ÉLU POUR LA TROISIÈME FOIS DÉPUTÉ EN COUR
l'évêque diocésain, Mgr de Girac, l'évêque de Dol fut nommé président de la commission du commerce et des ouvrages publics.
Il fut également désigné pour faire partie de la députation à la Cour avec le chevalier Le Provost de La Voltais et M. de La Motte-Fablet, maire de Rennes (1).
Sa nomination donna lieu à certaines manœuvres électorales.
Le Tiers lui avait accordé ses voix, tandis que la Noblesse avait porté les siennes sur M. Colin de la Biochaye, abbé de Bonrepos, le plus ancien des abbés de la Province.
Il appartenait à Tordre de l'Église de prononcer à la majorité des voix lequel, de l'évêque ou de Tabbé, serait député.
Mgr de Hercé déclara alors publiquement que sa santé ne lui permettait pas d'assumer cette charge.
Les abbés et les députés capitulaires eurent dès lors l'espoir de voir l'un des leurs député en Cour, ce qui ne s'était pas vu depuis longtemps. Certains d'entre eux firent une propagande active pour attirer les voix sur l'abbé de la Biochaye. Ils pouvaient compter sur le succès, puisqu'ils étaient au nombre de vingt, tandis qu'il n'y avait que huit évêques.
De leur côté, les évêques, qui étaient accoutumés avoir l'un d'eux présider les députations en Cour, usèrent de toute leur influence sur l'esprit des abbés et des chanoines pour faire nommer l'évêque de Dol, malgré ses protestations. Ils réussirent. Mgr de Hercé fut élu par dix-huit voix contre dix données à l'abbé de la Biochaye.
Le parti des abbés protesta dans une adresse aux Chapitres qu'il sollicita de ne plus désormais se laisser aller « à la complaisance de voter cette députation pour un évêque (2) ».
(1) Séance du 7 n(iveinl)r(^ 178(>.
(2) Voir celte adresse, datée des « Étals de Hennés, le 16 janvier 1787 », aux Pièces justificatives, n" VI.
Le choix de Mgr de Hercé était excellent, — disons plus, il était providentiel.
La France était dans un état tel, surtout au point de vue religieux, qu'il était de la plus haute importance que, à ce moment, un évoque d'une grande sainteté, d'une haute intelligence, d'un courage inébranlable, un digne rejeton de cet Épiscopat et de cette Noblesse qui avaient formé la France, qui en avaient fait le royaume le plus beau après celui du Ciel, se levât pour dénoncer leurs erreurs aux pouvoirs, leur dire en face la vérité.
Pour cela, il fallait un évêque breton ; et, parmi les évêques bretons, il n'en était pas de plus digne que l'évêque de Dol, pour remplir ce rôle.