LES ÉTATS DE BRETAGNE
Province, eurent pour origine les réunions des prélats et des seigneurs que convoquaient, dans les circonstances importantes, les ducs de Bretagne, pour discuter les intérêts du pays. Bientôt ces réunions devinrent périodiques ; aux prélats et aux seigneurs qui, seuls d'abord, formaient les Etats, on adjoignit les députés des neuf chapitres cathédraux et les délégués des « bonnes villes » de Bretagne.
Après la réunion de la Bretagne à la France, les Etats s'assemblèrent tous les deux ans. C'était tantôt à Rennes ou à Nantes, tantôt à Vannes ou à Saint-Brieuc, à Dinan ou à Ancenis, à Vitré, à Morlaix, ou à Fougères.
Au haut de la salle choisie pour ces assises, était dressée une estrade couverte d'un dais aux tentures mi-partie violettes et mi-partie blanches, semées de fleurs de lys et d'hermines. Là, siégeaient le gouverneur de la Bretagne ou son lieutenant, premier commissaire du Roi ; le premier président du Parlement et les autres commissaires royaux; puis l'évêque du diocèse, président de l'ordre de l'Église, et un haut baron, président de l'ordre de la Noblesse ; plus bas, se tenait le sénéchal d'une ville, président de l'ordre du Tiers. Enfin, le long de la salle, sur des banquettes, les huit autres évoques, les abbés, les neuf députés des chapitres; deux, trois, quelquefois cinq cents membres de la Noblesse, et trente ou quarante représentants des villes de la Province.
Chaque tenue commençait par une messe solennelle du Saint-Esprit, célébrée par l'un des prélats.
Aussitôt après, les membres des États, « Nosseigneurs des États », comme on disait alors, envoyaient une députation aux commissaires du Roi, pour les prier de venir faire l'ouverture de la session. Lecture était donnée des lettres royales les accréditant, et les commissaires faisaient connaître les volontés du souverain et spécialement celle concernant le don gratuit que, à chaque tenue, la Bretagne accordait au Roi pour les besoins du Royaume.
i2'2 URBAIN DE IIERGÉ
Les travaux commençaient aussitôt. Pour chaque affaire, des commissions étaient nommées, qui venaient rendre compte en séance de leurs conclusions. Les votes avaient lieu, non par tète, mais par ordre, celui de l'Eglise commençant à donner son avis, puis celui de la Noblesse, enfin celui du Tiers.
La tenue se terminait par Télection des députés en Cour, qui devaient, pendant Tabsence des Etats, traiter auprès du Roi les intérêts de la Province, et lui présenter les humbles remontrances du pays.
Des commissions intermédiaires s'installaient au siège de chaque évèché pour son administration ; mais une commission principale se tenait à Rennes, pour l'administration générale de la Province, et pour correspondre avec les députés en Cour.
Les assises duraient généralement pendant plusieurs mois.
Tels étaient en résumé les Etats de Bretagne.
Mgr de Hercé fut des plus fidèles à assister aux Assemblées des États, et il y fit preuve d'une grande intelligence dans les affaires d'administration et d'un grand dévouements aux intérêts de la Province.
Il avait fait son entrée à Dol, le 6 septembre 1767. Dès le mois de février suivant, le roi Louis XV convoqua à Saint-Brieiic les Etats, en tenue extraordinaire, pour discuter le nouveau règlement qu'il leur avait imposé (1).
Mgr de Hercé s'y rendit. Gomme le plus jeune des évêques de la Province, on lui assigna la dernière place
(1) Arch. départ. d"1lle-et-Vilaine : Reg. des États extraordinaires de 1768. Lorsque nous citerons les Registres des États, ce sera toujours (laprès les exemplaires ms. déposés aux Archives départementales (rille-et-Vilaine.