PROJET DE RENTRÉE DANS SON DIOCÈSE
rantie sérieuse pour des gens pratiques, comme les Anglais ? Le retour en France était problématique, du moins sa réalisation ne pouvait avoir lieu que dans un avenir fort lointain. Quant aux biens à hypothéquer, s'ils n'étaient pas encore vendus, comme biens d'Emigrés, ils ne pouvaient tarder de l'être. Aussi cette proposition n'eut-elle pas plus de succès que la première.
En conséquence, le 3 septembre, le Comité de secours de Jersey regardait ses fonctions comme terminées, vu l'impossibilité d'obtenir des secours. Le gouvernement anglais n'accordait que 12 sols par jour à chaque laïque. Le comité déclarait qu'en doublant ce tarif, en l'élevant à un schelling, c'est-à-dire à 24 sols, cela suffirait pour « l'absolu nécessaire. » « Si ce secours venait à manquer, ajoutait-il, plus des deux tiers de nos compatriotes seroient réduits à mourir de faim (1). »
Dans ces circonstances, les Emigrés n'eurent plus qu'une pensée, débarquer en masse sur la côte de France, y vaincre ou y mourir les armes à la main. Ils s'organisèrent sous les ordres du marquis du Dresnay. D'ailleurs, à ce moment, les Vendéens, conduits par La Rochejacquelein, s'avançaient victorieusement vers les côtes de Normandie et de Bretagne. Les Emigrés de Jersey et de Guernesey pourraient se joindre à eux, si ceux-ci parvenaient à s'emparer de quelque point important de la côte.
Déjà les Vendéens étaient maîtres de Dol, la ville épiscopale de Mgr de Hercé, et des environs. A cette nouvelle le pieux évèque, n'écoutant que son zèle et voyant dans ces événements l'occasion de rentrer dans son diocèse, qu'il considérait comme soustrait à jamais au gouvernement révolutionnaire, demanda au marquis du Dresnay de faire