une lettre, communiquée par le conseiller Scheidt, bibliothécaire au Hanovre, à M. Arckenlioltz et que celui-ci fait adresser ', en 1651, a Celsius, bien qu'elle soit de 1653 et envoyée à Scudéry, Bourdelot écrit, entre autres choses : « Vous ne sauriez croire, monsieur, la joie que m'a donnée votre lettre et combien j'en ai été fortifié. Je l'aie lue en pleine académie et
1. Cetle fille (lu grand Gustave Adolphe, née en 1626, morle en 1689, fut rliio reine en 1633. Klle abdiijna en 165'f, embrassa le calliolieisnic en 16.')o et se relira à Rome.
2. Mlle fie Scuiléry nous la iicint, dans son roman du tiriiiiil l'i/nis. sous les traits de Cléoliiiline, reine de Corinttie. Au livre 11, t. l.\, on voit eette souveraine entourée des sept sages de la Grèce, c'esl-à-dire de savants et de lieanx-es|)rils, parmi lesciuels figure « le sage Chevreau » (V. Cousin, /.<i suciélr fraiiçnixc tin xvu' sirrle. pp. 2i;j-2l6, note).
3. Elle prétendait compter Alarie parmi ses ancêtres (V. t.ivEi. /'minir et Précieuses, v. Georges de Scniléry. p. 2'i!l, etc.).
4. Il s'agit de la chaîne de lliiaijiiiKird/iar. forgée le jour oii {'dait ni' le frère du célèbre Aliiliuiilpii. jiMine prince descendant des liicas, les somrrains du IN'rou au moment de la contiuèto espagnole, i^ix c'ènts vigoureux Indiens avaieiil de la peine à la soulever. Pour la soustraire h l'avidilé des Esiiagnols, on la jeta dans la lagune de Ch\u|nito.
.'>. Mrmoires cniireniiiiil f'/irislinr. rciiir ilr Siinir, I. IV. p. ilt3. !><■ n'Mii di' l'auteur est seulement à la fin di' la préface dn I. 1 ', p. .vxvm.
ceux fine j'ai vus il y a quelque temps, les plus emportés, sont à présent dans la crainte. Vous écrivez d'une hauteur digne de vous. La reine l'a trouvée belle. La fermeté que vous avez témoignée commence à vous faire un parti assez considérable. M. Chevreau s'est joint à moi ; il est fort et résolu. Je l'aime extrêmement et sa Majesté commence déjà fort à le goûter. Messieurs Bochart, Naudé et du Fresne se déclarent vos amis et vous font leurs très humbles baise-mains. Il y a ici des rabat-joie, que Scaliger appelle liypeicritiqnes, qui sont terriblement méchants, surtout des Italiens et des Hollandais, qui vont au gros de l'œuvre et qui ne se laissent point amuser par les douceurs et les agréments de la diction. C'est à eux que vous avez à faire et aussi à d'autres Français fort polis et qui parlent de tout si judicieusement, qu'ils ne font jamais les ridicules. C'est à vous à les rendre tels. Je ferai tout pour vous, quoi qu'il arrive ».
D'après ce qui précède, on voit que Christine de Suède s'entourait surtout de savants français : c'est ce que lui reproche amèrement Arcken hollz qui, dans ses Mémoires sur Christine de Suède, a tenté' une véritable réhabilitation de cette princesse et n'a voulu voir, dans les attaques dont elle a été l'objet de leur part, que l'expression de leur cupidité insatiable ou de leurs vices. Elisabeth Charlotte, deuxième duchesse d'Orléans, parlant du libertinage de Christine, déjà relevé par M""' de Motteville dans ses ' Mémoires, attribue également ses débauches aux Français de sa cour, notamment au vieux médecin de Coudé. Bourdelot, (( qui l'a fortifiée dans tous ses dérèglements • d. Mais il faut voir là un propos d'Allemande, mal disposée pour les Français, puisqu'elle écrivait : (( Il est vrai que si je suis venue en France, c'est par pure obéissance pour mon père, pour mon oncle et pour ma tante l'Electrice de Hanovre : mon inclination ne m'y portait nullement ' ».
D'ailleurs la princesse Elisabeth-Charlotte n'a pas voulu probablement englober, dans cette critique générale des Français, Urbain Chevreau, son ancien précepteur, qui l'avait instruite dans la religion
t. Page.* xi-xiii. XXI, etc.