Mars
5. Scévole I" de Sainle-Marihe avait également é(é enseveli dans cette église (1623). Si)n épitaphe a disparu comme celle de Chevreau.
C. Paul Curieux était curé de l'église Saint-Pierre-du-Marclié depuis 1681 et, avec François Leroux, administrait au spirituel la maison de charité de Loudun, que .lacques Chevreau administrait au temporel. Fr. Leroux était curé de Saint-Pierredu->Iartray, l'autre paroisse de Loudun et Jacques Chevreau était président au bailliage (Cf. Lirre d'or de la maison de charité de Loudun : llcvue poite\-ine de 18ï)6, Etats civils).
7. Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, t. II, p. 45.
8. >>ous perraettra-t-on d'exprimer le vœu de voir cette plaque remise, avec son inscription, à la place qu'elle occupait autrefois ? Ce serait un juste hommage rendu à la mémoire de Che^nreau.
gravé, d'après une copie relevée ligne pour ligne par M. Arnault Poirier.
Cy dessous (jist le corps de ^P Urbriin Chcrreau, arocat au Parlement, déredé
le 15 [écrier iJOi, âgé de SS ans.
Il a été secrétaire des commandements
de la reine Christine de Suède. Il a
demeuré longtemps à la cour du roy
de Danemarck, de plusieurs princes
d'Allemagne et surtout de M. i Electeur
palatin, Charles- Louis, père de Madame.
Il eut l'axantagc de trarailler à la
conversion de cette princesse et le
bonheur d'y réussir : il eut de plus
l'honncitr d'être clioisi pour précepteur
de son A. S. Monseigneur le duc
du Maine et d'estre secrétaire de ses
commandemcns. Il s'est distingué par
un grand nombre d'ouvrages, qui luy ont
mérité l'estime et l'approbation de tons
les scaxans, et, après une retraite de
30 ans (ju'il a passés à l'estuilc. et la
prière et à l'exercice de la charité,
il est mort en des sentimens
d'une piété très édifiante.
Priez Pieu pour le repos de son âme
De la biographie que nous venons de tracer, ce qui ressort on premier lieu, c'est que Chevreau fut un grand voyageur. De bonne heure, il quitta sa ville natale et se rendit étudier à Poitiers. Son éducation terminée, il partit pour Paris. De là, il ne tarda pas à rayonner en Europe, allant et venant sans cesse, non seulement de Paris à Loudun, à Champdonier et à Thonars. mais en Hollande, en Suéde, en Danemark, chez l'Electeur palatin, en Italie, voire sans doute en Angleterre et c'est seulement après ces pérégrinations incessantes, parfois forcées ', qu'il regagna Loudun, pour y goûter un repos bien mérité.
C'est alors qu'il put satisfaire librement sa passion pour les [leurs,
1. Kiitroprisps sur « des ordres suiirriours i>, lisons-nous dans l'inlrodiictinn des Œiiirex nirices.
passion capable de nous surprendre à une époque où elle était assez rare et qu'il éprouva toute sa vie à un très haut degré '.
Cette passion toutefois ne le possédait pas entièrement. Elle était, non pas combattue, mais doublée par un ardent amour des Hi-rcs. S'il promena son corps à travers les pays européens, son esprit parcourut sans trêve le vaste domaine de la littérature. Ce « juif errant » du xvii'' siècle fut, comme Varron, un engloutisseur de livres' et, comme Pline l'Ancien, le plus occupé des « fonctionnaires' ». Son activité intellectuelle s'exerça dans tous les genres. Po/j/^ra/j/te infatigable, il produisit, même dans sa jeunesse agitée, des œuvres qui ne sont pas sans valeur. Au cours de ses déplacements, il produisit encore. Enfin, dans sa retraite, il partagea son temps entre la lecture, les fleurs, les visites et la composition''. C'est alors notamment qu'il fit ses Œucres mêlées et son Chevraeana.
Car, tout en aimant à lire et à jardiner, il n'avait pas abandonné, même sur ses vieux jours, ses relations mondaines, et il continuait à être, dans son hermitagc, l'homme éminemment sociable qu'il avait toujours été. On pourrait dire de lui ce que Saint-Simon disait de La Bruj'èreM( C'était un fort honnête homme, de très bonne compagnie, simple, sans rien de pédant et fort désintéressé ». Nous avons vu des preuves de son désintéressement, de la simplicité de ses mœurs et de sa politesse. Aussi, lui appliquant le portrait, esquissé par d'Olivet, de l'auteur des Caractères", on le dépeindrait volontiers et sans exagé ration, « comme un philosophe, qui ne songeait qu'à vivre tranquille avec des amis et des livres, faisant un bon choix des uns et des autres; ne cherchant ni ne fuyant le plaisir: toujours disposé à une joie modeste et ingénieux à la faire naître ; poli dans ses manières et sage dans ses discours; craignant toute sorte d'ambition, même celle de
1. Nous avons déjà signalé pourtant que son ami LL'Fi-vrc pai-ta^ioail cet amour. On peut en dire autant de son compatriote, le poêle l'aul Coûtant et de plusieurs autres poitevins. (Cf. Qiietriues puèles |>ar JM. .Vrnould). Ils n'en constituaient pas moins une glorieuse exception avec Kacan, La Fontaine, ete , que nous avons déjà cités. Les autres, en général, pour goûter la nature, voulaient qu'elle fût au lu-éalahle transformée par la main de l'homme.