Lettre L
blessures reçues dans le combat sont parfois honorables. La gloire et le malheur ne sont pas incompatibles. « Le blessé ne s'appelle pas vaincu, mais celui qui a perdu le cœur et les armes. »
Dans une seule lettre, à M. Boutin', Chevreau s'excuse de sa paresse et en demande pardon.
Ce sont des remerciements qu'il envoie à M"" des Carres, à MM. du
PONT-SILLY, 'ViGNON, le BaRON DE SaIXTGeORGES, LÉVESQUE, DE LA VaU-
Riou, Barry.
11 a « mille obligations » à M"*" de.s Carres ■ pour les vingt « gallans » qu'elle lui a envoyés. « C'était assez d'être belle, sans être encore libérale. » S'il osait, il irait la remercier comme il le désire : il se réserve pour plus tard. Derrière ces .sous-entendus, on devine de la part de Chevreau quelque chose de plus que de la simple reconnaissance pour qui le (' souffrait » depuis deux ans et lui envoyait des rubans d'Angleterre.
L'honneur que lui a fait M. du Pont-Silly ' est au dessus de tout ce qu'on en peut écrire. Des vers ne sauraient le payer, mais on compte sur sa bonté pour excuser cette impuissance.
Il ne méritait pas « le dessein' » que vient de lui envoyer M. Vignon : « Ce n'est pas d'aujourd'hui que la peinture a fait honte à la poésie ; car « on peut voirde plus belles choses qu'on n'en peut entendre. Aussi est-il obligé grandement par « cette merveille visible », qui enchante tous les jours le plus noble de ses sens. Nous ne savons pas plus quelle était cette peinture, que la nature de l'honneur fait par du Pont-Silly à Chevreau. Tout se borne à des formules vagues et à des comparaisons nombreuses empruntées aux Anciens.
Il en est de même dans la lettre au daron de Saint-Georges ', où Chevreau déclare ne pas remercier, parce que les Muses sont filles de Mémoire non de Reconnaissance.
Le remerciement à M. Lévesque" est plus clair : il s'agit de la santé que ce médecin lui a rendue et que les débauches de sa jeunesse