IL RÉCLAME LA PRÉSIDENCE AUX ÉTATS
parmi ceux-ci. Mais tout évêque de Dol, à sa première entrée aux États, avait le devoir de prétendre à la première place, comme successeur des métropolitains de la Bretagne. Sous les Ducs, il avait, à ce titre, le pas sur tous les autres évêques ; sous les Rois de France, il partagea d'abord alternativement la présidence avec l'évêque de Rennes, et finalement, à la suite de vives discussions entre les évêques, le conseil du Roi arrêta, en 1627, que chaque évoque présiderait dans son diocèse, et, en son absence, le plus ancien en promotion. Quoique les évêques de Dol fussent contraints de se soumettre, ils ne faillirent jamais à faire valoir leurs prétentions. Mais les Etats se contentaient de leur donner acte de ces vaines protestations (1).
Mgr de Hercé ne manqua pas de faire entendre ces réclamations platoniques.
L'évêque de Saint-Brieuc, son intime ami François Bareau de Girac, présidait, comme évêque diocésain. Dès la première séance, Urbain de Hercé proteste, « prétendant que la présidence dans Tordre de l'Eglise appartient toujours de droit aux seigneurs évêques de Dol, dans toutes les villes, quoique hors de leur diocèse, à l'exclusion de tous les autres Evêques, contre lesquels tous ses prédécesseurs ont fait de pareilles protestations ».
Aussitôt l'évêque de Saint-Brieuc se lève pour faire entendre en son nom et au nom des autres Evêques une contre-protestation, et rappeler l'usage d'après lequel chaque Évêque préside dans son diocèse à l'exclusion des autres, et, en cas de maladie ou d'absence de l'Évêque diocésain, le plus ancien.
Alors les États, après consultation, donnent acte aux Évêques de leurs protestations respectives, « sans que
(1) Voir notre tr;iv;iil sur Les Évêques de Dol, présidents des États de Bretagne, dans Ips Mémoires de l'Association bretonne, Congrès de Saint-Servan, 1891.
cela, ajoutent-ils, puisse être tiré à conséquence pour l'avenir (1) ».
Ce devoir rempli, Mgr de Hercé prit part aux travaux de l'Assemblée.
Il fut nommé président de la commission chargée de rédig r les réprésentations des États, adressées au Roi contre le nouveau règlement qu'on voulait leur imposer et qui avait été inscrit d'autorité sur leur registre au moment de la clôture des Etats précédents (2).
Cette assemblée dura du 18 février au l*"' avril 1768,
A la fin de la même année, le 12 décembre, s'ouvrit également à Saint-Brieuc la tenue ordinaire des États. Mgr de Hercé y présida, avec une activité remarquable, la Commission du commerce et des ouvrages publics (3).
Il ne montra pas moins d'intelligence des affaires à l'Assemblée qui se tint à Rennes, en 1770 (4).
La fixation de la ville où se tiendraient les États de 1772 donna lieu à certains tiraillements.
La Bretagne était très agitée par les luttes du Parlement contre le pouvoir royal dont il refusait d'enregistrer les édits contraires « aux droits, libertés et franchises de la Province. » Le procureur général La Chalotais et son fds, M. de Caradeuc, ainsi que trois conseillers, avaient été exilés.
(1) Reg. des États, séance du 18 février 17G8 ; — Aucii. nationales K. 684.
(2) Reg. des États, séance du 20 février 1768.
(3) Reg. des États, session de 1768-1769.
(4) Reg. des États, session de 1770. Pendant celle session, Mgr de Hercé logea *• chez madame Cormier, rue de Montfort ». (Liste de Nosseigneurs les États, Rennes, Jacques Vatar, 1770.)