l'âge
Quelle que soit In versirm exncte. il n'en resie pas moins acquis que Chevreau avait réuni dans sa liililiolliéque unequautité importante d'ouvrages ', dont la valeur était, pour le temps, fort considérable et qu'après sa mort, ces ouvrages furent dispersés.
Nous savons du reste par lui-même que les livres et les fleurs furent toujours ses deux seules passions véritables, surtout vers la fin de ses jours. En ce qui concerne les dernières, il écrit dans ses Œunrs rniHèes '-. «... Je fais plus d'état de six anémones cl de six tulipes bien panachées (|uc de toutes les fleurs de iliéttiriqne. » Pour ses livres, s'ils sont en partie perdus, il reste quelques actes passés par lui ou en son nom et retrouvés aux archives de la \'ienne; les voici :
Le 4 décembre 1G61, il avait acquis de Jeanne Fanton, veuve de l'icrre Aubin, avocat au Parlement une maison à Loudun, « en la rue tendant du couvent des religieux capucins à la Porte Saint-Nicolas, main gauche joingnant la d. (dile) rue et en la rue tendant de la d. (dite) rue à celle qui va de la Croix-Bruneau au carrefour Saint- Nicolas ». Ce fut dans cette maison, située en face du couvent actuel de Chavagnes, qu'il habita jusqu'à sa mort.
En 1072, il acheta de Modeste Thibault, veuve de \'inceiit Henry, sieur de la Croix-Blanthe. une maison contiguë à la précédente. Vers la même époque, il avait faire construire à ses frais, sur l'emplacement de l'ancienne église de Saint-Nicolas, le couvent de l'inion Clirctienne, nujourd liui aux religieuses de Chavagnes.
Nous trouvons encore dans le répertoire d'Aiihenj, notaire royal, les actes suivants relevés, comme les précédents, par .M. Drouault.
1G69 (23 avril) marché entre M"^ Pierre Chcrreau ayant charge de .M' l rhain Clieireau. advocat et François Pottier, W maçon ;
H)71 (2G mars) sommation par Pierre Vherrcan. ayant charge de M'" / rbain Clierreau. advocat au Parlement, à llenjamin Diifanr, advocat ;
I(i72 (8 avril) aclo d'indemnité iiar .M" Pierre et Jean Chevreau.
1. •■ l'lii> tlp ?oixaiilt> mille livn's. ilil son l>i(if;ra|)lii' aiionyiiii' {(t'urres tin-l,-rs. I. .\l)ivj:(' ili' la vie tle M. Clif-viiaii i, (|ni exagère sans iliinle et [urnil le jihx d'arlial ponr le nonihre (le voUunesJ.
2. Hhjii ips ini'lres. 1, .1 Mnnsiiiir iIp Siiinl-Aniniil. |). ili. l'ii pen loin, il ajnnle i|n('. inalf-'ié rrx<'cllenl aeeneil ilu duc el ilo la (liii-liesse île lîielielien, il lui anive. an liunl iTmi iiiciis on deux « de l'egi'eller (iiieli|nefnis " ses fleni's ou ses livres (V. p. lîtii .1 .1/. <lr Siiiiil-.Wiiiilii). d'Ile passion pour la nalure. assez rare an xvn' siiVle. élail paila}.'!'!' par .-ion ami Le Kévre. (V. fon-rspaniliiiirr ilr /.<• h'virr. p. 2!i'.l). et par ([nelques unli'es pro.saleurs on poêles dn leinps (t^ainl-.Viuanl. Théophile de Vian. Hacan, La Fontaine, Segrais, M"* de Sévigné, etc.). Nous en reparlerons. (Y. J'oésies.)
maistrcs pintres à honncsie femme Philippe Chevreau, femme de M^ René Confe.r, notaire ro yal ;
(8 avril) Rcco.viinissaiice par Marguerite Constant et Jean Chevreau, M° pliitre et vitrier ;
1681 (8 septembre), quittance par Louis lierre, écuycr, sieur du Moulin, à M<^ Urbain Chevreau, précepteur de Monseigneur le duc du Maine.
Enfin, le 11 décembre 1700, Urbain Cher) eau, secrétaire des commandements de S. A. Mgr. le duc du Maine, cède aux dames de la Missio7i chrétienne ' la maison où il faitsa demeure, située en cette ville, en la rue tendant des capucins à la porte de Mirebeau, moyennant le prix de 6.000 francs, qu'il donne aux religieuses pour les dépenses de Franroise Chauret, Suzanne Vidart, nouvelle convertie et Marie Confex, sa nièce. Il s'en réserve la jouissance pendant sa vie et le droit de disposer « de tous les oignons de tulipes, jonquilles, hyacinthes, pattes d'.anémones et de renoncules, ainsi que des orangers, citronniers, lauriers-roses, jasmins d'Espagne et œillets. (Douleau, notaire à Loudun).
A sa mort, ses héritiers refusèrent de livrer la maison, sous prétexte de vendre les oignons. Un procès s'engagea le 1:2 avril 1701 ; il l'abandonnèrent bientôt et mirent les religieuses « en possession », mais laissèrent néanmoins la bibliothèque à sa place et les fleurs dans le jardin (3 mai 1701). (Archives départementales de la Vienne F. -91).
La maison qu'habita Urbain Chevreau, et que peut-être il fit reconstruire en partie, existe encore'-. Cependant la tradition populaire est à
1. Ce sont les mêmes que les Dames de t'Vnion ehrélieime citées un peu plus haut. Les religieuses de VUiiian c/irclieiine, auxquelles Chevreau donnait sa maison, avaient été fondées par un nommé Valet, prèlre de la province du Dauphiné ef par un nommé Vincent, supérieur de la mission. Elles s'étaient élahlies à Lcmduu vers 1G70, (V. Hisloire du l'uiluii par Tliibiuuleau, continuée jusqu'en 170'.) par U. de Sainte- Hermine, t. III. chap. 20. p. W'Vi). « Leur principal emploi était d'instruire les jeunes orphelines et surtout celles que les dragonnades avaient converties à la religion du roi (V.le journal J.e .V/.V' siècle. n° 10.'l,'j|, mercredi 13 juillet 18'.I8, 2"t messidor, an lOC). /.e Mercure f/alniil de mars 1701 dit simplemeul que Chevreau consacra à Dieu la belle maison qu'il avait fait hàlir et qu'il hahitait de|niis vingt ans environ, « en la donnant au.x filles de l'L'iiwii c/iielieiuie, à condition qu'elles recevraient trois religieuses. »
2. Nous en donnons deux reproductions photographiques, dues k l'obligeance dé M. Moreau, un habitant de Loudun, très versé dans la c innuissance des antiquités locales et que nous avons déjà eu l'occasion de ciler. Malheureusement les grands tilleuls plantés aux carrefours ont empèidié le [ihotographe d'obtenir de la porte d'entrée principale un cliché aussi net qu'on l'aurait désiré. Ceci est d'autant plus regrettable que la porte a mieux conservé que bml le reste le cachet de l'époque. Nous espérons toutefois que, malgré sou imperfection, cette photogiUphie offrira (luelipie intérêt.
peu près muette sur son ancien propriétaire. C'est un vaste immeuble, dont le corps de logis, à deux ailes peu saillantes, s'ouvre au levant sur un grand jardin. On peut y entrer de la rue de la Porte-Saint-Nicolas et de la rue des Capucins par deu.x portails à baies cintrées, pinces en face l'un de l'autre, sur un axe passant au bas du jardin et parallèle au logis.
Ce sont les parties de la maison dont le caractère se dessine le mieux. Le premier de ces portails sert d'entrée principale ; c'est aussi le mieux orné. L'entablement et le fronton ionique sans attributs, qui les couronnent, sont supportés par deux pilastres doriques à surface unie, montés sur slylobatc et appliqués sur le trumeau à joints bossages de la porte. Le stylobate sert d'appui à deux grosses volutes, dont les naissances remontent sur les bords des trumeaux jusqu'à la corniche de l'entablement, où elles se terminent par des volutes, dont la petitesse contraste avec l'ampleur de celles du bas. Cette ordonnance assez monumentale et passablement conservée ne paraît dater que de la fin du xvH'' siècle.
Sur le côté de la rue ou plutôt du carrefour, planté de tilleuls, qui fait face à ces portails, se trouve la maison des daines religieuses de Charafjnes. Cette maison fut habitée parles Dames de ri'nion Chrétienne, qui l'abandonnèrent en 1772, pour s'installer dans celle des Ursulines, dont la succursale venait d'être supprimée.
« Au sujet de la maison que Chevreau fit bâtir au profit de l'Union chrétienne, on peut aussi bien supposer qu'il s'agit de la sienne que d'une autre placée à proximité de la première ou de la seconde résidence de ses légataires ' ».
.\ ces renseignements, M. Moreaii a bien voulu joindre les suivants, qui ne sont pas moins précieux '-.
« On doit supposer que le jardin était, d'après son étendue et le goût de son propriétaire, un des plus beaux de la ville. Celte partie de la maison s'étendait sur les deux tiers à peu près du quartier limité par les rues Saint-Xicolas, Villecourt et des Capucins... Il y a vraisemblance que la disposition générale devait être celle d'un parterre français, encadré d'arbres, de tilleuls surtout. Chevreau nous dit lui même que les anémones, les jacinthes, les tulipes et les jonquilles, dorées comme le soleil des armes roj'ales, décoraient les plates-bandes à bordure de buis nain. Les orangers et les lauriers roses en caisse s'alignaient devant les