‹ Urbain de HercéChapitre 148 sur 196 · LETTRE PASTORALE A SON DIOCÈSE · texte numérisé non relu

LETTRE PASTORALE A SON DIOCÈSE

Comité central de l'armée catholique et royale du Morbihan (1).

A Londres, Mgr de Hercé s'installa avec son frère et ses deux domestiques « Sloane street, n° 4G, — Knightsbridge ».

Aussitôt, le comte de Puisaye lui demanda de composer une lettre pastorale qui pût être répandue en France, spécialement dans l'Ouest, et préparer les populations en vue du débarquement projeté. Cette lettre fut datée du l*^' janvier 1795. En voici le texte (2j :

« Urbain-René de Hercé, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siège Apostolique, Éuêciue et Comte de Dol, Conseiller du Roi en tous ses Conseils^ Vicaire Apostoliciue du Saint-Siège :

» A Nos très chers Fi^ères les Ecclésiastiques non assermentés de notre Diocèse, et autres Vénérables Prêtres attachés aux fonctions du Saint-Ministère près Vannée catholique et royale de Bretagne, Salut et Bénédiction en Xotre-Seignèur.

» Ce que la voix publique nous apprend, mes très chers Frères, de vos glorieux et pénibles travaux, ainsi que votre zèle, retrace à nos yeux l'image consolante des siècles de l'Eglise naissante, où les premiers prédicateurs de l'Evangile, victimes de l'envie et des fureurs de la Sinagogue, ne connaissoient pas de plus grande consolation que celle d'être jugés dignes de souffrir persécution pour

(1) Savary, Guerre des Vendéens et des Chouans, t. IX, p. 242.

(2) L'original, rcrit de ];i main de Mgr de Hercé, se trouve au Britisii Mlselji, ms. 8083 : Puisaye's papers, vol. 112, fol. 12-13. Il fut imprimé en in-i" de 4 pa^es, avec celte note : « Certifié conforme à l'original, ce l'i janvier 1795. (Signé.) Le comte Joseph de Puisaye, lient, gén. des armées du Roi, Comm. en chef de l'armée Catholique et Royale de Rretagne. » Plusieurs exemplaires imprimés sont déposés au British Muséum, salle des Mss. {Sludcnts'Room) et salle des Imprimés (Reading-Room) .

le nom de Jésus-Christ. Ibant gaudentes a conspectu consilii^ quonia-m digni habiti sunt pro nomine Jesu contumeliam pati (1).

» Comme eux, vous avès sacrifié vos biens, votre liberté, votre vie même pour la défense de cette Religion sainte, dont ils ont jeté les premiers fondemens, de cette Religion que nos Pères nous ont laissée comme leur plus précieux héritage, et qui a fait pendant tant de siècles le bonheur et la gloire de la nation qui nous l'a conservée et qui nous l'a transmise. Comme eux, vous avès eu le courage de vous élever avec force contre cet esprit des ténèbres qui, sous le masque trompeur de réforme et de philosophie, s'est répandu sur toute la surface de la France ; et la férocité des tyrans qui ont osé tremper leurs mains dans le sang du plus juste et du meilleur des R.ois, le nombre incalculable des victimes qu'ils ont immolées à leurs haines et à leurs vengeances, la nature et la cruauté des supplices qu'ils mettent en usage, n'ont fait qu'augmenter votre constance et votre fermeté. Vous vous êtes environnés de ce guerrier généreux, de ce nouveau Judas Machabée, que le zèle de la maison du Seigneur a armé contre les ennemis de la Religion et du Ti'ône, et que la patrie compte déjà parmi ses héros et ses libérateurs (2). Vous avès bravé comme lui les élémens, la rigueur des saisons, les cachots, les prisons, les échaffauds, la mort même. Vous avès tout sacrifié enfin pour gagner des âmes à Jésus- Christ et pour le suivre. Ecce nos reliquimus omniu et secuti suraus te (3). Votre réponse est assurée dans la céleste patrie : c'est là que Jésus-Christ vous attend pour vous répartir cette couronne immortelle qu'un si grand courage vous a méritée : Vos qui reliquistls omnia ot

(1) Act.Apost. V, n.

(2) Il s'agit du coiiilc (le Piiisayc, ijui se iiHniIra, dans la suite, bien pou digno dos ('do^^'os (|iio l'aisail alors de lui le pioux prôjat.

(3)Ma^f//.,xi.\-.

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