‹ Urbain de HercéChapitre 168 sur 196 · UN OUBLI A RÉPARER · texte numérisé non relu

UN OUBLI A RÉPARER

la chapelle de Saint-Bonaventure, « où un monument simple, mais éloquent, doit transmettre à la postérité les noms des braves qui ont péri, et la cause de leur mort (1) ».

Depuis quatre-vingt-six ans que cet engagement a été pris, nous ne dirons pas aucun monument, mais aucun signe, si ce n'est une minuscule croix de Malte gravée sur le granit du parvis, et aujourd'hui presque totalement effacée, ne fait connaître qu'il y a là un évêque et douze prêtres massacrés par haine de la Religion catholique.

11 semblerait cependant qu'à un certain moment on ait voulu réparer cet oubli regrettable. La chapelle a changé de titulaire ; elle a été dédiée à saint Louis, au patron de la France chrétienne et monarchique. Mais on s'en est tenu là.

Dans nos humbles cimetières de campagne, lés morts les plus ignorés pendant leur vie, sont plus honorés que les héros dans cette antique basilique de Vannes. Sur leur tombe de terre, une croix de bois se dresse aA'ec cette inscription : Ci-gît lin Chrétien. Reqiiiescat in jpace ! Et l'herbe sauvage, semée par Dieu, l'enveloppe de sa verdure et l'embaume de ses fleurs.

Sous la froide dt.lle de la chapelle Saint-Louis de la cathédrale vannetaise, git cependant plus qu'un simple elirétien.

Urbain-René de Hercé fut un grand évèque, non seulement par ses vertus privées et son dévouement apostolique dans l'administration de son diocèse, mais encore par la haute intelligence qu'il déploya dans les affaires politiques, et par son énergie dans le bien qui, à l'occasion, savait franchir les marches du trône.

Il fut plus qu'un grand évèque : il fut un martyr. La cause religieuse fut, et seule pouvait être, la raison de ses

(1) Reçii^lre du conseil de rérrché de Vannes.

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tentatives pour regagner son diocèse ; la haine de la religion fut l'unique raison de sa mort.

La famille de Hercé n'avait pas de devise ; Urbain-lîené de llercé, par sa vie et par sa mort, lui en a conquis une ; c'est la devise bretonne : Potius mûri quam fœdari !

MARIAGE DE JEAN DE HERCK ET DE FRANÇOISE TANQUEREL, PERE ET MERE DE Mg'' DE HERGÉ

« Ce jourd'liiiy 24 janvier 1719, après les fiançailles faittes et les banspubliésaux prônes de nos grandes messes paroissiales de Cliarnay d'Ernée comme il nous a paru par le certificat de Mr Desroches curé doyen d'iirnée délivré le 23 janvier dud. an sans qu'il ait esté formé d'opposition ny pu découvrir aucun empêchement canonique, Nous prestre curé de Notre Dame de Mayenne soubsigné, avons donné la bénédiction nupUalle à Messire Jean de Hercé escuier seigneur du Plessis fils de noble homme Jean de hercé escuier et de dame françoise Desormes ses père et mère delà paroisse de Charnay d'une part et demoiselle françoise Tanquerel fille de Monsieur M« René Tanquerel Con«'' du Roy procureur général de la Barre ducalle de Mayenne et de dame Marie Urbaine Le pannetier de cette ville et paroisse. Le mariage célébré en face d'Église et en présence des pères et mères et des plus proches parens desd. conjoints lous avec nous soussignés.

Signé : J. Dehercé, fransoisc taquerel (sic), Desormes de hercé, Oesorraes, déportes, Tanquerel adcat etsubdelegué, Janne de hercé, J,e pannetier de gruel, F. Le pannetier des Chatelets, Le pannetier

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de lloissai. I\enée liriand, Tliouinin, marie et renée bourgeois, De Mondières, etc.. »

(Arcii. mumcip. de Mayenne : Rer/. de l'étal civil de la paroisse Soh-e- Lame. 24 janvier 1719.)

BArTKME D URBAIN-RENE DE HERCK

« Le ~t^ févi'ier mil sept cent vingt six a été baptizé par nous curé soussigné, Urbain René lils de Messire Jean Baptiste de bercé ecuier seigneur du Plessis et dame l'rançoiseTanquerel son épouse, parain, M^ René Tanquerel ad^at en parlement juge civil et criminel de la Raronie dambretères, maraine dame Catberine le Pannetier v"^ de l'eu Pierre Bourgeois procureur du Roy de la maréchaussée de cette ville, le père présent, Tenfant né d'hyer. Ses dits pères, parain et maraine avec nous soussignéz.

Signé : Dehercé, Caterine Lepannetiej', U. Tancjuerel, etc. »

'Arch mlnicip. de Mayenne : 29° rer/. de l'élal civil de la paroisse Xolre- Pajue. 7 février 172fi — l=r acte de ce re^^)

LETTRES DE GRAND-VIGAUtE DE NANTES POIJK l'R BAIN-HENE DE HERCE

Du 8 août 17o4.

Petrus Mauclerc de la Muzanchere, miseratione divinà 'et sanctasedis apostolicfo Gratià Episcopus Nannetensis, Régi ab omnibus consiliis, etca. dilecto nobis in Gbristo nobili et discreto viro Uibann Renato de Hercé Cenomanensis diœcesis presbitero, utroque jure [jeentiato (i), Priori Commendalario Prioratûs sancti Saturnini salutem in Domino. Quoniam speculalores a Domino huicce Nostra*

(1) Dans un autre acte des mêmes registres (l'i octobre 1759;, Urbain de Ilercé est dit <- licencié delà sacrée faculté de Paris »,et <- in utroque jure Doctor ».

diœcesi constituli sumus spiritualibus omnium comniodis ac necessitalibus per nos aut idoneos viros in parlera iiiinislerii nostri assumptos vigilare ac quantum in nobis estprovidere leneraur; liinc est quod nos elegimus te ac commissimus comraillimusque per présentes (quamdiù tamen nobis placuerit) ut nostrae diœcesis curam in spiritualibus et temporalibus habeas cum plenâ et libéra facultate quam libi per libenter impertimur, bénéficia quœcumque ad nostram collationem pertinentia quovismodo vacatura conferendi, quamdiu a Nostra diœcesi absentes erimus, modoprius de illorum vacatione certiores nos fueris ac de consensu nostro tibi constiterit... etc..

Datum Nannetis in Palatiu nostro episcopali subsigno, sigilloque nostris ac secretarii nostri subscriptione die octava mensis augusti anno Dni 1734. Prœsentibus ibidem nobilibus etdiscretis viris Joanne Richard et Petro Gii'on presbiteris canonicis in hac civitate respective commorantibus testibus ac pra'missavocatis et rogatis signatum.

7 Petrus episcopus Xannetensis. P. (iiron pbr. canon, J. Richard pbr. canon et infra de mandato lUmi et Rmi Domini Dni Episcopi Xannetensis signatum J. Bahon. can. secr.

(Arch. oe l'Evèché de Nantes : Reg. d'Insinuat., 8 août 1734.)

FORMA .lURAMEXri PER PROGURATOREM REVERENDISSIMI DOMIM Du M INI EPISCOPI DOLEASIS

Ego N. procurator reverendissimi domini X. electi episcopi Dolensis, juro ad sancta Dei evangelia in anima dicti domini episcopi principalis mei, observare jura, libertates et statuta sancte ecclesie et incliti capituli Dolensis et bona episcopatus necnon ecclesie predicte et capituli Dolensium non alienare et si que alienata fuerint proposse revocare.

Item juro omnia jura et deveria dicte ecclesie et capituli per predictum dominum principalem meum débita, infra annum realiter et cum effecfjU solvere. Si me Deus adjuvet, etc.. »

[Arch. dép. d'Ille-et-Vilaixe : 5 G. 108, Chapitre de Dol, ex obituario, {" LXI, r°.)

46*2 URBAIN DE HERGÉ

HEC EST FORMA JLRAMENTI QUOD CONSUEVERUiXT KACERE EPISCOPI DOLEN- SIS ECCLESIE ANTF. VALVAS ECCLESIE, DIE INGRESSU? SUI AD ECCLESIAM DOLENSEM.

Pater, est ingressus tuus paciticus? — Hespoiidebit cpiscupus : Pacificus, ter repetendo.

Pater, est ingressus tuus canonicus ? — Fîesp. episcopus : Canonicus, repJ° ter.

Pater, est ingressus tuus legitimus et lidelis? Hesp. episc. : Legitimus et lidelis, repd» ter.

Pater, jura ad hec sancta Dei evangelia Capitule Doiensi et nobis hic astantibus loco et vice Capituli Dolensis ecclesie, quod tu jura, libertates, immunitates, consuetudines, usus etstatuta ecclesie et capituli Dolensium approbata lideliter observabis et procurabis observari pi*o posse tuo. — Respondebit episcopus : Ita juro, — repdo ter.

Pater jura quod nichil de bonis ecclesie predicte indebite alienabis vel procurabis alienari et quod alienatarevocabis et procurabis revocari pro posse. — Respondebit episcopus : Ita juro, — repJ» ter.

Pater, jura quod si sint aliqua alia que specifîcata et tibi designata deusu et consuetudine Dolensis ecclesie jurare tenearis, quod illa specificata et tibi designata observabis et observare jurabis, si et quando per Dolense Capitukuu fueris légitime requisitus. — Respondebit episcopus : Ita juro, — reptendo ter.

(Arch. départ, d 1lle-et-Vilai.\e : o G. 108 : Chapitre de DoL ex obituario, {" LXI, r". )

ADRESSE DES ABBÉS DE BRETAGNE AUX CFIAPITRES CONTRE l'ÉLECTIO.N DE Jlg' DE HERCÉ COMME DÉPUTÉ EN COUR

« Aux États à Rennes le 16 janvier 1781. Messieurs, Nous avons l'honneur de vous faire iparl d'un événement qui

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intéresse tous les Cliapili'cs des Églises Cathédrales île cette Province.

Nous avons été au umnieut de voir un député des Etats à la (lour pris dans lesecond ordre de l'Église; MM. de l'ordre de la Noblesse avoient nommé M. l'abbé de la Biocbaye, l'ancien des Abbés; MM. de Tordre du Tiers ayani, nouinié M. TÉvêque de Dol, c'éloit à Tordre de l'Eglise à départir. Il send)loit que M. Tabbé de la Biocbaye devoit avoir d'autant |)lus d'espérance que MM. les Evèques ne sont ([ue huit aux Étals et (|ue les Abbés et Chanoines dont la cause est commune, étoient au nombre de vingt. Cependant MM. les Évoques qui travaillent depuis longues années à être seuls députés vers Sa Majesté, ont tellement fait d'efl'orts sur l'esprit de MM. les Députés des Chapitres et sur celui de quelques Abbés, qu'ils ont, par une première délibération, fait prononcer un tardé k délibérer par le suffrage de tous les Evèques et de tous les députés de Chapitres, ainsi que de cinq Abbés. 11 n'y a eu que six Abbés qui ont été d'avis (ju'il falloit, sans délai,- nommer M. de la Bipchaye conformément à l'avis de la Noblesse.

MM. les Évêques avoient différentes vues dans ce tardé à délibérer. Le lendemain les trois ordres des Etats étant, en conséquence, obligés de délibérer de nouveau, la Noblesse a nommé comme la veille M. Tabbé de la Biochaye, et MM. de Tordre du Tiers M. TÉvêquede Uol. MM. les Évêques, par l'influence qu'ils ont sur le second ordre de l'Église, ont fait nommer à la pluralité de dix-huit voix contre dix M. l'Évoque de Dol, qu'ils ont comme forcé d'accepter^ malgré la déclaration publique qu'il avoit faite que sa santé ne lui permettoit pas de se charger de cette députation.

Vous ne douterès point. Messieurs, du droit des Abbés et des Chanoines de pouvoir être députés vers Sa Majesté. Il y a eu anciennement des Abbés, il y a eu des chanoines députés, et le règlement que nous joignons ici leur attribue formellement ce droit. Ils en jouissent en Bourgogne et en Artois.

Nous sommes persuadés. Messieurs, que vous penserès, ainsi que MM. de la Noblesse, qu'il est bien intéressant pour toutes les familles de la Province de voir de tems en tems des députés vers le Roi, élus dans la classe des Abbés et des Chanoines, que cela peut être aussi utile qu'honorable à tous nos concitoyens.

Nous espérons que vous voudrès bien, en conséquence, marquer dans la suite à vos Députés que votre intention est que lorsqu'il pourra être question de députer un Abbé ou un Chanoine vers Sa Majesté, ils ne se laisseront point aller à la complaisance de voter cette députation pour un Evêque.

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